Ensemble des instruments de musique que l'on frappe pour obtenir un son. Les instruments à percussion, dont on joue en les frappant ou en les agitant, existent depuis les temps les plus reculés de l'histoire de l'humanité ; les recherches archéologiques permettent de découvrir soit des vestiges de tels instruments, soit leur représentation graphique. En fait, les deux types essentiels de percussions se retrouvent à toutes les époques : le premier type, comme le tambour, consiste en une peau tendue sur une caisse de résonance, un tronc creusé, une poterie ou une armature métallique ; le second type est formé de lames vibrantes, en bois, métal ou pierre, montées ou non sur un résonateur (xylophone).
Les instruments à percussion ont ensuite été liés à l'avènement des métaux, et en premier lieu du bronze : jeux de cloches, gongs, dont on retrouve trace en Chine aux environs du premier millénaire avant J.-C. (la facture très élaborée des cloches et des gongs chinois implique même une tradition bien plus ancienne). En Occident, la percussion est très répandue au Moyen Âge : elle rythme les danses et accompagne les récits des trouvères, les facéties des ménestriers et des jongleurs.
À partir du xvie siècle, ne subsiste parmi le jeu des percussions que les timbales, instrument guerrier qui ponctue les temps sur « tonique-dominante », dans les musiques solennelles, les fanfares à cheval, les manifestations musicales en plein air. Pendant le xviie et le xviiie siècles, des idiophones tels que les cymbales et les triangles apparurent de plus en plus fréquemment dans les œuvres orchestrales. Dans le courant du xixe siècle s'effectue le renouveau de la percussion symphonique : multiplication des timbales, usage des cymbales, du triangle, de cloches, etc. Mais c'est seulement au cours du xxe siècle que la musique occidentale a exploré intensivement les rythmes contrastés et les colorations tonales, permettant aux instruments à percussion d'accéder à un statut comparable à celui dont ils jouissent depuis longtemps dans d'autres cultures ; l'influence du jazz et des orchestres dont le rythme repose sur la batterie s'est répandue de façon générale.
Les instruments à percussion constituent la famille d'instruments de musique la plus vaste, comprenant notamment la catégorie des « idiophones ». Les instruments à percussion offrent une gamme très étendue de sonorités graves, aiguës ou neutres, de timbres et même de ressources mélodiques ; mais la hauteur du son varie selon l'instrument. La timbale, formée d'une caisse en cuivre semi-hémisphérique, tendue d'une peau réglable, est utilisée généralement par paire pour marquer les degrés forts du ton ; elle est une sorte de basse à percussion ; les timbales, qui viennent du Moyen-Orient, arrivèrent en Europe avant 1400 et furent utilisées pour la première fois dans les orchestres au cours du xviie s.
Parmi les autres membranophones, les roto-toms (petits tambours accordables) permettent l'exécution de passages mélodiques, tandis que la plupart des autres tambours vibrent de façon plus complexe et moins phrasée. Le groupe des instruments à lames de bois ou de métal à son défini comprennent ceux qui sont constitués par des lames accordées (marimba, xylophone) ; il s'est enrichi, à notre époque, du vibraphone : cet instrument est composé de lames métalliques sous chacune desquelles est placé un tube de longueur correspondante. La colonne d'air, contenue dans les tubes, est constamment agitée par des palettes tournantes, ce qui amplifie les vibrations sonores. Suivant le principe des lames vibrantes, le glockenspiel et le célesta ont été dotés d'un clavier.
À la catégorie des instruments à hauteurs non déterminées appartiennent toutes les percussions qui produisent des sons trop complexes pour être accordés. Ces instruments, à sons indéterminés, sont essentiellement utilisés pour leur couleur sonore : caisses, gong, cymbales, triangle, tambour de basque, castagnettes, etc. Les idiophones en bois à faible définition de son comprennent les castagnettes et des instruments latino-américains, comme les claves (paires de baguettes de bois) et les maracas (hochet formé d'une calebasse contenant des graines dures). Des instruments de bronze accordés ou des gongs métalliques forment le noyau de beaucoup d'ensembles orientaux, notamment du gamelan indonésien.
En Occident, parmi les métallophones accordés, on trouve le vibraphone, le jeu de timbres, les carillons tubulaires, le célesta, les clochettes à main et les tambours de fer. Dans la musique de jazz, la batterie est composée le plus souvent de la grosse caisse, caisse claire, toms, cymbales pendues et high hat (cymbale double coulissante, actionnée par le pied). Quand on aborde le sujet de la classification des instruments de musique, il est indispensable de mentionner le système de classification des instruments de musique conçu par Erich von Hornbostel et Curt Sachs. Les idiophones : Instruments dont le son est produit par le matériau de l'instrument lui-même. Les membranophones : Instruments dont le son est principalement produit par la vibration d'une membrane tendue. Les cordophones : Instruments dont le son est produit par la vibration d'une ou plusieurs cordes. Les aérophones : Instruments dont le son est produit par la vibration de l'air.
