Pierre Guillot, figure emblématique de la riziculture camarguaise et de la vie arlésienne

Évoquer Pierre Guillot, c’est évoquer les 30 dernières années de l’activité agricole, économique et culturelle de la Camargue et de sa capitale Arles. Né en Tunisie en 1936, il y fait ses premières humanités avant de devenir ingénieur agricole en Algérie. Arrivé en France comme tant d’autres, il découvre d’abord le Languedoc entre Toulouse et Montauban où il administre l’exploitation agricole d’une grande famille de la région et occupe déjà des fonctions de responsabilité, comme président des cadres d’entreprises agricoles du Tarn et Garonne et vice-président au niveau national. Il rencontre Antoinette, fille de négociant en grains et engrais qui deviendra son épouse et lui donnera cinq enfants : Isabelle, Anne, Xavier, Marie-Pierre et Eugène.

Sollicité pour venir en Camargue, il devient régisseur au Mas de la Pinède du Juge. Il rencontre Philippe Lamour qui transforme la région avec la Compagnie du Bas-Rhône Languedoc et se passionne pour cette région où les remontées de salinité stérilisent les exploitations d’arbres fruitiers. Il se consacre alors à la relance de la culture du riz dans trois exploitations, le domaine de Chartrouse et, enfin, Méjanes, qu’il marquera de son empreinte et où ses liens d’amitié et de confiance avec le fondateur Paul Ricard et sa famille constitueront un ancrage essentiel dans sa vie et celle des siens.

Il élabore le Livre blanc du plan de relance de la riziculture française en compagnie de quelques riziculteurs, avec la coopérative Delta Céréales et le Crédit Agricole des Bouches du Rhône. Ce plan est accepté au ministère de l’Agriculture, à l’Office national interprofessionnel des Céréales, par les régions PACA et Languedoc-Roussillon avec l’appui des différents conseils généraux concernés. Il entraîne la création du Centre français du Riz dont Pierre Guillot sera le premier président. Ses titres, reflets du travail mené tout au long de sa vie professionnelle pour que vive et prospère la riziculture camarguaise, sont multiples: président du syndicat des riziculteurs de France, président fondateur de l’Union européenne des producteurs de riz, président des cadres d’entreprises agricoles, membre du comité permanent des céréales de l’ONIC, président de la commission du riz au sein de cette structure, membre du comité consultatif Riz au COPA-COGECA à Bruxelles, administrateur de la caisse régionale du Crédit Agricole, lieutenant de Louvèterie en Camargue.

Il a été promu Chevalier de l’Ordre du Mérite National (1992) et de la Légion d’Honneur (1999). Ceci suffirait à remplir une vie, mais Pierre Guillot était aussi un citoyen au service de sa cité, respecté aussi bien parmi les Amis du Vieil Arles qu’au Conseil des Sages ou au Lions’Club de Saint-Gilles où il a milité de nombreuses années. Cultivé, loyal, pudique, son parcours parle pour lui. Ouvert aux autres, sa grande générosité se manifestait dans les gestes avec une élégance discrète. Déterminé il suivait le chemin qu’il s’était tracé. Père et grand-père (8 petits enfants), très présent, il va beaucoup manquer à tous.

Ses obsèques se sont déroulées à Arles et son héritage demeure dans la mémoire collective des riziculteurs et des acteurs locaux. Bertrand Mazel, président du Syndicat des riziculteurs, a évoqué Guillot comme une sommité du monde agricole et a rappelé la création du Centre français du riz en 1985, qui emploie aujourd’hui 12 personnes et découvre chaque année deux à trois nouvelles variétés. Danielle Valette, de l’association des Prémices du Riz, a souligné son rôle de membre fondateur et son soutien constant. Sa fille Marie-Pierre a été ambassadrice, sa petite-fille Charlotte aussi; Guillot était très serviable, attaché à la famille, et grand chambellan de la Confrérie du riz. Son regard attentif sur les préoccupations de la profession restait lucidement tourné vers l’avenir.

Le parcours de Pierre Guillot s’inscrit aussi dans un engagement associatif local: fidèle à des valeurs familiales et communautaires, il portait les principes de Paul Ricard et s’impliquait activement dans la vie civique d’Arles et de la Camargue. Sa double carrière d’ingénieur agricole et de chef de file du riz camarguais a fait de lui une figure marquante de l’équilibre entre tradition agricole et innovation technique.

Arles - Pierre Guillot recevant la Légion d'Honneur

Découverte : le riz camarguais - Silence, ça pousse !

Contributions majeures et héritage

La création du Centre français du Riz en 1985, sous sa présidence, demeure l’un des jalons les plus marquants de son action. Aujourd’hui, ce centre œuvre à la valorisation de la riziculture française et à l’introduction de nouvelles variétés adaptées au climat méditerranéen. Pierre Guillot est resté une figure de négociation et de dialogue entre les acteurs du monde agricole, les institutions et les partenaires privés.

Par son engagement, il a contribué à faire connaître les défis de la riziculture camarguaise, notamment face aux remontées de salinité et à la nécessité de pratiques agricoles innovantes pour préserver les terres et les ressources hydriques.

  1. Promotion et structuration de la riziculture en Camargue
  2. Création et direction du Centre français du Riz
  3. Initiatives de coopération européenne et nationale dans le domaine
  4. Engagement associatif et citoyen au service de la collectivité arlésienne

Reconnaissances et distinctions

Chevalier de l’Ordre du Mérite National (1992) et Chevalier de la Légion d’Honneur (1999). Sa reconnaissance personnelle s’est inscrite dans une carrière professionnelle exemplaire et dans des actions publiques qui ont façonné l’identité agricole locale et régionale.

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