Présent sur toutes les cartes des cafés parisiens, le croque-monsieur, ce sandwich chaud composé de pain, de fromage et de jambon blanc date de 1910 et a été inventé boulevard des Capucines. Au fil du temps, cet illustre représentant de la scène parisienne a été transformé, modernisé, twisté. Alors, pain de mie ou pain de campagne, béchamel ou fromage râpé ?
Au sommet des incontournables: adresses et signatures
On passerait bien sa journée dans ce café-librairie situé à l’ombre du Panthéon. Le plus ? Un soupçon de sel truffe, présent juste ce qu’il faut pour ajouter une touche de gourmandise. Fondant et croustillant car le pain est toasté, il est aussi douillet qu’un couette en plumes dans laquelle on se réfugie pour se réconforter.
Chez Petrossian, le croque est chic et arbore fièrement les couleurs du smoking, blanc et noir. Le pain de mie carré est garni de mozzarella di Buffala et de caviar. Un accord parfait qui surprend les papilles et donne à ce casse-croûte ses lettres de noblesse. La particularité de ce véritable croque-monsieur réside dans le pain de mie typiquement …nippon, réalisé à partir de deux variétés de blé venant directement d’Hokkaido qui lui apporte un fondant et un moelleux tout particulier. Son goût est doux et légèrement sucré, coupé en tranches épaisses pour bien le savourer, il est garni de Comté de 15 mois, de jambon blanc Prince de Paris et d’un soupçon de béchamel, ni trop, ni pas assez. Parfaitement équilibré, il a tout de l’authentique croque tel qu’on le mangeait à Paris il y a une vingtaine d’années. On trouve le même à Tokyo dans la maison mère.
La Brasserie Bellanger a fait peau neuve mais la carte a conservé ses classiques dont son fameux croque-monsieur dont le rapport qualité prix est imbattable ! Les plus gourmands peuvent demander un supplément œuf (croque-madame, donc) ou jambon truffé. Servi avec une salade de jeunes pousses et des frites diablement réussies, il s’apprécie dans le joyeux tohu-bohu illustrant la vie d’une brasserie parisienne.
Sans nul doute le plus amusant de notre sélection : le croque à la mode portugaise appelé Tosta Mista, très street food à la parisienne, garni de jambon blanc et de queijo liminiao. Ras le bol du croque-monsieur ? Plutôt bec sucré ?
Influences et variantes: du classique à l’exotique
Experte culinaire Pascale Weeks partage depuis plus de 20 ans sa cuisine sur son blog et sur son compte Instagram. Elle a été pendant 9 ans la rédactrice en chef du site 750g. Le croque-monsieur est le grand classique des repas sur le pouce ou des dîners express en semaine. Ce sandwich chaud se prépare très facilement à la maison avec du pain de mie, du jambon blanc et du fromage fondu. Agrémenté ou non d'une touche de béchamel pour plus de moelleux, il dore tranquillement au four. C'est une recette économique, rapide à assembler et rassurante.
Servez immédiatement avec une salade verte assaisonnée et régalez-vous. Pour obtenir un pain de mie bien croustillant à l'extérieur sans qu'il ne se dessèche au four, beurrez légèrement les faces externes de votre sandwich avec du beurre pommade (mou, sorti à l'avance) plutôt que du beurre fondu. Emblème du café parisien, le croque-monsieur - et sa déclinaison “madame” très coquette avec œuf au plat - continue d’obséder les gourmands pressés et de squatter les cartes de nos bistrots préférés. Un délice résolument addictif désormais adopté par les palaces et décliné dans des versions couture, régressives et même veggie.
Habitée par un devoir citoyen, la rédaction de Do It In Paris en a fait son sujet d’étude de prédilection et vous dévoile le palmarès de ce fameux sandwich grillé au jambon et au fromage (sans béchamel, s’il vous plaît !). La famille Dumant (Les Marches, Aux Bons Crus) a encore frappé ! Voisine de ses Crus de Bourgogne, le Chardonnay déroule une carte canaille dans un esprit troquet où l’on s’installe au choix sur les banquettes, les tables hautes ou carrément au bar dans une ambiance follement parisienne. À tester absolument : le croque-monsieur à la truffe, généreusement garni de jambon Prince de Paris et accompagné d’une jolie salade (21 €).
