Orphan Black saison 6 et Tatiana Maslany : une héroïne aux mille visages au cœur d’un univers qui perdure

C'est toujours dur de dire au revoir à une série qu'on aime, qu'on a suivie pendant plusieurs années. Mais vous savez ce qui est pire ? Voir une série que l'on aime, que l'on a suive pendant plusieurs années, devenir mauvaise. Et c'est souvent ce qui arrive quand on ne sait pas dire stop. L'annonce d'une cinquième et dernière saison pour Orphan Black a été un véritable ascenseur émotionnel pour les fans de la série.

Une fin programmée pour mieux révéler le cœur d’Orphan Black

Première réaction : oh cool, une année de plus avec les clones ! Deuxième effet kisscool : ah, ce sera la dernière... Eh oui, "Série Morghulis" ! Soit, pour ceux qui ne parlent pas couramment le Haut Valyrien, "toute série doit mourir". Evidemment, on préfère que ça arrive le plus tard possible, mais vraiment, croyez-nous sur parole, la fin programmée d'Orphan Black est une bonne chose. C'est la preuve que ses créateurs et la chaîne ont du respect pour l'œuvre, à défaut de la voir comme un produit que l'on vend au plus de monde possible. Les séries télé sont les produits d'une industrie, certes, mais aussi d'un art, qui mérite toute notre considération. Et ce n'est pas parce qu'elles sont feuilletonnantes qu'elles doivent continuer ad nauseam. Au contraire ! La moëlle épinière d'une histoire, même au long cours, c'est d'avoir un début, un milieu, et une fin.

Orphan Black n'est pas annulée, elle clôt son histoire. Nuance. Elle aura le temps de s'y préparer et ses scénaristes d'écrire la meilleure conclusion qui soit (en tout cas on l'espère). Et pourquoi mérite-t-elle ces honneurs ? Parce qu'Orphan Black, discrète petite série canadienne de SF, peut se vanter d'avoir fait un parcours quasi sans faute. Sa seule erreur ? Avoir introduit, en saison 3, des clones masculins et une intrigue bien trop complexe qui nous a perdus en route.

Des choix narratifs et féministes qui ont façonné la série

Dans une série dominée par ses personnages féminins, quelqu'un a eu l'idée, à un moment donné, d'ajouter les frères du projet Castor, comme pour équilibrer la place que prenaient leurs équivalents féminins. Orphan Black, qui véhicule une idéologie profondément queer et féministe, a eu tort d'aller sur ce terrain et s'en est, heureusement, rendu compte une fois que le "mâle" était fait. Cette saison 3 a été un grain de sable dans la belle mécanique qu'est cette série, et la saison 4 a déjà bien racheté cette erreur de jugement, en revenant à ce qui faisait l'essence de ce complot fascinant : les clones (les filles, évidemment), leur origine, les liens du sang, de l'ADN et ceux que l'on créé en dépit de la génétique, et Neolution et ses mystérieuses expériences. Seule une fin actée, plutôt qu'une annulation surprise, permettrait donc à Orphan Black de se recentrer sur ses atouts et donner à ses intrigues la conclusion qu'elles méritent…

Orphan Black a aussi un cœur, et son nom, c'est Tatiana Maslany. De façon totalement incompréhensible, elle est chaque année boudée par les Emmys. Pourtant, laquelle des autres prétendantes au titre de meilleure actrice dramatique pourrait se vanter de jouer cinq, six ou dix rôles différents dans la même série ? Son tour de force, c'est de livrer une performance qui va au-delà des perruques, des accents et des habitudes vestimentaires. À chaque fois, elle est quelqu'un d'autre. Elle leur donne des mimiques, des gestuelles différentes : Sarah, l'anglaise rock 'n' roll à la démarche franche et bien enfoncée dans ses bottes ; Alison, la "soccer mom" manique du contrôle qui pince les lèvres quand elle sourit ; ou encore la lunaire Helena, aux yeux toujours écarquillés et plein de questions. Maslany les fait toutes exister dans un même espace et nous fait oublier qu'elles sont jouées par la même personne. Un tour de force qu'elle est la seule, dans l'histoire des séries, à être parvenue à maîtriser à la perfection. La fin programmée d'Orphan Black, c'est donc aussi, pour les Emmy Awards, l'occasion de réparer cette injustice une bonne fois pour toute et de récompenser son actrice principale.

Tatiana Maslany et le poids d’Orphan Black dans l’esprit des fans

Fin de parcours pour Lucy. Le verdict est tombé : Orphan Black : Echoes rejoint la liste des séries annulées après une saison seulement. Le show a diffusé son seul et unique chapitre du côté du câble américain sur AMC, à partir de juin. Le dernier épisode, qui sert désormais de fin pour la série, a été diffusé le 25 août dernier aux États-Unis. Chez nous, c’est OCS qui s’est chargée de nous faire découvrir le show. Orphan Black : Echoes, créée par Anna Fishko et John Fawcett, faisait suite à la série à succès de BBC America de 2013, Orphan Black.

Dans cette nouvelle histoire se déroulant dans un futur proche, nous suivions un groupe de femmes se rencontrant par un incroyable concours de circonstances, qui se lançaient dans un voyage palpitant, tentant de percer le mystère de leur identité et découvrant par la même occasion une histoire déchirante d’amour et de trahison. La série était emmenée par l’ancienne Jessica Jones de la série Marvel de Netflix, Krysten Ritter, qui jouait le rôle de Lucy, une femme aux origines inimaginables qui essayait de trouver sa place dans le monde.

Infographie: Les clones et les personnages clés d’Orphan Black

Impact et héritage

La fin programmée d’Orphan Black a permis de recentrer les intrigues sur l’origine, les liens du sang et les expériences de Neolution, tout en mettant en avant le travail exceptionnel de Tatiana Maslany. Son jeu permet à la série de se distinguer dans un paysage télévisuel saturé de reboot et de suites, en affirmant une identité forte autour des thèmes féministes et queer qu’elle porte.

Tableau récapitulatif des enjeux clés

ÉlémentsDescription
Fin de sérieFin programmée pour préserver la qualité et l’intégrité narrative
MaslanyPerformance plurielle et maîtrise des multiples personnages
ÉpisodesÉléments centraux: origines des clones, liens de sang, Neolution
RéceptionRécompenses et reconnaissance tardives pour Maslany

Orphan Black continue d’apporter une réflexion sur l’identité, le genre et les technologies qui peuvent émerger dans un futur proche, porté par une Maslany qui reste le cœur battant de la série et une référence pour les actrices capables de jouer plusieurs rôles dans une même œuvre.

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