Port des Galets et base navale de La Réunion : rôle, équipements et enjeux stratégiques

Composante essentielle au sein du point d’appui souverain et stratégique de la France dans l’océan Indien, la base navale de La Réunion, est forte de six bâtiments et 500 marins. Sous les ordres du COMSUP FASZOI, elle est la troisième base navale française mais également le troisième site national de recrutement. « Une base opérationnelle compacte mais efficace et en adaptation permanente », c’est ainsi que le capitaine de vaisseau (CV) Jean-Philippe Rigault décrit la base navale de La Réunion. Commandant de la base navale depuis cet été, l’ancien commandant adjoint navire du porte-avions Charles de Gaulle est à la tête d’un équipage d’une centaine de marins, civils et militaires. Leur mission : « soutenir les bâtiments de la force d’action navale à La Réunion, mais aussi tous les navires français et étrangers venant y faire escale, à l’instar du groupe école indien il y a quelques jours », détaille le pacha.

Spécificité des outre-mers, la base navale réunionnaise assure à la fois le soutien portuaire, naval (ateliers, logistique, rechanges) et humain (ressources humaines, entraînement, familles). « Depuis l’été dernier, la flottille de réserve maritime, unité élémentaire commandée rattachée à la base navale et forte de 50 personnes, complète nos capacités ». Une escouade de réserve côtière devrait la compléter sous peu. Autres spécificités des outre-mers pour le commandant de la base : « être le représentant local de l’autorité organique dans un souci de synthèse, de cohérence et d’efficacité. Et enfin assurer l’ancrage territorial et animer le rayonnement de la Marine sur l’île en lien avec le rectorat, la préparation militaire Marine, nos classes de défense et nos partenariats, … ».

Au total, 500 civils et militaires de toutes les armées, directions et services circulent et travaillent sur l’emprise de 3,2 hectares, « que ce soit des personnes du centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage hébergé sur la base, et des antennes du Service de soutien de la Flotte, de la direction d’appui au numérique zonale (DANZ), de la gendarmerie maritime, du service de Santé des armées, du groupe de soutien de la base de défense ou du service des infrastructures de la Défense ». Autant d’acteurs qui travaillent en synergie pour relever les différents défis ensemble ; car « une base navale outre-mer se rapproche un peu d’un navire en déploiement dans sa vie quotidienne et dans sa gestion : à distance de la métropole et vivant au rythme des ravitaillements, on doit être autonome et s’adapter pour trouver les solutions en mutualisant les compétences et les ressources disponibles » analyse le commandant.

Les bâtiments et l’arrivée du patrouilleur Auguste Techer

Six bâtiments de la Marine sont basés à La Réunion, six pour cinq postes à quai. « La recherche de foncier pour avoir de la place pour chacun, et sans que les impératifs de stationnement ne contraignent l’activité opérationnelle, est une de mes priorités » évoque le CV Jean-Philippe Rigault. Le sixième et dernier navire arrivé dans son nouveau port base en août est le patrouilleur outre-mer Auguste Techer. L’occasion d’une belle cérémonie présidée par le général de division d’infanterie Jean de Monicault, commandant supérieur des forces armées de la zone sud de l’océan Indien (COMSUP FASZOI), en présence des autorités civiles, des élus, des autres équipages et des familles. « Elle a permis de renforcer la cohésion nationale, de souligner l’importance du point d’appui stratégique de la Réunion et de souhaiter la bienvenue à ce nouvel équipage au port des Galets » se remémore le commandant.

L’arrivée des familles des marins de l’Auguste Techer, précédant celle de leurs conjoints convoyant le bâtiment, a été un vrai challenge pour la base navale et la preuve de son efficacité : accueillir, aiguiller et épauler les familles arrivées en avance sur une île qu’elles ne connaissaient pas. Autre souvenir marquant du commandant : « la cérémonie d’hommage à Jacques-Joseph de Lort-Serignan », officier de Marine enterré à Saint-Leu ayant participé à la bataille de Chesapeake sur le navire de 74 canons le Glorieux de l’escadre de l’amiral de Grasse. « Preuve du lien qui unit l’île à la Marine, lien qui perdure puisqu’aujourd’hui encore les Réunionnais se montrent particulièrement proches et attentifs à leurs militaires installés sur l’île. ».

