Robert Tatin: coup de projecteur sur l’œuvre architecturale et les figures qui la peuplent

L'artiste mayennais Robert Tatin était à l'honneur ce mardi après-midi lors d'une vente aux enchères à Mayenne.

Des huiles sur toiles réalisées dans les années 1960-1970 par le peintre et sculpteur, étaient à vendre.

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Deux lithographies de l'artiste mayennais Robert Tatin se sont vues adjugées 32 500 et 19 000 euros pour deux acheteurs différents, l'un sur internet et l'autre en salle des ventes à Mayenne.

Robert Tatin continue de prendre de la valeur sur le marché de l'art.

Le 17/01/2021 à 20h39 Le collectif LSK, réunissant les rappeurs Adn1konu & Medman, a tourné un clip musical dans le musée Robert Tatin à Cossé-le-Vivien.

La chanson s'appelle Wakanda, en référence au film Black Panther de la franchise Marvel.

Le 21/02/2021 à 11h30 Depuis plusieurs semaines, la faute à la pandémie de la Covid-19, le département de la Mayenne est montré du doigt, stigmatisé.

Le 03/08/2020 à 6h07 Le comédien, réalisateur et directeur de théâtre Robert Hossein est décédé ce jeudi à l'âge de 93 ans.

Le 31/12/2020 à 15h07 Autour de chez vous Passer la section Publication : 15 juil. 2025

Au XIXe siècle, Laval a vu naître d’abord deux peintres classiques : Jean-Baptiste Messager et Charles Landelle, et par la suite des artistes moins conventionnels tels Henri Rousseau, Alfred Jarry et Robert Tatin.

Issu d’un magazine de 20 minutes, cet extrait de près de 8 minutes est consacrée à la personnalité et à l’œuvre fascinantes de l’artiste septuagénaire.

En noir et blanc, il alterne vues en intérieur et en extérieur, questions posées à Robert Tatin, à son épouse et collaboratrice Élisabeth dite « Liseron », mais également à des riverains et personnalités locales.

Certaines scènes bénéficient d’un habillage musical, d’autres d’un effet kaléidoscopique soulignant le caractère mystérieux de l’œuvre.

Le Douanier Rousseau et Robert Tatin sont tous deux considérés comme des représentants de l’art « naïf », mais ce qualificatif convient bien mieux au premier, autodidacte, qu’au second, dûment formé aux Beaux-Arts et aux Arts-Appliqués à Paris.

Entouré dans l’enfance par les femmes de sa famille et parmi les forains fréquentés par son père, il devient entrepreneur en bâtiment et met à profit son service militaire pour s’improviser décorateur.

Des années 1930 jusqu’aux années 1950, il se rend dans de nombreux pays d’Europe et d’Amérique et se lie avec les surréalistes, avec le banquier, galeriste et philanthrope Robert Steindecker, et avec plusieurs personnalités de la franc-maçonnerie dont Marius Lepage.

En Amérique du Sud, au début des années 1950, il remporte plusieurs prix internationaux, s’essaye à la céramique et anime « l’Atelier Robert Tatin » (ART) avec les artistes Germaine Coucoulas, Claude Pantzer et Colette Pourteau.

Au début des années 1960, il revient en Mayenne avec l’intention de concrétiser une idée héritée de ses années à l’ART : celle d’un village d’artistes, lieu d’un art total mêlant espaces de vie et espaces de création.

Ainsi, le paisible lieu-dit La Frénouse, à Cossé-le-Vivien, voit-il surgir de terre une œuvre unique en son genre, entourée de six hectares de jardin.

Le visiteur traverse d’abord une « allée des géants », un sentier bordé de part et d’autre de sculptures monumentales en ciment projeté peint, rendant hommage à des personnalités de la vie spirituelle ou artistique.

Cette construction aura duré vingt ans, mais demeure inachevée à la mort de Robert Tatin en 1983.

Entre-temps, de passage en Mayenne en 1965, le général de Gaulle le rencontre et reçoit une aquarelle de l’artiste dont le musée est inauguré par André Malraux en 1969.

Lors du tournage de cette vidéo, le projet est encore en cours et « Liseron » est vue à l’œuvre dans l’allée et à la porte des géants.

Interrogé par le journaliste, l’artiste rend hommage à cette compagne de vie et de création qui poursuivra le travail après 1983.

