La bouillie bordelaise est un traitement fongicide et bactéricide historique, particulièrement utilisée contre les maladies cryptogamiques comme le mildiou et la cloque sur les arbres fruitiers et les légumes du potager. Elle est considérée comme un produit autorisé en agriculture biologique, mais son utilisation nécessite précaution et maîtrise des dosages pour éviter les effets négatifs sur le sol, les plantes et l’environnement.
Origine, composition et principe d’action
Conçue à partir d’eau, de sulfate de cuivre et de chaux, la bouillie bordelaise se présente sous forme de poudre bleuâtre ou de micro-granulés. Le cuivre agit en bloquant la germination des champignons et en limitant la prolifération de certaines bactéries touchant les arbres fruitiers et légumes. Ce traitement est de type fongicide de contact et agit sur les surfaces directement pulvérisées.
Utilisations principales et limites
Elle s’utilise surtout comme traitement préventif et curatif pour lutter contre le mildiou de la vigne et d’autres champignons sur les tomates, les pommes de terre, les pêchers, les pommiers et bien d’autres cultures. Cependant, elle n’est pas efficace contre les insectes parasites, les maladies virales ou certains parasites spécifiques comme pucerons et acariens. De plus, l’usage de la bouillie bordelaise peut affecter le sol et la microfaune si les doses ou la fréquence ne sont pas respectées.
Dosages et modes d’emploi
La poudre est généralement diluée dans l’eau selon les recommandations du produit, avec des doses qui varient typiquement entre 4 et 25 g par litre d’eau selon les formulations et les usages (bâti sur les conseils des fabricants). Il est crucial de ne pas dépasser les doses recommandées ni d’augmenter la quantité pour « gagner en efficacité », car un surdosage peut brûler les feuiles et polluer l’environnement.
Par exemple, dans certaines préparations, on peut dissoudre 300 g de chaux éteinte dans 6 litres d’eau dans un seau, puis 200 g de sulfate de cuivre dans un autre et mélanger le lait de chaux au sulfate de cuivre. L’agent mouillant (savon noir ou liquide vaisselle) peut être ajouté pour améliorer l’adhérence du produit sur les feuilles et limiter le lessivage par les pluies.

Quand et comment traiter
Traiter en préventif est recommandé particularly pour les arbres fruitiers et la vigne. En hiver et à l’automne, juste après le nettoyage des parcelles, ou au printemps lors de l’apparition des bourgeons, les pulvérisations peuvent être efficaces. Évitez d’appliquer juste avant une pluie prolongée, car l’action serait diluée ou lavée.
Pour les tomates du potager et d’autres cultures comestibles, l’application peut se faire lorsque les plants sont jeunes et en dehors de l’état de fructification avancé. Arrêtez les traitements environ 10 jours avant la récolte lorsque les fruits deviennent mûrs.

Bonnes pratiques et précautions
- Porter des gants, un masque et des lunettes lors de la préparation et de l’application.
- Utiliser un pulvérisateur et démontrer une pulvérisation homogène sur les feuilles et les parties atteintes.
- Utiliser un agent mouillant pour améliorer l’adhérence et diminuer le lessivage par les pluies.
- Ne pas traiter pendant toute l’année, et éviter les surdosages qui peuvent nuire à l’environnement et à la santé humaine.
- Éliminer les feuilles pulvérisées et tombées au sol pour limiter l’accumulation de cuivre dans le sol.
- Contrôler les doses, les fréquences et arrêter le traitement avant la récolte des fruits et légumes.
Alternatives et complémentarité
Des solutions plus naturelles existent, comme le purin d’ortie ou le bicarbonate, qui peuvent être utilisées en prévention et/ou en association avec d’autres pratiques culturales. Les huiles horticoles peuvent aussi apporter une action complémentaire, notamment en lutte contre certains parasites. La rotation des cultures et le paillage peuvent améliorer la résilience du jardin et réduire les besoins en traitements chimiques ou minéraux.
Cas particuliers et conseils de culture
Les rosiers peuvent développer des taches noires; en fin d’hiver, après taille et avant l’ouverture des bourgeons, la bouillie bordelaise peut être pulvérisée en prévention. Les arbres comme le marronnier et le framboisier peuvent être touchés par des maladies bactériennes ou des champignons, et le traitement doit être adapté au contexte hivernal ou saisonnier. Pour les arbres fruitiers, le traitement est souvent envisagé entre l’automne et le début du printemps.

Réflexions sur l’écologie et la sécurité
Bien que la bouillie bordelaise soit reconnue comme traitement biologique, son impact sur le sol et la faune utile doit inciter à une utilisation raisonnée et locale, en privilégiant des doses minimales efficaces et en évitant les accumulations de cuivre dans le sol et les eaux de ruissellement. Le cuivre est non biodégradable et peut s’accumuler au fil des années, ce qui peut être dangereux pour l’écosystème.
Petits rappels pratiques
- Respecter les doses et les fréquences indiquées sur le produit ou les recettes domestiques.
- Éviter d’arroser les fruits et légumes traités juste avant la récolte et ne pas traiter sous forte chaleur.
- Éviter l’usage sur les plantes sensibles pendant des périodes de stress hydrique ou thermique.
- Adapter les interventions en fonction des maladies et des cultures spécifiques (tomates, pommes de terre, arbres fruitiers, vigne, rosiers).
Faire et utiliser de la bouillie bordelaise
En résumé, la bouillie bordelaise demeure un outil utile du jardin biologique pour protéger domaines et cultures, à condition d’être utilisée avec modération, prudence et connaissance des plantes concernées, des périodes et des doses recommandées.
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