Plage de galets dans le Morbihan : origines, dynamique et lieux emblématiques

Samuel Piriou fait part de ses observations au public sur la plage du Linès. Samuel Piriou fait part de ses observations au public sur la plage du Linès. De l’île de Groix au fleuve du Scorff, en passant par celui du Blavet, ces galets proviennent de divers horizons. « Le Linès se trouve à la croisée des influences de la rivière du Blavet, qui charrie des galets depuis le centre de la Bretagne, des courants marins de fond rapportant des schistes de Groix et des galets locaux fossilifères du dessous de la dune », explique en préambule le géologue Samuel Piriou. Jeudi 27 juillet 2023, une quinzaine personnes, dont de nombreux enfants ont été invités à descendre sur la plage pour trier les galets par couleur ou par texture. Ces cailloux, parfois ouverts par le marteau du géologue, révèlent des trajectoires de vie, racontent l’histoire des océans, du changement climatique et de la terre sur des millions d’années. Le scientifique analyse un gros caillou à la texture striée et inégale.

Les accumulations de galets forment d’étranges barrières naturelles. La plus imposante et la plus belle illustration de ces milieux en Bretagne est sans nulle doute le sillon de Talbert (Côtes-d’Armor). Les cordons de galets sont l’équivalent rocheux des dunes sur les plages. Ce sont des accumulations sédimentaires (de galets), étirées le long du littoral, provenant de l’érosion des falaises. Ils constituent généralement la partie haute d'un estran essentiellement sableux, et protègent certaines zones basses comme des lagunes ou des marais. Les plus fréquents sont appelés flèches à pointe libre : ils possèdent une pointe divaguant librement dans la mer. Les cordons de galets ne sont pas faits… que de galets. Ce sont en réalité des mélanges où s’agglomèrent des limons, du sable et des graviers, qui souvent emballent des galets plus ou moins grands.

Quasiment toutes les flèches et cordons de galets se trouvent sur la moitié nord des côtes bretonnes, tandis qu’en Bretagne Sud, il n’y a que celles de Dibenn et de Bétahon. Cordons et flèches sont plutôt de dimensions modestes dans la région. En rade de Brest, les flèches ne dépassent guère quelques centaines de mètres de long. Elles culminent la plupart du temps à quelques décimètres au-dessus du niveau des plus hautes mers de vive-eau. Les cordons de barrage et certaines flèches de galets, comme en rade de Brest ou le sillon de Talbert, abritent à leur revers des zones humides présentant une grande richesse écologique. Une part des galets d’aujourd’hui provient de roches situées à quelques dizaines de mètres sous l’eau sur le plateau continental breton, au large de la côte actuelle. Il y a 18 000 ans, le niveau de la mer se situait 120 m plus bas qu’aujourd’hui, et ces roches étaient à l’air libre ! Le climat de la Bretagne était de type périglaciaire : les roches étaient ainsi soumises au gel, les faisant exploser en une multitude de fragments anguleux. Le climat s’est réchauffé il y a 15 000 ans, et le niveau de la mer est remonté rapidement. Les vagues ont alors édifié les premiers cordons de galets à partir de ces fragments rocheux qui se sont émoussés progressivement. Depuis environ 3 000 ans, la remontée du niveau marin s’est fortement ralentie. Ce ne sont plus les roches du plateau continental qui fournissent les galets à la côte, mais les falaises taillées dans un sédiment meuble et très friable, appelé le Head, que l’on retrouve en abondance dans certains secteurs le long des côtes bretonnes. Actuellement, ces falaises sont les principales sources de matériel grossier pouvant alimenter les cordons de galets. S’y ajoute localement l’érosion de roches très tendres comme les schistes. Mais il semble qu’aujourd’hui, les falaises de Head ne se démantèlent plus aussi rapidement que par le passé. Aussi, les cordons de galets sont de moins en moins alimentés en sédiments. Au même titre que les dunes, les accumulations de galets sont mobiles. L’exposition à la houle et l’énergie des vagues sont des facteurs importants pour la stabilité de ces édifices.

