Saumon fumé en Islande et avis sur la qualité et l’origine

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la dénomination « saumon atlantique » ne correspond pas à une origine géographique mais à une espèce, le Salmo salar. Il peut aussi bien venir de la mer Baltique ou des côtes chiliennes. En Europe, la plupart des saumons fumés sont préparés à partir de l’espèce Salmo salar, car elle est considérée comme la plus savoureuse et se prête le mieux au fumage. Mais elle s’est tellement raréfiée, en raison de la surpêche, qu’il s’agit presque toujours de poissons d’élevage. C’est dans l’origine Pacifique (Oncorhynchus) que l’on trouve le plus facilement du « sauvage ». Des poissons nourris naturellement, sans engraissement aux farines de poissons. Mais qui, à la dégustation, pâtissent d'une texture assez ferme et sèche, pas toujours appréciée.

Question d’espèces d’abord : le saumon rouge (Oncorhynchus nerka) et l’argenté (Oncorhynchus kisutch) pêchés en Alaska sont moins gras et plus petits que le Salmo salar. De plus, leur chair présente parfois un goût prononcé lié à une alimentation riche en harengs qui ne plaît pas à tous les consommateurs. Enfin, pour des raisons sanitaires, ils sont toujours congelés avant transformation, ce qui altère la qualité du produit. On notera que cette congélation n’a pas obligation d’être mentionnée sur l’emballage quand elle intervient avant le salage. Elle doit en revanche l’être si elle survient après cette opération de transformation.

L’origine

En ce qui concerne les saumons fumés d’élevage, la plupart de ceux commercialisés en Europe sont issus de poissons élevés en Norvège, en Écosse ou en Irlande. Faut-il privilégier une origine plus qu’une autre ? En réalité, la qualité ne tient pas à la provenance. Ce sont les conditions d’élevage (intensif ou non) et le soin apporté à la transformation du poisson (salage, séchage, fumage) qui comptent avant tout. En ce qui concerne les quelques saumons fumés sauvages disponibles, mieux vaut privilégier, pour des raisons de respect des ressources marines, ceux pêchés dans le Pacifique, et en particulier sur les côtes de l’Alaska.

La date limite de consommation (DLC)

Elle varie généralement de 21 à 30 jours à partir de la date de conditionnement. Comme tous les poissons gras, le saumon fumé s’oxyde vite. On a donc tout intérêt à le consommer au plus près de la date d’emballage.

Le fumage

La mention « fumé au bois de… » garantit que le produit a été fumé par combustion lente de bois provenant d’une seule essence. Si plusieurs essences sont utilisées, il est possible de les mentionner dans l’ordre pondéral décroissant de leur mise en œuvre. Les essences de hêtre et de chêne sont considérées comme les meilleures. Mais ce n’est pas le seul critère de qualité. La durée du fumage et, surtout, la phase de maturation suivant l’opération, qui peut prendre jusqu’à deux ou trois jours le temps que les chairs se détendent, sont tout aussi déterminants. Enfin, attention à la mention « fumé » sans précision sur l’essence utilisée. En général, elle révèle la vaporisation de fumée liquide. Dans ce cas, la liste des ingrédients doit comporter la mention « arôme de fumée ».

Le salage

Il peut se faire de deux façons.

  • Au sel sec - C’est le mode de salage le plus qualitatif. Le poisson est saupoudré d’une fine couche de sel, puis on le laisse reposer quelques heures. Au fur et à mesure que le sel pénètre dans les chairs, sa teneur en humidité diminue (jusqu’à 2 % du poids du poisson), ce qui facilite le séchage.
  • Par injection de saumure - Cette technique raccourcit la durée du salage et fait gonfler le poisson (ce qui permet de vendre de l’eau au prix du saumon). Une chair spongieuse, de couleur rose, légèrement croûtée en surface, est un signe qui ne trompe pas !

Le tranchage

La qualité des tranches est un critère important pour l’évaluation d’un saumon fumé. Si le parage est bien exécuté, les tranches ne doivent pas présenter de muscle brun (muscle présent sous la peau du saumon), ni de bandes graisseuses, ni de restes de flanc, d'arêtes ou de points de sang. Sur un même poisson, les filets taillés vers la queue de l’animal, une partie plus mobile donc plus musclée, seront moins gras que ceux taillés dans la partie haute, plus moelleuse. Chez le poissonnier, n’hésitez pas à indiquer vos préférences. Pour un produit le plus équilibré possible, certains fabricants proposent désormais des « cœurs de saumon » préparés à la mode scandinave en tronçons transversaux dans le cœur du produit et non pas longitudinalement, en filet, comme c’est le cas habituellement en France. Sur les produits emballés, la mention « tranché à la main » indique que l’opération se fait manuellement avec un couteau à lame fixe, ce qui permet d’obtenir des tranches homogènes sur toute la longueur du saumon. Dans l’industrie, le tranchage est le plus souvent réalisé à la machine, pour des raisons de coût. Cette technique, plus brutale, nécessite de raidir d’abord le saumon par un passage au froid autour de - 10 °C. Il s’agit là d’un début de congélation partielle, même si les industriels prétendent le contraire et ne le précisent pas sur l’étiquetage. Pour les produits Label rouge, un refroidissement en dessous de - 2 °C est interdit.

