L’idée de consommer son placenta pour éviter la dépression post-partum et pour prendre des forces après l’accouchement fait des adeptes sur le web. Mais la pratique n’est pas forcément bénéfique pour la santé. Le placenta assure les échanges nutritifs entre la mère et le fœtus par le biais du cordon ombilical. Le placenta se mange cru, en smoothies avec des fruits, ou cuisiné. Le Détecteur de rumeurs a même vu des livres de recettes pour placenta ! Mais le plus souvent, les femmes le consomment sous forme de gélules fabriquées avec leur placenta déshydraté.
Bien que la placentophagie soit encore peu répandue, elle inquiète les autorités de santé publique. De nombreux blogues rapportent les témoignages de femmes disant s’être senties mieux, avoir vu s'améliorer leur sommeil, leur humeur et leur niveau d’énergie, après avoir consommé leur placenta. Ces bienfaits sont aussi rapportés dans des sondages réalisés aux États-Unis. Le problème, c’est qu’il n’existe pas suffisamment d’études à grande échelle et statistiquement fiables qui démontrent que le placenta agit comme un antidépresseur, aide à la production de lait ou réduit le risque de dépression post-partum.
Après avoir fait une revue des données scientifiques disponibles sur la consommation de placenta, la SOGC a conclu en mai que la consommation de placenta humain ne peut être recommandée en raison du manque de données probantes. L’organisme souligne que les rares études sont de trop petites tailles ou comportent des failles méthodologiques. Les risques étaient aussi au cœur de l’avis émis par Santé Canada en novembre 2018. Le Ministère recommandait aux mères d’éviter de manger du placenta en raison des risques d’infections pour la femme et son nouveau-né.
Un nourrisson a d’ailleurs été hospitalisé en septembre 2016, en Oregon, pour une infection bactérienne causée par les gélules de placenta contaminées au Streptococcus agalactiae que sa mère avait ingérées alors qu’elle l’allaitait. Au Canada, les méthodes utilisées pour préparer le placenta à la consommation, notamment sa cuisson ou sa déshydratation, ne sont pas réglementées, ce qui augmente le risque de contamination par des champignons, des virus ou des bactéries nuisibles. Aucune donnée probante ne démontre que la consommation de placenta est bénéfique pour la santé humaine ou qu’elle peut réduire la dépression post-partum, régénérer le fer ou améliorer la lactation. Par contre, les risques potentiels, notamment ceux de contracter une infection, sont réels.

En 2017, le ministère québécois de la Santé et des Services sociaux a émis une directive autorisant les hôpitaux à remettre le placenta aux parents qui en font la demande, à moins qu'une analyse en laboratoire soit requise. Ils doivent aussi être informés que la consommation du placenta est fortement déconseillée en raison des risques de contamination. Selon la SOGC, la demande, peu répandue au Québec, serait à la hausse.
La pratique telle qu’on la connaît est née en 1970 aux États-Unis. Depuis, les stars aussi s’y sont mises. En 2006, Katie Holmes et Tom Cruise sont les premiers à l’avoir avoué : Ils ont goûté au placenta après la naissance de leur fille, Suri. Depuis cette annonce, la folie de la placentophagie s’est propagée. Kim Kardashian l’avale en gélules après la naissance de son fils Saint et l’affiche sur son Instagram. Mayim Bialik, l’actrice de Big Bang Theory aussi. Aujourd’hui, les dizaines de stars prônant sa consommation ont achevé de mettre le placenta à la mode.
Pourquoi cette idée ? La quasi-totalité des mammifères non-humains mangent leur placenta. Certaines femmes affirment en ressentir le besoin, puisqu’il s’agit du lien les unissant directement à leur enfant. D’autres l’utilisent pour lutter contre la fatigue ou la dépression post-accouchement. La plupart des stars choisissent donc une méthode moins rebutante, la prise sous forme de gélules. Autre solution : se mettre aux fourneaux. Des tutoriels YouTube proposent d’avaler son placenta en smoothie ou en steak. Des livres de cuisine proposent des recettes pour les déguster en lasagne, ou encore sous forme de chocolat… Il y en a pour tous les goûts.
Le problème, c’est qu’aucune étude ne prouve les bienfaits du placenta. En 2015, la revue Archives of Women’s Mental Health dénonçait déjà l’absence de règles concernant la conservation et la préparation du placenta. Le risque : que la chaîne du froid ne soit pas respectée et que le placenta devenu aliment ne s’avarie. Aujourd’hui, c’est au tour du CDC, le centre pour le contrôle et la prévention des maladies américain, de tirer la sonnette d’alarme. Dans sa ligne de mire, le processus d’encapsulation. Le centre s’appuie notamment sur un fait divers survenu dans l’Oregon, aux États-Unis. Un nourrisson, pourtant en parfaite santé à la naissance, a développé une grave infection respiratoire. Lors de son deuxième passage à l’hôpital, son médecin traitant a diagnostiqué la cause de ce mal : la mère avalait, depuis l’accouchement, des capsules de placenta séché… Bourré de bactéries.
Manger son placenta : une pratique tendance, mais pas sans risques
En France, comment ça se passe ? En France, contrairement aux pays anglo-saxons, les sages-femmes ont l’interdiction formelle de récupérer et de donner le placenta des patientes. L’organe se retrouve donc à la poubelle ou en laboratoire. L’idée de consommer son placenta pour éviter la dépression post-partum et pour prendre des forces après l’accouchement fait des adeptes sur le web. Mais la pratique n’est pas forcément bénéfique pour la santé. Le placenta assure les échanges nutritifs entre la mère et le fœtus par le biais du cordon ombilical. Le placenta se mange cru, en smoothies avec des fruits, ou cuisiné. Le Détecteur de rumeur a même vu des livres de recettes pour placenta ! Mais le plus souvent, les femmes le consomment sous forme de gélules fabriquées avec leur placenta déshydraté.
Selon les lois françaises, le placenta entre dans la catégorie des déchets d’activités de soins à risque infectieux (DASRI) si non utilisé à des fins thérapeutiques ou scientifiques. La collecte et l’encapsulation ne sont pas des pratiques autorisées sur le territoire lorsque ce n’est pas encadré par des fins médicales. Le cadre législatif rappelle que le corps humain et ses éléments ne peuvent faire l’objet d’un droit patrimonial et que le placenta peut être soit collecté pour des usages thérapeutiels, soit incinéré si considéré comme DASRI.
Aux États-Unis, certains laboratoires privés se sont lancés. Brooklyn Placenta Services s’occupe d’encapsuler les placentas des clientes après cuisson, déshydratation et réduction en poudre pour les petites capsules. L’isothérapie placentaire, destinée au nouveau-né, est interdite en France depuis 1998. Pour éviter des dépenses, certaines mamans préfèrent cuisiner leur placenta eux-mêmes. Des célébrités comme Kim Kardashian ont popularisé le phénomène, mais les preuves scientifiques restent insuffisantes et les risques réels d’infection préviennent la prudence.
En résumé, aucune donnée probante ne démontre un bénéfice clair de la placentophagie pour la mère ou l’enfant. Les risques d’infection, les questions de conservation et les cadres juridiques encadrent strictement cette pratique dans plusieurs pays. Le placenta demeure ainsi un organe vital pour le développement du fœtus, mais son ingestion après l’accouchement doit être abordée avec prudence et sous l’égide des recommandations médicales.
tags: #placenta #dans #les #confiseries