Ces deux images nous rappellent de bons souvenirs : la liesse des joueurs de l’équipe de France de football à vingt ans d’intervalle. À ces corps en joie s’ajouteront d’autres corps, ceux des supporters en folie, rassemblés au soir de ces victoires. La fête fut belle le 12 juillet 1998, surprenante, vivifiante, fraternelle. Après les concerts humanitaires et antiracistes des années 80, le football est devenu l’une des principales occasions de faire la fête, une fête multiculturelle de surcroît. Les occasions n’ont pas manqué en vingt ans : les Français y ont pris goût et en redemandent. Ainsi la victoire de 2018, dernière grande fête avant la crise du Covid permet de mesurer le chemin parcouru dans le rapport à l’altérité. D’autant qu’elle s’est inscrite dans le cadre de la commémoration un peu feutrée de la victoire de 1998 comme cela avait déjà été le cas en 2008. À la fin des années quatre-vingt-dix, cette victoire a permis de célébrer l’intégration républicaine, notion très en vogue à l’époque tant dans les médias que dans les politiques publiques. Si les questions qui se posent sont d’ordre politique et social, dans les imaginaires, c’est bien le corps de « l’Autre » qui importe. En effet, la route qui mène à 2018 sera longue et douloureuse, la preuve que le football n’est pas un outil si simple à manipuler.
Écarté du groupe France depuis 2015 malgré ses formidables performances, Karim Benzema est sans doute la victime de son comportement mais aussi, peut-être, d’un certain nombre de préjugés, défraie la chronique des Bleus. Ces épisodes s’apparentent à une succession de mise en scène de l’échec de l’intégration que les milieux politiques et l’opinion publique vont acter en 2012-2013. Pire, cette étonnante « grève des Bleus » refusant de sortir de leur bus en raison d’un conflit avec leur staff et en particulier le sélectionneur Raymond Domenech ayant renvoyé Nicolas Anelka pour comportement irrespectueux et insultant, a profondément marqué les esprits. La lecture de leur « communiqué » par Domenech devant le bus, dans une ambiance de psychodrame et de délitement, est apparue comme le terrible aveu d’une incapacité à « vivre ensemble » au sein du groupe engendrant la forte déception de ses supporters. La présence du nouveau sélectionneur des Bleus, Laurent Blanc, lors de cette réunion a suscité une intense polémique dans les médias et sur les réseaux sociaux. Les autorités du football français sont-elles racistes ? Au point d’œuvrer en coulisse pour éviter que trop d’enfants de migrants ne soient représentés au plus haut niveau pour des questions d’image et de symbole ? On retrouve le questionnement très visuel sur ces corps altérisés ici : onze « noirs » et « arabes » peuvent-ils représenter la France ?
Puis la situation s’est éclaircie en grande partie grâce aux résultats positifs des Bleus à partir de la Coupe du monde de 2014. Mais aussi celle de l’évolution des corps : les exploits d’un Paul Pogba, d’un Kylian Mbappé, d’un N’Golo Kanté, d’un Presnel Kimpembé ou d’un Ferland Mendy ne sont généralement pas salués à l’aune de leur origines ou de leur couleur de peau. Mais il y a un facteur décisif propre à l’essence même du football : au gré des bons ou mauvais résultats, le discours peut changer du tout au tout, preuve de la versatilité de l’opinion mais aussi de la fragilité des discours en la matière. Tous égaux au point de n’avoir pas d’origine déclarée comme le symbolise ce tweet du défenseur de Manchester City Benjamin Mendy qui en réponse à un internaute qui avait placé à côté de chacun des noms des Bleus le drapeau de leur pays d’origine. Une preuve que l’intégration n’est plus à la page et que le mythe « Black Blanc Beur » a fait long feu sans doute pour de bonnes raisons. Mais une mythologie en remplace une autre : place à celle de la fraternité républicaine.