Le Chardonnay Comptoir, 3 rue Bachaumont, Paris 2e, 01 40 20 08 74. Le Tout-Paris se presse derrière la devanture rétro à souhait de cette adresse mythique de la rue Jean-Jacques Rousseau, à quelques encablures de Louboutin. Il y a de la frénésie dans l’air et du beau monde pour s’attabler à la 5e adresse d’Elodie et Jean-François Piège. Une adresse d’atmosphère bien dans son jus qui propose un inoubliable croque-monsieur (17 €) ou croque-madame (18 €) idéalement toasté, bien doré et bien beurré, présenté sur sa belle assiette rétro colorée.

Les bonnes raisons d’aller goûter au chic italien entre les murs du Bulgari Hôtel Paris ne manquent pas, en voilà une supplémentaire ! Direction le Bar, un espace moderne et luxueux encadré de murs laqués, habillé de larges fauteuils en cuir, de tables en marbre et posant un spectaculaire comptoir. L’élégance de la Maison s’imprime jusqu’à sa carte de snack avec un Croque-Monsieur 5 étoiles dont le seul secret réside dans l’excellence de ses ingrédients. La recette ? Deux tranches de pain de mie complet aux céréales qui capturent 60 g de chiffonnade de jambon cuit et 60 g de comté 18 mois d’affinage. Le tout est passé au toaster, sans matière grasse ajoutée et arrive doré à point avec des frites parfaites (32 €). Bulgari Hôtel Paris, 30 avenue George V, Paris 8e.
Dans la cool rue de Bretagne, spottez la jolie terrasse aux stores bleus : vous voilà chez Barbouille, où Anne-Laure et sa team de choc vous recevront comme des rois. Si l’on avoue une passion quasi hebdomadaire pour son croque-madame (13,80 €), vous y trouverez pendant toute la saison un diabolique croque montagnard préparé par le chef avec un mélange de crème liquide et d’emmental, du jambon de pays et le pain de mie recouvert de deux tranches de fromage à raclette (14,50 €), servi avec un combo frites-salade de rigueur. Barbouille, 13 rue de Bretagne, Paris 3e, 01 49 96 58 76.
Après Rosie dans le quartier de la Bastille, la petite sœur Rosie Lou balance une grosse dose de cool sur le boulevard Bonne Nouvelle avec sa déco ultra-fraîche et sa carte solaire à prix doux, ode à la cuisine basque. Brasserie Rosie Lou, 31 boulevard de Bonne Nouvelle, Paris 2. Ouvert du dimanche au jeudi de 12h à 14h30 et de 19h à 22h30.
French do it better, tel est le credo de la Brasserie Bellanger, table des faubourgs branchés qui redonne ses lettres de noblesse à la brasserie parisienne traditionnelle dans un décor coolissime entre tables en marbre, suspensions à boules design, frise de carreaux, papier peint floral, banquette en velours rouge, murs pop et bouquets extravagants. Brasserie Bellanger, 140 rue du Faubourg Poissonnière, Paris 10. Dans le marché des Enfants Rouges, le stand boucher de The Butcher of Paris propose une version gargantuesque lovée dans un pain de mie bio Léonie aérien à souhait et garni de crème fraîche, moutarde à l’ancienne, jambon blanc du Cantal et comté AOP 16 mois.
Pain, jambon, fromage : le croque-monsieur est un classique indémodable et apprécié de tous. Plat doudou par excellence, le croque-monsieur est un grand classique des brasseries parisiennes (mais pas que). L’apparition de cette recette daterait des années 1910, lorsqu’un patron de café, Michel Lunarca, aurait servi un sandwich avec du pain de mie à la place d’une baguette traditionnelle. Un client se serait alors inquiété de sa composition, demandant d’où provenait la viande utilisée pour la recette. Aujourd’hui encore, ce plat simple fait fureur. Du bon pain, un jambon de qualité, du fromage dégoulinant et, pourquoi pas, une onctueuse béchamel pour compléter le tout… Il n’en fallait pas plus pour ravir nos papilles et nous réconforter à coup sûr. Mais attention : préparer un bon croque-monsieur est tout un art !
- l’élégant restaurant Petrossian (2 toques) à Paris met en avant ses produits de luxe comme la poutargue, mais aussi le caviar, que l’adresse propose avec des mets simples tels que l’œuf mayonnaise, les tagliatelles… ou bien le croque-monsieur !