soit le long de la flèche qui a alors tendance à s’étirer, un crochet se formant à son extrémité divagante. Lorsque les apports de galets frais sont insuffisants pour compenser ce déplacement longitudinal, on dit que la flèche se cannibalise. Les cordons évoluent par à-coups, avançant ou reculant en fonction de la houle et des marées. C’est lorsqu’une tempête coïncide avec une grande marée qu’ils évoluent le plus. Comme ils sont peu élevés, les vagues peuvent les submerger et ouvrir des brèches. Elles rejettent les galets au revers des flèches où ils se dispersent. Ce faisant, elles diminuent l’altitude de l’édifice sédimentaire et renforcent sa vulnérabilité à la submersion marine. Lorsque les vagues atteignent tout juste le sommet, le cordon a tendance à s’élever en altitude. Dans ce cas - qui est le plus fréquent, il se reconstruit naturellement sous l’action de la houle. En revanche, dès que les vagues dépassent la crête du cordon, elles le déstructurent. Et ceci d’autant plus qu’elles sont hautes. Pour qu’il y ait équilibre, il faut que les phases les plus destructrices - en général peu fréquentes - n’abaissent pas trop l’altitude du cordon et soient compensées par sa reconstruction. Dans les zones côtières peu profondes et suffisamment éclairées, des algues peuvent se fixer aux galets à l'aide de leur « crampon ». Cette structure qui ressemble à une racine a pour fonction d'ancrer ces organismes à leur milieu. Lorsqu’elles sont entraînées par la houle vers le rivage, elles emportent avec elles leur galet. Une fois arrivés sur l’estran, le galet et son algue « porteuse » sont poussés par les vagues qui viennent déferler sur le sable. Les algues à crampons contribuent ainsi au transport sous-marin des galets.

L’incessant mouvement des formations de galets cache en réalité une disparition progressive de ces milieux naturels. En comparant d’anciennes cartes du littoral breton et le trait de côte actuel, les scientifiques du laboratoire LETG de l’Université de Bretagne occidentale et du CNRS ont constaté qu’environ 70 % des sites étudiés manifestent des signes d’érosion sur la période récente (1930-2010). Les seuls secteurs qui progressent sont ceux où des falaises s’écroulent à proximité, libérant un matériel sédimentaire frais. La flèche de Bétahon, située sur la façade méridionale de la Bretagne, s’est ainsi avancée vers la mer de 25 cm par an entre 1952 et 2000, grâce à l’érosion rapide des falaises toutes proches. Mais hormis quelques exceptions, la plupart des flèches et cordons de galets se cannibalisent, reculent ou se rompent. Pourquoi ? La cause est avant tout naturelle. Les falaises ne s’érodent pas assez pour fournir des galets en quantité suffisante pour ramener les cordons à l’équilibre. Le recul et l'avancée des cordons des galets en Bretagne. Source : Long-, Mid- and Short-Term Evolution of Coastal Gravel Spits of Brittany, France. Par ses activités, l’homme peut accentuer ces différents facteurs. C’est le cas des ouvrages construits à proximité des flèches (digues, enrochement) qui bloquent le transit des galets et perturbent l’alimentation en matériel frais des cordons. Parfois, comme cela a été le cas dans les années 1970 à 1990 au sillon de Talbert, ces installations, censées protéger le site, favorisent au contraire son érosion. Aujourd’hui interdits, les prélèvements massifs de galets ont amoindri par endroits le stock sédimentaire disponible. Et à cela s’ajoute la surfréquentation touristique de ces lieux déjà fragiles par nature. Mais les forces naturelles restent les principales actrices de la vie et mort des accumulations de galets la responsabilité de l’homme n’apparaît vraiment que sur des sites où ses activités se concentrent et se perpétuent depuis plusieurs décennies. La baie d'Audierne (Finistère) présentait au XXe siècle un cordon de galets long de 20 km, de Plouhinec à l'isthme de la Torche, et localement appelé Ero Vili (« sillon de galets » en breton). Aujourd’hui, il a quasiment disparu ! À la place se trouve un cordon dunaire. Dès 1942, on y extrait des galets afin d'obtenir des matériaux pour construire le Mur de l'Atlantique. Selon les estimations des historiens, environ 500 000 m3, soit 1 million de tonnes, ont été retirées de l'Ero Vili. À la suite des Allemands, des entrepreneurs locaux réinvestissent les infrastructures laissées sur place et fournissent des matériaux pour la reconstruction de Brest. Les prélèvements se poursuivent jusque dans les années 1960. De nombreuses maisons du Pays Bigouden ont notamment été construites avec des galets concassés. Aujourd'hui, leurs conséquences se font toujours ressentir. D'autant plus que l’Ero Vili ne peut se reconstituer que par des stocks localisés sur les anciens plateaux d'abrasion marine. Ces derniers sont situés 10 à 15 m plus haut que la limite actuelle du rivage, entre Plozévet et Plovan. Ces sources de galets, piégés en arrière du littoral, ne peuvent être libérées que par l'érosion marine.

