Alimentation du cheval SME: guide nutrition chevaux conseils pratiques

Les chevaux au métabolisme lent et/ou rustique, faits pour vivre dans des milieux difficiles, vont avoir tendance à déclarer ce que l’on appelle le Syndrome Métabolique Équin (SME) lorsqu’ils se trouvent dans un milieu trop favorable. Le SME n’est pas une maladie mais un syndrome lié à un type métabolique qui peut se manifester par une embonpoint et une distribution anormale des graisses, une insulino-résistance et une leptine mise à mal, ainsi que des fourbures aiguës et/ou chroniques.

Caractéristiques et mécanismes du SME

Le premier indice est la tendance à l’embonpoint, avec un stockage des graisses localisé notamment au chignon, derrière l’épaule, au garrot, sur le dos et l’abdomen. Ces zones de stockage génèrent des hormones inflammatoires et s’associent à une insulino-résistance: l’insuline, hormone clé du transport du sucre, nécessite des doses croissantes pour obtenir le même effet sur le glucose sanguin.

La leptine, appelée « hormone de satiété », est produite par les tissus adipeux et peut devenir inefficace en cas d’obésité et d’inflammation chronique, entraînant une sensation de satiété diminuée et une tendance à la boulimie chez les chevaux en surpoids. Des fourbures aiguës et/ou chroniques reflètent une inflammation systémique et constituent un indicateur douloureux et clé du SME.

Plus largement, l’inflammation généralisée résulte des facteurs liés à l’alimentation, au microbiote intestinal, à l’exposition à la poussière et aux mycotoxines, ainsi qu’à l’excès de fer stocké dans le foie qui peut favoriser l’inflammation et perturber l’absorption du cuivre et du zinc, éléments essentiels pour le système immunitaire et l’anti-inflammation.

Facteurs inflammatoires et rôle du microbiote

Parmi les principaux facteurs d’inflammation, on retrouve le déséquilibre de la flore intestinale, les poussières et mycotoxines, l’excès de fer, l’oxydation des cellules et l’obésité avec inflammation tissulaire. Des cures régulières de probiotiques et prébiotiques permettent de rétablir une flore favorable, surtout lors de changements alimentaires, traitements médicamenteux ou stress.

Adapter l’environnement global: favoriser le mouvement et l’activité physique, éviter l’acidification des sols due à l’azote, limiter le stress et maintenir une hydratation adéquate grâce aux électrolytes. L’apport de sel dans la ration est utile pour compenser les déséquilibres du fourrage, mais attention à ne pas surcharger la langue avec des quantités excessives.

Alimentation adaptée et stratégies pratiques

Adapter l’alimentation est essentiel: la question du foin ou de l’herbe à volonté est centrale. Dans l’idéal, le cheval peut se nourrir à volonté, mais les chevaux rustiques et SME, souvent résistants à la leptine, ont tendance à manger plus que leurs besoins énergétiques, favorisant le stockage et l’inflammation.

Il faut compenser les déséquilibres en vitamines et oligo-éléments: cuivre et zinc (en tenant compte des ratios d’assimilation et de l’excès de fer), vitamine E (présente dans l’herbe, peu dans le foin), acides gras oméga-3 (anti-inflammatoires et régulateurs hormonaux) et magnésium (rôle clé dans la régulation de l’insuline). Le foin ou l’herbe doivent être rationnés tant que persiste la résistance à l’insuline et à la leptine.

Du point de vue mathématique, plus le fourrage est consommé, plus les carences ou excès se creusent. Pour limiter les pics d’insuline, les aliments ingérés ne devraient pas contenir plus de 10 % de glucides non structurels (envisager 3 % sucre + 7 % amidon par exemple). L’avoine, l’orge et le maïs présentent des taux élevés d’amidon et peuvent être problématiques pour un SME.

Le foin (ou l’herbe) doit être privilégié chez les chevaux SME, et il est conseillé d’immerger le foin dans de l’eau propre au moins 20 minutes avant distribution pour diminuer l’apport en sucres. Dans les cas où les besoins restent importants (saison sportive, lactation, gestation ou croissance), les concentrés ne peuvent pas toujours être supprimés, mais doivent être choisis avec soin et dosés.