Grosso modo, les cordes sont tous les instruments ayant des cordes, les vents sont ceux où l'on souffle dedans, et les percussions sont ceux où l'on tape dessus. Les cordes frottées : la corde est excitée par un frottement (archet ou autre dispositif). Le son peut être continu, car le frottement permet une excitation continue de la corde. Les cordes pincées : la corde est excitée par un pincement (doigts, onglets, plectre, médiator). Le son ne peut pas être continu, car la vibration diminue dans le temps. Les cordes frappées : la corde est excitée par un frappement (baguettes, petits marteaux, ...). Comme pour les bois, les cuivres sont caractérisés par leur système d'émission du son, plutôt que par leurs matériaux utilisés pour leur fabrication, ce qui implique qu'ils ne sont pas tous fabriqués en cuivre, certains sont en bois par exemple. Pour faire partie de la magnifique famille des cuivres, l'instrument doit produire un son grâce à la vibration des lèvres du musicien. Les membranophones sont des instruments de percussion dont les sons sont produits par la vibration d'une membrane tendue. En voici une traduction libre d’après les articles « Idiophone », « Membranophone », « Chordophone » et « Aerophone » du New Grove Dictionary of Musical Instruments, London, Macmillan, 1984 (vol. I, p. 29-30 et 364-365 ; vol. II, p. Le musicien effectue lui-même les mouvements de percussion. Il n'importe pas que ce soit éventuellement au moyen d'un mécanisme intermédiaire, battant, clavier, corde, etc.
La percussion résulte indirectement d'un mouvement du musicien, mais ce mouvement ne consiste pas à frapper. Des répertoires détaillent les catégories et les exemples: timbales, tambours tubulaires, cymbales, gongs, cloches, castagnettes, et bien d'autres accessoires de percussion destinés à soutenir le rythme, produire des sons originaux ou donner une couleur orchestrale particulière. Contrairement à la plupart des autres musiciens de l'orchestre, un percussionniste peut jouer plusieurs instruments différents durant un même morceau, et même une multitude durant sa carrière. C'est le cas de Benoît Gaudelette, percussionniste et timbalier à l’Orchestre philharmonique de Radio France, qui présente une seconde sélection d’accessoires de percussion.
Deux petits bâtons avec des boules en bois permettent, en étant secoués, de produire un son de percussionniste. Pour faire monter le son, on tend la lame, on la tord... Et pour redescendre, on la remet dans son état naturel. Le flexatone a évidemment été utilisé en tant qu’effet de bruitage par son côté comique. Mais des compositeurs à l'affût de nouvelles sonorités se sont intéressés à cet instrument. Aram Khatchatourian l’utilise dans le deuxième mouvement de son Concerto pour piano. C'est un tambour à friction qui imite le son du lion. Et le fait de mettre en vibration cette corde, en la tirant, va faire vibrer la peau du tambour. Elle va se mettre en résonance dans tout le fut.
Dans notre culture classique, le premier qui a utilisé ça, c'est évidemment Edgard Varèse dans Ionisation. Ces tambours à ressorts imitent... le tonnerre. Et on peut même rajouter les éclairs ! C'est un ressort qui est fixé dans la peau et qui, en étant agité, va faire résonner la peau. Le son va tourner dans le ressort, se prolonger et créer ce son incroyable. La poire sert à envoyer de l'air et, à l'intérieur, est fixée une petite membrane en métal. L'air va passer, et comme c'est très fin, va produire une vibration - exactement comme les hanches des instruments à vent. Ils ont été utilisés par George Gershwin dans Un Américain à Paris, suite à sa visite à Paris où il a alors déclaré : « Je n'entends que des klaxons ici ».
Pourquoi est-ce qu'on demande aux percussionnistes de jouer des klaxons alors que ce n'est pas un instrument à percussion ? De par la multitude de nos instruments, on a été apparentés aux bruiteurs de l’orchestre. L'histoire des wood-blocks est ancestrale. On a compris très vite que si l'on tapait sur une branche, cela pouvait donner un son, voire résonner. Dans la même famille, il existe les temple-blocks. Ce sont des gueules de loup. Le bois a été creusé à l'intérieur et est ouvert de chaque côté. Nos chers compositeurs du XXᵉ siècle les ont utilisés d'une manière extraordinaire. Ils apportent une couleur incroyable quand ils rentrent dans la masse orchestrale. C'est un instrument idiophone qui produit un son par lui-même, en le jouant avec une baguette ou les unes contre les autres. Son origine est multiple. On le retrouve beaucoup en Grèce et dans l'Antiquité, en Asie et au Moyen-Orient. Cela apporte de la lumière. C'est un scintillement, c'est comme une étoile filante. Donc vous imaginez bien que les compositeurs s'en sont emparés en demandant : « Mais on ne peut pas les accorder ? J'aurais besoin de telle note, d'un si, d’un sol, d’un la... » Claude Debussy l’a utilisé à la fin de son œuvre phare, Prélude à l'après-midi d'un faune. Il existe aussi une version moderne des crotales, accordée exactement comme un clavier de piano. Les compositeurs de musique contemporaine les utilisent très fréquemment. On a des choses très virtuoses à jouer dessus, ce qui n'est pas toujours évident.