Cheveu blanc hirsute, lunettes à épaisse monture et verbe inspiré, il affirme que peinture et sculpture sont une seule et même activité : le combat du clair contre l’obscur et des volumes contre les creux.

Il avoue que son secret consiste à obéir à la matière et au hasard mais que l’art est indéfinissable.

Cette dernière déclaration est partagée par certains riverains dont l’avis est mitigé : si les uns reconnaissent à l’œuvre « un certain cachet », d’autres la jugent inexplicable - voire inintéressante !

Un demi-siècle plus tard, le nombre de visiteur dépasse 50 000 chaque année.

Entre-temps, l’ensemble a été cédé au Conseil départemental (2020), puis inscrit (2022) et enfin classé comme monument historique (2023).

Archives départementales de la Mayenne, 217 J 24 : Fonds Marius Lepage > Correspondance passive, dossiers par correspondants > Robert Tatin.

R. Robert TATIN, Étrange musée Robert Tatin : en Frênouse à Cossé-le-Vivien, Mayenne, écrituré par Robert Tatin, Paris : Charpentier, 1977, 107 p., préface d’Otto Hahn.

Âgé de 60 ans, artiste reconnu aussi bien comme peintre que céramiste, Robert Tatin imagine et entreprend la réalisation d’une œuvre sculptée monumentale.

Il met à profit l’expérience partagée avec les bâtisseurs de Brasilia et les découvertes techniques sur le mortier de ciment armé pour modeler en 21 ans une « archisculpture » unique et spectaculaire.

Cette œuvre onirique propose au visiteur un voyage intérieur, foisonnant de références à des civilisations lointaines.

Le Dragon est le gardien bienveillant du cœur du musée, auquel n’échappe aucun passage de visiteur.

C’est une entrée symbolique dans l’univers de l’artiste.

Le lieu de vie de Robert et Lise Tatin à Cossé-le-Vivien a été labellisé Maison des illustres par le ministère de la Culture en 2012.

Du petit jardin potager qui jouxtait la maison à l’arrivée de l’artiste jusqu’au domaine actuel de plus de six hectares, l’écrin de verdure abrite le musée n’a cessé d’évoluer.

Les principaux aménagements autour du musée ont été réalisés à partir de 1997 selon les souhaits de Robert Tatin et avec la volonté de valoriser et de préserver l’identité de son œuvre.

La plantation des six cents charmes sur environ 1000 m² a été effectuée en 2009 à partir de dessins et croquis de Robert Tatin.

Depuis 2008 les jardins du musée sont reconnus Refuge à papillons en s’associant au G.R.E.T.I.A.

C’est par la peinture que Robert Tatin aborde la création artistique.

Dès lors, il ne se départit plus d’une admiration pour certains artistes du passé, auxquels il rend hommage dans ses propres œuvres.

Inscrit à l’École des Beaux-Arts de Paris puis à l’atelier de fresque de l’École des Arts Appliqués, il y apprend les techniques picturales qui lui permettent d’exprimer sa pensée.

Après la Seconde Guerre mondiale et jusqu’au début des années 1980, des galeries internationales diffusent ses peintures.

D’autres sont présentées dans des salons et lui valent de remporter des prix internationaux.

Entre fêtes et violence des souvenirs d’enfance, l’artiste place la vie à venir au centre du tableau, dans le ventre de l’écuyère.

En s’installant à Cossé-le-Vivien en 1962, Robert Tatin voit dans le paysage fleuri devant sa maison une « terre promise ».

C’est le modelage de la terre qui offre à Robert Tatin sa première notoriété artistique.

En 1947, dans son fond de bougnat parisien transformé en petit atelier de céramique, rue de la Cerisaie, il reçoit Jean Dubuffet ou Jacques Prévert…

Les critiques sont enthousiastes et la presse lui consacre des articles élogieux.

Avec le soutien de Matarazzo Sobrinho, grande figure de l’art brésilien, il poursuit des expériences techniques novatrices et il obtient un premier prix à la première biennale de São Paulo en 1951.

Dès lors, les expositions se succèdent.

Le thème de la sirène devient récurrent dans les créations de Robert Tatin.

C’est dans son atelier de Buenos Aires que l’artiste réalise le Grand vase au bateau.

Croquis, gouaches, aquarelles sont autant de moyens pour Robert Tatin d’observer le monde qui l’entoure.

