Retour sur celle dont le talent a éclaté aux yeux du monde aux JO de Tokyo, elle s'appelle Pauletta Foppa. C'est une fille en or, une jeune femme qui, il y a cinq ans, regardait les Jeux de Rio à la télé, au pôle espoir de handball d'Orléans. C'est la future grande pivot de l'équipe de France.
Le feu qui brûle dès le premier rush
Hier matin, je suppose que, comme tous les spectateurs assidus et très matinaux des Jeux olympiques de Tokyo, vous avez suivi devant votre petit écran l'ultime finale de ces Jeux. La finale de handball féminin entre la France et la Russie. La veille, les handballeurs et les volleyeurs tricolores se sont parés d'or. Les filles ne veulent pas être en reste et briller, surtout qu'elles ont une revanche à prendre contre ces Russes qui les avaient battues à Rio il y a cinq ans. Dans leur bouche, l'argent a encore un goût amer. En tout cas, il y en a qui ne sont pas prêtes de l'oublier, ce sont les joueuses russes !
Pauletta est devenue leur bête noire devant leur cage en première période, la jeune pivot les a rendues dingues : 7 tirs, 7 buts, 2 passes décisives, et ça, c'est rien que pour la finale puisque Pauletta, comme ses copines l'appellent "Paulette", termine ses premiers Jeux olympiques meilleure marqueuse française avec 34 buts inscrits. Comment explique-t-elle son exceptionnelle réussite ? Voilà sa réponse hier, médaille d'or autour du cou : Je ne pose pas de questions. Après, avec les joueuses qu'on a dans notre collectif, franchement, on n'a pas à se poser de questions et c'est que du plaisir. On joue très bien avec moi, je suis très bien servie et je prends beaucoup de plaisir à jouer ici
La pépite française vue par ses pairs
Mais attention, ne vous fiez pas à cette modeste auto-évaluation, en tout cas, ses coéquipières et les observateurs avertis ne s'y trompent pas, le handball français couve une pépite. La capitaine de l'équipe de France à Tokyo, qui joue aussi en équipe avec Pauletta à Brest, Coralie Lassource, ne tarit pas d'éloges : Elle est juste monstrueuse, elle a 20 ans, cette saison, on a fait une saison incroyable. Elle a été très importante et là encore, on le voit encore aujourd'hui. C'est une jeune joueuse très prometteuse et je pense que ça sera une très, très grande joueuse plus tard
Des débuts difficiles à l’ascension fulgurante
Pendant toute cette quinzaine, et plus encore hier en finale, le talent de cette jeune femme de 20 ans a donc éclaté aux yeux du monde. Premiers J.O, première finale, un bras qui ne tremble jamais, son adresse, sa détermination, son culot font merveille ! C'est la future grande pivot de l'équipe de France. Pourtant, ce n'était pas gagné. Quand elle parle de ses débuts, elle raconte qu'elle se trouvait super nulle, qu'elle détestait ce sport qui lui rappelait les séances d'éducation physique de l'école élémentaire.
À 14 ans, elle intègre le pôle espoirs d'Orléans, dans le Loiret, elle a commencé le hand à Montargis. Moins de quatre ans plus tard, elle est appelée en équipe de France et devient, alors qu'elle n'a pas encore 18 ans, championne d'Europe. La même année, elle signe son premier contrat pro avec le Brest Bretagne HB, club avec lequel cette année elle remporte la Coupe de France, le championnat, dispute la finale de la Ligue des champions, dont elle est désignée meilleure pivot de la compétition. Hier, sur le podium des Jeux olympiques, Pauletta Foppa a reçu sa médaille d'or des mains d'Amandine Leynaud, la gardienne de but qui prend sa retraite. Tout un symbole que ce passage de témoin de celle qui a tout gagné à sa cadette, comme pour lui confier les clés de la maison, en lui disant "Prends-en soin".
Une relève qui s’inscrit dans une continuité mondiale
Nous n'avons aucun doute là-dessus, nous sommes tous super impatients de retrouver Pauletta à Paris en 2024. Ils jouent davantage en France : Nikola Karabatic est rentré en France (PSG), comme Luc Abalo (PSG également). La trajectoire de deux des leaders français illustre la tendance actuelle : les internationaux s'exportent moins qu'il y a plusieurs années. En 2008, sept des quinze sélectionnés, soit près de la moitié, évoluaient hors de France. Sur les seize retenus pour cet Euro 2018, seuls quatre sont dans cette situation (Mahé, N'Guessan, Sorhaindo, Mem).
Le profil physique et l’émergence des jeunes
L'attractivité de Montpellier (quatre joueurs) et surtout du PSG (trois joueurs contre un seul en 2008) a augmenté. Les Parisiens, finalistes de la Ligue des champions en 2017, ont prouvé que les clubs français pouvaient rivaliser avec les meilleurs d'Europe. Le MHB de 2003, vainqueur de la compétition, se cherche toujours un successeur mais les grands noms des Bleus n'hésitent plus à évoluer à domicile quand les leaders de 2008 évoluaient davantage à l'étranger.
