Que faire avec un layer dans un logiciel de retouche photo : choix, usages et bonnes pratiques

Il existe, dans le monde de la retouche photo, deux grandes catégories de logiciels : ceux qui enregistrent les modifications apportées à l’image dans l’image elle-même (via les fameux calques) et ceux qui enregistrent ces informations ailleurs (dans une base de données ou un fichier annexe à la photo). Dans quel cas utiliser l’une ou l’autre famille de logiciel (ou les deux) ?

Destruction versus non destruction : deux philosophies de retouche

Les logiciels qui fonctionnent destrctivement permettent de modifier directement les pixels qui composent l’image, et mettent en évidence des outils comme les masques, les filtres et les outils de retouche classiques (tampon, gomme, pinceau, outils de sélection, etc.).

En opposition, les dérawtiseurs et dématriceurs enregistrent les informations de retouche dans une base de données ou dans un fichier annexe, sans toucher directement les pixels de l’image brute. La grande différence réside dans le fait que les modifications ne sont pas stockées dans l’image elle-même mais dans une base de données ou dans un petit fichier annexe à l’image.

Pourquoi choisir l’un ou l’autre, ou les deux ?

Aujourd’hui, ces deux types de logiciels cohabitent et se sont partagé le marché de la retouche d’image. Les logiciels de retouche destructifs sont conçus pour retoucher des photos alors que les logiciels de retouche non destructifs sont conçus pour gérer le flux de production photographique (importation, classement, retouche et exportation-partage).

Avec un logiciel qui gère les calques, les photos ne sont donc pas indexées et classées dans une photothèque. C’est à vous de créer et hiérarchiser les dossiers qui contiennent vos images. De plus, il faut veiller à créer des doubles de vos photos. Je le dis, je le répète : la photo brute issue de votre APN doit toujours être dans un dossier à part.

Avec un dérawiseur, on peut généralement identifier, classer et organiser ses images directement à partir du logiciel. Avec un dérawtiseur, on ne se soucie pas de savoir sous quel format enregistrer ses photos vu que les modifications qui lui sont apportées ne sont pas enregistrées dans l’image.

Qualité, potentiel et choix en fonction des objectifs

Sachez avant tout que le potentiel de retouche est différent entre les deux types de logiciels (l’un ayant bien entendu un potentiel de retouche supérieur à l’autre). Si vous avez sauté des lignes au cours de la lecture, vous avez deviné que c’est le logiciel de retouche destructif qui offre les capacités les plus importantes. Pourquoi ? Parce que ces outils permettent une manipulation libre des pixels et des options avancées comme les masques, les calques et les modes de fusion.

Les logiciels de retouche non destructifs, eux, sont conçus pour embellir, sublimer vos photos et optimiser le flux de production: importation, classement, retouche et exportation-partage. Si vous cherchez du montage photo sophistiqué, les solutions destructives offrent plus de possibilités, mais les dérawtiseurs ou dématriceurs offrent une gestion plus fluide des flux et des variations tout en garantissant la non-destruction des originaux.

Comment faire le meilleur choix selon l’usage

Pour faire votre choix, posez-vous la question suivante : qu’est-ce que je veux faire de ma photo ? Est-ce que je veux simplement l’embellir ou au contraire la retoucher en profondeur, la manipuler, la triturer pour en faire un photomontage ?

Les logiciels de retouche non destructifs sont conçus pour embellir, sublimer vos photos et éviter les modifications irréversibles des pixels. En revanche, les logiciels destructifs ou en mode calques permettent des retouches plus profondes et des montages plus complexes, en acceptant l’édition directe des pixels ou la transformation des calques.

Intercompatibilité et ergonomie

Il existe des exceptions : Photoshop ou Gimp peuvent parfois réaliser des retouches effectuées par des dérawtiseurs comme Lightroom ou Capture One, et inversement. Cependant, l’ergonomie et la souplesse d’utilisation ne seront pas les mêmes. Par exemple, Lightroom peut supprimer certains éléments indésirables, mais les retouches locales avancées et le travail non destructif via les calques et masques se fondent dans d’autres outils comme Tampon et Correcteur dans des environnements non destructifs.

