Groseilles rouges ou blanches, cassis, groseilles à maquereau, framboises, fraise des bois, mûres ou encore raisin, quoi de plus délicieux que ces "fruits rouges", surtout quand on les a cueillis soi-même ?
Il n'est pas nécessaire d'avoir une très grande surface disponible pour créer une haie de petits fruits : alors, comment s'y prendre ? Voici quelques pistes pour planter des haies de petits fruits en un tour de main !
Quand planter et quelles zones privilégier
Les jardiniers, amateurs ou professionnels, connaissent tous le dicton "A la Sainte-Catherine, tout bois prend racine" !
Et la Sainte-Catherine, c'est le 25 novembre !
Cela signifie que de mi-octobre à mi-décembre, en se méfiant cependant du gel, vous pouvez planter les différents arbustes petits fruits qui composeront votre haie fruitière.
Veillez à planter dans un sol parfaitement désherbé et débarrassé de ses cailloux. La profondeur du trou de plantation variera de 20 à 50 centimètres, selon l'âge des pieds. Le trou sera rebouché avec un mélange de terre et de terreau.
Les arbustes destinés à être taillés seront plantés en ligne, tandis que ceux qui pousseront librement pourront être installés en quinconce, à condition que la place soit suffisante.
Pour créer une haie bien gourmande et très colorée, les groseilles, cassis et framboises, seront particulièrement indiqués. Si vous souhaitez installer votre haie le long d'un mur et le couvrir ou masquer un grillage les kiwis, kiwaïs et les mûres seront les bienvenus. Sur un balcon qui n'est pas exposé en plein soleil, vous pourrez par exemple aligner quelques bacs de pieds de myrtilles.
Les essences et leur rôle dans une haie fruitière
Vous trouverez sur notre site de quoi créer vous-même votre haie de petits fruits. Cultivés depuis des siècles dans les potagers familiaux, les petits fruits sont appréciés autant pour leur goût que pour leur facilité de culture. Framboises, groseilles, myrtilles ou cassis ont longtemps été cueillis à l’état sauvage avant d’être introduits dans les jardins.
Ces petits fruits rouges ou noirs, concentrés en vitamines et en arômes, sont aujourd’hui très recherchés pour les confitures, desserts et récoltes à grignoter directement au jardin. Les petits fruits regroupent différentes espèces de petits arbustes. On les distingue principalement selon leur type de port : buissonnant (groseillier, cassissier), drageonnant (framboisier), ou rampant pour certains fraisiers. Ils produisent des fruits dès la deuxième année après plantation, et leur entretien reste relativement simple une fois installés.
Certaines variétés sont remontantes (fructifient plusieurs fois par an, comme certaines framboises ou fraisiers), tandis que d’autres ne donnent qu’une seule récolte, mais plus abondante. Les petits fruits sont un excellent choix pour un jardin productif et accessible. Ils ne prennent que peu de place, se cultivent facilement en pleine terre comme en pot, et donnent rapidement des récoltes savoureuses. Le plaisir de cueillir ses propres framboises, myrtilles ou fraises directement au jardin est inégalable. En plus d’être délicieux, ils sont riches en antioxydants, en vitamines C et en fibres.
Leur floraison printanière attire les pollinisateurs et leur port léger n’alourdit pas visuellement l’espace.
Exemples d’arbustes et de fruits adaptés
- Groseillier à grappes - petit arbuste productif et rustique.
- Cassis - arbuste facile et généreux, aux baies noires riches en goût.
- Noisetier - facile à cultiver.
- Passiflore à fruits - grimpante exotique aux fleurs originales.
La plantation se fait idéalement à l’automne ou au printemps. En pleine terre, le sol doit être bien ameubli, enrichi de compost, et drainé pour éviter l’humidité stagnante. En pot, prévoyez un contenant profond avec un bon terreau enrichi.
Espacez les plants selon leur développement futur : les framboisiers ont besoin d’1 m de distance entre les rangs, tandis que les groseilliers ou cassissiers se plantent tous les 80 cm environ. Arrosez généreusement à la plantation et paillez pour garder l’humidité. La taille et l’entretien des petits fruits dépend de l’espèce.
