Biographie et parcours de Yazid Ichemrahen, pâtissier hors norme: de l’enfance difficile à l’apogée de la pâtisserie contemporaine

Né à Épernay d’une mère française et d’un père marocain absent, Yazid Ichemrahen a « découvert la pâtisserie à l’âge de deux ans et demi ». Placé très jeune en famille d’accueil, il est élevé par le couple qu’il considère comme son oncle et sa tante - qu’il appelle affectueusement sa tatie et son tonton -, tous deux pâtissiers chez Leclerc et Carrefour. Ce sont leurs deux fils, Laurent et Danny, qui lui font découvrir la pâtisserie dès son plus jeune âge.

Il garde un souvenir fondateur : « Tous les mercredis, on faisait le gâteau yaourt. Ça me sortait d’un quotidien parfois un peu néfaste. Placé en foyer dès l’âge de deux ans après une enfance difficile, Yazid Ichemrahen découvre la pâtisserie comme un moyen d’échapper à un quotidien instable et de trouver sa voie. Très tôt attiré par les desserts, il commence à apprendre le métier à 14 ans et obtient son CAP avant d’être formé par de grands noms de la discipline : Pascal Caffet, qui le prend comme apprenti, puis Angelo Musa à la Pâtisserie des Rêves, et enfin auprès de Joël Robuchon au Métropole à Monaco, où il devient sous-chef à seulement 19 ans.

Trois mois après son titre, il ouvre une boutique à Avignon avec Bernard Blachet. Par la suite, Yazid décide de le quitter et de monter son propre groupe. Arrivé au Royal Monceau en janvier 2024, il impose une vision claire : « Je m’attèle à faire des gâteaux en trois textures, simples mais millimétrés. »

Avec le chef Alexandre Fabre, il revoit totalement le sourcing : lait, œufs, crème, tout est désormais issu de producteurs rencontrés « physiquement ». Il revendique une pâtisserie lisible : « Le luxe, ce n’est pas d’ajouter tout un tas de choses. Le client n’est pas critique gastronomique. Tout doit créer une émotion particulière. Une émotion, ce n’est pas d’aimer ou pas. »

Photo portrait de Yazid Ichemrahen et de ses créations emblématiques

En septembre 2025, le chef ouvre At Home, au 44 rue Croix-des-Petits-Champs, un espace hybride de 270 m² pensé comme son propre appartement, où se dévoilent un restaurant, une boutique et un laboratoire ouvert sur rue pour plus de transparence. « Je dormais dehors quand je suis arrivé à Paris. Là, je ne voulais pas faire une énième pâtisserie. Je voulais faire mon appartement et recevoir les gens chez moi. » Le lieu brouille les frontières entre intimité et création : atmosphère feutrée, design minimaliste signé Galotti, croquis imprimés sur Dibon et scénographie du saladier en terre cuite de son premier gâteau. Véritable écrin sensoriel, At Home raconte son histoire à travers chaque détail. « L’idée, c’est de créer un lieu qui raconte mon histoire à travers ma pâtisserie. »

De l’enfance difficile aux palaces, Yazid Ichemrahen a bâti une approche personnelle : transmettre, servir, raconter. « On partage un peu de soi dans chaque dessert. On trouvera cette belle et goûteuse adresse à quelques kilomètres d'Arles, sur la petite route de Saint Remy après St Étienne du Grès, au Mas Blanc-des-Alpilles. Juste à l'entrée du village, une sculpture métallique en forme "d'arbre de vie" accroche le regard, c'est impossible de le louper. Un parking juste devant, une petite fontaine nous rafraîchit de son délicieux cliquetis au centre de la terrasse en bois, quelques tables en version brocante, une pergola ombragée d’immenses platanes. le décor est posé. Plutôt brocante-chic d'ailleurs, une atmosphère tout à la fois champêtre et design. Une alliance chaleureuse très réussie.

Midi et soir ce sera une formule unique à l'ardoise en fonction du marché, et le week-end les menus se voudront plus gastronomiques avec des mets tels que des noix de St-Jacques, du foie gras, du loup. Côté desserts, les gourmands seront servis, le chef s'y connaît, il était pâtissier !

Carte interactive de la route menant à At Home et aperçu des plats signatures

Life 22/02/2023 19:14 Derrière « À la belle étoile », l’histoire vraie du pâtissier star Yazid Ichemrahen. Incarné sur grand écran par l’influenceur Just Riadh, Yazid Ichemrahen a passé son enfance en foyers et famille d’accueil, avant de devenir, à 22 ans seulement, champion du monde de pâtisserie. Le film « À la belle étoile » retrace ce destin hors du commun et sort aujourd’hui en salles. Parallèlement, Yazid publie son autobiographie « Créer pour survivre, vivre pour ne pas sombrer » (éd. Solar).

Le parcours prend une tournure internationale: “Le goût de la pâtisserie populaire” naît de ses débuts à Épernay, puis s’inscrit dans une carrière marquée par des formations et des expériences chez Pascal Caffet et Angelo Musa, avant Monaco et Joël Robuchon. Le jeune Yazid y découvre la rigueur, l’engagement et la régularité du métier, une vraie école de la vie, et persévère malgré les périodes difficiles, notamment l’endettement et le sommeil dans la rue lors de son arrivée à Monaco.

La consécration arrive avec la Coupe du Monde de desserts glacés en 2014, où il est sélectionné dans l’équipe de France et remporte le titre mondial. Après cette victoire, il ouvre sa première pâtisserie dans le Vaucluse à Avignon, puis développe plusieurs enseignes et s’engage dans le consulting international. Ses pâtisseries se vendent parfois à plus de 10 000 dollars pièce, témoignant d’un parcours extraordinaire et d’une reconnaissance tardive mais éclatante, tout en restant attaché à des valeurs simples comme l’achat d’une boîte de quatre éclairs chez Leclerc.

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