Crêpes de Les Deux Alpes: recettes, histoire et traditions autour de la Chandeleur

Chaque année, le 2 février sonne comme la fête des amoureux des crêpes : c’est la Chandeleur ! Le nom de Chandeleur vient du latin Festa candelarum, qui signifie « fête des chandelles ». Sa mère Cérès, déesse de l’agriculture, des moissons et de la fertilité, parcourt la terre entière, torche à la main, à la recherche de sa fille disparue, cessant de veiller sur les cultures qui dépérissent. Un accord est finalement trouvé : Proserpine passe six mois sous terre avec son mari (Automne et Hiver) et six mois sur terre avec sa mère (Printemps et Été) !

Dans le monde romain, février est également le dernier mois de l’année. Il est consacré à la purification de la ville organisée lors des Lupercales et les Parentalia. Les Celtes (et donc les Gaulois), célèbrent, le 1ᵉʳ février, la fête d’Imbolc, dédiée à Brigit. Ces rituels, comme chez les Romains, sont une volonté de purification dans le but d’obtenir de nombreuses récoltes. La Chandeleur est la dernière fête du cycle de Noël dans le calendrier chrétien. Arrivant 40 jours après la naissance de l’Enfant Jésus, le 2 février est le jour de sa Présentation au Temple par Marie et Joseph.

Cette fête entre dans le calendrier chrétien au VIe siècle, lorsque le pape Gélase Ier décide de christianiser les anciennes fêtes païennes. Lors cette célébration, le prêtre bénit les chandelles et les candélabres de l’année à venir. Les fidèles participent à cet office religieux en tenant à la main un cierge. Dès l’Antiquité, lors de la fête des Lupercales, les Vestales offraient aux dieux des gâteaux de blé qui rappellent nos crêpes modernes. Selon la tradition chrétienne, la coutume de manger des crêpes lors de la Chandeleur remonterait au pontificat de Gélase Ier.

Selon la coutume, il faut faire sauter la première crêpe de la main droite en tenant, dans la main gauche, un Louis d’or, ou une pièce d’or ou de monnaie. Cela assurerait la richesse et la prospérité dans la maison. « La veille de la Chandeleur…L’hiver se passe ou prend rigueur Si tu sais bien tenir ta poêle À toi l’argent en quantité Mais gare à la mauvaise étoile Si tu mets ta crêpe à côté. »

La crêpe, ou plutôt la galette, est un plat qui existe depuis la préhistoire, bien avant l’apparition du pain. Cet aliment de base est alors un simple mélange de céréales en poudre et d’eau. Les Romains améliorent la recette en mélangeant de la farine de froment, des œufs, de l’eau et parfois de vin. Du XIIIe au XVe siècle, la culture du sarrasin (blé noir), croît en Europe. Avec cette culture apparaît la crêpe que nous connaissons.

Au XVIIIe siècle, présentée à des invités de prestige, la galette s’accommode d’un œuf. Ainsi naît le premier plat de galette de Bretagne : le « pâté de Bécherel ». La célèbre galette saucisse, aujourd’hui emblématique de la cuisine bretonne, n’est créée qu’à la fin du XIXe siècle, tout comme la galette au sucre. Dans le Finistère, le Morbihan et une partie des Côtes-d’Armor (Basse-Bretagne), on utilise les expressions « crêpe salée » ou « crêpe de blé noir » pour décrire l’ajout de farine de sarrasin à la pâte à crêpes.

Au Moyen Âge, la Basse-Bretagne est moins fertile que la Haute-Bretagne. En Basse-Bretagne, une galette est une crêpe de froment presque aussi épaisse qu’un pancake : croustillante à l’extérieur et onctueuse à l’intérieur. Dans toute la Bretagne, les ingrédients pour les crêpes et les galettes sont identiques : de la farine, de l’eau et du sel. Fine, ronde et universellement appréciée, la crêpe est bien plus qu’un simple dessert ou repas. Derrière sa simplicité se cache un riche patrimoine culinaire. L’histoire de la crêpe traverse les siècles, les régions ainsi que les cultures, pour devenir un plat incontournable de nos tables.

