Les 109 salariés de la chocolaterie Poulain, fondée à Blois en 1848, entament une lutte pour leur survie, sans attendre grand-chose des candidats locaux aux législatives. Des camions électriques à trois roues allaient et venaient entre la gare et l’usine. La pâte obtenue était malaxée, raffinée, moulée. Les fèves étaient torréfiées, concassées, broyées.
Fondée il y a cent soixante-seize ans, en 1848, l’usine Poulain, aujourd’hui implantée à la sortie de la ville, est visée par un plan de fermeture. L’annonce officielle, prévue jeudi 13 juin, a été reportée au 25 juin à la demande des 109 salariés, invoquant un vice de forme. Il vous reste 84.6% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Pourtant, après des semaines de négociations et d’incertitudes, un retournement inattendu se profile : les emplois de l’usine de chocolat Poulain de Villebarou dans le Loir-et-Cher pourraient être sauvés. Les chocolats Poulain, créés en 1848 à Blois, vont continuer à vivre. L’usine de chocolat Poulain située à Villebarou, près de Blois dans le Loir-et-Cher, va finalement être intégralement reprise, rapporte France Bleu Touraine mardi 10 septembre.
Le seul site du chocolatier en France devait fermer d’ici la fin de l’année. Les 109 salariés de l’usine Poulain ne seront donc pas licenciés comme initialement prévu. Au-delà de l’emploi, le groupe Andros s’engage à maintenir la production actuelle du site et donc continuer à produire du chocolat Poulain au moins pendant quelques années. Des projets d’élargissement de l’activité sont également évoqués dans le communiqué envoyé par l’actuel propriétaire, le groupe Carambar and Co. Les syndicats doivent s’exprimer dans les prochains jours sur cet accord.
Aux abords de l’ancienne chocolaterie de Blois, face à la gare, Yvette Hubert, 90 ans et le brushing seyant, se promène. Depuis la nouvelle de la fermeture, elle a troqué son sac à main pour un cabas Poulain, en solidarité. Mme Hubert est entrée à la chocolaterie en 1955 et a connu Gabriel Rosanvallon, père de l’historien Pierre Rosanvallon, comme directeur : « J’avais une petite fonction parmi un millier de salariés. J’accueillais les grossistes de fèves de cacao rue Augustin-Thierry, des gens importants, des lords parfois. »
Tout en restant prudent, le personnel et les représentants syndicaux soulignent que l’accord envisagé par Andros et Carambar and Co. est une étape cruciale, mais que des détails doivent être consolidés dans les jours qui viennent. Les perspectives à moyen terme semblent se decouper autour d’un maintien de la production et d’éventuels élargissements, tout en sauvegardant le savoir-faire et l’image d’un produit emblématique du patrimoine chocolatif français.

Ce rebond intervient dans un contexte industriel où les vestiges du passé coexistent avec des stratégies de relance par le groupement Carambar and Co. et son actionnaire Andros, qui souhaitent continuer à exploiter la marque Poulain. Les échanges entre les représentants des travailleurs et les dirigeants du groupe se poursuivent afin d’établir les termes exacts d’un plan qui préserverait les emplois et sécuriserait l’avenir de la production.
Extrait du documentaire "La belle histoire du chocolat Poulain"
En parallèle, les discussions évoquent des projets d’élargissement des activités, potentiellement au-delà de la simple production de chocolat, afin d’explorer de nouvelles filières ou de moderniser les installations sans compromettre l’emploi local. L’agence locale et les médias régionaux suivent de près ce dossier, témoignant d’un attachement fort à l’enseigne Poulain et à l’histoire industrielle de Blois et de la vallée du Loir.
Les détails financiers et opérationnels restent à confirmer, mais l’enjeu est clair: préserver un symbole emblématique de l’histoire économique locale, tout en assurant une continuité de la production et des emplois pour les années à venir. Les négociations et les prochaines annonces permettront de vérifier si ce sauvetage est durable et s’il ouvre la voie à une croissance raisonnée du site de Villebarou.
Faits clés
- Chocolaterie Poulain fondée en 1848 à Blois, avec une usine à Villebarou.
- Plan de fermeture initialement prévu pour les 109 salariés, reporté puis potentiellement annulé grâce à un accord avec le groupe Andros et Carambar and Co.
- Engagement du groupe à maintenir la production et à éviter les licenciements, avec des perspectives d’élargissement futur.