Plus que de simples carnets de voyage, ils sont le fruit d’une observation fine et assidue de la nature, des hommes et des femmes qu’il rencontre.

Lors de ses voyages, Robert Tatin est un observateur assidu de la vie quotidienne.

L’enfance de Robert Tatin est bercée par les contes et légendes de Bretagne.

Cette vue plongeante offre une vision assez précise du musée dès 1969.

De 1968 à 1976, Robert Tatin installe un atelier de couture à l’étage de sa maison de La Frênouse.

Une couturière et brodeuse y réalise des vêtements et des accessoires conçus par l’artiste : ces créations portent toutes la signature Atelier Robert Tatin (ART).

Répondant à la commande de collectionneurs et d’amis, l’artiste imagine des vêtements sur-mesure ornés de motifs reflétant leur personnalité ou l’actualité.

Cette Veste au pêcheur est le fruit d’une longue amitié et d’une complicité artistiques d’où émerge la personnalité de celui qui l’a portée.

À la fin des années 1960 la conquête de l’espace est dans tous les esprits.

Le premier pas de l’homme sur la Lune inspire Robert Tatin.

Fidèle aux souhaits de Robert Tatin, le site demeure un lieu d’innovation et de création où l’art d’autres créateurs continue de s’exprimer.

C’est un roi taureau caparaçonné d’acier vernis, invincible, à la fois puissant et délicat.

Le doute et l’inquiétude sont omniprésents dans l’œuvre à la fois déroutante et troublante de Sylvain Hairy.

Le musée Robert-Tatin est un "environnement d'art" qui a été conçu en une vingtaine d’années par un artiste exceptionnel.

L'ensemble est composée de diverses constructions et statues réalisées en ciment peint, montrant des influences variées.

Le site comprend par ailleurs des salles d'exposition où sont accrochées des toiles de l'artiste.

C’est probablement le lieu qui m’aura le plus surprise au cours des quatre jours que j’ai passés en Mayenne.

La profusion artistique ne peut pas laisser indifférent et l’endroit est de plus propice au calme et à la méditation.

On peut s’y rendre à vélo puisque le musée est situé sur le chemin de l’ancienne voie ferrée, aujourd’hui transformée en voie verte.

Il est bien fléché depuis la D771 en venant en voiture de Craon par le sud.

C’est moins commode à trouver en venant du nord après avoir traversé Cossé-le-Vivien.

Une fois stationné sur un immense parking on emprunte une allée bocagère typique de la région pour accéder à l’accueil après avoir été surpris, sur la droite, par l’étrange fontaine colorée.

Elle évoque l’univers artistique de Niki de Saint-Phalle et est due à l’artiste Jean-Yves Lebreton alias Leb.

Nous ne sommes pas au bout de nos surprises.

Robert Tatin est né en 1902 à Laval, à 20 km d’ici.

Quand il achète, avec son épouse Lise, une petite maison ancienne au lieu dit La Frénouse sur la commune de Cossé-le-Vivien en 1962 il a 60 ans et a déjà l’idée de faire de sa « Maison des Champs », une œuvre monumentale ancrée dans la nature de sa terre natale.

Il est alors un artiste accompli, de renommée internationale, qui a beaucoup voyagé à Tunis et Carthage, New-York et Amsterdam, en Espagne, Italie, Suisse, Brésil, Argentine, Uruguay, s’installant un temps à Vence, sans cesser de revenir dans sa Mayenne natale.

Il est architecte, peintre, céramiste après avoir été charpentier et avoir fréquenté les compagnons du devoir.

Il a travaillé à la construction de Brasilia où il a appris de nombreuses techniques, notamment l’emploi d’un nouveau matériau : le béton armé, qui permet une plus grande liberté dans la forme, avec l’utilisation du voile de béton.

Il a un goût affirmé pour le savoir-faire technique.

Il se disait d’ailleurs « oeuvrier ».

Nous commençons naturellement la découverte de ce qui compose une archi-sculpture par l’allée des géants qui était un chemin communal de presque 100 mètres le long qui permettait d’accéder à la maison.

Allée des géants et archi-sculpture

Si j’écris "nous" c’est parce que j’ai eu la chance d’être accompagnée par Bruno Godivier qui est bien davantage que le directeur de cet endroit depuis 2004.

