Selon l'application Yuka, certaines références se démarquent comme des choix plus intéressants dans le rayon pesto. Dans un monde idéal, on préparerait son pesto maison avec du basilic frais, du parmesan, de l’huile d’olive et des pignons de pin. Mais au quotidien, les ingrédients coûtent cher et il faut aussi avoir le temps de cuisiner. Résultat, beaucoup d'entre nous se tournent vers les versions en bocal, plus pratiques et accessibles. Alors certes, ce n'est pas aussi bon qu'un pesto fait maison, mais il faut avouer que ça dépanne pour les repas de tous les jours.
Puisqu’il est impossible de choisir soi-même les ingrédients d’un pesto industriel, autant privilégier celui qui affiche la meilleure composition. Et selon Yuka, un produit sort clairement du lot. Tous les pestos du commerce ne se valent pas. Comme l’explique Raphaël Haumont dans Le Mag de la Santé, de nombreux fabricants utilisent des additifs et remplacent certains ingrédients traditionnels par des alternatives moins coûteuses : fécule de pomme de terre à la place des pignons de pin, Grana Padano au lieu du parmesan, arômes de basilic ou encore ajout d’eau pour diluer la préparation.
Ce n'est pas le cas du pesto vert Nod. Noté 82/100 par l'application Yuka, il ne contient aucun additif et sa recette repose sur seulement dix ingrédients, tous issus de l’agriculture biologique française. Vendu 4,39 euros le pot (environ 22 euros le kilo), il reste un peu plus cher que les références Panzani ou Barilla, mais sa composition est jugée plus intéressante. Bien sûr, la recette n’est pas totalement traditionnelle : l’huile de colza remplace l’huile d’olive vierge extra et les noix de cajou prennent la place des pignons de pin. Mais à ce niveau de prix, cela reste un compromis intéressant.
Pour un pesto en bocal fidèle à la recette italienne classique, il faut généralement compter autour de 50 euros le kilo. Prenez une généreuse botte de basilic fraîchement débarqué de la région de Gênes, au nord de l’Italie. Parsemez de quelques pignons de pin, d’un soupçon d’ail et de fromage de type Grana Padano et Pecorino. Réduisez le tout en purée à l’aide d’un pilon dans un mortier. Versez délicatement l’huile d’olive, mélangez et savourez le fruit de votre travail: un délicieux pesto artisanal.
Pas le temps, ni l’attirail, ni les ingrédients? C’est alors pour une préparation industrielle que vous opterez fatalement. Nous avons repéré une petite trentaine de variétés dans les étals et avons retenu douze bocaux ou sachets, vendus entre 8 fr. 40 le kilo (Carloni) et 55 fr. le kilo (Ardoino). Pour les comparer, nous avons sorti notre loupe afin de scruter la liste des ingrédients au dos des étiquettes et notre set d’éprouvettes pour débusquer des pesticides. Au terme de ces analyses, de grandes disparités se dégagent.
Le laboratoire a relevé des traces de onze pesticides dans les échantillons non bio de cette sélection. Dans deux d’entre eux, les quantités surpassent les limites légales: l’Ardoino contient ainsi de l’Esfenvalerate, un insecticide interdit en Suisse, et un taux trop élevé de Phosmet, un acaricide réglementé. Par ailleurs, il recèle trois autres substances sous forme de traces, ce qui porte à cinq le nombre de phytosanitaires mesurés. Face à ce résultat, Globus déclare que « cette somme de résidus n’est pas acceptable » et qu’ils allaient « inciter le producteur à prendre rapidement des mesures ». Avec six phytosanitaires relevés, le pesto Qualité & Prix de Coop est le plus riche en pesticides et l’un d’eux dépasse même les doses légales: il s’agit de l’Ametoctradin, un traitement anti-mildiou strictement réglementé. Là également, le distributeur commente: « Nous sommes en pourparlers avec le fournisseur pour améliorer le produit. »
Pour noter les préparations, nous nous sommes autant basés sur les quantités de phytosanitaires mesurées que sur le nombre de substances relevées. Les ingrédients de base du pesto sont connus. On peut y ajouter de la noix ou de la noix de cajou, un peu de sel, et basta. Mais les fabricants, eux, prennent de plus grandes libertés! D’abord en remplaçant l’olive par du tournesol, ou en mélangeant les deux. Inutile de se fier à la marque ou au prix, seule l’étiquette fournit cette information. Ainsi, le moins cher du test, Carloni, ne contient que de l’huile d’olive (40%), alors que Barilla en recèle une gouttelette.
En plus de substituer des composants, les industriels en ajoutent de plutôt étonnants: flocons de pommes de terre, sucre, petit-lait, eau, lactose, arômes, sirop de glucose déshydraté… Au total, nos pestos cumulent jusqu’à quatorze ingrédients! Autre constat: le taux de basilic varie du simple (14% dans l’Ardoino) à plus du triple (50% dans le Rummo). Les bonnes pratiques sont pourtant claires: un pesto alla genovese doit en contenir 25% au minimum. Donc sur ce point aussi, le produit le plus cher ne se montre pas à la hauteur. Une fois cumulés, ces défauts valent à la composition de cinq pots une mauvaise, voire une très mauvaise appréciation.
Six petits gobelets remplis de pestos inconnus: c’est le menu à l’aveugle que nous avons servi à neuf volontaires de la FRC. L’exercice comparatif a révélé de grandes disparités de goûts, de textures, d’arômes et d’apparence. Clairement, ce sont les deux références réfrigérées de la sélection (Betty Bossi de Coop et Anna’s Best de Migros) qui sortent du lot, suivies du Carloni de chez Aldi. Quatre préparations se sont, elles, démarquées de manière négative: celles d’Alnatura, Denner, Ardoino et Barilla. L’aspect de ces deux dernières a d’ailleurs particulièrement étonné: très liquide et dotée de pignons entiers chez Ardoino (à noter que ce produit ne contient que 14% de basilic!) et lisse et vert clair chez Barilla, lui ayant valu le petit nom de « guacamole »!
Comment faire son choix au supermarché ? La santé et la composition doivent guider la décision. Vérifiez l’étiquette: l’huile d’olive peut être remplacée par des variantes comme l’huile de tournesol, et certains produits ajoutent des ingrédients surprenants. 63 % de basilic frais, talonnée par Sacla avec 41 %, peuvent donner une idée du niveau de fraîcheur et de goût attendu. Le classement des pesticides pousse à privilégier les références les plus propres et à être vigilant face aux mentions comme « arômes » ou « eau » dans la liste des ingrédients. En pratique, le choix idéal combine saveur, sécurité et coût raisonnable.
Tableau récapitulatif des points clés observés dans le test:
- Le pesto Nod présente une composition propre (10 ingrédients, bio française) et une absence d’additifs, mais est légèrement plus cher.
- Les références économiques peuvent contenir des substituts comme huile de tournesol ou noix de cajou à la place des pignons.
- Plus le pesto est cher, plus il n’est pas nécessairement plus authentique ou sûr d’un point de vue composition.
- Certains pots révèlent des résidus de pesticides supérieurs aux limites légales, nécessitant une vigilance accrue.
- Les pestos réfrigérés de Coop et Migros se démarquent par leur qualité générale, selon l’évaluation sensorielle.
Pour ceux qui veulent un compromis pratique et sûr, privilégier une référence avec peu d’ingrédients, sans additifs, et avec une teneur élevée en basilic peut être une bonne approche. En bref, la meilleure option dépend autant de la transparence de la liste des ingrédients que de la traçabilité et du respect des seuils réglementaires.
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