Origine de l'expression bec sucré

Chaque pays possède ses propres expressions et quoi de mieux qu’un voyage pour les découvrir! Lors de vos prochaines vacances au Québec, vous entendrez certainement plusieurs phrases d’inspiration printanière, où l’on parle de fleurs, de pluie, d’oiseaux ou de cabane (à sucre?). Mais elles n’ont peut-être pas la signification que vous pensez!

1. Bec sucré: une image d’averse et d’hydratation

Cette drôle d’expression s’utilise lors d’averses ou d’orages. En fait, on n’a qu’à s’imaginer la scène pour comprendre! Vous voyez de quoi il s’agit? Ça signifie tout simplement qu’il pleut tellement fort, qu’on n’aurait qu’à se tenir debout et à relever la tête pour bien s’hydrater! Vous pourriez aussi entendre la variante « il mouille à boire debout ».

2. Bibittes: des petites bêtes qui repointent le bout du nez

Lorsque les journées se réchauffent, on voit réapparaître tranquillement dans nos régions plusieurs bestioles, petites ou plus grosses, qu’on appelle ici « bibittes ». Ainsi, une bibitte peut à la fois désigner un insecte et une marmotte! Mais ne croyez surtout pas qu’on part à leur recherche ici!

3. Se sucrer le bec et avoir le bec sucré: gourmandise

Vous êtes gourmand et vous ne pouvez résister devant un dessert? Alors on pourrait assurément utiliser cette expression pour parler de vous. « Se sucrer le bec », veut simplement dire qu’on mange un mets sucré. Vous pourriez aussi entendre l’expression « avoir le bec sucré », qui signifie qu’une personne a une forte attirance pour les sucreries!

4. Pas d’chicane dans ma cabane: préserver l’harmonie domestique

On dit même « Pas d’chicane dans ma cabane »! Pour bien comprendre cette expression, vous devez savoir que le mot « chicane » signifie « querelle » au Québec. Et de quelle cabane parle-t-on? De la cabane à sucre? Mais non, on parle tout bonnement d’une maison et qu’on ne souhaite pas que les gens se disputent dans celle-ci.

5. Bines et fèves au lard: confusion des saveurs et des traditions

Les bines, ou plutôt les fèves au lard, font partie des mets typiques de la cabane à sucre. Ceci dit, cette expression n’a absolument rien à voir avec cette tradition québécoise, ni avec la nourriture en général!

6. Pantalon trop court: l’inondation imaginaire et ses origines

Heureusement, il n’est pas question ici d’une maison inondée suite à la crue des eaux au printemps. Cette expression signifie plutôt qu’une personne porte un pantalon trop court! Par contre, elle tire probablement son origine du fait que les gens qui faisaient face à un dégât d’eau au sous-sol devaient retrousser leurs pantalons pour éviter de les mouiller.

7. S’enfarger: perdre l’équilibre par sa faute

S’enfarger? Au Québec, ça veut dire perdre l’équilibre par sa propre faute. Et les fleurs sur un tapis forment-elles de réels obstacles? Bien sûr que non!

8. Souffle du dessert: pourquoi « dessert » et ce que cela dit de la culture française

Ces expressions vous ont-elles fait sourire? Connaissiez-vous déjà certaines d’entre-elles? Que l'on soit bec sucré ou non, voilà un mot qu’on emploie quotidiennement. Mais pourquoi parle-t-on de « dessert » pour désigner le dernier mets du repas ? Les pâtisseries font partie des desserts les plus appréciés en France.

En France, pas question d’envisager un repas sans dessert ! Pour les gourmands, il représente même la partie la plus agréable de ce temps passé à table. Mais d’où nous vient ce mot ?Dérivé du verbe « desservir », ce dernier service du repas marque le moment où il faut débarrasser la table. Pour le dictionnaire Le Robert, il s’agit d’un « mets sucré, fruits, pâtisserie servis après le fromage (en France) ».

Le dessert a évolué au fil des siècles puisque, autrefois, il comprenait aussi le fromage. En témoigne notre premier dictionnaire en français, publié en 1680 par Pierre Richelet, qui le présente comme étant « ce qu’on sert sur la table comme sont les tartes, le fromage, le fruit, les confitures et autres choses après la grosse viande et les ragoûts ». Dans Le dessert au XVIIe siècle, Dominique Michel précise que « si, dès la fin du XVe siècle, dans la version imprimée du Taillevent, apparaît le mot fruicterie pour ce dernier service du repas, au XVIIe on lui donne le nom de fruit ou de dessert. »

« On a servi le fruit, on en est au fruit », écrit encore le dictionnaire de Trévoux au XVIIIe siècle, qui ajoute : « Chez le Roi on dit four & fruit. » Si, aux yeux de certains, le mot dessert passe alors pour bourgeois, il est cependant très utilisé par les auteurs de livres de cuisine ou d’office aristocratiques. Un signe de richesse à une époque où le sucre est encore un produit de luxe, l’historienne nous apprend aussi que « le dessert, qui relève de la rhétorique du roi ou des princes, n’a pas pour but de satisfaire un véritable besoin alimentaire. Il est un élément de distinction sociale. »

Il convient donc de soigner la présentation et d’étonner ses convives avec des fruits rares ou des nouveautés, tels les sorbets, les eaux et liqueurs rafraîchissantes. Le dessert préféré des Français est révélé par l’émission « Le dessert préféré des Français », et c’est la mousse au chocolat. Une recette simple et gourmande qui devance le tiramisu et la tarte au citron.

Et si l’on consacre traditionnellement la fin du repas au goût sucré, c’est parce que les Français apprécieraient moins le mélange salé-sucré que leurs voisins italiens, espagnols ou anglais.

Ressources et usages autour de l’expression bec sucré

Cette expression s’emploie pour parler d’un sourire forcé ou niais, dénotant de la mesquinerie, de la fausseté ou de l’hypocrisie de la part de la personne qui sourit. Être en train de « se sécher les dents » ou « se faire sécher les dents » est l’équivalent d’un faux sourire ou d’un sourire de bêta chez nous. On peut aussi rencontrer des usages qui évoquent une attirance pour le sucre et les pâtisseries, témoignant de l’ampleur du lien culturel à travers le temps et l’espace.

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