Cette recette fait incontestablement partie des premières généralement testées quand on se lance dans les salaisons de porc. Un filet mignon, du sel et c’est parti !
Par enfouissement, qui consiste à le recouvrir de sel, ou par immersion dans une saumure liquide, c’est à dire de l’eau à laquelle nous avons ajouté une quantité de sel prédéterminée. Des filets mignons parés (mis en forme, retirer les parties grasses, voir maigres sans intérêt…). Ici environ 500 grammes chacun avant salage pour 4 sur 6 centimètres sur la plus grosse partie.
Puis j’ai frotté le filet mignon avec pour ensuite le mettre, ainsi que le reliquat, dans un sachet plastique mis sous-vide. Pour la durée de salage au frigo, j’ai pris la règle du diamètre divisé par deux + 1 jour, ce qui donnait alors 3 jours. Il aurait été possible de le laisser plus longtemps car le taux de sel est fixe.
Selon mon article sur le temps de salage et l’assertion que dans une saumure saturée, le sel pénètre à la vitesse de 3 cm par 24 h (donc x2 si la pièce est uniforme), je suis parti ici sur des durées de 14 et 16 heures. J’ai sciemment fait le choix du un peu plus qu’un peu moins. Après avoir frotté les morceaux avec le mélange salant (peu importe ici le respect du dosage), je les ai enfouis sous une bonne couche de gros sel puis mis l’ensemble au frigo.
J’ai salé de l’eau dans un récipient non métallique (verre, plastique, céramique…) à hauteur de 200 g par litre pour obtenir une saumure à 16° Baumé. J’ai uniquement rajouté du poivre. J’ai alors plongé le filet mignon recouvert d’une assiette pour éviter qu’il ne flotte et je l’ai laissé ainsi, au frigo, pendant 24 h (toujours en me servant de mon article sur le temps de salage).
En toute logique, une telle saumure liquide « modérée » en sel, admet plus une marge d’erreur que le salage au sel sec. Dans les 3 cas, l’idée est de laisser reposer au frigo, idéalement sur une grille, les filets mignons pour un temps généralement égal au temps de salage. J’ai dû mettre pour chaque environ 2 jours car il vaut mieux mettre un peu plus qu’un peu moins.
Comme toujours, l’élément fondamental pour réussir son séchage est le torchon lavé avec adoucissant lavande…Euh, non, c’est évidemment l’endroit de votre maison où vous obtenez les meilleurs conditions thermiques et hygrométriques, c’est à dire T°<15°C et 70%
Il est possible après quelques jours de séchage de fumer à froid vos filets mignons pour encore plus de saveur. Sous vide, à 40% de perte, il est parfait: ferme sans excès, salé juste comme il faut et les arômes poivrés se font bien ressentir. Par enfouissement, ils ont logiquement séché plus vite et je les ai récoltés à 45% de perte, ce qui est un peu trop pour le filet mignon qui gagne à être encore moelleux. Ils sont objectivement trop salés et même si j’avais été plus vigilant sur la durée de séchage, cela n’aurait pas changé grand chose.
La différence entre 14 et 16 heures de séchage est imperceptible. En saumure liquide, il est parfaitement salé et fondant en bouche (40% de perte). N’ayant mis que du poivre dans la saumure, qui n’a certainement pas vraiment eu le temps de pénétrer, le seul goût qui ressort est celui de la viande. Comme je l’avais déjà remarqué pour les recettes de coppa ou de poitrine séchée, la méthode sous vide paraît être incontestablement la meilleure, puisque reproductible et flexible. En plus, la durée de salage permet aux épices de mieux se répartir comparé aux autres façons de faire.
Pour l’enfouissement, les 14h à 16h de salage auraient été juste pour un morceau uniforme de 4 cm de diamètre, ce qui n’est jamais le cas pour un filet mignon dont les extrémités s’aplatissent. 10 à 12 h avec une cueillette à 40% de perte aurait vraisemblablement été plus judicieux…Plus la pièce est petite et moins le salage par enfouissement fait sens car trop aléatoire et ne pardonnant pas l’erreur. Pour la saumure liquide, plus coulante en terme de processus, elle n’en est pas moins contraignante. Ça prend de la place et cela nécessite un certain temps de préparation si l’on veut bien faire les choses, faire une belle préparation: bouillir l’eau, le sel, les épices, refroidir, calculer…
Pour que les épices aient bien le temps de pénétrer dans la viande, une saumure plus légère, moins salée, serait sûrement plus adéquate mais dans tous les cas, je ne vois pas vraiment son réel intérêt (pour le moment) dans une pratique d’amateur. Le filet mignon séché, c’est bon…Mais ce n’est pas non plus extraordinaire et finalement pas si simple à réaliser, surtout lorsque l’on utilise la méthode par enfouissement. Comme il n’y a pas de gras et que la pièce est fine, le salage et le séchage peuvent être très rapides et être donc source d’erreurs fatales.
Mon premier conseil serait d’utiliser la seule méthode valable pour limiter drastiquement les risques de vous retrouver avec toute une production immangeable: le sous-vide. Mon deuxième conseil serait de vous fournir en filets mignons issus d’une filière qualitative: races rustiques ou à moindre mesure plein air car le seul goût qui ressort réellement sera celui de la viande et il est donc indispensable qu’elle soit de qualité supérieure.
- Transmettre les principes clés du salage et du saumurage sous vide pour obtenir une viande tendre et parfumée.
- Comparer les deux méthodes (enfouissement et saumure) en termes de goût, de texture et de praticité.
- Donner des conseils pratiques sur l’hygiène, la température et le contrôle des pertes pendant le séchage.
En somme, la méthode sous vide s’impose comme la plus reproductible et flexible, permettant une meilleure répartition des épices et une texture maîtrisée, tout en limitant les risques pour des pièces maigres et fines comme le filet mignon.
