Reprendre Croque Monsieur à Paris aujourd’hui, plus de 40 ans après sa création, c’est vouloir adresser un clin d’œil amical à tous ces auteurs qui écrivaient pour les acteurs, dans le seul but de laisser libre cours à leur immense talent. Mais c’est également plonger au cœur des Trente Glorieuses, dans une époque bénie où tout laissait penser que la vie pouvait être infiniment douce et légère… Jacques Demy n’est pas loin. Ici aucun amant dans le placard, juste à la rigueur un cadavre dans le bureau…Georges Lautner est tout près. Isabelle Mergault est aujourd’hui une scénariste et une cinéaste accomplie, dont l’intelligence et la sensibilité n’échappent plus à personne. Mais il se trouve par ailleurs qu’elle appartient aussi à cette tradition française d’amuseurs, dont l’excentricité et la popularité n’ont d’égale que l’élégance mêlée à une authentique vaine poétique.
Ainsi, entre l’écriture de deux scénarios le temps d’une récréation, Isabelle va donc faire renaître Coco Baisos, veuve et milliardaire ruinée, bien décidée à recouvrer mari et fortune en 24h. Le titre original de la pièce était Une femme en or. Elle a été jouée pour la première fois en mars 1964 au Théâtre Saint-Georges, mais sous le titre de Croque-Monsieur, soufflé à Marcel Mithois par son ami, le pianiste Samson François. Deux ans après le carton de Si c’était à refaire une pièce signée Laurent Ruquier (avec Pierre Palmade), Isabelle Mergault remonte sur les planches du Théâtre des Variétés dans Croque-Monsieur.
Le rideau se lève sur Coco Baisos, veuve (dés)argentée, qui enchaîne les numéros de charme auprès de messieurs (in)fortunés pour remplacer son défunt mari. Ça tombe bien : séduire, dans la vie, c'est ce qu'Isabelle Mergault fait le mieux ! Coco Baisos, ça rime avec craignos, pésos et chicos ?
La pièce commence avec un évènement fâcheux : le suicide de monsieur Baisos. Ruiné, il a décidé de se supprimer. La veuve désargentée doit réagir : elle cache le corps et n'a plus que 48 h pour trouver un nouveau mari à l'abri du besoin. L'argent est tout ce qui compte pour elle. Toute la pièce se déroule dans l'intimité cossue et loufoque de cette bourgeoise croqueuse d'hommes, qui virevolte de millionnaires en milliardaires et de déboires en déconvenues, sans pourtant perdre ni son chic ni son charme.
Que partagez-vous avec cette desperate housewife insatiable ? Pas l'amour de l'argent : je suis dramatiquement désintéressée ! Mais nous avons en commun la fureur de vivre. C'est un être multiple, riche, complexe, avec de nombreuses facettes, passant de la mère éplorée à la gamine aguicheuse sans états d’âme. Moi aussi, je suis une séductrice, j'aime en faire un peu trop, me faire remarquer, exagérer tout ce qui m'arrive. Je ne suis pas mythomane, juste joueuse et très tonique. Vous vous êtes vue en Coco Baisos ? Moi, non, pas tout de suite.
C'est Alain Sachs, le metteur en scène, qui voulait absolument monter une pièce et m'en donner le rôle principal. La pièce a été écrite en 1964, mais elle n'a rien perdu de son rythme et de son ton corrosif. J'ai beaucoup ri à la lecture. J'imaginais pourtant ses intonations. J'espère camper ce rôle avec autant de justesse que cette grande comédienne.
Une telle pièce dans le temple du théâtre de Boulevard, ce doit être un régal ? J'ai joué dans deux pièces à succès de Laurent Ruquier, et à chaque fois sur la scène du Théâtre des Variétés. Avec Croque-Monsieur, même si Alain Sachs a respecté les décors et l'ambiance des années 60, on est loin des grosses ficelles d'"au théâtre ce soir" !
La pièce est truffée de menus découvertes qui la rendent encore plus drôle et actuelle. On y voit par exemple, l’ancêtre du téléphone sans fil et des canapés style "sixties colorées" qui, sur un simple clic se réunissent en banquette pour que Coco fondent sur ses proies. Tout a été étudié pour que le public - et les acteurs - passent une soirée inoubliable. Nous avons été tellement déçus par cette pièce que nous avons quitté le théatre à l’entracte.... ce qui ne m’était jamais arrivée. Nous étions quatre adultes, quatre qui n'avons pas du tout accroché et pourtant nous sommes fans de Mergault drôlissime dans "si c'était à refaire".
La mise en scène nous a semblé un peu molle dans cette 1re partie ( nous n'avons donc pas vu la 2ème). Je pense que voulant "moderniser" la pièce les trouvailles étaient en décalage avec le comique de situation qui date un peu. De plus on n'entendait pas très bien Mergault. Enfin je pense que la personnalité de cette actrice l'empêche de servir le personnage: elle est Isabelle Mergault et non Coco Baisos. Je reviens du théâtre des Variétés où j'ai vu Croque-Monsieur. Excellente soirée vraiment. L'humour est plutôt savoureux et mutin, jamais lourd. Et personnellement, je ne me suis pas ennuyée une seconde. Isabelle Mergault, parfaite.
J'aime aussi beaucoup le major d'homme qui cite les grands auteurs et l'amie anglo-marseillaise... quelle classe! La partie comédie musicale aussi est un des grands moments de la pièce. Un bon divertissement, avec néanmoins quelques longueurs et blancs, mais une certaine "fraîcheur". il est vrai qu'il faut parfois tendre l'oreille pour entendre Isabelle Mergault, mais j'ai bien aimé l'atmosphère de la pièce. C'est donc sans à priori que je dis que cette pièce est bien menée, avec bon jeu de décor ( tapis roulant et sièges mobiles ) et un bon jeu de comédiens.
