Les employés des brioches Buton à Chauvé sont en grève depuis dimanche soir. Ils accusent la direction du groupe Atlantique Production, dont le siège est à Pornic, de les avoir délaissés voire oubliés. "Le groupe préfère acheter d'autres sociétés plutôt que s'occuper de nous" note Eric Fereal, représentant syndical, ajoutant "Monsieur Buton nous lâche".
Fondée en 1962, Atlantique Productions (Brioche Buton) est une entreprise familiale de 130 salariés dirigée par la famille Buton, spécialisée dans la production de brioches, de viennoiseries de chocolat et de confiserie. La briocherie industrielle connue sous le nom de Brioche Buton est une entreprise familiale depuis quatre générations. En 2014, le groupe possédait 9 sites de production et faisait 100 millions d’euros de chiffre d’affaires. Elle est leader dans son secteur sur le marché français.
Depuis dimanche soir, la grève paralyse la production. Une quarantaine de salariés étaient en grève lundi; ils sont plus de 80 à défiler mardi dans les rues de Chauvé. Les grévistes réclament une hausse des salaires et dénoncent des conditions de travail qui nuisent à la productivité et à leur vie privée: sous-effectif, manque de formation, de maintenance, d’investissements et de revalorisation salariale.
Selon Chrystelle Demangeau, élue CGT, les salariés en ont marre et il faut former les nouveaux venus mais nous n’en avons plus le temps car les machines tombent régulièrement en panne. Les réparations ont lieu en semaine et c’est à nous de revenir le samedi. Le salaire dépasse de peu le Smic pour la plupart. Nous n’avons pas le sentiment d’être reconnus dans notre implication au travail.
À ses côtés, Eric Féréal ne dit pas autre chose: "Nous sommes en pleines négociations annuelles obligatoires, NAO, mais aucune de nos revendications n’a été entendue. Nous sommes très déçus."
Les salariés d’Atlantique Productions ont défilé mardi matin à Chauvé pour dénoncer leurs conditions de travail qui nuisent à la fois à la productivité de l’entreprise et à leur vie privée: personnel en sous-effectif, manque de formation, de maintenance, d’investissements et de revalorisation salariale.
C’est par ces mots que les salariés d’Atlantique Productions lancent leurs revendications. Ils demandent un réel investissement matériel et humain, une revalorisation salariale de l’ordre de 1,25 € de l’heure pour tous les salariés (soit une augmentation de 14 %), le travail de nuit majoré à 30 % (et non à 20 %, soit le minimum conventionnel), le travail du samedi majoré à 150 % (même si ce n’est pas une 6e journée travaillée).
Une salariée souligne: "Sur ce dernier point, nous avons nos samedis majorés à 125 % seulement si nous avons travaillé depuis le lundi. Or, bien souvent, sans qu’on nous le demande, on nous impose un jour de congé pour contourner cette augmentation."
Ce qu’ils ont obtenu? + 0,9 % sur le taux horaire et une fin de non-recevoir pour les deux derniers points.
Du côté de la directrice, Stéphanie Perdrieau, arrivée à la tête de l’usine chauvéenne en août dernier, résume les NAO en cours: "Les NAO sont en cours. Nous avons acté trois dates les 7, 14 et 21 février, en accord avec les élus du CE. Les conclusions ne sont pas encore connues." Aucune réponse n’a été apportée sur le manque d’investissement de l’usine dans ses outils de travail. Les salariés, eux, ne lâchent rien et mardi 20 février, 70 % d’entre eux défilaient dans les rues de Chauvé.
La direction propose une faible augmentation et avance l’augmentation des prix des matières premières, beurre notamment, pour justifier le peu d’augmentations. Une explication que les salariés refusent. Soutenus par l’union locale CGT de Paimboeuf, ils estiment s’être beaucoup impliqués dans l’entreprise et son développement, en ajustant notamment leur temps de travail. Selon eux, cette situation viendrait de la politique d’investissement que mène actuellement le groupe dans le chocolat.
En effet, en juillet 2016 Buton rachetait Reauté Chocolat qui, depuis, connaît un regain de développement. En juillet 2017, le groupe Pornicais achetait le chocolatier Monbana. Avec 300 salariés, un réseau d’une trentaine de magasins en France, l’industriel s’est fait construire un site de production tout neuf. Miser sur le chocolat, au détriment de l’outil de production de Chauvé, laisser le matériel vieillir et baisser la production, alors que les salariés demandent à travailler plus - c’est cette politique que dénoncent les grévistes.
Depuis dimanche soir, la grève paralyse la production et entraîne l’ouverture réouverte du magasin d’usine jouxtant le lieu de fabrication, après une période de fermeture. Nous sommes ravis d’annoncer la réouverture de notre magasin situé au cœur du pays de Retz à Chauvé. Une partie des salariés de l’usine Buton lutte pour de meilleures conditions de travail et une meilleure reconnaissance de leur métier.

Ce conflit met en lumière une friction entre une identité familiale et une stratégie de groupe axée sur des acquisitions, avec des répercussions directes sur les postes et sur les conditions de travail des salariés à Chauvé.
| Éléments clés | Description |
|---|---|
| Effectif | 130 salariés (4 ans plus tôt: 150) |
| Sites | 9 sites en 2014; brioche Buton est leader sur le marché français |
| Acquisitions récentes | Reauté Chocolat (2016), Monbana (2017) |
| Revendications salariales | 1,25 €/h + 14 %, nuit 30 %, samedi 150 % |
| Réponse direction | +0,9 %; aucune réponse sur investissements |
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