Fromage blanc responsable: production durable, impacts environnementaux et éthiques

De la culture des aliments jusqu’à l’assiette, l’alimentation utilise des ressources, produit des déchets et émet des gaz à effet de serre. Cette consommation est en baisse par rapport au pic de 94 kg observé à la fin des années 1990. Les produits laitiers occupent également une place importante dans l’alimentation. L’accès à une alimentation équilibrée et de qualité peut dépendre, par exemple, du revenu.

La plus grande part de cette empreinte (61 %) provient de la production des aliments, en particulier des produits d’origine animale. Contrairement à une idée reçue, le transport des aliments ne représente qu’une faible part de cette empreinte : entre 6 % et 14 %, selon les produits, contre plus de la moitié pour la production agricole elle-même. On observe aussi que 46 % des émissions liées à notre alimentation proviennent de produits importés. Cela concerne notamment des matières premières comme le soja, utilisé pour nourrir les animaux d’élevage, ou des produits comme l’huile de palme et certains fruits exotiques.

Éléments clés de l’empreinte et voies d’action

La production agricole constitue la majeure partie des gaz à effet de serre liés à un aliment, incluant cultures, engrais, machines et élevage qui représente plus de la moitié des émissions agricoles. La transformation nécessite de l’énergie pour les machines, le chauffage, le refroidissement et la conservation, tout en générant des déchets. La distribution, avec le transport et les besoins en réfrigération, augmente les émissions. La consommation et le gaspillage complètent l’axe du cycle de vie alimentaire.

La diminution de la consommation de viande rouge apparaît comme l’un des moyens les plus efficaces pour alléger l’impact climatique, et les infographies associées montrent des écarts importants entre repas végétaliens et carnés. L’usage d’engrais et de pesticides peut entraîner une pollution des rivières, des lacs et des nappes phréatiques, et l’élevage contribue aussi à la pollution de l’air par des émissions d’ammoniac et des particules fines. Certaines constructions agricoles transforment les sols en sols artificiels. Les aliments parcourent souvent de longues distances, nécessitant plus de transport et de stockage. Enfin, certains aliments importés comme le soja ou l’huile de palme peuvent être liés à la déforestation dans les pays producteurs.

Une partie des déchets alimentaires est consommable et les pertes excèdent parfois les réductions atteintes ailleurs. Plus de la moitié des pertes comestibles se produisent au moment de la consommation, soit à domicile (39 %) soit en restauration (13 %).

Infographie des étapes de l’empreinte GES de l’alimentation et des facteurs de gaspillage

Cas d’actions concrètes et démarches durables

Bel, acteur engagé, s’inscrit dans une démarche de neutralité carbone et promeut une agriculture plus durable via la Charte Amont Laitier conçue avec WWF France. Cette charte encourage des actions comme le pâturage, l’alimentation locale, les diagnostics carbone, la réduction du travail du sol et des projets en agroforesterie. Bel s’engage à atteindre -50 % d’émissions de GES d’ici 2035 (vs 2020) et vise la neutralité carbone totale de sa chaîne de valeur d’ici 2050.

Bel conduit le programme ESABEL (Energy Saving At Bel) et collabore avec STEF sur le programme FRET 21 pour réduire les émissions liées au transport aval. Des plans d’action concrets couvrent l’optimisation des palettes, le pilotage du transport et la réduction des émissions CO2, avec des résultats mesurés dans le cadre du Lean&Green (30 % de réduction au Portugal et 20 % en Espagne entre 2020 et 2023).

La réduction des pertes et du gaspillage est un autre pilier, avec le format de portions individuelles et des initiatives avec Too Good To Go pour sensibiliser les consommateurs à la date de durabilité minimale. L’objectif est de mesurer et piloter l’empreinte eau à l’échelle du groupe et des produits, tout en reconnaissant les impacts sur la biodiversité et les écosystèmes locaux.

