Lors d’un séjour en Corse, impossible de passer à coté des tours génoises ! Ce sont d’anciennes forteresses de défense. Aujourd’hui, on ne compte plus que 67 tours qui tiennent debout, face à la mer. Elles couronnent le littoral depuis des milliers d’années, accueillant les voyageurs qui débarquent, de génération en génération. Elles jalonnent les bords de mer corses, offrant des panoramas exceptionnels. Lors des sorties dominicales ou des vacances, voyageurs et insulaires s’y rendent souvent, en promenade ou randonnée selon leur situation géographique. Certaines d’entre elles ont été rénovées, tandis que d’autres ont été laissées à l’abandon, faute de temps et de moyens pour les entretenir.
Mais d’abord, pourquoi s’agit-il de tours « génoises » ? Il s’avère que l’Histoire de la Corse est très riche et que cette île fut souvent envahie : les tours génoises datent donc de l’époque où la Corse faisait partie de la République de Gênes. Le grand nombre de tours sur le littoral corse, en a fait un symbole fort. Comme vous pouvez le voir sur la carte, elles sont très nombreuses et bien reparties sur tout le littoral. C’est à la demande des villageois que les tours furent construites au début du XVIème siècle : ils voulaient que la Corse soit protégée des pirates et, dans le reste du bassin méditerranéen, de nombreuses tours de défense étaient déjà construites. Les tours permettaient ainsi de surveiller l’horizon, pour prévenir d’éventuelles attaques, mais aussi se défendre.
Construites en pierre, les tours génoises sont majoritairement circulaires, afin d’éviter un maximum les tirs de boulets de canons, ou bien parfois carrées. D’une hauteur comprise entre 12 et 17 mètres, et larges de 8 à 10 mètres, les tours sont vraiment imposantes ! Au sous-sol se trouve la réserve : en plus d’être une réserve de nourriture, c’était aussi une réserve de munitions ! La pièce la plus intéressante se trouve au deuxième étage : la salle de garde ! C’est de cette salle que les gardiens surveillaient la mer, au travers de petites fenêtres appelées meurtrières. En cas d’attaque, les gardiens étaient chargés d’avertir les alliés par un feu, placé au sommet de la tour. L’alerte passait alors de tour en tour, chacune allumant à son tour un feu, pour prévenir la suivante.

Pour passer d’un étage à un autre, pas d’escaliers, mais des trappes et des échelles. Comme vous l’avez probablement remarqué, il n’y avait rien au rez-de-chaussée ; pour accéder à la porte d’entrée du premier étage, il fallait grimper sur une échelle amovible. Les tours pisanes sont bien plus anciennes que les tours génoises, puisqu’elles datent du XIIème siècle. Il faut bien différencier les maisons-tours qui sont à l’intérieur de l’île (construites suite à l’autorisation de Gênes) des tours de défense. Ce sont des constructions toutes deux carrés, mais avec des fonctions bien distinctes. On retrouve les tours sur l’ensemble du littoral corse. Elles sont pour la plupart facilement accessibles, grâce à des sentiers balisés et aménagés de panneaux informatifs. Les tours ouvertes au public (pas toutes le sont en raison de leur état de ruine), font partie du patrimoine corse, et sont absolument immanquables lors de vos vacances en Corse !
Venez découvrir en Corse du Sud, dans le golfe d’Ajaccio, la tour de la Parata ou encore celle de Capo di Muro. Ou encore celle de Campomoro, de Capo Rosso, de Rogliano, de Nonza et bien d'autres. Du nord au sud, il faut parcourir de petits chemins pour se rendre à leurs pieds. Saut de paragraphe
Toutes de pierres vêtues, dressées fièrement sur les promontoires rocheux du littoral corse, les tours génoises sont sans conteste l’un des symboles les plus forts de l’île. Construites au cours du XVe siècle pour défendre la Corse des invasions barbaresques elles sont l’un des derniers vestiges de son passé tumultueux. Saut de paragraphe
« Les tours dites génoises (…) forment une part non négligeable de notre patrimoine architectural. Mais elles font sans doute aussi partie de nos paysages familiers au point qu’il nous paraît impossible d’imaginer le littoral de l’île sans elles ». Antoine Marie Graziani, 1992. Saut de paragraphe
Imperturbables, majestueuses, depuis leurs avancées rocheuses elles contemplent les côtes de l’île et la mer Méditerranée. À l’époque fières gardiennes de la paix sur terre comme sur mer, elles sont aujourd’hui les reliques du passé d’une île dont le cœur a toujours battu au rythme des luttes de pouvoir méditerranéennes. Si leur fonction défensive n’est plus au goût du jour depuis bien longtemps elles n’en restent pas moins importantes pour l’île et son patrimoine. Ainsi il est difficile de se promener sur le littoral, ou dans les communes côtières, sans croiser la noble silhouette de ces tours anciennes.