Entretien et tailles spécifiques
Framboisiers : les variétés non remontantes se taillent après la récolte (été), en supprimant les tiges ayant fructifié. Les petits fruits se consomment frais, en salade, en smoothie ou sur une tarte. Ils sont parfaits pour les confitures, les coulis, les sirops ou les fruits au congélateur. Leur culture en haie fruitière permet aussi de structurer un espace tout en récoltant chaque saison.
Cassissier et mûrier offrent aussi des plaisirs décoratifs: certains comme le cassissier ou la myrtille sont également très ornementaux, avec un feuillage qui se colore en automne. L’objectif est de créer une ligne dense et productive qui peut être intégrée dans un jardin-forêt ou en pot sur un balcon, selon l’espace disponible.
La permaculture et les associations végétales
Les haies fruitières deviennent incontournables en permaculture, tant leurs avantages sont multiples. Mais planter une haie fruitière en permaculture ne s’improvise pas. Le concepteur est là pour créer de la redondance et donc, de la résilience.
Intégrez des fixateurs d’azote à intervalle régulier dans votre haie, en suivant le rythme du trio Fixateur d’azote - Pommier - Poirier, prunier ou autre fruitier, et ainsi de suite. Entre ces arbres/arbrisseaux s installeront les arbustes, et autour les herbacées. Des lianes comestibles pourront compléter l’optimisation de l’espace dans sa verticalité. Notez qu’il vous faudra, pour réussir vos haies, les associer avec intelligence et, pour cela, connaître les guildes végétales, c’est-à-dire les associations heureuses de plantes, pour créer un système résilient et durable.
Enfin, un critère essentiel à retenir, si vous disposez d’un bel espace : aménagez vos haies fruitières par mois de récolte. Comme un jardin-forêt, qui peut, par ailleurs, être composé uniquement de haies fruitières, une haie gourmande comportera donc idéalement plusieurs strates : rhizosphère, couvre-sols, herbacées, arbustes, arbrisseaux et lianes.
Dans ce contexte, certaines espèces et combinaisons se révèlent particulièrement adaptées en France métropolitaine. Le pommier, le châtaignier, le merisier, le mûrier noir et le plaqueminier rencontrent des conditions variées et peuvent cohabiter avec des arbustes plus modestes comme le groseillier ou le cassissier pour créer une haie productive et agréable à contempler.
Bonnes pratiques et conseils pratiques
Positionnez chaque arbuste dans la tranchée en veillant scrupuleusement à ce que le collet affleure juste le niveau du sol. Rebouchez la tranchée avec la terre extraite. Bon à savoir : à l’occasion de la Semaine de l’Arbre 2025, 219 communes distribueront des essences indigènes d’arbres et d’arbustes, du 22 au 30 novembre 2025.
Comptez généralement une distance de 80 cm à 1 mètre entre chaque plant de groseillier ou de cassis, et réduisez à 50-60 cm pour les framboisiers, qui formeront naturellement des touffes serrées. Enfin, pensez à intégrer dès l'installation un système de palissage simple, comme des fils de fer tendus entre des poteaux robustes. Immédiatement après la mise en terre, le sol doit être recouvert d'une épaisse couche de paillage pour protéger les jeunes racines et maintenir l'humidité.
Mais, petite astuce, vous pouvez aussi planter les fraisiers au pied de vos arbustes : un paillage vivant. Enfin, une taille de formation est parfois recommandée sur les jeunes plants de groseilliers et de cassis, consistant à réduire les branches principales pour stimuler l'apparition de nouvelles pousses vigoureuses dès le printemps.
Éléments complémentaires et ressources
Le mélange d'espèces indigènes et adaptées à chaque microclimat assure une synergie avec l'écosystème local et favorise la biodiversité du jardin. Nota bene : n'hésitez jamais à solliciter les conseils de votre pépiniériste local, qui saura vous orienter vers les cultivars ayant fait leurs preuves de productivité et de résistance spécifiques à votre climat et à la nature du sol.
