Jean Collin et les Biscuiteries réunies : une expansion bretonne et internationale

Les Biscuiteries réunies basées à Quimper ont repris la pâtisserie et biscuiterie KerJeanne à Belz, dans le Morbihan. Née en 1963, KerJeanne propose une large gamme : pâtisserie bretonne, biscuits secs, chocolats artisanaux, gâteaux, entremets et crèmes glacées. C’est ce panel important de produits qualitatifs qui a intéressé la famille Collin, à la tête des Biscuiteries réunies (130 salariés).

«Notre credo est d’être sur le haut de gamme, commente Jean Collin, son président. Reprendre une entreprise qui a un tel savoir-faire avec beaucoup de recettes, cela nous a paru une belle opportunité pour développer nos propres gammes.» 5 pâtissiers (dont 4 en CDI) officient aujourd’hui chez KerJeanne. Le projet consiste d’une part à apporter les produits de la pâtisserie morbihannaise dans les autres magasins (une vingtaine) qui appartiennent à la famille Collin. Et d'autre part à développer le segment professionnel, qui jusqu’à présent n’était pas travaillé.

«Ils ne faisaient que de la vente directe aux particuliers à travers leur magasin et leur site Internet, explique Jean Collin. Nous allons aller chercher des clients en France mais aussi à l’export, en particulier pour les gâteaux frais.» Les Biscuiteries réunies réalisent aujourd’hui environ 5 % de leur chiffre d’affaires (sur lequel l’entreprise ne communique pas) à l’export, mais souhaitent atteindre les 10 à 15 %. Elles misent notamment sur l’Asie.

«Nous avions souscrit à l’Assurance prospection de la BPI en 2019, nous avions fait pas mal de salons et cela avait payé. 2020 devait être l’envolée de l’export, on reste un peu sur notre faim. On va tâcher de reprendre les rennes et d’y aller à fond.» L’entreprise expédie déjà des kouign-amann par avion. Malgré le surcoût, l’export sur l’offre des gâteaux frais ne l’effraie pas. «Un produit haut de gamme, qui vient de France, c’est déjà un produit cher en Asie. Ce n’est pas forcément une barrière. Ce sont des produits qui vont y être offerts en cadeau.»

«Chez les Collin, le poisson c'est une affaire de famille !» diront les taquins en découvrant le patronyme - Jean Collin - du PDG de la conserverie Courtin, étape sympathique sur la départementale D 783 qui relie Concarneau à Pont-Aven, dans le Finistère sud. Une halte où, en cette mi-juillet, les touristes se ravitaillent en petites boîtes de rillettes de maquereaux, en confit de noix de Saint-Jacques, en soupe de poissons et toute la gamme des souvenirs aux couleurs de la Bretagne.

« Mon grand-père était mareyeur en pays bigouden. Nous sommes de pauvres petits malheureux élevés au homard. Lorsque le frigo était vide, Mémé allait piocher dans le vivier ! » explique dans un rire spontané Jean Collin, 39 ans, qui a grandi à Quimper. « Le travail démarrait tôt : la broyeuse à glace se mettait en marche à 4 heures du matin, on mettait le poisson dans des caisses en bois et les camions partaient à Rungis », se souvient encore cet ingénieur de formation.

À la tête d'une PME de 25 personnes, ce grand brun, jovial, a pris il y a cinq ans les rênes de l'entreprise achetée par son père en 2003. Sept salariés travaillent à la production et 18 à la vente, dans les 7 boutiques en propre que compte la conserverie Courtin. Si le site de Trégunc avec son design de paquebot aux couleurs noir et jaune de la marque, ancré à quelques kilomètres, n'a ouvert ses portes qu'en février 2017, l'entreprise a été créée par les Courtin, des notables de Concarneau, en 1893.

« Au début du XXe siècle, il y avait 30 conserveries à Concarneau. Aujourd'hui, il n'en reste que trois », précise Jean Collin, qui a organisé le déménagement de l'ancienne usine, autrefois située sur le port. Pour construire le nouveau site, où cohabitent une usine, une boutique et un espace « découverte », l'entreprise a investi 3,5 millions d'euros. Les banques furent difficiles à convaincre ; le succès, lui, rapide à venir.