Le milliardaire péruvien Baisos n’est plus. Sa veuve, l’impériale Coco, est consternée. La mort de son époux est terrible, soit, mais le fait qu’il se soit suicidé parce qu’il est ruiné est un scandale ! Encore veuve ! Et pour la cinquième fois, ce n’est plus de la négligence mais une fatalité. Coco n’est pas femme à se laisser porter par les événements. Forte du dicton « On ne prête qu’aux riches », elle l’adapte en : « On épouse mieux la femme d’un milliardaire vivant ». En commençant par son voisin un banquier, Coco ne savait pas que vamper Anatole Longvy était l’équivalent de faire l’ascension de l’Himalaya en talons aiguilles. Mais Coco est la femme de tous les défis, enfin presque, elle n’est pas encore prête à préférer le cacao au caviar. Grâce à sa meilleure amie et à son agenda, Coco cherche un milliardaire, bon un millionnaire peut faire l’affaire. Mais cacher la mort de son mari n’est pas chose facile et l’inspecteur Bécot n’est pas homme à se laisser embobiner comme ça !
La pièce de Marcel Mithois fut reprise avec plus ou moins de bonheur. La mise en scène de Thierry Klifa lui rend hommage en offrant à Fanny Ardant, l’occasion de prouver à ceux qui ne l’avaient pas encore compris qu’elle pouvait faire rire. Fanny-Coco apparaît et le public est saisi par sa beauté, sa classe. Le début est un peu laborieux et inquiète. Mais après un bon quart d’heure d’échauffement toute la distribution nous entraîne pour ce speed-dating d’un genre particulier. L’ineffable Anatole Longvy, prononcer longue vie, est campé par un Bernard Menez épatant. Il forme avec Fanny Ardant, le couple le plus inattendu et le plus glamour de cette rentrée théâtrale. Auguste est l’homme de confiance, celui qui a connu tous les maris de Coco. Pierre Rochefort le compose avec humour et distance, il renouvelle le rôle souvent tenu par des hommes d’âge mûr. Fanny Ardant chante de cette voix un peu rocailleuse, au phrasé un peu traînant, aux tonalités sombres et chaudes. Il suffit qu’elle apparaisse pour que la salle soit happée par son charme, son élégance. On la sent heureuse, jubilant de jouer ce répertoire qui lui semblait interdit. L’un des plus grands succès du boulevard de ces 50 dernières années rafraîchit par Fanny Ardant, solaire dans le rôle d’une veuve fantasque, amoureuse de la vie au-delà de toute morale.
Coco Baisos, bourgeoise quelque peu iconoclaste retrouve son cinquième mari suicidé dans son salon. Prête à tout pour ne pas perdre son train de vie et se sauver de la ruine, elle s’attèle derechef à trouver un nouvel époux riche, avant que la rumeur de son infortune se répande dans le Tout Paris. Celle qui a toujours décidé de son destin à travers les hommes enchaîne alors les rendez-vous galants... Mais l’amour n’ayant pas forcément le visage de l’argent, l’éternelle séductrice, se laissera-t-elle surprendre par les élans de son cœur ?
Fanny Ardant n’a pas à rougir de la comparaison et relève le défi de ce contre-emploi comique avec élégance et sagacité. Sa voix de velours et sa noblesse de diction nourrissent la joyeuse desinvolture du personnage. Donnant la réplique notamment à Bernard Menez et Pierre Rochefort, Fanny Ardant nous fait rire et on se laisse emporter allègrement dans ce vaudeville aux airs de comédie musicale. Note originale et réussie de cette mise en scène, les acteurs chantent des chansons écrites par Alex Beaupain, compositeur fétiche du cinéaste Christophe Honoré. Dans le Paris des années 1960, Coco Baisos se retrouve veuve et désargentée pour la cinquième fois.
Pour la rentrée théâtrale 2016, Fanny Ardant est dirigée par le metteur en scène Thierry Klifa, avec lequel elle a déjà travaillé pour ses deux premières pièces : L'Année de la pensée magique et Des journées entières dans les arbres. Pièce lente et ennuyeuse. Répliques de Fanny Ardant peu compréhensibles. Parfois les comédiens sont de dos donc difficile d'entendre. Très decevant à part M. Menez bien sûr. manque de rythme, Mme Ardant peu convaincante manque de voix et de punch, ennui... bon spectacle. long à démarrer, jusqu'à l'arrivée de Bernard Menez qui vient créer la diversion et déclenche indirectement l'animation. Très grande plaisir. Une fois simple et magique.
Interprétation parfaite de Fanny Ardant, vive et drôle et qui porte la pièce. Les seconds rôles, Bernard Menez, Pierre Rochefort, Michaël Cohen ne sont pas en reste. Fanny Ardant, que j'aime beaucoup par ailleurs n'a pas de présence comique, le casting est très irrégulier, du pire(le policier) au meilleur (Bernard Menez)... Pièce vieillotte et dont l'action est prévisible et banale. Un humour vieilli et décalé. Les comédiens s'en sortent bien. Un spectacle assez moyen. Nota Bene : la modération des avis s'effectue a posteriori.
- Contexte et origines de Croque-Monsieur dans les années 60 et sa réactualisation par Isabelle Mergault.
- Profil des personnages, en particulier Coco Baisos et sa quête désespérée d’un nouveau mari.
- Retours critiques sur la mise en scène, le rythme et la performance des acteurs, notamment Fanny Ardant et Bernard Menez.
Tableau des éléments clés évoqués dans les critiques et au fil du texte : époques, décors, innovations scéniques et tonalité du vaudeville.