La crêpe ne date pas d’hier. En effet, ses premières formes apparaissent dans l’Antiquité. Ainsi, les Grecs et les Romains cuisinaient déjà des galettes fines à base de céréales et d’eau, cuites sur des pierres chauffées. En Bretagne, l’arrivée du sarrasin au XIIIᵉ siècle, rapporté d’Asie après les croisades, marque un tournant. À l’origine, les crêpes étaient surtout salées, faites avec du sarrasin, peu coûteux et nourrissant. Elles constituaient ainsi un repas complet pour les paysans bretons. Avec le temps et l’essor du commerce, la farine de froment fait son apparition dans les recettes, permettant de créer des crêpes sucrées plus légères et délicates. La crêpe est indissociable de la Chandeleur, fêtée le 2 février. À savoir que cette tradition religieuse et populaire remonte au Moyen Âge. La forme ronde et dorée de la crêpe évoquait le soleil, symbole du retour de la lumière après l’hiver.

En Bretagne, la crêpe est une institution. Les recettes varient d’un village à l’autre : certaines crêpes sont fines et croustillantes, d’autres plus épaisses et moelleuses. Aujourd’hui, la crêpe s’est affranchie des frontières régionales. En effet, on la retrouve dans les restaurants, les food trucks, les fêtes foraines et les cuisines du monde entier. Par ailleurs, les recettes s’adaptent aux tendances : crêpes sans gluten, crêpes véganes, ou garnies d’ingrédients exotiques. La crêpe plaît car elle est simple, économique et infiniment personnalisable. Elle évoque des souvenirs d’enfance, des moments partagés en famille ou entre amis. Par ailleurs, sa préparation, rapide et ludique, permet à chacun de mettre la main à la pâte. L’histoire de la crêpe est celle d’un plat humble devenu un classique mondial. De l’Antiquité à nos jours, elle a su traverser les âges, se réinventer ainsi que s’adapter à tous les palais. Encore aujourd’hui, elle continue de rassembler autour de la table, dans un esprit de partage et de gourmandise.

Ainsi, chez Crêpe Touch Cormontreuil, près de Reims, vous pouvez prolonger cette histoire à travers un repas rapide, un brunch savoureux ou, tout simplement, un moment convivial à partager. Au cœur du centre historique de Quimper, la place au Beurre porte son nom avec fierté. Et pour cause : dès le Moyen-Âge, alors qu’elle se nomme successivement place aux Ruches puis place au Beurre-de-Pot, elle accueille marchands et artisans venus vendre miel, beurre et lait. Au fil des siècles, la place se spécialise et devient célèbre pour son marché du « beurre d’hiver » : un beurre très salé, conservé dans des pots en grès pour affronter les longs mois froids. Aujourd’hui, les étals ont disparu, mais la gourmandise est toujours présente ! Bordée de maisons à pans de bois, la place est aujourd’hui le fief des crêperies quimpéroises. Ici, la crêpe est reine : kraz ou môl, bien beurrée, complète ou sucrée, classique ou plus créative. On s’attable, on partage … et surtout, on savoure !

De la cuisine familiale aux crêperies emblématiques, la crêpe relie les générations. Une tradition vivante, sincère, qui se déguste autant qu’elle se raconte. À l’occasion de la Chandeleur, Le Dossier du Jour s’est penché sur l’origine des crêpes et les traditions qui entourent le 2 février. Clarence Fabri recevait l’historien Hans Landler, tandis qu’Emmanuel Bordeau était en direct de la crêperie Brutus à Lille. Le 2 février rime avec crêpes… mais l’histoire commence bien avant la poêle. Dans Le Dossier du Jour, Clarence Fabri a exploré l’origine de la Chandeleur avec Hans Landler, historien à Armentières. Emmanuel Bordeau a pris la direction de Lille, au 110 rue Esquermoise, dans la crêperie Brutus, pour parler ingrédients et savoir-faire.

Entre fête chrétienne, racines païennes et superstitions locales, la tradition se révèle bien plus symbolique qu’il n’y paraît. Une fête de lumière, entre christianisme et héritage païen. La Chandeleur s’ancre dans une fête religieuse intégrée au calendrier chrétien, avec une procession autour d’un cierge béni. Le symbole est clair : la lumière. Selon Hans Landler, le rituel consistait à ramener la flamme jusqu’à la maison sans l’éteindre. Si la chandelle restait allumée, l’année promettait fertilité et prospérité.

