Bonne nouvelle pour l’entreprise Chocolaterie de Bourgogne: de nouveaux actionnaires vont investir 5 millions d'euros dans ce creuset du chocolat dijonnais. Une odeur de cacao enivrante se répand dans les couloirs de la Chocolaterie de Bourgogne. Des tablettes de chocolat par centaines sont fabriquées dans cette chaîne de production. L’export est un des points forts de l’entreprise. Son point faible ? Mais heureusement pour cet édifice du chocolat dijonnais, l’entreprise de la rue Cluj va recevoir de l'argent frais avec l'arrivée de trois nouveaux actionnaires locaux. Les nouveaux investisseurs, tous bourguignons, détiendront 35% du capital.
Depuis février 2015, la banque était déjà co-propriétaire du terrain sur lequel est situé l'usine. Chaque produit qui en sort est mythique : les escargots Lanvin en 1935 ou encore les barres de céréales de Nestlé dans les années 1990-2000. "On a un carnet de commande plein donc on a besoin de main d'œuvre et il faut faire des transformations. La PME s'est donnée un an pour stabiliser ses comptes."
Le contexte financier et juridique de l’entreprise est marqué par une série d’interventions et de décisions lourdes de sens. 21000 Dijon19/02/2018Conversion de Redressement Judiciaire en Liquidation Judiciaire Source : Descriptif : TRIBUNAL DE COMMERCE DE DIJON Par jugement en date du 08/02/2018, le tribunal de commerce de DIJON a prononcé la conversion en liquidation judiciaire de : CB Chocolaterie de Bourgogne (SAS) R.C.S. DIJON 809 631 252. Fabrication de cacao, chocolat et de produits de confiserie. 11 rue de Cluj Zae Cap Nord 21000 DIJON.
Par ailleurs, le plan de cession a été prononcé au profit de la SA IBERCACAO de droit espagnol dont le siège social est situé à Tolède. Le 09/11/2017, le jugement marquait l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire et le 05/02/2018, le tribunal a arrêté le plan de cession. L’usine de Dijon, en difficulté depuis plusieurs années, a vu son chiffre d’affaires chuter fortement, passant de 48 millions d'euros en 2016 à 30 millions en 2017 et une prévision de 15 millions pour 2018.
Mi-2016, la chocolaterie avait été frappée par le dépôt de bilan de son fournisseur de cacao. Un plan de refinancement avait été mis en place à l’été 2017 mais beaucoup de clients étaient partis faute d’être livrés dans les temps, selon Céline Boidevezi. La décision du tribunal, initialement prévue en décembre, a été reportée pour laisser le temps d’améliorer l’offre du repreneur potentiel. Une centaine de salariés avaient fait le déplacement devant le Tribunal de commerce. L’entreprise espagnole Lacasa s’est démontrée en début de semaine et le Tribunal a fixé une nouvelle échéance pour amélioration de l’offre.
Le 11 janvier, Lacasa proposait de reprendre l’usine en conservant 43 emplois, une offre jugée insuffisante par les syndicats et par le Tribunal. Le Tribunal de commerce de Dijon a laissé jusqu’au 11 janvier pour revoir à la hausse l’offre. Finalement Lacasa a été jugée comme repreneur potentiellement sérieux mais insuffisant. Le 24 janvier, une nouvelle audience a été prévue pour décider de la suite du processus, avec une perspective de maintien des emplois et de la pérennité de l’activité chocolate/ confiserie.
La directrice générale Céline Boidevezi souligne que c’est « une bonne nouvelle pour la pérennité de la société », dans la mesure où l’intervention d’un industriel est souhaitée. Le groupe Lacasa, entreprise familiale espagnole présente 5 usines en péninsule, emploie environ 700 personnes et réalise un chiffre d’affaires d’environ 150 millions d'euros. Sur les 185 salariés, seuls 65 ont été préservés lors de la reprise initiale, et les discussions ont porté sur le maintien des chaînes et des capacités de production. Le dépôt de bilan et les difficultés structurelles du marché ont rendu délicate la stabilisation de l’activité malgré les efforts de refinancement et de redressement.
Aujourd’hui, les discussions se poursuivent autour des conditions de la reprise et de l’avenir industriel du site dijonnais. Les discussions et rapports successifs témoignent d’un témoinage: le fleuron bourguignon demeure au cœur des préoccupations économiques régionales, avec des enjeux de préservation des emplois et du savoir-faire dans le secteur du chocolat et de la confiserie. Le site, situé rue de Cluj, a représenté une pièce maîtresse de l’industrie locale et a été un acteur clé de l’exportation des produits chocolatés français.
Tableau récapitulatif des étapes clés (sélection) :
| Événement | Date | Impact |
|---|---|---|
| Ouverture redressement judiciaire | 31/10/2017 | Flux financiers instables, pression sur les stocks |
| Plan de cession envisagé | 05/02/2018 | Reprise par Iber cacao (Espagne) puis Lacasa |
| Conversion liquidation judiciaire | 08/02/2018 | Fin de l’activité sous forme actuelle |
Texte récapitulatif: La Chocolaterie de Bourgogne représente une icône locale du chocolat, mêlant histoire et innovation, avec une exportabilité notable mais des défis structurels récurrents. Céline Boidevezi demeure au cœur des discussions sur l’avenir du site et l’équilibre entre sauvegarde des emplois et compétitivité économique. L’issue dépendra des conditions de reprise, de l’investissement et de l’intégration de partenaires locaux, tout en préservant le savoir-faire et la qualité des produits mythiques du patrimoine dijonnais.

Dijon: la Chocolaterie de Bourgogne change de main, 110 emplois supprimés
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