La mention « jamais congelé »

Elle indique que le saumon n’a été congelé ni avant ni après le fumage. Une pratique pourtant fréquente, car elle permet aux industriels de lisser leur production sur l’année, afin de faire face aux pics de vente des fêtes. Quand la congélation est pratiquée après transformation (après salage), les consommateurs doivent en être informés par la mention « ne pas recongeler ». En revanche, lorsqu’elle intervient sur le produit frais (avant fumage), la réglementation n’oblige pas à le mentionner. Dommage, car cette première congélation influe sur la qualité du produit.

Les signes de qualité

Trop souvent, la banalisation du saumon s’accompagne d’une baisse de qualité. Les signes officiels en la matière constituent donc une valeur refuge, même s’ils ne garantissent pas forcément un produit premium. Le Label rouge impose de nombreuses contraintes, tant sur le mode d’élevage que sur la transformation. Le logo ABIl garantit des conditions d’élevage plus respectueuses de l’animal et de l’environnement. La densité des poissons ne doit pas excéder 20 kg/m3. Les traitements médicamenteux sont limités. Là encore, on note un bémol du côté des contaminants. Comment reconnaître un bon saumon ? Les tranches doivent être larges et de couleur homogène. Au nez, il faut une agréable odeur marine, finement iodée. À l’œil, la couleur est franche et homogène, et la texture des tranches doit être moelleuse et équilibrée entre gras et chair. La mâche doit rester ferme sans textures molles ou pâteuses. Le goût doit dominer sans que le sel ne prenne le pas, et le fumé doit rester discret.

Penser à la truite fumée comme alternative croissante au saumon fumé. Tandis que les ventes de saumons reculent légèrement en France, la truite gagne du terrain et est souvent moins chère tout en gagnant en qualité. Les experts soulignent qu’il est difficile pour un non-professionnel de distinguer les deux espèces en dégustant à l’aveugle une tranche fumée. Les deux appartiennent à la famille des salmonidés et présentent des similarités visuelles, surtout lorsqu’ils proviennent d’élevage. L’origine des truites fraîches n’a pas grande influence sur la qualité des produits fumés. Trois critères restent indispensables pour un élevage de qualité: mise en mouvement des poissons, densité et méthodes de transformation.

comparaison origine saumon fumé

Si vous vous apprêtez à acheter du saumon fumé pour les fêtes ou une occasion spéciale, voici une sélection représentative des acteurs et de leurs approches:

La maison Guyader, Bretagne, depuis 1930, privilégie une économie plus durable et une qualité liée à la territorialité. Labeyrie propose des filets sélectionnés dans la partie noble, salés au sel sec et fumés dans les fumeries traditionnelles. Mowi, groupe norvégien, élève des saumons en fjords et lochs, avec une alimentation garantie sans OGM. Salma, producteur depuis 2006, se distingue par l’ikejime et un arôme fumé délicat. Petrossian sélectionne des saumons sauvages entiers, puis filetés et fumés selon une méthode historique. Plusieurs commentaires de consommateurs évoquent la traçabilité et la variété des saveurs, tout en soulignant que la qualité dépend largement des méthodes et du soin apporté à chaque étape du processus.

  1. Note de dégustation chez Guyader: fumé et iodé, belle variété aromatique.
  2. Note de dégustation chez Labeyrie: fumé prononcé et texture équilibrée.
  3. Note de dégustation chez Mowi: nez franc, fumé puissant mais goût parfois plus standard.
  4. Note de dégustation chez Salma: arôme délicat et gras fumé plaisant.
  5. Note de dégustation chez Petrossian: texture fine mais parfois manquant de fondant.

Bien choisir et déguster son saumon fumé : 3 conseils (Poissonnerie La Ligne Wambrechies)

Tableau récapitulatif des éléments clés

AspectCe qu’il faut regarderImpact sur la qualité
EspèceSalmo salar majoritaire en Europe; Oncorhynchus pour sauvage PacifiqueHumidité, texture et goût varient selon l’espèce
OrigineÉlevage (Norvège, Écosse, Irlande) ou sauvage (Alaska, Pacifique)Qualité dépend des conditions d’élevage et du fumage
FumageBois (hêtre, chêne) et durée; maturation post-fumageGoût et harmonie avec la chair
SalageSel sec ou saumureTexture et humidité de la chair; éviter produit sur-gorgé d’eau
TranchageParage, forme et épaisseur des tranchesÉquilibre gras et chair; préférer tranché à la main pour homogénéité
ConservationJamais congelé vs congélation post-transformationQualité et mention obligatoires
Signes de qualitéLabel rouge, ABIl; densité, contaminationFiabilité et traçabilité

Pour une dégustation réussie, privilégier une tranche large, homogène, avec une couleur et une texture qui évoquent un poisson bien élevé et bien fumé, sans odeurs rance. Le choix d’un vin blanc peut accompagner harmonieusement ce produit, tout comme la sobriété d’un apéritif sans agrumes ni sauces agressives qui pourraient masquer les saveurs.

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