Repérer une « pépite » en Bourse : voilà le rêve de tout investisseur. Mais dans un marché fluctuant, où les valorisations oscillent et les tendances se démodent, comment séparer le bon grain de l’ivraie ? Que faut-il regarder ? Une pépite boursière, ce n’est pas forcément une société peu connue ou de petite taille. Pour Alain Pitou, une pépite, c’est d’abord « une société qui gagne de l’argent, bien positionnée dans son secteur, avec une croissance saine et régulière ». Pas uniquement. Si une entreprise semble sous-valorisée, cela peut être pour de bonnes raisons. « Certaines valeurs ne sont pas chères… et ne le sont pas pour de vraies raisons », rappelle François Monnier. Par exemple, des titres du secteur automobile peuvent sembler décotés, mais subir des vents contraires structurels, comme une baisse de la demande ou une pression réglementaire accrue. Une pépite mal achetée n’est plus une pépite. Le prix d’entrée est crucial : « Il faut une bonne société, achetée au bon moment, pas trop chère », souligne François Monnier. Les entreprises qui communiquent trop, ou celles dont « on parle trop », peuvent cacher une réalité moins reluisante. L’important est de revenir aux fondamentaux : bilan, compte de résultat, perspectives, cash-flow. Choisir des pépites boursières ne relève pas de la chance, mais d’un travail rigoureux, d’une analyse disciplinée et d’un brin de patience. « Si vous êtes pressés, la Bourse, ce n’est pas pour vous », rappelle Alain Pitou. (BFM Bourse)
Les signaux à surveiller pour dénicher une pépite
Le spécialiste des technologies de détection et d’imagerie électro-optiques a lancé ce lundi son entrée en Bourse sur Euronext Paris, emboîtant le pas à Planisware quelques mois auparavant. Avec le retour des beaux jours, les projets d'introduction en Bourse fleurissent un peu partout en Europe. En Italie, le fabricant de baskets de luxe Golden Goose a confirmé viser une entrée à la Bourse de Milan ce mois-ci, en vue de "renforcer la structure du capital du groupe et de réduire son endettement". Il s'agirait alors de l'entrée en Bourse la plus importante réalisée sur le sol italien depuis celle de l'opérateur de jeux Lottomatica en mai 2023, avait relevé Bloomberg. A Paris, la cote va aussi bénéficier de sang neuf. Et ce renouveau va venir d'Exosens qui a lancé ce lundi son introduction en Bourse sur le marché réglementé d'Euronext Paris. L'ancien Photonis avait le 23 mai dernier, indiqué son intention de se lancer en Bourse en vue de "financer sa stratégie d'innovation, de développement et de croissance externe dans des marchés en forte croissance de haute technologie". Les actions Exosens leur sont proposées au prix fixe de 20 euros. La période de souscription est réduite. Cette courte fenêtre de tir est amplement suffisante pour Exosens. A l'instar de Planisware mi-avril, Exosens a privilégié la voie du placement privé pour cette entrée en Bourse "express". La société a profité du récent assouplissement des règles en matière d'introduction en Bourse. Les entreprises souhaitant rejoindre la place de Paris ne sont en effet plus obligées de réserver une partie de leurs actions aux investisseurs individuels. Auparavant, elles étaient obligées de proposer aux petits porteurs un minimum de 10% du montant global de l’opération. Sur la base de ce prix de 20 euros, Exosens vise une valorisation de 1,016 milliard d'euros, ce qui lui permet de toquer à la porte du compartiment A d'Euronext Paris, réservé aux plus grandes capitalisations. La taille de l'offre représente un montant total de 300 millions d’euros. Un montant maximal de 6 millions d'actions existantes sera vendu, extériorisant un produit de cession de 120 millions d’euros, et sera accompagné de l'émission d'actions nouvelles pour un montant de 180 millions d'euros. L'offre sera aussi complétée par une option de surallocation visant un nombre maximum de 2,25 millions d'actions supplémentaires représentant un montant maximum de 45 millions d’euros. Dans le cadre de cette introduction en Bourse, Groupe HLD a l'intention de céder une partie de sa participation dans Exosens. La société développe et fabrique des détecteurs et des solutions d’imagerie dont des tubes à ondes progressives, des caméras numériques, des détecteurs d’ions, d’électrons, de neutrons et gamma ainsi que des tubes intensificateurs de lumière. Exosens a mené ces dernières années des acquisitions ciblées pour équilibrer ses marchés, alors que le secteur de défense reste encore majoritaire et représente 66% de son chiffre d'affaires. La société a par exemple fait main basse sur le belge Xenics, spécialiste des capteurs et caméras infrarouges, l'allemand ProxiVision (détection ultra-violet), le canadien Telops (caméras hyperspectrales et infrarouges refroidies) et l'israélien Elmul (détecteurs d'électrons et d'ions). Pour l'exercice 2024, Exosens vise une croissance organique de son chiffre d’affaires dans le haut d'une fourchette de 15% à 20% par rapport au chiffre d’affaires pro forma enregistré au titre de l’exercice clos le 31 décembre 2023. À moyen terme, Exosens prévoit de doubler son chiffre d’affaires total entre 2023 (sur une base pro forma) et 2027, correspondant à un taux de croissance annuel moyen de +18% sur la période.
