Même s’il n’est plus un petit bébé et qu’à 24 mois, la diversification alimentaire est largement avancée, votre enfant a encore des besoins nutritionnels spécifiques qu’il est nécessaire de respecter. Même s’il mange quasiment tous les aliments, vous allez devoir continuer à veiller aux quantités proposées, notamment pour les protéines (viande, poisson, œuf toujours bien cuits à cœur) notamment, pour lesquelles il ne peut pas manger exactement comme vous, adulte. En effet, sa portion doit être de 30 g (ou 1⁄2 œuf dur) par jour maximum à cet âge. Cependant, partager un moment de convivialité à table avec vous à l’occasion des repas est important. Notre astuce ? Cuisinez pour votre enfant les mêmes ingrédients que ceux contenus dans votre propre menu, en adaptant pour lui les quantités, l’assaisonnement, la cuisson et les textures. Le fait d’observer que vous appréciez les aliments lui donnera d’autant plus envie de goûter aux différentes saveurs proposées dans son assiette !
Texture et mastication: progression en fonction des dents et du développement
Tout dépend si les 4 premières molaires de votre enfant (aussi appelées à tort “prémolaires”) ont poussé ou non. Ces dents sortent généralement entre 12 et 19 mois. En revanche, si elles sont présentes, votre bébé est en mesure de broyer les aliments. Vous pouvez alors lui servir des aliments plus fermes, comme des crudités ou des fruits en bâtonnets. Soyez patients, l’apprentissage de la mastication se fera progressivement.
Entre 12 et 23 mois, la texture des aliments joue un rôle clé dans le développement de votre enfant. Il ne s’agit plus seulement de nutrition : apprendre à mâcher, à manipuler des aliments de consistances différentes, à percevoir des textures variées en bouche, c’est aussi une étape du développement sensoriel et moteur. La grande majorité des bébés est tout à fait capable de gérer des aliments en morceaux, à condition que ceux-ci soient bien cuits, tendres et de taille adaptée. Si votre enfant refuse les morceaux à la maison alors qu’il les accepte en crèche ou chez une assistante maternelle, ne vous inquiétez pas : c’est un comportement courant. La dynamique de groupe, l’imitation des autres enfants et la nouveauté de l’environnement favorisent souvent l’acceptation. Entre 12 et 23 mois, l’alimentation de votre bébé est une aventure gustative à vivre ensemble, repas après repas.
Allaitement et lait: transition et astuces
Jusqu’à l’âge de 3 ans, le lait de croissance (appelé aussi lait 3ème âge), qui répond mieux aux besoins nutritionnels des enfants en bas âge que le lait de vache, est recommandé par les pédiatres. À 36 mois, si vous le souhaitez, vous pourrez prévoir une transition tout en douceur entre le lait infantile et le lait de vache. Il faudra idéalement lui proposer alors du lait entier afin de conserver un bon apport en matières grasses.
Il est crucial de maintenir une consommation de lait et de produits laitiers adaptée. Entre 12 et 23 mois, la texture des aliments et l’introduction des produits laitiers restent essentielles: le lait maternel et/ou le lait infantile continue d’être pertinent selon les habitudes. À partir d’un an, le lait est comptabilisé dans la ration laitière quotidienne, et l’eau pure devient la boisson principale à privilégier pour l’hydratation quotidienne.
Repas et portions à 9-12 mois: progression des repas et choix culinaires
À 9 mois, bébé a déjà bien entamé la diversification alimentaire. Durant les mois précédents, il a eu le bonheur de découvrir de nouvelles saveurs par lui-même avec la méthode DME (diversification menée par l’enfant) ou avec l’aide de ses parents : premiers légumes en purée, plusieurs variétés de fruits mixés, les œufs, les féculents, la viande ainsi que certains poissons. À cet âge, votre bébé peut désormais consommer une grande variété d’aliments: légumes variés, fruits, féculents et protéines animales adaptées. La viande et le poisson doivent être encore légèrement mixés et les aliments peuvent être présentés en purées grossièrement écrasées selon les aliments.
Les protéines restent essentielles: pour l’apport journalier, privilégiez des portions adaptées et bien cuites (œufs, viande et poisson sans arêtes). Le dessert ou le goûter peuvent être complétés par des céréales pour bébé et des desserts lactés non sucrés, afin de préserver l’équilibre énergétique et le transit intestinal.