La tendance à l’érosion des flèches de galets pose la question du devenir de ces édifices sédimentaires et des éventuelles mesures de gestion et de conservation à mettre en œuvre. Les enjeux sont à la fois écologiques et patrimoniaux. Les cordons constituent le premier rempart contre la submersion marine des marais maritimes et protègent ainsi des zones humides à forte valeur écologique. Leur rupture peut donc conduire à la perte d’une biodiversité protégée. Mais il semble qu’aujourd’hui, qu’elles ne se démantèlent plus aussi rapidement que par le passé. On assiste à une disparition progressive des cordons de galets. La côte morbihannaise fait partie de l’une des plus belles de France avec une mer intérieure et des stations balnéaires uniques. À seulement 34 minutes de notre camping avec parc aquatique en Bretagne du Sud, découvrez un littoral digne des plus belles côtes méditerranéennes.

La Bretagne vous offre ses plages somptueuses où vous pourrez profiter d’une baignade en famille avec vos enfants ou entre amis. Au large de Lorient, proche de notre camping près de Vannes, découvrez les plus belles côtes de Bretagne sur des plages dans le Morbihan. La plage de Poulziorec, surnommée Tahiti Beach, vous offre son sable fin et son eau turquoise. Ce petit coin de paradis se cache à seulement quelques minutes de Port-Lay et la plage vous accueille d’une eau translucide qui appelle à la baignade. Située dans l’Anse de Tréhennarvour à Saint Philibert, la plage de Men Er Beleg vous offre un paysage bleuté et verdoyant entouré d’une pinède. Découvrez 400 mètres de paysage balnéaire relaxant et de calme absolu, le tout bordé de résidence. Cette plage de l’ouest de la France vous fait profiter d’une pause agréable dans un décor apaisant pour un après-midi reposant. Vous serez également entourés de nombreux plaisanciers venus profiter du charme exceptionnel des plages du Morbihan et leurs environs. Réputée pour posséder de somptueuses et longues plages dans le Morbihan, la presqu’île de Quiberon vous offre un décor agréable au bord de l’eau. Parmi ces plages idéales pour la baignade, la grande plage de Quiberon est située à proximité du centre-ville à côté du Port-Maria. Sa grande baie de sable vous accueille pour profiter du paysage : eau translucide, côtes impressionnantes et bateaux voguant sur les flots. La plage du Goret, située dans le sud de l’Île-aux-Moines dans le Golfe du Morbihan, vous ouvre sur un décor différent des autres plages du Morbihan : des barrières rocheuses à perte de vue bordées d’une eau cristalline et de digues. La anse de sable est protégée par deux digues et l’eau de l’île est connue pour être la plus chaude du Golfe. La plage de Kerbihan est située en face de Saint-Philibert, à la Trinité-sur-Mer. Si vous cherchez des plages dans le Morbihan assez calmes pour un après-midi tranquille, cette plage est idéale pour profiter d’une baignade en tête-à-tête avec l’eau translucide. Plage unique de Bretagne, la plage de Conleau est l’une des plages du Morbihan les plus fréquentées. Située sur la presqu’île de Conleau dans le Golfe du Morbihan, c’est la seule plage de Vannes. Après une baignade agréable dans une eau peu profonde et d’une température constamment parfaite, vous pourrez profiter des nombreux bars et restaurants qui l’entourent. À Belle-Île-en-Mer, un paysage impressionnant vous attend pour votre tourisme en Bretagne. Cette plage du Morbihan offre ses hautes falaises délicates d’accès et peu visitées. Elle représente un endroit idéal pour faire tous types de sports de plage, en revanche l’eau et ses remous peuvent être dangereux. Connue pour être arquée, la plage des Grands Sables est située sur l’île de Groix. Autre spécificité qui la différencie de toutes les autres plages du Morbihan : elle se déplace d’environ 50 mètres par année. Découvrez Carnac comme il se doit en profitant d’une baignade sur la grande plage de Carnac. Accessible aux personnes à mobilité réduite, elle offre l’opportunité à tous les vacanciers de profiter d’un séjour réussi en Bretagne. Vous venez faire du tourisme en Bretagne avec vos enfants ? Découvrez parmi les plages du Morbihan l’endroit idéal pour un après-midi en famille. Plage urbaine située à Ploemeur, la plage du Fort-Bloqué s’ouvre sur du sable mêlé à des galets. Vous venez découvrir la Bretagne, ses îles et ses plages ? Les Jardins du Morbihan vous dévoilent les lieux favoris pour une baignade dans une eau turquoise et vous offrent également un pied-à-terre. La plage de Kerbihan de La Trinité sur Mer se situe face à St-Philibert. Cette plage est souvent confondue avec les plages de la pointe de Kerbihan (Ty Guard et Grazu) à cause de son nom. En fait, elle se trouve avant la pointe et à la différence des plages de la pointe, elle est utilisable à marée basse. En venant de La Trinité sur Mer, prendre la D186. Tournez sur la gauche en direction de la pointe de Kerbihan sur la rue de Kerhino. Continuez sur la rue de Kerbihan puis prenez à gauche au niveau du panneau plages et chemin de Côte (les panneaux indiquent les plages de Kerbihan sur la droite en fait il s’agit des deux plages de la pointe qui sont à notre sens moins intéressantes). Début en paddle facilité avec une mer peu profonde ... Sur la gauche, on a le sentier des douaniers qui permet de rejoindre la port de la Trinité. On trouve seulement quelques places de parking à côté de cette plage.

