Petit pois: gout bizarre, causes et remèdes face aux maladies et ravageurs

Le petit pois est une culture sensible à un ensemble de maladies et de ravageurs qui peuvent affecter la plante à différents stades, de la germination à la formation des gousses. Le diagnostic, les symptômes et les recommandations de lutte évoluent avec les conditions climatiques, notamment l’humidité et les températures. Cette synthèse réunit les principaux agents pathogènes et nuisibles décrits dans le texte de référence, leurs effets sur les organes végétaux et les périodes critiques du cycle cultural.

Ascochytose: attaques successives et conséquences de la progression

Ascochytose sur feuille et sur gousse: les symptômes progressent du bas vers le haut de la plante et affectent tous les organes. Des ponctuations de couleur brun foncé apparaissent sur les feuilles puis évoluent en nécroses irrégulières. Des nécroses violacées à brunes s’installent à la base des tiges. Si celles-ci sont ceinturées par la maladie, les plantes deviennent alors plus sensibles à la verse. La maladie peut entraîner jusqu’à 25 q/ha de perte de rendement en cas de forte attaque. La première protection fongicide a lieu à début floraison. Une deuxième application est souvent nécessaire (sauf printemps secs), 10 à 20 jours plus tard selon l’évolution de la maladie (dépendante de la pluviométrie). En années particulièrement humides (1 année sur 10), une dernière protection peut être nécessaire 30 jours après le début floraison. Toutefois, si les conditions sont sèches au début de la floraison, pendant et après la floraison (absence visuelle d’ascochytose), le traitement n'est pas forcément nécessaire.

Botrytis: pourriture des fleurs et des gousses

Botrytis: Le botrytis occasionne une pourriture grise sur les fleurs, et parfois à l’aisselle des feuilles suite à la chute des pétales contaminés. Botrytis sur gousse: Les pertes de rendement avoisinent les 10-15 q/ha en cas de forte attaque. Elles sont essentiellement dues à la destruction des gousses et des graines en formation. Les produits n'ont pas d'action curative et leur persistance d’action est courte. La lutte chimique vise à protéger les gousses avant que les pétales des fleurs ne se collent dessus.

Milieux de la plante et mildiou: conditions favorisant le développement

Présence de midiou sur feuille et sur tige: Sur la face supérieure des feuilles on observe des nécroses claires à bords nets. Sur la face inférieure, un feutrage blanc puis gris violet. La nuisibilité est alors très souvent faible à nulle, excepté si une surface importante est touchée. Des températures inférieures à 18 °C, une humidité élevée et un temps peu ensoleillé favorisent le développement du mildiou. En revanche, un temps chaud (> 25 °C) et sec stoppe le développement de cette maladie. Il n’existe pas de produits homologués en végétation.

Rouille et oïdium: attaques spécifiques et signes distinctifs

Rouille: La rouille du pois (Uromyces pisi) est essentiellement présente en Champagne crayeuse. Présence de rouille sur feuilles. La perte de rendement peut atteindre 25 q/ha lorsque l'attaque est précoce (début floraison). On observe sur feuilles des pustules brunes à rousses, devenant presque noires et particulièrement importantes sur la face inférieure.

Présence d'oïdium: On observe un feutrage ras et blanc caractéristique sur la végétation. La maladie est favorisée par des températures supérieures à 20°C et une forte hygrométrie à la base de la végétation (risque élevé en pois irrigué).

Sclérotinia et pourritures internes: signature des infections

Présence de sclérotinia sur pois: Une pourriture vert foncé-marron se développe sur la tige, à l’intérieur de laquelle un mycélium blanc duveteux et des sclérotes noirs peuvent être observés. Les plantes flétrissent puis se dessèchent. La maladie est rare et peu nuisible sur pois. Elle s’observe le plus souvent sur quelques plantes isolées ou quelques petits foyers au sein de la parcelle.

Virose et autres infections: diversité virale et impacts

Virose: Plusieurs espèces de virus peuvent infecter le pois. Ces virus peuvent pour la plupart infecter plusieurs espèces de légumineuses et sont tous transmis par les pucerons. Les diagnostics visuels sont insuffisants pour identifier un virus avec certitude; plusieurs virus peuvent être présents dans une même plante. Le diagnostic est complexe et nécessite souvent des analyses spécialisées.

