« Nom de dieu de bordel de merde ! », Jean-Pierre Marielle est mort. Le comédien à la voix caverneuse avait disparu des écrans depuis plusieurs années, après avoir joué dans plus d'une centaine de films et d'innombrables pièces et téléfilms. Sa voix chaude et caverneuse manquait à tous les amateurs du cinéma français des années 70 et 80. Sa carrière est marquée par des répliques cultes qui sont passées à la postérité.
Les répliques célèbres dans leurs films
« Les galettes de Pont Aven » (1975) - Dans ce film de Joël Seria, Marielle interprète un représentant en parapluies, Henri Serin, qui vit un quotidien tranquille marqué par des frasques amoureuses lors de ses déplacements et qui décide un jour de tout plaquer pour se rendre à Pont-Aven.
« C'est un beau petit morceau, hein… elle vaut bien son coup de chevrotine. » « Comme La Lune » (1977) - Roger Pouplard, réparateur de réfrigérateurs normand aux nombreuses conquêtes, est au cœur d’un récit économe en concessions sentimentales.
« Qu'est-ce que vous allez y foutre rue Gustave Flaubert ? » « Calmos » (1976) - En duo avec Jean Rochefort, Marielle incarne un homme qui, avec son ami, quitte leur vie pour s’installer à la campagne et remette en question leur rapport aux femmes.
« Haha… dis donc, t'es vraiment bien bidochée ! On dirait une Cadillac. » « Comme La Lune » (1977) - Scène avec Nadia et une vision ironique des rapports amoureux et des ambitions sociales.
« Oui, mais Lucien, est-ce que savoir rien foutre, ça suffit comme but dans la vie ?… Est-ce que ça suffit à vous excuser ? » « Coup de torchon » (1981) - Marielle incarne à la fois proxénète et frère adjudant-chef dans ce récit brutal et satirique de Bertrand Tavernier.
« Voiture ritale, tête de faux-derche, attitude lèche-cul : c'est le metteur en scène. » « Les Grands Ducs » (1996) - Avec Philippe Noiret et Jean Rochefort, trois vieux comédiens naviguent dans le monde du spectacle, entre ambitions et arnaques d’un imprésario.
« Qu'il s'agisse de rasoirs, de clés de voiture ou de femmes, j'ai tout en double. » « Comment réussir quand on est con et pleurnichard » (1974) - Gérard Malempin, personnage central d’Audiard, se retrouve mêlé à un triangle amoureux et à des intrigues romanesques.
« C'est fascinant, la connerie d'un mec amoureux… » « Les Acteurs » (2000) - Rôle sur mesure, Marielle s’emploie à jouer, avec Blier, un regard métaréflexif sur le métier d’acteur et ses ridicules et ses grandeurs.
« L'important, c'est que t'aies récupéré l'artiche… c'est beau, hein ? » « Les Deux Crocodiles » (1987) - Nouvelle collaboration avec Joël Seria et Jean Carmet, dans une scène où une visite guidée en Bretagne révèle les dessous du tourisme et des rapports humains.
« Y'a deux races de femmes : les frappées et les sournoises. » - Jean-Pierre Marielle demeure une figure emblématique du cinéma, et sa disparition le mercredi 24 avril à l’âge de 87 ans a laissé derrière elle un patrimoine de répliques cultes et d’airs de fraîcheur comique. Le comédien laisse derrière lui d’innombrables répliques et surtout très drôles.
Présentation générale et héritage
Acteur truculent, bon vivant, épicurien, Jean-Pierre Marielle a su garder toute sa vie le goût du jeu. C’était un immense acteur capable de jouer tous les registres, de passer de la comédie populaire, au film d’auteur ou même à la production hollywoodienne. Voici un florilège de ses meilleures répliques, lui qui adorait « jouer les cons ». À travers des films comme Les galettes de Pont-Aven, Comme la lune, Coup de torchon, Les Acteurs et bien d’autres, Marielle est devenu une voix familière du cinéma français.
Répliques et contexte cinématographique
Dans Les galettes de Pont-Aven (1975), la scène autour du protagoniste qui décide de tout quitter pour s’installer en Bretagne illustre bien l’esprit des années 70, mélange de dérision et d’errances existentielles. Dans Comme la Lune (1977), la rivalry et les conquêtes sont traitées avec un humour caustique et une ironie tendre. Calmos (1976) met en scène un duo qui fuit les contraintes sociales pour retrouver une forme de liberté et de simplicité. Coup de torchon (1981) place Marielle dans une atmosphère mortelle et satirique où la cruauté humaine est mise en relief. Les Grands Ducs (1996) explore les difficultés du monde du spectacle et la fragilité des carrières, avec une troupe emblématique. Comment réussir quand on est con et pleurnichard (1974) y met en lumière les ressorts des comédies d’Audiard avec ses ridicules et ses vérités. Les Acteurs (2000) offre un regard introspectif sur le métier et les rapports entre acteurs, en utilisant le prisme du réel. Enfin Les Deux Crocodiles (1987) fait voyager le spectateur dans une Bretagne pittoresque et révèle les dynamiques humaines au sein d’un établissement un peu sulfureux.