Il en est aussi le gardien et a en charge la conservation en bon état de l'archi-sculpture dont Robert Tatin lui-même a mis au point les techniques de restauration.

À sa mort en 1983, son épouse Lise a pris le relais avant de former Bruno Godivier, arrivé en 1997.

Tous les jours il plonge plus avant dans les archives et les documents concernant la vie de l'artiste, ses rencontres, ses voyages, ses expériences et il estime ne jamais épuiser ce terreau.

Car cette archi-sculpture est la somme de toutes les expériences et de toutes les rencontres que Robert Tatin a faites en puisant dans l’histoire, les légendes, toutes les religions, la philosophie et les mythes pour la composer.

Si l’une des grandes forces du lieu est son message universel, accessible à tous, je remercie néanmoins particulièrement Bruno Godivier de m'avoir donné les clés pour le comprendre.

Certains parlent de statues, d’autres de totems ou de sculptures. Elles se font face en allant par paire, à une exception près, parce que la sculpture de La Fleur a été endommagée par la manœuvre d’un camion.

L’artiste se résolut à la retirer complètement en 1978. Il n’en reste donc que 19 aujourd’hui.

Elles ponctuent sa formation intellectuelle et culturelle dans une première partie en représentant des grandes figures historiques ou des concepts abstraits. Elles rendent hommage aux artistes modernes et contemporains qu’il appréciait ainsi qu'à leur quête vers la perfection dans une seconde partie.

Robert Tatin les a sculptées sur des buses de récolte d’eau, grillagées, puis recouvertes de ciment, parfois peint mais en utilisant peu de couleurs car il tenait à ce que les géants soient dans des tonalités les plus en accord possible avec la campagne environnante.

Si chacune est composée de nombreux éléments qu’il faut interpréter il n’y a en tout cas aucun doute à avoir sur leur nom puisque celui-ci figure au pied de chacune.

Il modela le ciment à la main, un peu comme on monterait un vase. Il faut dire qu’il était céramiste.

Un très bel exemple de ses talents est exposé dans un escalier menant à une des salles du musée. Ce "grand vase aux bateaux" a été réalisé à Buenos Aires en 1954.

La première statue est celle de Vercingétorix placée en face de celle de Jeanne d’Arc.

Avec elles nous sommes comme un enfant qui découvre deux héros de l’histoire de France, fondateurs de l’identité nationale.

Ils se sont tous les deux engagés pour les idéaux d’indépendance et de liberté au péril de leur vie.

Vercingétorix né en 82 avant J.C et mort en 46 avant J.C; Jeanne d’Arc est née en Lorraine en 1412 et a été brûlée vive à Rouen en 1431 à l’âge de 19 ans.

Elle a commandé les armées du roi de France et permis à Charles VII de devenir roi à son tour.

C’est une grande figure emblématique de l’histoire de France.

On la voit avec l’épée et la fleur de lys qui sont des attributs royaux rappelant son lien à Charles VII.

Le deuxième couple à se faire face sont les verbes Être et Avoir et suggèrent les questionnements qui surviennent à la fin de l'enfance.

On remarquera qu’Etre repose sur la tête, les mains écartées en signe d’ouverture sur le monde et la pensée.

Il ne pourra rien thésauriser puisque ses poches ne conserveront rien.

Yeux écarquillés, il est à l’affût de tout.

Avoir est en quête d’équilibre au milieu un nid de serpents, allusion à Méduse.

Voici la Vierge de l'Épine, une petite commune à l'est de Laval qui est le quartier où Robert a grandi, et qui représente la mère universelle.

Les deux cornes d’abondance nous rappellent la nature nourricière.

La corne était censée appartenir à une chèvre magique qui nourrissait Zeus enfant.

La joubarbe qui pousse dans la coupe symbolise la barbe de Jupiter.

On en faisait pousser sur les toits en chaume en espérant ainsi protéger les maisons de la foudre.

Sainte Anne est la patronne de la Bretagne, et aussi la mère de la Vierge qu'elle tient dans ses bras alors qu'elle est elle-même enceinte du Christ, ce qui représente les différentes générations, grand-mère, mère et enfant à venir ainsi que le passé, le présent et le futur.

Le sculpteur rend aussi hommage aux Maîtres Compagnon qui tiennent une place si importante dans les métiers du bâtiment, même s’il n’a pas été compagnon du devoir.