Pourquoi des crêpes ? Fertilité, réserves d’hiver et pièce porte-bonheur. La crêpe arrive plus tard dans l’histoire, au croisement des croyances rurales. Elle symbolise la transition vers la belle saison : les réserves d’hiver diminuent, la reprise des travaux se profile, la lumière regagne du terrain. Une superstition revient : ne pas faire de crêpes porterait malheur pour l’année. Autre tradition : tenir une pièce (écu, or, argent) dans la main gauche en faisant sauter la crêpe de la main droite. Réussite dès le premier essai = chance, richesse, bonheur. La pièce était ensuite donnée au premier pauvre croisé. Dans le Nord, Hans Landler cite aussi des coutumes étonnantes : conserver la première crêpe en haut d’une armoire jusqu’à la Chandeleur suivante, glisser une alliance dans la pâte pour attirer la fertilité, ou garder un morceau de crêpe dans le portefeuille pour trouver l’âme sœur.

Fête des crêpes et chandelles traditionnelles

À Lille, Brutus détaille la différence galette/crêpe… et la pâte “qui se mérite”. En direct de la crêperie Brutus, Emmanuel Bordeau a posé la question qui divise les tablées : galette ou crêpe ? Hugo, patron de l’établissement, tranche net : deux farines. Sarrasin (blé noir) + eau + gros sel pour la galette, froment + lait + œufs + beurre demi-sel pour la crêpe sucrée. Le sarrasin est sans gluten. Chez Brutus, une pointe de miel peut renforcer le croustillant - “cras” en breton. La pâte est travaillée à la main, reposée 48 heures en chambre froide pour la fermentation. Côté carte, place aux recettes “customisées” et au cidre de producteurs, du brut à l’extra-brut, avec des accords pensés comme au vin.

Anecdote bonus : la Chandeleur ne se limite pas aux crêpes. Hans Landler rappelle le “Pancake Day” anglais, avec des courses… à la crêpe, et le 2 février nord-américain marqué par la marmotte du Groundhog Day.

Le reste du texte évoque les lieux, les variations régionales, et les gestes mémoriels autour de la Chandeleur, tout en liant l’histoire de la crêpe à la Bretagne et à ses traditions culinaires, notamment l’utilisation du sarrasin et la cuisson sur une poêle en fonte nommée billig, avec le rozell pour étaler la pâte.

Les éléments pratiques et les recettes

La recette de base de crêpes est une base simple de farine, d’œufs, de lait et de sucre, qui se décline en de nombreuses recettes sucrées comme salées. La clé d’une pâte à crêpe parfaite réside dans la qualité des ingrédients, le temps de repos et la technique de cuisson. Dans cet esprit, il est conseillé de privilégier des ingrédients bio de qualité. Temps de repos : min. Pour transformer votre recette de crêpes en version vegan, il suffit de remplacer le lait par le lait végétal et de supprimer les œufs. Mélanger les ingrédients solides (sucre, farine et sel), puis ajouter les œufs battus, puis le lait petit à petit en mélangeant entre chaque ajout de liquide. Le repos est indispensable pour réussir ses crêpes et éviter l’élasticité ou la cassure. L’amidon contenu dans la farine gonfle mieux après repos.

Pour obtenir des crêpes parfaites, on peut utiliser des vieilles poêles en fonte et ajouter une noix de beurre entre chaque crêpe. Les garnitures sont infinies: sucre, beurre, jus de citron, sirop d’érable, confiture, caramel au beurre salé, chocolat fondu, crème de marrons, miel ou pâte à tartiner, etc. Une pâte à tartiner maison, notamment au chocolat au lait et aux noisettes, est souvent préparée pour accompagner les crêpes. Kaoka propose même des déclinaisons autour de la crêpe dentelle et du chocolat noir.

La tradition bretonne et les variations contemporaines montrent que la crêpe est flexible: crêpes sans gluten, crêpes véganes, garnitures exotiques, et bien sûr les crêpes sucrées et les galettes salées associées au sarrasin. La crêpe demeure un symbole de partage et de convivialité, transmise de génération en génération à travers les crêperies, les marchés et les fêtes locales.

Tableau des ingrédients et temps de repos
ÉlémentPoids/recommandationNotes
Farine de froment250 gpour crêpe
Œufs2ou replacing par vegan option
Lait500 mlou lait végétal
Sel1 pincée
Temps de repos30 min à 2 hvarie selon cuisson

tags: #crepes #les #deux #alpes