Plan de gestion nutritionnel et de mode de vie

  1. Limiter l’accès au pâturage lorsque les valeurs nutritionnelles sont élevées (printemps/automne) et privilégier le pâturage d’herbe à un stade végétatif avancé ou réduire la surface pâturée.
  2. Distribuer un fourrage riche en fibres et pauvre en énergie; privilégier des fourrages avancés pour soutenir l’estomac et la digestion.
  3. Adapter les apports en minéraux et vitamines (cuivre, zinc, vitamine E) et ajouter les oligo-éléments manquants; compléter avec des oméga-3 et du magnésium selon les besoins.
  4. Privilégier un déficit calorique progressif pour viser une perte de poids de 1 à 2 % du poids vif par semaine, sans stresses et sans sur-réactions insulinique.
  5. Mettre en place une activité physique adaptée pour augmenter les dépenses énergétiques et améliorer la sensibilité à l’insuline; éviter la sédentarité.
  6. Utiliser des aliments spécialement formulés pour SME (par exemple Mash Light sans céréales, faible en amidon) lorsque nécessaire, notamment chez les chevaux âgés ou ceux ayant des difficultés à manger.

Le SME peut coexister avec des affections telles que la maladie de Cushing, mais le SME est distinct et peut nécessiter des examens approfondis car le dosage de l’insuline seul ne suffit pas pour le diagnostic. L’objectif est double: faire baisser le taux d’insuline et arrêter le stockage de graisse.

Ration et cas particuliers

Chez les chevaux recevant un aliment concentré, la réduction ou suppression de concentrés peut être envisagée si les besoins énergétiques le permettent; sinon, il faut un apport minéral et vitaminé pour couvrir les besoins. Le Mash Light, sans céréales et pauvre en amidon, est proposé comme option adaptée pour des chevaux souffrant de fourbure, de Cushing et de stockage du glycogène, et peut aussi convenir aux vieux chevaux ayant des difficultés à manger.

Enfin, l’adaptation du mode de vie est cruciale: vivre en groupe pour limiter le stress social et favoriser le bien-être; maintenir l’hydratation et les électrolytes; et s’assurer que le régime est durable et sans pics glycémiques.

Surveillance et diagnostics

Pour prendre rapidement en charge un cheval en surpoids, un contrôle mensuel et l’évaluation de la Note d’État Corporel (NEC) sont recommandés. Les signes cliniques typiques du SME incluent un surpoids avec des dépôts graisseux anormalement répartis et des épisodes de fourbure; un diagnostic précis nécessite des examens approfondis et ne peut se fonder uniquement sur le dosage de l’insuline.

Infographie: Schéma des facteurs inflammatoires et du SME

Le SME est une condition gérable: agir sur l’alimentation, l’activité physique et le microbiote, tout en privilégiant des nutriments et des aliments adaptés, et en utilisant des produits spécifiques lorsque nécessaire.

Les nutriments : indispensables au corps humain (2e cycle)

Tableau synthèse des recommandations

ÉlémentRecommandations SME
Contrôle glycémiqueLimiter glucides non structuraux à environ 10 %; privilégier foin/herbe pauvre en amidon
RationnementFoin riche en fibres; réduire les aliments concentrés selon les besoins
Lipides et inflammationsAugmenter oméga-3; limiter fer; compléter zinc et cuivre
Minéraux et vitaminesVitamine E; Magnésium; minéraux adaptés au SME
Activité physiqueExercice régulier et adapté; éviter l’inactivité

Cas pratiques et sources

Chez l’équidé et les races prédisposées, le SME peut toucher tous les adultes, avec une prédisposition génétique potentielle dans certaines races et poneys. Le diagnostic et les plans de traitement doivent s’appuyer sur une approche globale combinant alimentation, mouvement et gestion du stress.

tags: #alimentation #cheval #sme