Teodoro Obiang, président de la Guinée équatoriale, fête ce samedi ses 40 ans au pouvoir. C'est un record mondial de longévité, hors monarchie. Pourtant, la compétition est rude sur le continent. Samedi 3 août 2019 3 min de lecture En 1979, quand Teodoro Obiang arrive au pouvoir, le monde prend une claque cinématographique avec "Apocalypse Now" de Francis Ford Coppola. Musicalement, la passion est moins avouable avec les pas de danse enflammés sur "Born to be alive" de Patrick Hernandez. C'est une autre époque, celle de la France de VGE qui applaudit la victoire de Bernard Thévenet sur les routes du Tour. De ce monde englouti, il reste Teodoro Obiang, immuable président de Guinée Équatoriale. En 1979, il arrive au pouvoir par les armes. Il renverse son oncle. Depuis, il reste accroché à son poste, qu'il a consolidé par de puissants services de renseignements… de peur d'un coup d'État. À 77 ans, il a donc passé plus de la moitié de sa vie à la tête de ce pays d'Afrique centrale. En bon père de famille prévoyant, il envisage de céder le pouvoir un jour à son fils, Teodorin.
Les présidents camerounais et ougandais sur les autres marches du podium. Le camerounais Paul Biya a commencé son septième mandat et sa 38e année à la présidence. Il a effectué son "stage de président" comme Premier ministre pendant sept ans. Sa succession ne semble pas être un sujet d'inquiétude pour lui, comme s'il ne semblait pas l'envisager à 86 ans. En Ouganda, Yoweri Museveni est l'homme fort depuis 33 ans. Son premier mandat remonte en 1986. Ce qui lui permet de s'offrir le privilège d'un bonus. La limite d'âge pour la présidence a été abolie dans la Constitution. À 74 ans, il sera candidat à l'élection programmée en 2021. Le suspens n'étant pas le fort de la politique ougandaise, seul un problème de santé majeur le priverait d'un nouveau mandat.
Kadhafi et Bongo, champions de la longévité sur le continent. Il y a en Afrique six présidents arrivés au pouvoir il y a au moins vingt ans. Ils étaient près du double il y a encore quelques années. Le printemps arabe de 2011 a dans un premier temps épuré la longue liste des despotes inamovibles. Le tunisien Ben Ali (22 ans au pouvoir), puis Hosni Moubarak en Égypte (30 ans) et enfin le champion de longévité sur le continent africain, le Libyen Mouammar Kadhafi, 42 ans à la tête de ce riche État. Le Gabon, Omar Bongo a lui aussi passé 42 ans à la tête du pays, mais lui a préparé la suite, puisque c'est son fils qui a été élu.
Ceux qui - contre toute attente - ont quitté le pouvoir avant leur mort. Ensuite, l'alternance démocratique s'est propagée en Afrique. Des chefs d'État que l'on pensait indéboulonnables sont partis, contraints certes, mais ils ont quitté le pouvoir malgré tout : au Zimbabwe Robert Mugabe (30 ans au pouvoir), Blaise Comparé au Burkina Faso (27 ans) et l'Algérien Abdelaziz Bouteflika, poussé à la porte par la rue au terme de plusieurs journées de manifestations pacifiques (20 ans au pouvoir). Dernier en date à avoir dû quitter un pouvoir qu'il avait taillé pour son unique stature : le soudanais Omar El-Béchir. La rue, là encore, à force d'abnégation a obtenu l'impossible : mettre le tyran de Khartoum derrière les barreaux après 26 ans de mainmise sur le pays.
La présidence à vie dans leur ligne de mire. C'est sûrement l'objectif d'Idriss Déby, ami de la France (qui a su par le passé le protéger), qui va célébrer l'an prochain ses 30 ans comme président du Tchad. L'Érythrée, depuis son indépendance en 1993, n'a connu qu'un seul président, Isaias Afwerki. Pour cause : il n'y a pas eu d'élection depuis. Enfin, l'un des plus discrets mais l'une des mains les plus fermes du continent, Sassou N'Guesso président de la république du Congo depuis 22 ans, et qui écrase toute opposition.