Valeur républicaine quelque peu en souffrance, notamment en matière d’accueil des « migrants » envers lesquels la France est apparue plus intransigeante que ses voisins européens, la fraternité a toutefois retrouvé du souffle grâce à nos footballeurs et à Emmanuel Macron qui en a exploité le filon. Voilà le nouveau crédo de 2018 dépoussiérant celui de 1998. Le football et plus largement le sport seraient ainsi à l’avant-garde du « color blindism » (la non reconnaissance de la différence de couleurs de la peau) à l’ère du « woke » à laquelle appartient précisément la génération Mbappé. Cette ambition d’un « daltonisme racial » promouvant l’idée d’une société au sein de laquelle la couleur de peau serait insignifiante n’est pas nouvelle, elle nous vient de théories élaborées aux États-Unis dans les années 60 dans le contexte du mouvement des droits civiques. Se rappelle-t-on que Pelé est « noir » ? Considère-t-on que Zinédine Zidane est « Arabe » ? Et aujourd’hui de quelle couleur est Kylian Mbappé ? Non, ces joueurs exceptionnels dépassent ces clivages, leur statut de héros transcende les assignations à ce que peut représenter leur corps en action.
La signification de lExpression et son origine
La signification - Que signifie l’expression française « Vouloir le beurre et l’argent du beurre » ? Tout le monde prendrait volontiers le beurre et l’argent du beurre, si c’était possible ! D’accord mais, que signifie concrètement cette expression « vouloir le beurre et l’argent du beurre » ? Cette expression française veut simplement dire vouloir tout avoir, sans contrepartie. Autrement dit, quelqu’un qui veut le beurre et l’argent du beurre veut gagner sur tous les plans. La personne est avide et veut tout simplement plein de choses (ou "pleins de choses").
Mais pourquoi du beurre ? Quel est le rapport entre le beurre et l’idée de gain ? On apporte des détails sur l’origine de l’expression juste en-dessous. Vous voulez découvrir plus d’expressions de la langue française ? Découvrez notre newsletter, LE rendez-vous hebdomadaire avec des anecdotes littéraires et des entraînements pour écrire sans fautes !
L’origine - D’où vient l’expression « Vouloir le beurre et l'argent du beurre » ? Le beurre a longtemps été considéré comme un produit de luxe réservé aux plus aisés. Les pauvres, eux, devaient se contenter de saindoux pour faire leur cuisine. Le beurre est ainsi devenu dans de nombreuses expressions le symbole de l’argent, de la prospérité, du bénéfice, etc. On peut trouver l’expression « avoir le beurre et l'argent du beurre », ou encore la forme négative « on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre ». Cette formule provient du bon sens paysan et du principe même des échanges commerciaux. En effet, pour qu’une personne ne tire que des gains d’un échange, il faut que la personne en face n’en tire que des pertes. Or imaginer quelqu’un faire un échange volontairement à perte est absurde. Par ailleurs, il existe des variantes à cette expression, à manier précautionneusement selon le contexte.
Citations - Paroles d'écrivains et citations liées à l’idée d’avoir ou non le beurre et l’argent du beurre, et à la façon dont les notions d’intégration et d’identité sont discutées dans les médias et dans la société.
Le contexte culturel et linguistique
Dans ce cadre, l’expression « black-blanc-beur » a émergé comme slogan et comme miroir des anxiétés autour de l’identité nationale, des origines et de l’intégration. L’article retrace comment cette expression est née, s’est répandue, a été contestée puis réinterprétée à travers les victoires sportives, les médias et les débats publics. Le parcours historique montre une continuité entre les images de 1998 et les réinterprétations de 2018, en passant par les controverses des bus de Knysna en 2010 et les débats autour des joueurs binationaux et de leur place dans l’équipe nationale.
- Évolution de l’intégration républicaine et des perceptions de l’altérité dans le football.
- Usage médiatique et symbolique du triptyque BBB et son inheritance dans les débats identitaires.
- Impact des résultats sportifs sur les discours publics et les attentes relatives à l’“origine” des joueurs.
- Analyse des questions politiques entourant les facteurs de représentation des enfants de migrants dans le sport de haut niveau.
Ainsi, la signification de l’expression et sa réception évoluent au fil des victoires et des controverses, reflétant les tensions entre la égalité républicaine, l’intégration et les imaginaires autour du corps des joueurs « appartenant à l’Autre ». Le football sert alors de révélateur des transformations sociales et des débats sur l’appartenance et la couleur de peau dans la société française.

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