Exemples et leçons à tirer
- Une pépite peut naître d’une entreprise bien positionnée, qui gagne de l’argent et affiche une croissance régulière, sans être nécessairement une PME peu connue.
- Les valuations peuvent être décalées pour des raisons structurelles ou conjonctuelles; il faut éviter d’acheter à un prix trop élevé ou trop faible sans analyse des fondamentaux.
- Les introductions en Bourse récentes en Europe montrent une continuité du renouveau: des sociétés comme Exosens entrent sur le marché parisien, avec des volumes et des valorisations importantes, tout en profitant de règles d’« admission express » permettant d’éviter certaines réservations aux investisseurs individuels.
- La stratégie générale consiste à revenir aux fondamentaux: bilan, compte de résultat, perspectives, cash-flow, et à privilégier une approche disciplinée plutôt que la précipitation.
Focus sur Exosens et l’écosystème boursier européen
Exosens développe et fabrique des détecteurs et des solutions d’imagerie, dont des tubes à ondes progressives et des caméras hyperspectrales. La société a mené des acquisitions ciblées pour équilibrer ses marchés, alors que le secteur de défense demeure majoritaire et représente 66% de son chiffre d’affaires. Des acquisitions comme Xenics, ProxiVision, Telops et Elmul illustrent une stratégie d’intégration pour diversifier les capteurs et les marchés. Pour l’exercice 2024, Exosens vise une croissance organique du chiffre d’affaires dans le haut de la fourchette de 15% à 20% par rapport à 2023, et prévoit de doubler son chiffre d’affaires total entre 2023 et 2027, soit +18% en moyenne par an sur la période.

Le prix d’entrée est crucial: Exosens propose des actions à 20 euros, avec une offre totale de 300 millions d’euros et une éventuelle surallocation de 45 millions d’euros. Cette introduction vise à intégrer le compartiment A d’Euronext Paris et à permettre au groupe HLD de céder une partie de sa participation. Le scénario illustre bien le lien entre croissance, financement et valorisation lors d’une IPO dans un secteur technologique et défensif.
IPO - Faut-il investir dans une introduction en bourse ?
En résumé, repérer une pépite requiert une évaluation rigoureuse des fondamentaux et une patience nécessaire pour attendre le bon moment d’entrée. Les exemples récents d’Exosens et d’autres acteurs européens démontrent que le renouveau des introductions en Bourse peut offrir des opportunités intéressantes lorsque les entreprises présentent une croissance organique soutenue et une stratégie d’acquisitions bien calibrée.
| Entreprise | Prix d’entrée (€) | Valeur cible potentielle (€) | Commentaire |
|---|---|---|---|
| Exosens | 20 | 1,016 milliard | Rotation vers le compartiment A; croissance 15-20% pro forma 2024 |
| Golden Goose | Non précisé | Non précisé | Introduction à Milan pour restructurer le capital |