Le Marais est devenu le territoire où coffee shops et pâtisseries s’affrontent pour proposer le cheesecake le plus emblématique et le plus audacieux, mêlant American cream cheese et touches japonaises ou basques. Dans cet univers, Grave, hidden gem du 3e arrondissement, incarne ce mélange: un cheesecake basque parfumé aux épices chaï qui séduit autant par sa texture que par son équilibre entre amertume et douceur.
Ouvert il y a peu, Grave s’impose par son concept hybride et son esthétique résolument rétro moderne. Le cadre, dessiné par l’architecte Laetitia Faburel, marie appliques Art déco et grands miroirs avec des banquettes en bois et des tables métalliques, créant une ambiance qui invite à la dégustation et à la conversation.
Le créateur, Romain Détriché, raconte son rêve d’ouverture: « J’ai toujours rêvé d’ouvrir un salon de thé un peu baroque où se retrouveraient les vieilles dames ». Son associated au minimalisme à la danoise de Nicolas Papadato, notaire devenu barista, donne au lieu une identité à la fois chaleureuse et contemporaine. Ensemble, ils ont donné naissance à une pâtisserie qui s’inscrit dans une mouvance new-yorkaise mais arbore une âme basque et une touche indienne dans ses épices.
Le cheesecake basque de Grave est une alliance surprenante: une pâte à base de cream cheese, crème, œufs, sucre et fécule de pomme de terre, parfumée par un sirop au thé noir et aux épices - cannelle, fenouil, cardamome et poivre - puis cuit jusqu’à obtenir une peau noire et croustillante. Cette cuisson quasi caramélisée confère au dessert son caractère à la fois corsé et réconfortant, véritable signature de l’automne.
À mi-chemin entre le flan et le gâteau, ce cheesecake basque s’accorde très bien avec une boisson lactée chaude ou froide - cappuccino, london fog, hojicha latte - et devient le remède idéal contre les frissons des journées d’arrière-saison. À noter: la part est vendue au prix de 6 €, un choix qui renforce l’accessibilité du dessert dans un quartier prisé et cosmopolite.

Diversité et rencontres autour du cheesecake à Paris
Le phénomène cheesecake n’est pas limité au Marais: Paris voit s’épanouir deux grandes écoles, l’américaine et la japonaise, qui coexistent et parfois fusionnent dans les enseignes les plus pointues. Le cheesecake new-yorkais est réputé pour sa densité et son goût riche, disponible en versions classiques ou revisitées (chocolat, caramel, fruits rouges, pistache, etc.).
Le cheesecake japonais, lui, privilégie légèreté et aérien grâce à des blancs montés en neige et à une texture « soufflé ». Cette approche, souvent baptisée chiffon cake, illustre parfaitement l’évolution du dessert dans les pâtisseries parisiennes ces dernières années. Des adresses comme Takumi s’illustrent par leur service soigné et des portions généreuses dans le quartier de l’Opéra, tandis que Mori Yoshida explore l’alliance des saveurs françaises et de l’esthétique japonaise.
Plus loin dans Paris, des enseignes comme Cheesy Cakes à Paris ou Hoso Basque jouent eux aussi la carte du cheesecake signature, soit par une spécialisation thématique, soit par une revisite japonaise du basque. D’autres lieux, comme Munch dans les Batignolles, proposant un esprit new-yorkais, démontrent que le cheesecake est devenu un champ de possibles infini pour les gourmands.
Le cheesecake basque, au-delà de Grave, s’inscrit dans une tradition française qui voit des artisans comme Jacques Génin, Benoît Castel et Séphora Saada proposer leurs variantes, chacune avec un accent distinct: pâte sablée, fromage frais, et une cuisson qui révèle textures et saveurs uniques. Parmi eux, Mazaltov, cheesecake au fromage blanc 0% de matière grasse, témoigne d’un genre de croisade pour une légèreté assumée et une identité franco-japonaise.
En somme, Paris abrite deux visions complémentaires du cheesecake: la riche et crémeuse, inspirée des États‑Unis, et la version légère et aérienne venue d’outre‑Pacifique. Le Marais demeure un laboratoire vivant où se réinvente sans cesse ce dessert emblématique, entre traditions gourmandes et innovations surprenantes.
- Grave, 34, rue des Gravilliers, Paris 3e - cheesecake basque épices chaï, ouvert du lundi au vendredi 8 h 30-18 h et week-ends 10 h-19 h.
- Écoles et adresses phares: Takumi, Mori Yoshida, Benoît Castel, Séphora Saada, Jacques Génin et Mazaltov pour les variations japonisées et légères du cheesecake.
À Paris, le cheesecake continue de voyager entre styles et influences, nourri par une scène pâtissière riche et ouverte à l’expérimentation.
beaucoup de fromage à la crème! faire un cheesecake basque espagnol - boulangerie coréenne
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