L’artisan tient une pierre cubique taillée à pointe, symbole de la perfection de soi, dans laquelle Robert Tatin fut en quête toute sa vie.

Aucune ne lui fait face aujourd’hui puisque la sculpture endommagée n’a pas été remplacée.

On peut, à ce stade, s'arrêter un instant et observer la perspective vers l'est puis vers l'ouest.

On remarquera que les sculptures semblent toutes être de la même hauteur alors que le chemin est en pente assez forte.

Robert Tatin a adapté leur dimension pour créer l'illusion qu'elles sont de taille identique, donc de même valeur.

La deuxième partie de l'allée rassemble des artistes, des écrivains et une personnage imaginaire (Ubu roi).

Voici le lavallois Douanier Rousseau semblant serrer près de lui son fidèle ami, Guillaume Apollinaire et sa muse, Marie Laurencin.

Face à lui le pape du surréalisme dont il fonda le mouvement dans les années 1920, André Breton, et qui aura beaucoup influencé Robert Tatin.

L'objectif est d’abolir les règles et les barrières établies par les mœurs et par la conscience en reposant sur la perception des rêves, la libre-pensée, le désir, et l’inconscient.

Le rêve est présent dans la partie supérieure. Un oiseau se pose sur la langue, symbole de légèreté.

mais le personnage qui émerge du ventre a les pieds et poings liés, comme si rêve et réalité n'étaient pas compatibles avec la liberté.

Voici peut-être la sculpture la plus colorée de l'allée, Georges Seurat, père du pointillisme, représentant le magicien des couleurs.

Lui évoquant l'amour du cirque et de la peinture qu'ils avaient en commun, Tatin et Seurat.

La femme à l'ombrelle est le personnage central de son tableau Un Dimanche après-midi à l'île de la Grande-Jatte.

C'est Paul Gauguin qui lui fait face, portant bien entendu les sabots bretons, tenant par les pieds la muse qui l'a guidé au cours de ses nombreux voyages.

Léonor Fini ne pouvait pas ne pas être représentée autrement qu'avec un chat.

Et on se demandera si la main d'Auguste Rodin a été sculptée par Camille Claudel qui est sans doute la femme qui en est la prisonnière.

Autre lavallois célèbre, Alfred Jarry qui, outre l'écriture avait pour passion la bicyclette, en face du héros de la pièce Ubu Roi, à l’origine une caricature de son professeur de physique.

Rien d'étonnant à ce qu'il semble ne rien vouloir entendre et que ses yeux soient levés vers le ciel.

Il est assis sur un dé truqué puisque le chiffre cinq est lisible sur deux faces.

Suzanne Valadon, immense, serre Utrillo grimpé sur le Sacré-Cœur tandis que La Goulue apparaît dans la fenêtre de Toulouse-Lautrec.

Les danseuses du Moulin rouge lèvent la jambe sur le socle. On remarquera aussi une symétrie entre les deux sculptures avec l'emploi du même noeud.

Pour Tatin, l’art ne peut pas exister sans la science et réciproquement. On le voit avec Jules Verne qui comme lui entretenait une grande passion pour l’astronomie et les voyages.

Nous finissons avec Picasso, génial peintre et sculpteur et dessinateur dont le visage rayonne comme un soleil.

La colombe de la paix unit l'homme et la femme dont les visages ne font qu'un au centre.

Au terme de l’allée nous arrivons naturellement à la Porte des Géants qui se trouve sur un mur d’enceinte, c’est un haut-relief sur lequel figurent les cinq plus grands peintres selon Robert Tatin: Rembrandt, Van Gogh, Léonard de Vinci, Goya et Delacroix.

Si nous faisons demi-tour en revenant en direction de la maison nous serons étonnés par l’immensité de ce dragon asiatique, donc sans connotation démoniaque.

Il marque une entrée symbolique, à l'instar d'une sentinelle, c’est le gardien de la connaissance.

Sa patte droite tient un dé. Il supporte une famille symbolisant l’humanité qu’il protège. Au centre de sa bouche, posée sur sa langue, on devine la statue de la vierge Marie, que Robert Tatin a lui-même déposée.

Si jusqu’ici on pouvait effectuer une visite seul, par contre il est impératif d’être accompagné pour entrer dans la maison du couple Tatin, dite Maison des Champs, et autour de laquelle tout s'articule et qui constitue point de départ de l’œuvre.

