Un solin contre un mur sert à fermer la jonction entre une toiture, une terrasse ou une couverture et un mur vertical. Le bon solin dépend surtout du support : mur crépi, pierre, béton, bac acier ou toiture plate. Le choix du solin dépend du type de mur, de la couverture et du niveau d’exposition à l’eau. La pose doit surtout garantir une jonction continue entre le mur et la couverture.
Sur un mur crépi, le support n’est pas toujours parfaitement régulier. Le zinc : léger, facile à travailler et économique, il est souvent utilisé pour les solins sans bavette. L’aluminium : résistant et léger, il offre un excellent rapport qualité-prix. Le plomb : très malléable, il permet de réaliser des formes complexes comme des bavettes plissées. Dans certains cas, on utilise des solins en mortier, directement façonnés sur le mur. Mais ils sont sensibles à la fissuration à cause des mouvements de la toiture. Les bandes de solin souple en matériau synthétique sont une bonne alternative.
Préparation et choix du matériel
La clé d’une bonne étanchéité, c’est une pose soignée du solin. Préparez le support : il doit être propre, dépoussiéré et mis à niveau si besoin. En rénovation, retirez l’ancien solin, surtout s’il est en mortier fissuré ou en métal corrodé. Fixez le solin avec du mastic colle et des chevilles à frapper ou à visser tous les 30 à 35 cm. Renforcez l’étanchéité avec un joint de mastic le long du solin côté mur et côté toiture. Évitez les raccords dans les angles et les noues, zones sensibles aux infiltrations. Le silicone seul sur crépi est la première cause d’échec : le silicone n’adhère pas durablement sur un enduit irrégulier.
Pour engraver ou décroûter le mur afin d’installer correctement le porte-solin, deux approches fiables existent. L’engravure consiste à réaliser une rainure horizontale dans le mur sur une profondeur d’au moins 2 cm. Le haut du porte-solin vient s’encastrer dans cette saignée. L’avantage : technique la plus fiable pour bloquer l’eau. L’inconvénient : peut compromettre la résistance mécanique dans un mur de briques alvéolaires et créer un pont thermique. Le décroûtage revient à gratter le crépi sur une bande de 10 à 15 cm de hauteur le long de la jonction. Le solin est alors fixé contre le support lisse, puis recouvert d’un nouvel enduit en partie haute.
Pose étape par étape
- Tracer l’emplacement du porte-solin sur le mur en prenant en compte la largeur de la bavette : elle doit atteindre au moins le milieu des tuiles au niveau de la jonction.
- Tracer l’emplacement du porte-solin sur le mur en prenant en compte la largeur de la bavette : celle-ci doit atteindre au moins le milieu des tuiles au niveau de la jonction.
- Appliquer un cordon épais de mastic PU (type Sikaflex) sur toute la longueur de la partie verticale du solin, côté mur.
- Fixer le porte-solin contre le mur à l’aide de chevilles à frapper tous les 30 à 35 cm. La partie verticale doit plaquer parfaitement contre le mur.
- Prévoir un chevauchement d’au moins 10 cm entre deux bandes si vous utilisez des bandes standards de 2 mètres.
- Si engravure, le haut du solin s’insère dans la rainure; si décroûtage, le haut est recouvert par l’enduit en partie haute après pose.
- Remplir l’espace restant avec du mastic PU, pas du silicone, car le PU adhère mieux au support minéral et reste souple plus longtemps.
- Tester l’étanchéité: projeter de l’eau sur le mur au-dessus du solin pendant au moins 5 minutes et observer l’intérieur pour toute trace d’humidité.
Le solin posé en oblique, à distance du mur, est une erreur fréquente: la partie verticale du solin doit toucher le mur sur toute sa hauteur. La préparation du mur conditionne tout le reste et l’eau cherche toujours le point faible.
Cas spécifiques et bonnes pratiques
Un enduit de façade crépi peut être irrégulier et poreux. Plaquer directement un solin métallique sur cette surface et sceller au silicone ne fonctionne pas sur le long terme. Découpage et remise à niveau du mur, ou engravure/décroûtage avec pose sur support lisse, s’avèrent indispensables. Sur murs en pierre, les irrégularités compliquent la pose et nécessitent d’évider ou de dresser la partie du mur recevant le solin. Pour les ouvrages en ossature bois, les règles de pose restent les mêmes que pour un mur maçonné.
La durée de vie d’un solin dépend de son matériau et des conditions d’exposition. Sur un linéaire classique de 6 à 8 mètres, le coût total pose par un couvreur professionnel varie entre 240 et 560 € selon matériaux et région. Le mastic d’étanchéité peut être le premier point de faiblesse après une dizaine d’années; s’il se dégrade, il faut nettoyer et refaire un joint propre plutôt que de tout changer. Un solin bien entretenu peut durer de nombreuses années, souvent 25 ans ou plus selon le matériau et l’exposition.
Entretien et vérifications
Inspectez les solins au moins une fois par an et après les tempêtes. Remplacez rapidement tout élément abîmé pour éviter les infiltrations. Nettoyez régulièrement les solins pour éliminer mousses, lichens et débris végétaux qui retiennent l’humidité. Dans les configurations complexes, il peut être utile de faire réaliser des solins sur mesure par un couvreur zingueur et de demander plusieurs devis pour comparer prix et qualité des matériaux.
Le solin joue un rôle central dans l’étanchéité globale de la toiture et de ses jonctions. Qu’il soit en zinc, plomb, aluminium ou matière synthétique, le choix et la pose exigent une attention particulière afin d’éviter les sinistres et assurer la pérennité de l’installation.
Récapitulatif pratique
- Préparez le mur: nettoyage, mise à niveau, éventuelle engravure ou décroûtage.
- Utilisez un mastic PU pour le joint et fixez le porte-solin régulièrement.
- Évitez les raccords dans les angles et assurez une bande suffisante de bavette.
- Testez l’étanchéité après pose et entretenez régulièrement.