Parole de marin et recrutement

Premier maître Jean conseiller en recrutement au bureau de recrutement de La Réunion : « La Marine est-elle connue à La Réunion ? ». PM J. répond : « On sent que les Réunionnais aiment leurs armées, aiment la Marine. Pour autant beaucoup de jeunes ne la connaissent pas, ou pas bien et la découvrent en poussant nos portes car ils n’ont pas l’occasion de voir nos navires. »

« Comment pallier cette méconnaissance de la Marine ? » PM J. : « Notre bureau multiplie les opérations, que ce soit les salons, les actions avec les écoles, etc. La Marine s’occupe aussi du ravitaillement sur les courses à pied du Grand Raid pour se faire connaître. Moi-même réunionnais j’essaie d’être le meilleur porte-parole de la Marine, dans laquelle j’ai passé 16 ans en commando en métropole avant de revenir et poursuivre ma carrière sur mon île. Je me reconnais dans certains jeunes car je me suis moi-même engagé il y a 22 ans au bureau de recrutement de la base navale. Cette proximité aide à les aiguiller. »

« Quels sont les résultats de ces opérations de recrutement ? » PM J. : « Ainsi nous arrivons à recruter 150 futurs marins par an environ, ce qui fait de nous le troisième bureau de recrutement de la Marine derrière Toulon et Brest. Pour chacun de ces marins le commandant de la base navale est présent à la signature des contrats. En plus, la cérémonie, ça ajoute un aspect solennel qui plaît beaucoup aux jeunes qui viennent de s’engager. »

Mayotte et Port Réunion

Mayotte, petite sœur de la base navale de La Réunion dans l’océan Indien, incarne la vigilance permanente des FAZSOI. À quelques encablures du canal du Mozambique, ses marins assurent la surveillance, la protection et la présence française dans une zone marquée par de forts enjeux migratoires, géopolitiques et environnementaux. Point de coordination de l’action de l’État en mer (PC-AEM), la base pilote le soutien logistique des forces déployées dans les Îles Éparses, mais surtout la sécurité des approches maritimes. Grâce à un réseau de quatre radars du ministère de l’Intérieur déployés sur l’île ainsi qu’à l’appui de vecteurs aériens et de vedettes côtières de la gendarmerie maritime, le PC-AEM peut ainsi garantir une capacité d’intervention en mer permanente et réactive contre les trafics et l’immigration clandestine en pleine expansion.

Avec son relief particulier, l’île de La Réunion ne présente aucun site naturel propice à l’établissement d’une infrastructure portuaire. Pour cette raison, il a fallu attendre la fin du 19ème siècle pour voir la création d’un port à l’intérieur des terres sur le site de la Pointe des Galets. Ce site a pour avantage d’être le centre de gravité des zones économiques de l’île et de la ligne de chemin de fer. Néanmoins, le port est longtemps resté inadapté pour les navires de nouvelle génération. L’extension du port Est avait pour objectif d’accompagner la croissance du trafic commercial de Port Réunion, et de s’adapter aux nouveaux navires ayant un tirant d’eau plus important. Par conséquent, nous avons approfondi le chenal d’accès et du cercle d’évitage afin de pouvoir faire passer le tirant d’eau de 13 à 16 mètres. Le diamètre du cercle d’évitage a lui aussi pu être élargi à 480 mètres contre 350 mètres auparavant. Nous avons également construit un nouveau quai de 648 mètres qui peut accueillir jusqu’à 2 navires de 80 000 tonnes simultanément. Grâce à cette extension le port de la Pointe des Galets a ainsi pu doubler sa capacité de stockage. Ce projet a permis de favoriser l’insertion de La Réunion dans le commerce régional et international. Port labellisé 3 anneaux qualité plaisance, depuis décembre 2019. Dédié à la fois au commerce, à la pêche, à la réparation navale, à la plaisance, à la croisière et à l'activité militaire, ce port dispose d’infrastructures, d’équipements et d’outillages standards européens qui en font un port moderne et performant au cœur de l’Océan Indien et le placent au rang de quatrième port français pour le volume des conteneurs traités.