La France est devenue une dictature affirment plusieurs organisations syndicales et des droits de l’homme avec toutes les violences policières qu’on observe et un chef d’État jugé « autoritaire » par plusieurs hommes et femmes politiques dont Ségolène Royal. Et de lancer : « Mais allez en dictature ! Une dictature, c’est un régime ou une personne ou un clan décident des lois. Une dictature, c’est un régime où on ne change pas les dirigeants, jamais. Si la France c’est cela, essayez la dictature et vous verrez! »
Une leçon pour les dictateurs africains pourrait être celle du Soudan. Le 11 avril 2019, le dictateur soudanais Omar Hassan Ahmad al-Bashir a été destitué par l’armée après des mois de manifestations anti-gouvernementales contre son règne de trois décennies. Les femmes ont joué un rôle majeur dans sa destitution. Depuis lors, Omar Hassan Ahmad al-Bashir est accusé de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité au Darfour.
Emmanuel Macron et la Françafrique: un paradoxe persistant. Pour mener l’offensive contre le rejet de la France sur le continent, Macron a organisé une tournée africaine précédée d’un discours qui se voulait « de rupture » mais reprend les vieilles sornettes sur la fin de la Françafrique. Ce discours est dans la continuité du sommet Afrique-France de Montpellier en 2021. En dénonçant « le confort des grilles de lecture du passé », Macron tente de faire croire que le départ de l’armée française de Centrafrique, du Mali et dernièrement du Burkina Faso est du ressort de sa volonté politique.

Les auteurs décrivent une France qui a longtemps soutenu des dynasties et des clans au pouvoir, avant d’essaimer des discours sur la démocratisation. Le constat est que les armées africaines et les États restent gangrénés par l’incurie, la corruption et le clanisme. La Françafrique est aujourd’hui vue comme AfricaFrance, une diplomatie axée sur les intérêts et les puissances émergentes plutôt que sur une transmission démocratique neutre.
Emmanuel Macron face à un maire qui ne le respecte pas ! vidéo exceptionnelle !
Le texte évoque aussi des cas concrets de dictatures encore en place: Obiang en Guinée équatoriale, Ali Bongo au Gabon, Faure Gnassingbé au Togo, Idriss Déby au Tchad (jusqu’à sa disparition en 2021), Yoweri Museveni en Ouganda, Paul Biya au Cameroun, Denis Sassou Nguesso en Congo, et autres dirigeants dont les constitutions ont été modifiées pour élire indéfiniment. Une leçon semble émerger: l’alternance démocratique est possible lorsque la pression populaire et des dynamiques régionales s’en mêlent, comme au Soudan, et lorsque les puissances externes reconsidèrent leur rôle.
Dans ce cadre, les débats autour de l’ingérence, des réformes constitutionnelles et du rôle des anciennes puissances restent brûlants. Le chapitre Macarons et dictatures africaines interroge sur la longévité, les mécanismes de contrôle des pouvoirs et les trajectoires du développement lorsqu’émerge une véritable alternance démocratique ou lorsque les dynasties s’inscrivent durablement dans les institutions.
| Dirigeant | Pays | Années au pouvoir | Observation |
|---|---|---|---|
| Guinée équatoriale | 1979-présent | L’un des plus corrompus, craint par les services de sécurité | |
| Cameroun | 1982-présent | Stabilité contestée, succession incertaine | |
| Ouganda | 1986-présent | Constitution modifiée pour rester au pouvoir | |
| République du Congo | 1979-1992, puis 1997-présent | Constitution et répression de l’opposition |
Des événements récents montrent que la rue peut faire bouger les lignes: destitutions ou assassinats de dictateurs en Afrique, et des révoltes qui réexaminent les relations avec l’ancienne puissance coloniale. L’article met en perspective les dilemmes stratégiques des démocraties occidentales, qui doivent équilibrer leurs intérêts économiques et les droits humains, tout en reconnaissant les limites des outils historiques tels que le franc CFA ou les alliances militaires.
tags: #macaron #et #lesdictateurs #africain