Biscuit Petit LU: histoire, origine, recettes et variétés

Le saviez-vous ? Le Véritable Petit Beurre®, le Sablé des Flandres®, le Beurré Nantais® et le Saint Sauveur® sont fabriqués en France : en Loire-Atlantique ou en Champagne-Ardenne ! Et parce qu’ils cachent bien d’autres secrets, suivez le guide… À CHAQUE CROC UNE INFO !

LU® vous offre une expérience de traçabilité unique pour découvrir l’origine du blé Harmony de votre Petit Beurre et ce qui se cache derrière le QR CODEDES BISCUITS 100% MADE IN FRANCE. Les biscuits LU®, c’est avant tout un savoir-faire local. Produit à la Haye Fouassière près de Nantes, en Loire-Atlantique, le biscuit Véritable Petit Beurre® célèbre les produits de nos régions. Le blé, le beurre, le sel et le sucre utilisés dans sa recette sont tous d’origine française !

Vous êtes plutôt le biscuit Sablé des Flandres®, le biscuit sablé Beurré Nantais®, ou la galette Saint Sauveur® ? Cocorico, c’est à Château Thierry près de Reims, en Champagne-Ardenne, que vous trouverez l’usine de production de vos biscuits LU®. “Petit Beurre : quatre oreilles et quarante-huit dents.” Ce fameux slogan pour le biscuit LU né en 1886 n’en dit pas plus et pourtant, il cache des symboles insoupçonnés !

Les biscuits LU, emblèmes de la pâtisserie française, ont su conquérir les palais du monde entier. Parmi eux, le Petit Beurre occupe une place particulière. Mais pourquoi ce nom si évocateur ? C’est en 1886 que Louis Lefèvre-Utile, fondateur de la célèbre biscuiterie nantaise LU, imagine un biscuit à la fois simple et raffiné : le Petit Beurre. Son idée est de proposer un biscuit léger, fondant en bouche, parfait pour accompagner le thé ou le café.

Le choix du nom « Petit Beurre » n’est pas anodin. En effet, il reflète la simplicité et la qualité des ingrédients utilisés : une farine fine, du sucre, et bien sûr, du beurre. Ainsi, le Petit Beurre de LU n’est pas qu’un simple biscuit.

  • Les 52 dents qui dessinent le contour équivalent aux 52 semaines qui composent une année.
  • Les quatre coins renvoient aux quatre saisons de l’année.
  • 24 points sont répartis sur la surface du biscuit en quatre lignes sur six colonnes.

En photo d’ouverture : la biscuiterie Lefèvre-Utile a produit de nombreux objets publicitaires, dont ce calendrier en forme de Petit-Beurre en 1937. Imprimerie Moderne Nantes-Paris. 6 pages. Nous avons tous eu l’occasion, au moins une fois dans notre vie, de déguster ce petit gâteau rectangulaire au dessin assez particulier. Les petits aiment bien grignoter les petites dents avant de l’engloutir.

À l’origine, le but de Mr Lefevre Utile était de créer un gâteau qui puisse être mangé tous les jours. Avec le temps, le petit-beurre va changer un peu de forme : les dimensions du gâteau seront repensées afin de rationaliser l'emballage, le transport et le stockage, plus de boîtes de fer-blanc dessinées pour en faire la réclame, biscuit un peu plus petit pour pouvoir l’emballer dans des paquets plus facilement transportables.

Et de notre côté, avec le petit-beurre de notre artisan nantais, nous avons voulu célébrer ce biscuit emblématique de la région nantaise mais en revenant à ses origines artisanales et sans doute… à son goût !

Nantes est un port maritime et industriel très actif au XIXe siècle. Parmi les industries nantaises, l’industrie agroalimentaire tient une place de choix. Les conserveries ainsi que les biscuiteries sont les plus représentées. C’est à partir des années 1860 que l’industrie biscuitière prend de l’ampleur en France, et particulièrement à Nantes et à Bordeaux. La baisse des prix du sucre et des matières grasses permet de faire basculer le biscuit de la boulangerie vers la pâtisserie, pour le transformer en un produit de luxe.

Louis Lefèvre-Utile (1899), Hippolyte BERTEAUX

À la fin du XIXe siècle, les biscuits sont vendus en vrac. Louis opte pour un conditionnement plus moderne, en boîtes métalliques, appelées « tin box ». Elles représentent un gage de qualité. La réclame de Lefèvre-Utile est entièrement fondée sur la qualité du produit. Celle-ci est légitimée par le fait que l’entreprise remporte des concours et gagne des médailles. Fier de ces distinctions, Louis Lefèvre-Utile les fait représenter sur ses emballages, développant la réclame pour séduire l’œil du consommateur.

Par la suite, en 1892, l’entreprise développe une gamme de boîtes lithographiées. Les illustrations sont principalement inspirées de la Bretagne avec par exemple la boîte à biscuits du Retour de la pêche datant de 1892, les Régates de la Loire en 1894 ou le Banquet breton datant de 1902. L’usine LU (1901), Luigi LOIR

Une nouvelle usine Louis hérite alors d’une structure composée de quatorze ouvriers. Les produits de la pâtisserie sont prisés de la bourgeoisie et, pour répondre à une demande toujours plus grande, Louis achète, dès 1885, une ancienne usine de filature sur les terrains de l’île de la Madeleine, face au château des ducs de Bretagne et proche de la gare. Il peut ainsi répondre aux principales problématiques d’une usine biscuitière au XIXe siècle. Imitant le modèle anglais, alors prépondérant sur le marché, il modernise les outils de production en introduisant des méthodes de production mécaniques dans l’industrie et acquiert un matériel anglais flambant neuf, dont une machine à vapeur. L’usine s’accroît régulièrement au point de devenir un véritable quartier dans la ville.

