Cueillette et renaissance des fruits rouges et algues à Bourgneuf-en-Mauges et au pays des coteaux de l’Èvre

Cueillir son panier de fraises face aux coteaux de l'Èvre... La Cueillette de La Mansardière est une ferme en agriculture biologique où Gladys produit des fruits rouges et des plantes médicinales. Le site bénéficie d'un point de vue imprenable sur les coteaux de l'Èvre et le cirque de Courossé face à la Boissière-sur-Èvre et à la Chapelle-Saint-Florent. Les fruits rouges sont à venir cueillir directement à la ferme : des fraises à partir de 2024, des framboises à partir de 2025, puis des cassis, groseilles et myrtilles les années suivantes. Côté plantes, les plantes médicinales cultivées seront récoltées et distillées par Gladys. Les hydrolats (eaux florales) et huiles essentielles issues de la distillation seront alors vendus au détail en flacons localement.

Après l’arrêt d’un projet, contesté, mêlant fruits rouges et photovoltaïque, fin 2017, le site des Marottières, à Bourgneuf-en-Mauges, devrait reprendre vie. Les fraises de la discorde Souvenez-vous, c’était en novembre dernier. La Confédération paysanne avait donné rendez-vous au lieu-dit les Marottières, au nord de Bourgneuf-en-Mauges. Une action coup de poing menée devant le site d’Ô Jardins des délices. Ô Jardin des délices, ça ne vous dit rien ? Il s’agissait d’un projet ambitieux d’une vingtaine de millions d’euros, né en 2009 et mené sur dix hectares : celui d’une culture de fruits rouges (fraises, framboises…), dont la moitié sous des serres, surmontées de 12 000 panneaux photovoltaïques.

D’un côté l’agriculture, et un exploitant, Régis Guiet. « Pas un alibi pour le photovoltaïque » L’expérience a duré de 2012 à 2017. La faute à un projet pas viable, pour la Confédération paysanne. Dans le viseur : le manque de lumière, de terre et une température jugée trop importante sous les serres. Surtout, les syndicalistes avaient dénoncé l’utilisation de ces terres agricoles pour l’unique production de l’électricité, à partir de l’automne 2017. Sans s’étendre sur le sujet, Jean-Marie Santander soutient l’agriculteur. L’homme est le président-directeur général de Global EcoPower, basé à Meyreuil (Bouches-du-Rhône). Près de deux ans après, il l’assure : Ce site était la référence en Europe. Nous avions cinq ou six ans d’avance sur la loi de transition énergétique. […] Ce sont des règlements de compte locaux. Je ne suis pas entré dans ces histoires. Moi, je suis un bâtisseur, je fais les choses dans la loi.

Carte des coteaux de l’Èvre et localisation de Bourgneuf-en-Mauges et Boissière-sur-Èvre

Place aux algues Si les fraises ne poussent plus, derrière les murs et sous les serres d’Ô Jardins des délices, Global EcoPower n’a pas dit son dernier mot. Depuis plusieurs années, l’entreprise s’est lancée dans ce que certains appellent l’or vert : la spiruline. Une micro-algue, dont les vertus sont multiples (santé, sport, bien-être, cosmétiques…). Les Français en consomment 250 tonnes par an mais le pays n’en produit que 40 tonnes, et encore, tout n’est pas vendu en France, commente Jean-Marie Santander. Il y a un marché indiscutable. Un marché qui affiche une croissance de 10 % par an. L’Hexagone n’est pas le seul à être friand de cette algue verte. Global EcoPower lorgne aussi les États-Unis, l’Espagne, le Portugal et l’Italie. Pas pour rien que la société s’est déjà lancée en Normandie, à Étréham. Et Bourgneuf-en-Mauges ? Selon le dirigeant, tous les feux sont au vert pour qu’Ô jardin des délices cède sa place à Spiruline d’Anjou.

Illustration d’algues spirulines et procédés de culture

Outre celui des collectivités, Global EcoPower a obtenu le soutien de Leonidas. Pas anodin : l’investissement prévu est de 10 à 13 millions d’euros. De quoi créer au moins une vingtaine d’emplois. Reste à transformer le site. Fruits rouges et algues, ce n’est pas le même genre de production. Les bassins vont donc succéder aux tonnes de terres. Mais les « serres solaires » restent. Pas d’abandon du photovoltaïque, donc.

Un éclairage sur les transitions agricoles et énergétiques

La reconversion du site illustre une tendance plus large: mariages entre agriculture biologique et énergies renouvelables, puis diversification vers des productions à forte valeur ajoutée comme les algues et les plantes médicinales. L’approche locale et la distribution de proximité restent des priorités, avec la mise en valeur des savoir-faire biologiques et des circuits courts.

Parcours et perspectives des productions

Fruits rouges en premier rang sur le calendrier de production: fraises dès 2024, framboises à partir de 2025, puis cassis, groseilles et myrtilles dans les années suivantes. Plantes médicinales récoltées et distillées par Gladys, hydrolats et huiles essentielles vendus au détail en flacons localement. Le tout s’inscrit dans une logique d’agriculture biologique et de circuit court.

Dimensions économiques et sociales

Le projet spiralogique de 10 à 13 millions d’euros vise une création d’emplois et une dynamique économique locale, avec des retombées attendues pour Bourgneuf-en-Mauges et les communes voisines. L’idée est d’allier production fruitière, algues et valorisation des ressources locales, tout en conservant une part de production énergétique sur site.

  • Fraises et autres fruits rouges directement à la ferme dès les premières récoltes.
  • Production d’algues spirulines et diversifié en marchés nationaux et internationaux.
  • Valorisation des plantes médicinales et des huiles essentielles locales.
  • Serres solaires et système photovoltaïque intégré.

Dans ce contexte, Bourgneuf-en-Mauges se positionne comme un pôle de transition agro-énergétique, alliant pratiques agricoles durables et innovations technologiques pour répondre aux enjeux de sécurité alimentaire et de développement régional.

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