Alimentation diversifiée autour de 12-23 mois: transition vers le repas familial
Entre 12 et 23 mois, l’alimentation de votre bébé entre dans une nouvelle dimension. La diversification alimentaire laisse place à une transition progressive vers les saveurs et les textures du repas familial. Tout au long de cette période, le rythme reste celui de 4 repas par jour: petit déjeuner, déjeuner, goûter et dîner. Le lait de croissance est encore l’élément principal, accompagné par des légumes, des fruits, des sucres complexes, des matières grasses, et de petites quantités de protéines animales. Les sucres complexes doivent figurer à chaque repas, en quantité raisonnable, entre 1/3 et ½ du plat proposé. L’eau pure est la seule boisson recommandée.
Les lipides et les acides gras essentiels sont cruciaux pour le développement cérébral et la rétine. Ajoutez systématiquement deux cuillères à café d’huile végétale crue dans chaque repas, privilégiez l’huile de colza, de noix ou de soja pour leur richesse en oméga-3 et oméga-6. Le beurre cru ou la crème non cuite peuvent être utilisés de temps en temps comme alternative.
Règles pratiques sur les protéines et les poissons
Entre 12 et 23 mois, les protéines restent importantes et un apport modéré est recommandé: environ 20 g par jour peut être approprié, et le poisson est conseillé deux fois par semaine (une fois poisson maigre et une fois poisson gras) pour bénéficier des acides gras essentiels. Certains poissons à éviter en raison de leur teneur en polluants et de risques pour la sécurité doivent être écartés selon les recommandations locales. L’œuf entier peut remplacer partiellement la viande ou le poisson et peut être servi cuit dur ou mollet.
Fromages, laitages et calcium
Les laitages non sucrés et non aromatisés sont privilégiés pour les jeunes enfants jusqu’à 3 ans afin d’éviter l’apprentissage précoce du goût sucré. Tous les fromages peuvent être introduits à partir de cet âge, en évitant les fromages au lait cru jusqu’à 5 ans. Pour assurer les besoins en calcium, il est recommandé de consommer trois ou quatre produits laitiers par jour, en veillant à varier les sources et les textures.
Intégration des fruits et légumes, variété et sécurité
Tous les légumes sont les bienvenus à cet âge et il est recommandé de varier chaque jour afin que l’enfant apprenne à reconnaître les saveurs une à une. Les légumes surgelés constituent une excellente alternative et les fruits peuvent être consommés crus bien mûrs, écrasés ou en petits morceaux, en compote sans sucre ajouté ou surgelés. Pour éviter les fausses routes, cuisez les fruits avant de les présenter en petits morceaux ou en morceaux très mûrs.
Tableau synthèse des apports et conseils clés
| Aspect | Recommandations clés |
|---|---|
| Protéines | Varier viandes, poissons et œufs; portions autour de 20-30 g/jour; viande et poisson bien cuits; éviter les arêtes |
| Lait et produits laitiers | Lait de croissance recommandé jusqu’à 3 ans; privilégier lait entier; yaourts non sucrés; 3-4 portions/jour |
| Graisses et huiles | Deux cuillères à café d’huile végétale crue par repas; privilégier colza, noix, soja; alternance avec beurre/crème lorsque nécessaire |
| Légumes et fruits | Proposer un légume et un fruit différent à chaque repas; privilégier légumes variés et fruits bien mûrs; utiliser légumes surgelés si besoin |
| Glucides | Sucres complexes à chaque repas (riz, pâtes, semoule, pommes de terre); portions adaptées |
| Eau | Eau pure comme boisson principale; éviter boissons sucrées |
| Textes et textures | DME ou mastication progressive; passer de purée lisse à morceaux plus gros selon l’évolution |

Les portions chez les 3 à 100 ans !
Quelques conseils pratiques et avertissements
Face aux refus, la persévérance est la meilleure arme: proposer un même aliment jusqu’à une dizaine de fois avant d’abandonner. Les aliments riches en fer (viande, poisson, abats bien cuits) et les sources de calcium sont essentiels, mais les légumes et les fruits restent indispensables pour les fibres et les micronutriments. Les erreurs de proportions peuvent influencer le risque de surpoids ou de carences plus tard, d’où l’importance d’un accompagnement régulier des repas avec le cadre familial.
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