Plus grands et plus costauds: dix ans après, Michaël Guigou est toujours le plus petit (1,79 m) et le plus léger (78 kg) à faire partie du groupe France. Mais les Bleus, dans leur ensemble, présentent un physique plus impressionnant : ils ont gagné en centimètres (+2 cm) et en kilos (+5 kg) par rapport à 2008. Ils sont quatre aujourd'hui à atteindre le double mètre (Dumoulin, Caucheteux, Tournat et Dipanda) quand Jérôme Fernandez (1,99 m) était le plus grand à Pékin. Nikola Karabatic et Luc Abalo, présents pour les deux événements, ont tous les deux pris de l'épaisseur en 10 ans (+5 kg pour le premier, +6 kg pour le deuxième).
La retraite de Thierry Omeyer a sans conteste fait baisser la moyenne d'âge de cette équipe de France. Mais même avec lui, l'âge moyen actuel serait resté inférieur à celui d'il y a dix ans. Didier Dinart et Guillaume Gille misent sur la continuité et l'intégration très progressive des jeunes. Le renouvellement de ces dernières années a rajeuni un peu le groupe France. Dika Mem et ses 20 ans restent une exception dans ces deux listes où les trentenaires sont beaucoup plus nombreux que les joueurs de moins de 25 ans.
Des records et une dynamique de champions
Conséquence logique, les Bleus actuels comptent beaucoup moins de sélections que leurs prédécesseurs, mais bien plus de médailles autour du cou. Avec neuf titres chacun (trois européens, quatre mondiaux et deux olympiques), Michaël Guigou et Nikola Karabatic y sont pour beaucoup. Luc Abalo et Cédric Sorhaindo ne sont pas en reste. Un joueur comme Valentin Porte compte déjà plus de titres (trois) que n'importe quel Bleu de 2008. Le monde du handball est en constante évolution, avec l'émergence régulière de jeunes talents prêts à défier les figures établies.
Melvyn Richardson et les dynamiques familiales du talent
Melvyn Richardson, fils de la légende Jackson Richardson, ne cesse d’écrire sa propre histoire dans le milieu du handball. Après avoir pris le relais en remportant l’or à Tokyo en 2021, le jeune homme de 27 ans vise une nouvelle médaille olympique lors des Jeux de Paris. Son parcours, marqué par des choix stratégiques et des rencontres qui forgent, illustre la transmission du savoir-faire familial.
« On est attendu au tournant. Le but n’est pas de terminer deuxième ou troisième. Notre but, c’est d’aller chercher l’or », confie-t-il. Après deux ans au pôle espoirs, il intègre le centre de formation du Chambéry Savoie Handball en 2014. Ce gaucher impressionne par ses prouesses techniques et son agilité, et devient meilleur joueur du championnat du monde 2015. Il est ensuite passé par le FC Barcelone, où il s’impose durablement.
Autres figures prometteuses et perspectives
Ahmed Hesham, Ahmed Hesham, Ahmed Hesham: L'Égyptien Prometteur de l'USAM Nîmes Gard, est une nouvelle recrue de l'USAM Nîmes Gard. Faruk Yusuf, 16 ans, arrière droit, Kielce, est déjà convoité comme avenir du handball mondial et s’impose comme un talent exceptionnel. Dylan Nahi, l’ailier gauche, poursuit son ascension en remportant le Championnat d’Europe 2024 et en restant l’un des grands talents mondiaux malgré sa jeune carrière.
Ivan Pesic, gardien croate du HBC Nantes, apporte son expérience à une Croatie qui dispute les finales avec des cadres de renom. Emma Rozon, jeune porte-drapeau du Canada, illustre l’ouverture du handball à l’international chez les jeunes talents. Le tableau récapitulatif des jeunes prodiges montre une génération prête à prendre la relève, avec Melvyn Richardson, Ahmed Hesham, Faruk Yusuf, Dylan Nahi et Emma Rozon en tête.
Tableau récapitulatif des jeunes prodiges
| Nom | Âge | Poste | Club actuel | Réalisations notables |
|---|---|---|---|---|
| Melvyn Richardson | 27 ans | Arrière droit | FC Barcelone | Médaille d'or JO Tokyo 2021 |
| Ahmed Hesham | 19 ans | Demi-centre/Arrière gauche | USAM Nîmes Gard | Meilleur joueur Mondial U19 |
| Faruk Yusuf | 16 ans | Arrière droit | Kielce | Meilleur scoreur Mondial U19 |
| Dylan Nahi | 25 ans | Ailier gauche | KS Kielce | Champion d'Europe 2024 |
| Emma Rozon | 15 ans | Ailier | Équipe Canada | Participation Mondial 2023 |
Images et vidéos
Pour illustrer cet article, voici des visuels et vidéos pertinents à insérer au besoin.

XI Festival of stand-up paddle surfing «Fontanka SUP» (2026)

La France rêve d’une nouvelle légende à Paris. Guillaume Gille a convoqué un groupe de 18 joueurs pour viser une septième étoile, après une période où les Bleus ont connu un renouvellement et une montée en puissance grâce à une combinaison d’expérience et de jeunes talents.