Enjeux et dynamiques des cordons et flèches de galets

Les cordons et flèches de galets jouent un rôle crucial comme premiers remparts contre la submersion marine des marais et zones humides du littoral breton. Leur stabilité dépend de l’équilibre entre apport sédimentaire, houle, marées et actions humaines; les interventions humaines, parfois, perturbent cet équilibre en bloquant le transit des galets ou en favorisant l’érosion locale.

Sources et évolutions passées

Les mentions historiques évoquent des cordons dunaire et des accumulations de galets ailleurs, comme l’Ero Vili en baie d'Audierne et le sillon de Talbert, illustrant des dynamiques qui ont façonné le littoral sur des siècles.

Impact des activités humaines

Les ouvrages proches des flèches et cordons (digues, enrochement) et les prélèvements de galets ont modifié l’alimentation en matériel frais et parfois accéléré l’érosion locale. Aujourd’hui, ces pratiques sont restreintes ou interdites, et la surfréquentation touristique demeure une pression notable sur ces milieux fragiles.

  1. Explication des mécanismes naturels de déplacement et de reconstitution des cordons et flèches.
  2. Influence du climat et des périodes de recul ou d’avancée des cordons.
  3. Rôle des algues à crampons dans le transport sous-marin des galets.

La côte morbihannaise est présentée comme l’une des plus belles de France, offrant des littoraux variés et des plages adaptées à la baignade, au calme en famille et aux activités nautiques. Des descriptions de lieux, notamment Quiberon, Conleau, Kerbihan, et Fort-Bloqué, illustrent la diversité des paysages et des usages des plages du Morbihan.

carte des côtes bretonnes et morbihan

BRETAGNE, laissez-vous surprendre !

En somme, les cordons et flèches de galets témoignent des échanges entre énergie marine, érosion des falaises et apport de roches, tout en révélant l’importance de préserver ces milieux à la valeur écologique et patrimoniale élevée.

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