Mais savez-vous pourquoi nous les nommons « tours génoises » ? Connaissez-vous leurs origines ? Pour cela, il faut faire un saut de plusieurs siècles dans le passé. Un réseau de tours pour les défendre tous
La Méditerranée : les romains l’appelaient la « mare nostrum » (notre mer en latin) et durant le long règne de ce glorieux empire elle vécu une période faste et opulente. Toute invasion barbaresque était alors lourde de conséquence et peu de pirates osaient braver la toute puissance maritime romaine. La prise de Constantinople par Mehmed II et ses troupes Ottomanes en 1453 signe la chute de l’empire Romain d’Orient et le retour des raids barbaresques sur la Méditerranée. La Corse, alors sous domination Génoise ne fait pas exception et subit quotidiennement des assauts meurtriers et destructeurs. Les populations villageoises de l’île, qui sont les premières victimes, demandent à Gênes de les protéger.
En 1530, après avoir dépêché deux commissaires extraordinaires sur l’île, la République de Gênes commence à étendre à la Corse le système de vigilance déjà en vigueur sur le pourtour méditerranéen. Entre 1530 et 1730, le réseau passe d’une vingtaine de tours à plus de 150 dont 30 seulement dans le Cap Corse qui ouvre la route vers le golfe génois. Les tours sont alors majoritairement financées par les populations, au moyen de taxes notamment et avec l’aide de l’Office de Saint Georges (institution financière de la République de Gênes qui, dès 1453, prend en charge la gestion financière de l’île).
Fières sentinelles militairesElles sont édifiées de préférence sur des positions dominantes à même la roche, pour que les gardes puissent avoir la meilleure vision sur la mer et ainsi alerter à temps les populations d’une invasion barbaresque imminente. On les retrouve dans des points stratégiques, à l’entrée de golfes ou de anses, près de villages côtiers voir même à l’intérieur des terres dans certains cas.
Les tours génoises sont des édifices de 10 à 20 m de haut, pour 8 à 10 m de diamètre. Fortification militaire ayant pour but la surveillance et la défense, elles sont construites sur trois niveaux. Au sous-sol la réserve permet de ranger vivres, munitions et outils tandis qu’une citerne stocke l’eau de la tour tout en recueillant celle de la pluie. Le second étage accueille la salle de repos, espace de vie unique des gardiens de la tour, séparé de l’étage supérieur par un plancher très sommaire. Pourvue de petites niches et d’une cheminée, cette pièce rustique est habitée par les gardes à tour de rôle. À l’étage supérieur on trouve la salle de garde percée de meurtrières qui permettent aux gardiens de réagir en cas d’attaques et combattre le cas échéant. Enfin, une terrasse percée de mâchicoulis ou de bretèches surmonte la tour et permet aux gardiens d’effectuer leur surveillance. L’entrée dans la tour se fait uniquement par le premier étage au moyen d’une échelle mobile qui est retirée immédiatement.
Les gardiens, appelés « i torregiani » (littéralement gardien de tours), sont postés pour prévenir toute attaque venant de la mer, mais ils renseignent également bergers, laboureurs ou navigateurs. En cas d’apparition d’une voile pirate à l’horizon, l’alerte est immédiatement donnée au moyen de signaux visuels (feu, fumée) ou sonores avec le colombu (une grande conque marine). L’alerte permet aux habitants de l’île de se réfugier vers les hauteurs en emportant bêtes et récoltes. La garnison des tours est composée d’hommes recrutés parmi les populations locales et payés en grande partie par les taxes. Aujourd’hui, sur la centaine de tours dites génoises seules une soixantaine est encore debout. Certaines sont en ruine, d’autres sont en « bon état » et résistent vaillamment à l’érosion et au temps qui passe. Une grande partie de ces majestueuses constructions est d’ailleurs inscrite ou classée Monuments historiques.
Plusieurs projets ont également vu le jour pour rénover et rendre leur visage d’antan à certaines tours. Cependant, faute de moyens et de programmes de restauration concrets beaucoup se détériorent peu à peu. Désormais elles font partie intégrante du patrimoine touristique de l’île, certaines peuvent être visitées d’autres non, elles accueillent des musées ou des centres d’interprétation ou ont même été converties en habitations. Une chose est sûre cependant, les tours génoises font plus que jamais partie de l’histoire de la Corse et elles continuent de veiller, inlassablement, sur la mer méditerranée. Après avoir servi de dernier rempart contre la barbarie pendant des siècles elles goûtent aujourd’hui un repos bien mérité.

Saut de paragraphe Notre article sur les fameuses tours génoises du littoral corse est terminé. Vous en savez désormais davantage sur leur histoire, leurs occupants et ce qu’elles sont devenues.