Le travail sur la biodiversité et les pratiques agricoles est mis en avant par Bleu-Blanc-Cœur, qui affirme la réduction des impacts sur le changement climatique et d’autres paramètres grâce à des analyses de cycle de vie (ACV) réalisées selon la méthodologie Agribalyse de l’ADEME et ses partenaires. L’objectif est d’« avoir des aliments bons pour les hommes, les animaux et la planète ».

Diagramme ACV Bleu-Blanc-Cœur et impacts par étape agricole

Fromages et durabilité: comprendre l’empreinte et choisir

Autour du fromage, des débats existent concernant son empreinte écologique. Un kilo de fromage émet en moyenne 23,88 kg d’équivalent CO2 selon Our World in Data, bien moins que la viande bovine et bien plus que certains produits végétaux. Le goût et le profil sensoriel du lait et du fromage dépendent de l’alimentation des animaux, qui varie avec les saisons et les conditions d’élevage. L’hiver voit une alimentation plus riche en foin et céréales; l’été, les vaches ou chèvres consomment plus d’herbes et de plantes variées, ce qui peut influencer la parfumerie du lait.

Le circuit-court et les fromageries locales sont des leviers importants pour comprendre l’origine et la traçabilité. Les labels biologiques peuvent guider mais ne garantissent pas à eux seuls un faible impact environnemental. Les fromages végétaux émergent comme alternatives pour limiter l’empreinte tout en conservant le plaisir fromager.

Le fromage bio peut contribuer à une agriculture durable sans pesticides de synthèse ni OGM et soutenir des pratiques respectueuses des producteurs et des écosystèmes locaux. BIODEAL, par exemple, promeut des fromages au lait 100 % bio, avec des animaux élevés en pâturage et une traçabilité élevée, soutenant les communautés locales et le respect du bien-être animal.

Schéma des étapes de fabrication du fromage et leur consommation d’énergie

Film d'animation explicatif sur la fabrication du fromage réalisé par SmartCuts Creative

Rôles des collectivités et transitions territoriales

La restauration collective joue un rôle pivot dans les systèmes alimentaires territoriaux, en favorisant les produits locaux et de saison et en sensibilisant le public à l’alimentation durable. Des exemples comme les cantines scolaires, avec l’application des lois EGAlim et Climat & Résilience, imposent des repas végétariens hebdomadaires et des objectifs de durabilité. Les EHPAD et cantines scolaires peuvent devenir des laboratoires de transition en matière d’alimentation locale et durable.

La Ville d’Avignon illustre une démarche anti-gaspillage avec la Mission Zéro Gaspi et le défi 365 dans les restaurants scolaires. D’autres exemples, comme les initiatives à Annonay, montrent comment les données ADEME et des analyses locales peuvent guider la restauration vers des pratiques plus durables.

Face aux vulnérabilités climatiques et économiques, la résilience des systèmes alimentaires devient cruciale. Relocalisation, circuits courts et diversification agricole s’imposent comme des axes de renforcement, accompagnés par l’ADEME via le programme Territoire Engagé Transition Écologique et par des projets de restauration collective qui soutiennent l’économie locale et l’éducation alimentaire.

  • Relocalisation de la production et valorisation des circuits courts
  • Diversification des pratiques agricoles et réduction du gaspillage
  • Formation et accompagnement des acteurs clés
  • Promouvoir les produits locaux et de saison dans la restauration collective

Chez Bleu-Blanc-Cœur, les analyses de cycle de vie et les démonstrations d’impact permettent d’affirmer que l’alimentation durable peut concilier production, éthique et environnement. Les acteurs de la filière laitière s’efforcent de réduire les émissions tout en protégeant les ressources et en protégeant les écosystèmes.

Tableau: leviers et résultats attendus

LevierActionImpact attendu
TransportsOptimisation des flux et transport multimodalRéduction des émissions et coût
AgriculturePâturage, agroforesterie, alimentation localeMoins de GES, biodiversité préservée
ConsommationRéduction du gaspillage et portions adaptéesMoins de pertes, meilleure efficacité
ÉnergieOptimisation des chaînes de froid, utilisation d’énergies renouvelablesRéduction de l’empreinte énergétique

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