Règles générales de lutte et prévention: période critique et pratiques recommandées

La floraison est le moment où le pois protéagineux est le plus sensible aux maladies. C’est là qu’il faut surveiller l’anthracnose, la maladie la plus fréquente et la plus préjudiciable à la production, mais aussi le botrytis ou la rouille. Sitone, thrips, puceron vert, tordeuse, noctuelle défoliatrice: les ravageurs du pois sont présents tout au long du cycle de la culture et peuvent provoquer jusqu’à 30 q/ha de pertes. Pour les contrôler sans préjudice pour la faune auxiliaire et l’environnement, il est indispensable de raisonner les interventions au cas par cas. L’enjeu du désherbage est essentiel: les adventices mal contrôlées entrent très vite en compétition avec la culture, avec des répercussions irrémédiables sur le rendement.

Envisager des protections fongicides à bon escient est crucial, notamment lors des périodes propices au développement des maladies ( floraison et humidité ). Certaines protections ne présentent pas d’action curative et nécessitent une persistance adaptée pour être efficaces.

Infographie des maladies du pois et de leurs symptômes (ascochytose, botrytis, rouille, mildiou, oïdium, sclérotinia).

Utilisation des cosse et valeur nutritionnelle: perspectives culinaires et durabilité

En cuisine, le petit pois frais est une source de protéines et de fibres, et la cosse, longtemps négligée, peut être utilisée pour des jus ou des préparations zéro déchet. La cosse est blanchie puis mixée pour obtenir un jus vert, tandis que les jus et les tiges peuvent être utilisée comme base aromatique dans diverses préparations. Le petit pois est cultivé en agriculture raisonnée ou biologique dans plusieurs régions françaises, avec des variétés locales cueillies du jour et un conditionnement minimal pour préserver le produit.

Schéma de cycle de vie du pois protéagineux et des maladies associées (ascochytose, botrytis, rouille, mildiou, oïdium).

Gestion des maladies et protection des cultures: messages clés

  • Surveiller les périodes de floraison pour l’anthracnose et le botrytis, et adapter les protections fongicides selon les conditions météorologiques.
  • Éviter les traitements inutiles lorsque les conditions sèches limitent le développement des maladies.
  • Favoriser des pratiques agricoles raisonnées pour limiter les risques et préserver la biodiversité.

Tableau récapitulatif des principaux agents et symptômes

AgentSymptômes typiquesImpact sur rendementRemède principal
AscochytosePonctuations brunes, nécroses; bases de tigesJusqu’à 25 q/haProtections fongicides à la floraison
BotrytisPoorriture des fleurs et gousses10-15 q/haProtection avant que pétales ne collent
MildiouNécroses supérieures, feutrage gris-blanc inf.Prévalence variable selon humiditéPas de produit homologué en végétation; mesures culturales
RouillePustules brunes sur face inférieureJusqu’à 25 q/haTraitement fongicide précoce
OïdiumFeutrage blanc; brunissement des tissusRisque élevé en conditions chaudes et humidesContrôle adapté selon région et culture
Sclérotiniataches humides; mycélium blanc et sclérotesFaible nuisibilitéMesures spécifiques si apparait
VirusPeut varier; mosaïque/néroses/rougeursDépend du virus et de l’étendueContrôle des pucerons et surveillance

Des perspectives pratiques et culinaires autour du petit pois

En cuisine, le petit pois frais offre croquant et douceur, et la cosse peut être valorisée en jus vert ou ajoutée à des préparations zéro déchet. Pour choisir des petits pois frais, privilégier une cosse bien verte et ferme, sans tache. Après achat, il faut les écosser et les cuire rapidement pour préserver couleur et goût. Des recettes simples et variées permettent de profiter pleinement des bienfaits nutritionnels: cuisson rapide à l’eau ou à la vapeur, préparation de plats mijotés ou de soupes parfumées, et intégration dans des salades et accompagnements.

Principales maladies aériennes du pois protéagineux

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