Le Grand Port Maritime de la Réunion a délégué la gestion de la partie “plaisance” au Territoire de l’Ouest. Aujourd’hui, le Territoire de l’Ouest est donc responsable des deux darses exclusivement réservées à la plaisance. On distingue “l’ancienne darse” initialement présente à la construction du port, avec une capacité de 450 places, et la nouvelle darse ou darse “Titan”. Le port de la Pointe des Galets est destiné principalement aux bateaux étrangers de passage sur l'île, aux pêcheurs, et aux navires de grande taille. En plus des infrastructures portuaires, le port de la Pointe des Galets permet aux plaisanciers la location de box individuels. Le chenal est dragué à 9m. Tour des signaux bande à bâbord. Vous souhaitez faire escale dans un des ports de plaisance de la Pointe des Galets ? Retrouvez dans cette rubrique toutes les informations pratiques. Vous souhaitez devenir usager des ports de la Pointe des Galets ? Créer votre compte en ligne et gérer en un seul clic vos démarches administratives.

Historique portuaire et évolutions majeures : C’est en 1872 que commence l’histoire du port, lorsque le site de la Pointe des Galets dans l’Ouest a été choisi pour accueillir un tel aménagement. Jusqu’alors, la desserte maritime de l’île de La Réunion se faisait au moyen de marines constituées de ponts avancés sur la mer. En 1879 démarre le plus grand chantier de l’époque avec plus de 15 000 ouvriers mobilisés ! En 1886, le port de la Pointe de Galets est inauguré, à l’emplacement de l’actuel Port Ouest. Il assurera pendant 1 siècle la totalité du trafic portuaire. 1955 La Chambre de Commerce et d’Industrie de La Réunion devient concessionnaire du port. 1986 Un nouveau port en baie de la Possession est inauguré. Il s’agit de l’actuel Port Est. 2009 Doté d’un seul quai à sa création, le port Est s’est modernisé par phases successives jusqu’à l’expansion d’environ 635 m linéaire et un tirant d’eau de 14 m. 2013 Le Grand Port Maritime de La Réunion est créé le 1er janvier 2013. 2015 La seconde phase d’extension du Port Est s’est terminée fin 2015 avec l’allongement du quai conteneurs et l’approfondissement de la darse.

Port Ouest et Port Est aujourd’hui

Les ports témoignent d’un investissement continu, reliant activité commerciale, plaisance et fonctions militaires. L’activité du port a dès 1895 donné naissance à la commune du Port. Le Port Ouest, aujourd’hui consacré à la plaisance et à la pêche, est équipé d’une base nautique avec kayaks, optimists et catamarans. Le Port Est s’est modernisé et accueille des conteneurs, des céréales, du charbon et du fioul lourd, avec des infrastructures adaptées et des portiques récents. Le Grand Port Maritime de La Réunion supervise l’ensemble de ces évolutions et assure une gouvernance efficace du site stratégique.

Carte des ports de La Réunion et localisation du port des Galets

Tableau récapitulatif des éléments clés:

SiteRôle principalÉléments remarquables
Base navale des GaletsSoutien naval et portuaire, recrutementSix bâtiments, 500 personnels, 3,2 hectares
Port OuestPlaisance et pêcheAncien port, base nautique, leasing turn-keys
Port EstLogistique et commerceQuai conteneurs, profondeur -14 à -15.5 m

En synthèse, le port des Galets et la base navale associée illustrent une articulation complexe entre défense, économie et société locale: un maillon clé pour assurer la sécurité, le rayonnement et le développement durable de La Réunion et de la région de l’océan Indien.

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