Ce pain au levain fusionne habilement l’épeautre et le blé, offrant une croûte dorée, une mie aérienne et un goût rustique incomparable. Le sel, l’eau et le levain actif sont les leviers principaux qui permettent d’obtenir une pâte souple, une fermentation adaptée et une cuisson en cocotte qui scelle les arômes et la texture.
Origine et principe du levain
Le levain, produit de la fermentation du mélange farine - eau, est porté par des bactéries présentes dans la farine qui rejettent du CO2 et font gonfler la pâte. C’est une technologie naturelle utilisée depuis des millénaires pour faire lever le pain. Le levain peut être liquide et demande des rafraîchissements réguliers pour maintenir son activité et sa saveur.
Composition et rôle du levain dans ce pain
Dans cette préparation, on commence par préparer un levain tout point puis on l’incorpore à la pâte principale. Le levain chef, mélangé avec de l’eau et plusieurs farines, conditionne la dynamique d’absorption d’eau et le comportement du gluten pendant le pétrissage et la fermentation.
Farines utilisées et leurs interactions
La base est la farine de blé et grand épeautre T80, utilisée à la fois dans le levain et dans la pâte principale. On peut remplacer partiellement ou totalement les farines par des combinaisons proches en fonction de l’approvisionnement, tout en conservant le caractère du pain grâce à l’apport de l’épeautre qui confère une mie plus dense et une saveur noisettée.
La farine d’épeautre contient des protéines de qualité et des fibres, ce qui influe sur la texture et la densité du pain. Le taux de gluten et l’endommagement des molécules d’amidon influencent l’élasticité et l’absorption d’eau, et déterminent le temps de pousse et la tenue de la forme lors de la cuisson.
Classification et impact des farines
Les farines varient selon leur teneur en gluten et leur degré de transformation. Une farine à pain riche en protéines offre une meilleure tenue pendant la fermentation longue typique du levain. Les classifications allemandes et italiennes (taux de cendres, valeur W) donnent des indicateurs sur la robustesse et la répétibilité des résultats, mais la pratique reste guidée par l’observation et le ressenti de la pâte.
Déroulement de la recette étape par étape
Jour J, on prépare le levain actif le matin, puis on assemble la pâte principale en mélangeant le levain avec l’eau et les farines. Le pétrissage se fait en plusieurs étapes avec des ajouts d’eau pour obtenir une pâte élastique et brillante. On effectue des rabats espacés et une phase de repos en boîte plastique, afin de développer le réseau de gluten sans dégazer excessivement la pâte.
Après les rabats, on façonne le pain en boule et on place la pâte dans un banneton ou une passoire farinée. Le repos se fait au réfrigérateur pour développer les arômes et la structure. Le lamage (incision) en croix avec chevrons prépare le pain à la cuisson et permet une expansion contrôlée à la cuisson.
Cuisson en cocotte en fonte est recommandée pour une meilleure diffusion de la chaleur et de la vapeur. Le préchauffage se fait à 250°C, puis la cuisson est effectuée sous couvercle pour 30 minutes, suivie d’une 15 minutes sans couvercle afin d’obtenir une croûte bien croustillante et une mie alvéolée.
Variantes et conseils pratiques
Utiliser une cocotte ou un plat adapté en verre ou en céramique peut aussi donner d’excellents résultats. La vapeur générée pendant la cuisson favorise une meilleure expansion de la pâte et une croûte parfumée. Le choix des tarifs et des temps de pousse peut varier selon l’humidité et la température ambiante; il faut donc ajuster les temps de repos et la hydration en fonction du levain et de la farine utilisée.
Le mélange des farines blé et épeautre offre une saveur plus noisettée, avec une mie légèrement dense et une croûte bien dorée. Le niveau d’hydratation et la gestion des rabats jouent un rôle clé dans l’obtention d’une mie alvéolée et d’une pâte qui se tient bien à la cuisson.
Trucs et astuces
- Rafraîchir le levain matin et préparer la pâte principale ensuite pour une meilleure synchronisation des temps de pousse.
- Contrôler l’hydratation: ajuster l’eau selon la consistance de la pâte et le type de farine utilisé.
- Éviter de dégazer trop la pâte lors du façonnage pour préserver le réseau de gluten et l’air à l’intérieur.
Pourquoi ce mélange fonctionne-t-il si bien ?
La combinaison des farines de blé et d’épeautre apporte à la fois une teneur en protéines suffisante pour le levain et une saveur plus profonde due à l’épeautre. Le procédé de fermentation lente et les rabats renforcent le réseau de gluten, ce qui se traduit par une mie aérienne et une croûte croustillante. Le lamage et le façonnage soignent la forme finale et assurent une cuisson homogène dans la cocotte.

Faire son PAIN au levain 🍞
| Élément | Quantité/Phase | Règle pratique |
|---|---|---|
| Levain | 45 g levain chef + 90 g eau + 90 g farine | Active 5 h |
| Pâte principale | 200 g levain + 360 g eau + 600 g farine | Pétrissage jusqu’à dough elastique |
| Fermentations | 3 rabats + 1 h repos + 1 h puis 30 min | Points de contrôle du volume |
Avec une farine moulue maison ou une farine d’épeautre biologique, les résultats peuvent varier selon l’endommagement des granules d’amidon et le taux de gluten. La fermentation lente et le façonnage précis permettent d’obtenir une pâte qui se tient bien à la cuisson et qui offre une mie dense et alvéolée.