RésuméCette thèse consiste en l'étude, après lecture et classement de plus de deux mille monnaies romaines, découvertes dans les fouilles du site antique d'Aléria, en Haute-Corse. Elles jalonnent en un cours régulier six siècles d'histoire, depuis la conquête de la Corse en deux cent cinquante-neuf avant Jésus-Christ, jusqu'à la destruction de la capitale par les vandales au début du cinquième siècle après Jésus-Christ. Elle met ainsi en lumière les caractéristiques du flux monétaire qui vient baigner une capitale provinciale, et par-là éclaire la politique de Rome, ses impératifs militaires et économiques, et l'imagerie officielle qu'elle propose. Apparaissent pour Aléria des phases de prospérité et de déclin, soulignant un destin plus officiel que les autres sites insulaires. L’époque républicaine voit dominer le monnayage d'argent, lie aux troupes d'occupation ou impose sur le plan économique. Sous l'empire les frappes sont généralement de faible valeur pour les échanges courants. Ouverte sur le monde méditerranéen, la colonie a subi l'action militaire et administrative du centre du pouvoir, mais a également servi de relais au grand commerce, méritant le rôle ''d'intermédiaire'' que lui attribuaient les premières traites entre Rome et Carthage. De 1530 à 1620, la République de Gênes fait construire une centaine de tours sur les 1 000 kilomètres de côtes corses. Elles protègent l'île de Beauté des attaques de pirates barbaresques et turcs. 80 tours armées subsistent aujourd'hui sur le littoral. …
Les fortifications constituent un témoignage unique de l'architecture militaire génoise des XVIe et XVIIe siècles. Leur visite permet de comprendre le système défensif chargé de protéger l'île, mais aussi de découvrir ses paysages sauvages. Au cours de votre visite avec le bateau Mare Bellu des excursions en mer à Tiuccia, vous découvrirez non loin de Cargèse et du Capo Rosso, la tour d’Omigna. Et il y aura d’autres tours génoises, comme la tour de Turghiu au sommet du Capo Rosso à l’entrée du golfe de Porto. Celle de la réserve naturelle Scandola, sur l’îlot de Gargalo ainsi que la tour d’Elbo. Une fois arrivé dans le golfe de Girolata, le petit village possède un Fortin. Le littoral corse est constellé de Tours Génoises : un peu d’histoire de la Corse (en corse Torre), devenues un des symboles de l’île et de notre patrimoine architectural. Bien que toutes ne soient pas d’origine Génoise, on les appelle généralement « Tours Génoises », sans distinction.
Archéologie : Une étude pour mieux appréhender la réalité des tours génoises.
Fonction et organisation des tours
La garnison d'une tour se constituait de deux à six hommes (les torregiani) recrutés parmi les habitants et payés sur les taxes locales. Ces gardiens devaient résider en permanence dans la tour. Ils ne pouvaient s'en éloigner que deux jours maximum, pour le ravitaillement et la paye, et un par un. Ils assuraient la vigie avec les feux et signaux réglementaires : ils montaient matin et soir sur la plate-forme, renseignaient navigateurs, bergers et laboureurs sur la sécurité, communiquaient par feux avec les tours les plus proches astucieusement positionnées à portée de vue, et surveillaient l'arrivée d'éventuels pirates. En cas d’alerte, le signal donné sur la terrasse au sommet de la tour, sous forme de fumée, de feu ou d'un son de culombu (grande conque marine), prévenait les environs de l'approche d'un navire hostile. S'ensuivait le repli général des bêtes et des gens vers l'intérieur. Les deux tours les plus proches s'allumaient alors et ainsi de suite, ce qui permettait de mettre toute l'île en alerte en quelques heures.
Les tours étaient toujours insuffisamment armées. Elles servaient principalement de postes douaniers et d’amers. Les torregiani négligeaient souvent leur rôle militaire, pour se concentrer sur le contrôle du commerce maritime et la perception de diverses taxes. Ils pratiquaient aussi le négoce du bois et l'agriculture sur les terres environnantes. Bien que les absences injustifiées soient interdites sous peine de galères ainsi que le remplacement par une personne autre que les gardiens titulaires, au fil du temps, certaines tours sont désertées par leurs gardiens. Elles se dégraderont, tomberont en ruines, ou seront détruites, faute de défense.
Dans une communication, Joseph de Freminville rapporte le règlement promulgué le 17 mai 1612 par le Sénat de Gênes, en raison de négligences générales signalées, applicable « in tutte le torri dell'isola tanto di quà quanto di là da'monti da osservarsi dai capi e torregiani », sous peine de deux ans de galères : 1° Défense de sortir plus d'un homme à la fois pour un laps de temps qui ne doit pas dépasser deux jours et seulement pour des causes urgentes, telles que pour aller chercher des approvisionnements ou la solde ;2° Obligation de monter quotidiennement sur la plate-forme avant et après le coucher du soleil pour examiner s'il n'y a pas de corsaires en vue et, dans ce cas, faire les signaux accoutumés ;3° Défense de se faire remplacer; ceux qui sont payés pour la garde des tours doivent remplir personnellement leur mission ;4° Obligation de renseigner immédiatement les navigateurs qui les interrogeraient sur la sécurité de la route qu'ils suivent ;5° Chaque soir, les tours doivent communiquer entre elles par les signaux conventionnels faits par le feu. »