Où ? Dans ce bistrot convivial, où le cadre se prête aussi bien à un déjeuner d'affaires qu’un repas entre amis, le chef Nicolas Pascaud dévoile une carte bistrotière de qualité, à coup d’œuf mayo, foie gras et viande maturée. Où ? C’est dans le très chic Park Hyatt que Jean-François Rouquette signe la carte du Café Jeanne (1 toque). Ici, le chef reprend les grands classiques de la brasserie française à son compte, comme les escargots en persillade, le fish and chips, le tartare de bœuf et bien sûr le croque-monsieur. Où ? Pour une adresse modeste et efficace, direction Mimosa, près de la basilique Saint-Michel à Bordeaux. Où ? Avec sa jolie décoration Art déco, ses plats façon tapas et sa très belle cave à vins, Le Rhinocéros est vite devenu un incontournable à Marseille. Parmi les plats références de cette adresse figure le croque-monsieur, que le chef s’amuse à décliner au fil des saisons.
Si, pendant un temps, le croque à l’émulsion de béchamel à la muscade figurait à la carte, il a vite été suivi par celui à l’effiloché d’agneau, crème de chèvre et vinaigrette aux deux raisins, puis le croque roulé au jambon cuit et émulsion tomate/basilic. Où ? Pain, beurre, fromage et jambon : il est difficile de faire plus simple. Quant à la présence de béchamel, elle suscite autant de débats que l’emploi du terme chocolatine ou pain au chocolat… Mais qu’importe la sauce, pourvu qu’on ait le gratiné !
Un croque-monsieur gourmand - Les recettes (de Paris) de François-Régis Gaudry
Publié le 06 novembre 2019 et mis à jour, cet article retrace le classico-bistrot parisien et les déclinaisons modernes qui réinventent le croque-monsieur. Classique de bistrot souvent malmené, battu en brèche par la mode du burger, il reprend du poil de la bête grâce aux sandwicheries de qualité, qui le font parfois loucher du côté du panini à la française. On pourra donc voir aussi en lui un cousin éloigné du jambon-beurre, version chaud devant. Qu’il soit gâté à souhait ou fondant à coeur, avec béchamel, sauce Mornay, crème ou seulement abondance de fromage à pâte dure râpé (par ici le comté, gruyère ou beaufort) le plaisir régressif du croque-monsieur se pratique volontiers dans ces adresses parisiennes dûment dégustées.
Comté 15 mois, jambon Prince de Paris et béchamel veloutée : rebondi, gratiné, généreux, on le croirait sorti d’une carte postale. Carré Pain de Mie, 5 rue Rambuteau 4e, 18 € le croque (ouch !) Voir la critique complète. Certes, c’est un budget. Mais ici pas d’arôme ni d’huile de truffe, que de la vraie, râpée sur le croque au pain de mie artisanal fabriqué par la boulangerie Dupain. La truffe varie donc selon la saison, de la brumale d’automne à la melanosporum du plein hiver. Copieux et remonte-moral à souhait. Attention, il ne sera à nouveau à la carte qu’à partir de mi-novembre !

Goguette, 108 rue Amelot, 75011 Paris, 20 € (c’est cher, mais il est sacrément truffé). Ceci est un croque-monsieur à 18 euros. pour Télérama. Pain de campagne de chez Mamiche, comté jeune, jambon blanc des Pyrénées, beaucoup de beurre, un soupçon de thym et un sacré coût de grill pour le quadriller : toasté à la minute, ce croque filant et fondant peut se manger debout, façon street food. Un excellent rapport qualité-prix. Buff et Le Rhinocéros offrent d’autres interprétations intéressantes.

Un pain au levain maison, du gruyère suisse, du jambon cuit Montauzer et un tour de moulin à poivre : il n’en faut pas plus à ce croque pour être délicieux. Et s’il reste de la place, la mousse au chocolat, servie avec une touche de chantilly, se défend très bien aussi. Buvette, 28 rue Henry Monnier, 9, 12 €. 30 cm de pain de mie étiré en longueur, tomme de Savoie, jambon cuit espagnol et brisures de truffe : la salade y est purement décorative, et plus c’est long, plus c’est bon. Les Fauves, 33 boulevard Edgar Quinet 14e, 15 €.
Le croque-monsieur aujourd’hui: un art partagé et une gourmandise collective
Sortir Restos Restos Gastronomie: Le croque-monsieur demeure un symbole des brasseries parisiennes, et ses déclinaisons s’étendent jusqu’aux palaces et aux concepts street food. Le plat, simple par ses ingrédients: pain, jambon, fromage, et parfois béchamel, se réinvente selon les lieux et les influences régionales ou internationales.