Princesse Toinon ne pense qu’à une chose : se marier. Là est son souhait le plus cher. À son grand bonheur, elle obtient l’accord de la reine. « Soit, dit la Reine, dès que tu auras trouvé le prince au petit pois ! »
Quel défi ne lui donne-t-elle pas ! Comment parviendra-t-elle à trouver et à reconnaître le prince au petit pois ? Une véritable énigme qui laisse Toinon bien perplexe. Doit-elle partir à la recherche du prince au petit pois ? Au petit poids ? Ou au petit pouah ?
Loin de se laisser abattre, Princesse Toinon s’en va sur les routes du Royaume de France. Elle fait escale à Choisy-le-Roi. Difficile, en effet, de trouver ville plus appropriée dans son cas… Son choix se porte sur le prince Antoine, musicien de son état, tandis qu’au palais la Reine se prépare à le recevoir en cachant sous le matelas des petits pois tout frais en provenance du marché.
Malheureusement pour Toinon, la chambre ainsi préparée ne fut pas au goût de son prince. Eliminé, ce rabat-joie ! Et Toinon de repartir sur les chemins. À Quincampoix, elle jette son dévolu sur Benoît le chevalier, héros des tournois. En dépit de sa bravoure, il ne parviendra pas lui non plus à réussir l’épreuve des pois imposée par la Reine. Et si son prince l’attendait à Foix ?
Vous aurez certainement reconnu le conte « La princesse au petit pois » de H.C. Andersen dont s’est inspiré Sylvie Chausse pour cette adaptation libre et originale qui ne manque pas de talent. On se délecte aux sons des rimes en « ois » qui rythment le texte, on sourit aux jeux de mots qui parsèment le texte (Choisy-le-Roi, Robin des Bois…), on s’amuse des quiproquos et mésaventures de Princesse Toinon.
Quant aux illustrations, elles nous laissent pantois… De découpages en collages et autres montages, Anne Letuffe donne à cet album un style bien à lui, délicieusement suranné, tout en lui insufflant un rythme endiablé. Le prince au petit pois est un album destiné aux enfants de plus de 4 ans. Mais les jeux de mots et le vocabulaire utilisés nécessitent une importante médiation de l’adulte. Cet album est une adaptation libre et très originale du conte d’Andersen La princesse au petit pois.
L’héroïne, la Princesse Toinon, veut se marier. À son grand bonheur, elle obtient l’accord de la reine. Mais, pour cela elle doit trouver le prince au petit pois. Une véritable énigme qui laisse Toinon bien perplexe. Doit-elle partir à la recherche du prince au petit pois ? Au petit poids ? Ou au petit pouah ?
Le premier contact avec l’album se fait par la première de couverture. Sa composition graphique est très riche : il y a des graphismes simples, des fragments de tissus effilochés et froissés, des photographies et des papiers découpés. Tous ces matériaux surchargent la couverture mais lui apportent aussi un attrait visuel indéniable. Bref, ce joyeux bazar visuel annonce l’humour du texte. Ce désordre apparent n’en est pas un. Ici, chaque image isolée fait sens et renvoie à une thématique de l’histoire. Chacune d’elle éclaire l’autre. Chaque image de la couverture raconte une histoire et se retrouve tel un fil conducteur dans les pages de l’album.
Arrêtons nous sur le personnage centrale : la princesse Toinon. Tout en elle, évoque la rondeur : son visage, sans les oreilles de lapin, est celui d’une toute petite fille au sourire malicieux. Sa robe à pois, multicolore suggère la joie. Elle est effilochée, froissée et fabriquée dans un tissus grossier et lourd : nous sommes très loin du stéréotype de la princesse. Tout au long de l’album, le narrateur joue sur les assonances en « oi ». Particularité qui apporte au texte un rythme et des sonorités plaisantes et même très amusantes. En outre, le texte propose un vocabulaire assez désuet : pour servir cette prégnance du son « oi », le narrateur offre des mots peu rencontrés (courtois, guingois, chatoie, festoie, beffroi, palefroi, effroi, …).
Un lexique suranné mais truculent, des images colorées et foisonnantes, des associations iconiques déroutantes mais amusantes, font de cet album, un véritable lieu de détente. Beaucoup de joie éclate de ces pages et l’humour est présent dans chaque détail. Un joli conte qui se joue des mots et des situations. Petit pois sur le gâteau, cette petite dédicace de l’illustratrice, Anne Letuffe.

Le son ''oi'' : Lecture syllabique + Lecture des mots
Intention et originalité de l’adaptation
Cette adaptation libre et très originale du conte d’Andersen transmet un esprit ludique et musical. L’auteure-sauterelle entre humour et poésie, et propose une héroïne qui rompt avec les clichés traditionnels de la princesse. Le choix des noms de lieux et les jeux de mots relèvent d’un humour résolument contemporain tout en s’appuyant sur une tradition narrative bien établie.
La narration privilégie les sonorités en « oi » pour créer un rythme oral agréable et des réminiscences littéraires, permettant une médiation importante par l’adulte pour les jeunes lecteurs. Le texte se déploie dans une atmosphère graphique dense et inventive où chaque élément visuel éclaire l’autre et renforce l’expérience de lecture.
Public et médiation
Destiné aux enfants de plus de 4 ans, l’album demande néanmoins une médiation parentale ou pédagogique pour tirer pleinement parti des jeux de mots et du vocabulaire ancien. La musicalité des phrases et les quiproquos assurent un moment de lecture joyeux et stimulant.
| Élément | Description |
|---|---|
| Protagoniste | Princesse Toinon, rebelle à l’image traditionnelle de la princesse |
| Épreuve | L’épreuve du petit pois, présentée par la Reine |
| Esthétique | Collages, fragments de tissus, photographies et papiers découpés |
| Langage | Rythme en « oi », vocabulaire désuet et ludique |
En somme, l’album combine un récit enchanteur et une esthétique riche et surprenante, faisant de ce livre une promenade sympathique dans l’univers des contes et des réécritures modernes.