Tout cela pour dire que les logiciels de retouche photo, c’est comme le reste : ce sont des produits conçus pour répondre à un usage bien précis. Si vous avez choisi le format Raw ou DNG, vous êtes déja amenés à « développer » vos photos. Si vous avez choisi le JPEG, vous n’aurez pas forcément besoin de retoucher les couleurs ou la tonalité de toutes vos images. Finalement, il peut être optimal d’avoir les deux types de logiciels, car ils sont complémentaires: embellissement d’un côté et retouches sophistiquées de l’autre.

Utiliser les calques dans Photoshop et les masques

Dans Photoshop, ajouter une photo sous forme de calque permet de garder la mainmise sur votre composition. Création de calques supplémentaires, modification d’un calque d’arrière-plan, ajout d’éléments... Grâce aux objets dynamiques, effectuez des changements et transformations réversibles, sans perdre en résolution. Il n’est pas possible de modifier les données de pixels des objets dynamiques. Pour utiliser certaines fonctionnalités, comme les modes de fusion, vous devez donc les pixelliser, c’est-à-dire convertir les images vectorielles en images pixellisées. Les masques de fusion vous donnent la possibilité de revenir à tout moment sur votre travail pour corriger une erreur ou annuler une modification. Ils occultent les pixels de l’image au lieu de les supprimer définitivement. Avec un masque de fusion, vous travaillez en blanc, noir ou gris.

Trucs et conseils pour optimiser votre flux de travail

Si vous travaillez sous macOS ou sous Windows, vous avez tout loisir d’approfondir vos connaissances sur Photoshop. L’objectif est d’aller le plus loin possible dans la retouche non destructive. L’utilisateur peut ensuite d’un clic, passer d’un logiciel à l’autre en fonction de ce qu’il a à faire.

Les outils et les choix selon le niveau d’utilisateur

Le niveau de l’utilisateur oriente en grande partie le choix d’une solution. Un débutant privilégie une interface simple avec des préréglages, tandis qu’un photographe amateur ou un professionnel cherche un contrôle total sur les calques et le traitement des fichiers natifs. Des outils comme Photoshop ou Affinity Photo s’adressent à ce dernier profil, avec une courbe d’apprentissage plus longue en contrepartie de fonctionnalités avancées.

La compatibilité avec le système d’exploitation entre aussi en jeu : Windows, macOS, mais également les applications mobiles sous iOS ou Android pour une utilisation directement depuis un smartphone. L’offre se répartit entre logiciels gratuits, freemium et solutions par abonnement. Lightroom et Photoshop fonctionnent avec le modèle par abonnement de Creative Cloud, qui donne accès à une gamme d’outils de traitement d’image et de retouche avancée, avec une nouvelle version publiée chaque année. Ce modèle diffère des logiciels à achat unique ou gratuits, avec un coût récurrent en échange de fonctionnalités mises à jour en continu.

Exemples et outils cités dans l’écosystème

Des outils et logiciels fréquemment mentionnés dans l’écosystème incluent Photopea, GIMP, RawTherapee, Lightroom, Photoshop et Photoshop Elements. Photopea est polyvalent et permet les masques, les calques, les filtres ou les vecteurs. GIMP est un logiciel libre très complet, concurrent de Photoshop pour le traitement avancé des photographies et la retouche localisée. RawTherapee est une alternative libre orientée vers le développement et le traitement des images, avec une interface épurée et des possibilités avancées. Photoshop Elements est le « petit frère » de Photoshop, plus accessible et destiné à des retouches rapides avec des options guidées. Canva, quant à lui, permet de superposer des images en ligne et de créer des designs sans compétences avancées, avec des outils pour supprimer les arrière-plans et ajuster la transparence des calques.

Tableau récapitulatif rapide

Type de logicielCaractéristiques principalesUsage recommandé
Destructif (calques)Édition directe des pixels, masques, outils avancés, modes de fusion, retouche localePhotomontages, retouches profondes, liberté totale sur la composition
Non destructif (dérawtiseur)Modifications stockées hors image, gestion du flux de production, catalogageGestion de gros volumes, flux de travail, export et partage
Infographie: comparaison entre retouche destructive et non destructive

Les Calques et Masques dans Photoshop expliqués par Tom Migot

Avec les deux types de solutions, l’objectif est d’aller plus loin dans la retouche non destructive lorsque cela est possible, tout en pouvant recourir à des ajustements destructifs lorsque nécessaire pour des effets spécifiques ou des montages complexes.

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