Robert Tatin a entièrement rénové cette ruine. Il y vivra pendant les 21 dernières années de sa vie, jusqu’en 1983.

Elle est entourée d'un jardin très fleuri, de plantes qui poussent localement, choisies aussi pour leurs couleurs.

Un des visiteurs les plus illustres fut le général de Gaulle en 1965, fort impressionné par l'ensemble.

Robert Tatin lui sollicita alors de rencontrer André Malraux pour obtenir le titre de musée et garantir la pérennité de son œuvre.

Il sera effectivement inauguré quatre ans plus tard par le ministre de la culture qui lui octroiera la mention de « Maisons des Illustres » comme 170 autres édifices.

L'archisculpture du musée a été inscrite au titre des monuments historiques en 2022.

Plus tard il autorisa son inhumation dans sa propriété.

Le gros cube de marbre noir est en suspension au-dessus de la tombe de Robert Tatin dont le nom est gravé avec les dates 1902-1983 et le nom de sa femme Liseron Tatin 1939.

Sans être un sanctuaire, l’endroit est extrêmement émouvant parce que tout est resté en l’état, et qu’il est parfaitement entretenu, à tel point qu’on doit se retenir de ne pas s’attendre à ce qu’un plat mijote dans le four pendant que Lise prend son bain.

On partage réellement l'intimité du couple.

La maison est très lumineuse, orientée est-ouest, ce qui permet non seulement une luminosité optimale à l'intérieur, mais aussi de conserver la vocation du complexe entier, qui se veut un pont entre Orient et Occident.

L'agencement est d'une modernité surprenante. Mais à l'époque le menuisier qui réalisa la table d'après ses indications n'accepta qu'à la condition que personne ne le sache.

Maison des Champs et salle principale

parce que la mode était alors au Formica. les chaises ont été faites par un tonnelier-charron.

Dans la cuisine, les couteaux sont ordonnés comme on peut le voir de nos jours au-dessus d'une collection d'épices qui, bien entendu, étaient utilisées quotidiennement.

Un brin de ficelle pend toujours de la grenouille en céramique. C'est peut-être elle qui a donné le ton à la pièce, dont plusieurs meubles sont peints en vert vif.

Une pile électrique est à portée de main en cas de coupure de courant.

Le plan de travail a été fait dans la tradition du potager ancestral en maçonnerie, sorte de table de cuisson servant à faire cuire le potage, mais aussi toutes sortes de plats.

Nous ne sommes pas étonnés de trouver un moulin à café Peugeot, un mortier, des ustensiles de toutes sortes qui, fort astucieusement, pendent à des crocs de boucher que Robert a vu dans les commerces de bouche et qui sont aujourd'hui très prisés par les décorateurs d'intérieur.

La vaisselle est demeurée en place. Seule une vitre a été ajoutée pour éviter toute dégradation.

On voit ce-dessus une pile d'assiettes à fromages.

Les bords de la baignoire et du lavabo ont été sertis de faïence provenant du Pas-de-Calais.

Il ne fait aucun doute que Robert Tatin avait le sens de la récupération et de l’agencement d’un intérieur.

Cela peut surprendre mais c’est peut-être l’atelier qui m’a le moins émue. On y voit pourtant son chevalet, ses cigarettes, des œuvres de jeunesse.

La machine à écrire a beaucoup servi dans cette pièce qui faisait office d...

Robert Tatin est mort le 16 décembre 1983 à Cossé-le-Vivien (Mayenne).

Au lieu-dit « La Frênouse » il repose sous une pierre tombale, conformément à ses vœux.

Le Musée Robert Tatin s'articule aujourd'hui autour cette très ancienne maison, que l'artiste a restauré pendant les 21 dernières années de sa vie, point de départ de son œuvre.

Tombeau de Robert Tatin et muse

« Mystique ou autodidacte, qui est ce Tatin qui ne s'exprime que par calembours ou paradoxes ? Compagnon de Rabelais, frère d'Alfred Jarry et du douanier Rousseau, de neuf ans le cadet d'Alain Gerbault, Robert Tatin est un philosophe sans philosophie. »

« Robert Tatin ne prétend pas que ses statues soient supérieures à celles de Rodin ou plus modernes que les mobiles de Calder. »

« Robert Tatin est en devenir. Je veux réhabiliter l’œuvre de toute une vie. »

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