Louis Lefèvre-Utile fait de la ville de Nantes un élément indissociable de la communication de l’entreprise. La réalisation de la boîte Vues de Nantes par Alexis de Broca en 1895 en est l’illustration. La ville de Nantes est constamment présente dans l’univers biscuitier de Louis.

En 1886, Louis Lefèvre-Utile met au point la recette et le dessin de ce qui sera son plus grand succès : le Petit-Beurre. Il consigne l’empreinte définitive des moules du « Petit-Beurre LU Nantes » mais ne dépose la forme et la marque au tribunal de commerce que le 9 avril 1888. Grâce à son prix relativement modique, ce biscuit s’échappe du circuit mondain ; sa distribution se tourne plus largement vers les classes modestes.

Le 1er février 1887, Louis Lefèvre-Utile s’associe à son beau-frère Ernest Lefièvre et ensemble, ils fondent officiellement la société Lefèvre-Utile. Ernest s’occupe de la gestion de l’entreprise et Louis se dédie à la production. L’année suivante, un incendie ravage l’usine et Louis en profite pour proposer un programme d’agrandissement de l’usine, en l’agrémentant d’ateliers, de bureaux, de laboratoires, de ferblanteries, de magasins, de hangars, d’écuries et d’une centrale électrique.

Au début du XXe siècle, l’entreprise LU propose un catalogue de 200 biscuits différents. Les biscuits LU sont vendus en France, et sont exportés dès 1898, principalement vers les colonies. L’art dans la réclame - Louis Lefèvre-Utile accorde une attention particulière à l’esthétique des emballages et des biscuits. Il pense que séduire l’œil du client est le premier pas de la gourmandise. Il fait donc intervenir différents artistes dans l’élaboration de la réclame de la marque.

Les boîtes représentent des événements particuliers, comme l’illustration de la boîte des gaufrettes Iceberg, en 1903, inspirée de l’expédition en Antarctique de l’océanographe Jean Charcot. Cette boîte a été réalisée par Luigi Loir. Beaucoup d’artistes de renom collaborent avec les industriels par la suite. Mais Louis Lefèvre-Utile et un précurseur en la matière. En collaborant avec des artistes célèbres, il donne à l’entreprise une image moderne et définitivement novatrice.

En 1897, il envoie des esquisses de son fils à Firmin Bouisset qui en fait le Petit écolier. Et en 1905, au moment de l’âge d’or de l’entreprise, Lefèvre-Utile sort la Paille d’Or. Le biscuit représente à lui seul un support graphique. Louis fait appel dans un premier temps à des artistes locaux, puis parisiens et étrangers. Il collabore par exemple avec Alfons Mucha entre 1896 et 1903. En 1903, ce dernier réalise un portrait de Sarah Bernhardt pour la réclame de LU. Les tableaux publicitaires de l’entreprise sont de véritables œuvres d’art.

Le personnel LU en 1907, les vitrines publicitaires, et les affiches publicitaires témoignent d’un tournant artistique majeur. En 1900, la participation à l’Exposition universelle de Paris renforce la notoriété de la marque et ses ambitions. L’époque est marquée par l’élégance et le souci du détail dans l’emballage et le graphisme.

La production est orientée vers une image de marque élitiste. La présentation des biscuits est soignée et artistique, elle s’adresse à une clientèle bourgeoise. Les ingrédients sont issus de la production locale : le beurre, le lait et le miel viennent de Bretagne, les œufs de Vendée, les farines des moulins nantais et les produits exotiques tels que le sucre ou la vanille proviennent des colonies et sont acheminés directement depuis les avant-ports de Nantes vers l’usine.

Toujours dans cette logique de développement de l’entreprise, Louis Lefèvre-Utile la fait participer à l’Exposition universelle de Paris en 1900, pour laquelle il demande à Auguste Bluysen la construction d’une tour de 36 mètres de haut. S’inspirant des phares, cette tour devient un élément emblématique de la marque et deux tours seront construites à Nantes par la suite. À l’intérieur du pavillon, des faïences d’Eugène Martial Simas ornent les murs dans un style résolument Art déco.

Le personnel LU en 1907 (suite) montre que, au début du XXe siècle, environ 500 ouvriers et presque autant d’ouvrières travaillaient à l’usine. Les conditions de travail étaient pénibles, les salaires modestes, et les syndicats étaient interdits. Pendant la Première Guerre mondiale, LU est réquisitionnée pour la production de pain de guerre et de biscuits spéciaux, et continue à fonctionner grâce à des contrats publics, puis privés après la guerre.

Pendant l’entre-deux-guerres, la consommation de biscuits se démocratise. La crise de 1929 entraîne le déclin, et l’usine ferme momentanément en 1936. LU réapparaît ensuite, avec un pavillon modernisé pour l’Exposition universelle de Paris de 1937 et une stratégie d’innovation pour la période d’après-guerre. La Seconde Guerre mondiale permet une reprise progressive, puis l’automatisation et les emballages modernisés bouleversent définitivement l’organisation et la distribution.

En 1969, LU fusionne avec Brun pour devenir LU-Brun, marquant la fin de l’entreprise familiale telle qu’elle était. Les années suivantes voient des restructurations et l’évolution des types d’emballage, des partenariats et des stratégies marketing qui accompagnent l’essor global des biscuits LU.

Histoire de LU et Petit Beurre illustration

LU - Véritable petit beurre

Tableau: dates clefs et innovations

AnnéeÉvénementImpact
1886Création du Petit-Beurre et dessinNaissance d’un emblème
1892Boîtes lithographiéesPublicité et prestige
1900Exposition universelle de ParisNotoriété accrue
1937Pavillon Art décoModernité affichée
1969Fusion LU-BrunRéorganisation industrielle

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