France Musique La batterie est un ensemble de percussions conçu de telle sorte qu'un seul percussionniste - sorte d'homme-orchestre - remplace le jeu de plusieurs, notamment par l'utilisation des pieds. Instrument à percussion de type membranophone à son indéterminé. D'origine cubaine, il s'est répandu en Amérique du Sud. On l'utilise en musique contemporaine (notamment Boulez, Stockhausen, Bério). La caisse claire est un instrument de la famille des percussions, dont l'élément principal est un fût cylindrique en bois ou en métal d'environ 35 centimètres de diamètre, fermé de chaque côté par une peau. La caisse claire repose généralement sur un pied. Instrument à percussion du genre tambour à deux membranes et à son indéterminé, appelé aussi tarole ou caisse plate. Elle est faite d'un cylindre métallique (de 35 cm environ de diamètre), qui supporte une membrane en peau de mouton aux deux extrémités.
Instrument de musique composé d'au moins vingt-trois cloches en bronze dans une suspension fixe, accordées en ordre chromatique (c'est-à-dire par demi-tons) et capables d'une harmonie concordante lorsqu'on les sonne ensemble. Instrument de percussion idiophone à son indéterminé, très populaire en Espagne. Il se compose de deux morceaux de bois dur, en forme de coquille, percés et reliés par une cordelette. Instrument de percussion à son déterminé, de la famille des claviers. Il est dû au facteur Victor Mustel (Paris, 1886) qui lui donna d'abord le nom de typophone. Ses fils, Auguste et Alphonse, l'appelèrent célesta. Instrument à percussion, métallophone, du type « claviers ». Messiaen choisit ce nom espagnol pour désigner les cloches à vaches disposées en deux ou trois jeux (deux octaves et demie ou trois octaves et demie - de fa à ut).
Le chapeau chinois, ou pavillon chinois, est un instrument de musique composé d'une perche ornée d'un pavillon surmonté d'un croissant et d'autres ornements, et auxquels sont suspendus des cloches, des objets métalliques tintant, parfois des queues de cheval. Du latin médiéval cymbala, « cloches », le chime (ainsi nommé pour distinguer ces instruments des carillons) est un jeu de cloches fixes accordées dans une série musicale, traditionnellement en séquence diatonique (gamme de sept notes) avec quelques accidents (dièses et bémols). Claquettes et cliquettes sont des instruments de musique composés de morceaux de bois, d'os, de métal ou d'autres matériaux sonores, soit tenus dans les deux mains (claquettes), soit fixés ensemble et tenus dans une main (cliquettes), parfois avec une poignée, et frappés l'un contre l'autre.
Instrument de percussion, idiophone, de la famille des cloches. Ces clochettes de fer ou de bronze, suspendues au cou des chèvres, des vaches ou des moutons, ont une origine populaire. On se sert de jeu de clarines de tailles progressives (cencerros). Instrument à percussion constitué par deux baguettes cylindriques de bois dur de 20 centimètres de longueur et 2,5 centimètres de diamètre environ. Instruments de percussion idiophones, à plaques courbes, où un battant intérieur (suspendu au cerveau - calotte - par une bélière) met en vibration le métal (alliage de 76 à 78 p. 100 de cuivre et 22 à 24 p. 100 d'étain environ) en forme de coupe évasée et renversée. Instrument à percussion composé de deux petites plaques métalliques ou claquettes frappées l'une contre l'autre. Instrument de percussion, idiophone, à plaques, normalement à son indéterminé. Chez les Grecs, les Romains et au Moyen Âge, les cymbales étaient constituées de deux coquilles de bronze (il y en eut aussi en bois) que l'on entrechoquait en les tenant en leur centre par une poignée de cuir.
Le texte se poursuit avec des figures historiques et des exemples variés, démontrant l'étendue et la diversité des percussionnistes, des accessoires et des usages dans différentes époques et cultures, jusqu’aux classifications modernes et aux usages orchestraux contemporains.
Image illustrative recommandée: schéma des familles d'instruments de musique selon Hornbostel-Sachs

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