« Nous sommes passés de 2,5 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel à 3,5 millions en deux ans », se réjouit le jeune patron, rodé à la maîtrise des coûts et aux indicateurs financiers depuis qu'il a travaillé dans les années 1990 au contrôle de gestion du service SAV des machines à laver Brandt. Sa reconversion professionnelle, du métier d'ingénieur vers celui de la gestion d'entreprise, fait suite à un grave accident de la route qui l'a contraint à marcher avec des béquilles pendant un an… L'occasion pour ce battant de reprendre des études de finances et de gestion à l'Edhec, à Nice (Alpes-Maritimes).

« Les nouvelles machines ont coûté 700 000 euros. Toutes les tâches dangereuses ont été automatisées », annonce-t-il fièrement, tout en allumant une caisse enregistreuse qu'il maîtrise aussi bien que ses vendeuses. Quant à la vocation d'accueil du public - « fondamentale », dit ce père de deux petites filles qui sponsorise notamment l'association cycliste de Trégunc - elle se traduit par un espace découverte gratuit de 200 m2 dans lequel les visiteurs peuvent admirer un autoclave du siècle dernier, une sorte d'énorme cocotte-minute en hauteur dans laquelle on stérilisait les conserves. On y voit aussi une « guillotine à thon » et un film de 1930 sur la Conserverie Courtin retrouvé dans les archives de l'INA.

« La France est un atout que je peux mettre en avant » Son rêve pour l'avenir ? Convaincre les consommateurs chinois d'adopter ses tartinades et ses soupes de poisson. En juin, le Quimpérois s'est rendu pour la première fois au Salon international de l'alimentation de Guanzhou, capitale de la province du Guangdong et troisième ville de Chine. Il cherche à exporter ses produits vers l’Asie et a signé pour cela un contrat d’assurance-prospection avec la banque publique d’investissement Bpifrance. Objectif : Chine, Viêt Nam, Thaïlande, Malaisie et Corée du Sud. « À chaque fois, la France est un atout que je peux mettre en avant. »

« Sorti du Finistère sud, nous ne sommes pas très connus », déplore Jean Collin. Alors, comment développer ses marchés au-delà d'une ligne Douarnenez-Carhaix, avec l’Asie en ligne de mire ? Et comment rivaliser avec la Belle-Iloise, la plus célèbre des conserveries bretonnes (45 millions d'euros de chiffre d'affaires, 77 magasins en France) ? « Plutôt que de partir seul, j'ai proposé à d'autres conserveries familiales d'unir nos forces. » Ainsi sont nées il y a deux ans les Conserveries réunies, un concept de boutiques mutualisées dans lesquelles cinq PME vendent ensemble leurs produits : la Maison Saint-Lô (Manche), la Paimpolaise (Côtes-d'Armor), Les Ouessantines (Finistère), la conserverie Hennequin (Vendée) et la conserverie Courtin. Deux boutiques existent déjà, l'une à Guérande (Loire-Atlantique), l'autre à La Barre-De-Monts (Vendée), en face de l'île de Noirmoutier. Un troisième magasin verra le jour en novembre à Vannes, capitale du Morbihan.

Commissaire aux comptes. Dénomination : LES BISCUITERIES REUNIES. Forme : SAS. Capital social : 5 958 000 euros. Siège social : 5 rue du Président Sadate, 29000 Quimper. RCS Quimper. Aux termes de l’assemblée générale ordinaire en date du 24 juillet 2024, les associés ont pris acte de la modification de commissaire aux comptes : STERENN SELARL est nommée titulaire. Annonce BODACC - Modification survenue sur le capital.

Les Biscuiteries réunies poursuivent leur dynamique d’intégration et d’ouverture, consolidant leur position dans l’agroalimentaire régional tout en explorant activement les marchés internationaux.

carte des sites et magasins des biscuiteries réunies

Biscuiterie de Concarneau

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