Biographie de Pepita Capriolo, ex-juge et enquêteuse de l’archevêché de Montréal

Pepita G. Capriolo est une ancienne juge de la Cour supérieure du Québec qui a mené une enquête majeure sur le prêtre Brian Boucher au sein de l’Archidiocèse de Montréal et qui a ensuite été mandatée pour évaluer le traitement des plaintes d’abus sexuels au sein de l’Église catholique de Montréal. Elle s’est exprimée dans sa première entrevue médiatique après le dépôt du rapport sur Brian Boucher, expliquant son scepticisme face à la nécessité d’une enquête publique généralisée sur les abus au Québec et rappelant les limites des chiffres publiés par de telles enquêtes.

Son travail sur Brian Boucher est décrit comme l’une des enquêtes les plus approfondies menées au Canada sur le cas d’un prêtre pédophile. « Mon rapport était pas mal dévastateur. Je n’ai pas ménagé l’Église », précise-t-elle, tout en se déclarant de confession juive. Elle souligne que les nombreux drapeaux rouges relevés au cours de la carrière de Boucher sont restés sans effet et estime qu’il aurait été possible de mettre fin aux abus plus tôt.

Capriolo affirme que, même si des cas similaires se sont produits à travers le Québec, il n’est pas nécessaire de réaliser une enquête exhaustive pour établir ces constats. « Quand on fait une étude de sol, on prend une ou deux carottes, on ne va pas tout déblayer », illustre-t-elle. Elle demeure également sceptique quant à la fiabilité des chiffres avancés pour estimer le nombre de victimes, rappelant que les victimes restent souvent silencieuses, parfois décédées, et que les archives diocésaines peuvent être incomplètes ou ambiguës.

Pour aider les victimes à se libérer et avancer dans leur guérison, Capriolo propose de créer une plateforme dédiée, afin de donner voix à celles et ceux qui souhaitent parler. Elle considère ensuite crucial que l’archidiocèse mette en œuvre les 31 recommandations de son rapport et tourne résolument l’attention vers l’avenir pour éviter la récurrence des abus.

L’archidiocèse de Montréal affirme son engagement en visant l’audit externe des archives des cinq diocèses de la « province ecclésiastique de Montréal » et l’identification d’un expert chargé de ce travail. Lépine précise que les archives, y compris celles dites « secrètes », seront numérisées afin de prévenir la disparition de documents compromettants et faciliter les vérifications.

Dans le cadre de l’enquête sur Brian Boucher, Capriolo a examiné « qui savait quoi et quand » et a souligné les défenses institutionnelles et les retards significatifs. Le rapport pointe notamment des difficultés d’imputabilité et des faiblesses structurelles, tout en insistant sur l’importance d’une meilleure transparence et d’un processus clément mais efficace envers les victimes.

Le mandat confié à Capriolo par l’Archidiocèse est de clarifier les faits, d’évaluer les pratiques internes et de proposer des améliorations pour prévenir de futurs abus. L’archevêque de Montréal, Monseigneur Christian Lépine, a exprimé sa gratitude et son regret face à ce dossier, promettant la mise en œuvre des recommandations et l’ouverture d’un nouveau Comité arcidiocésain chargé de superviser leur application.

Brian Boucher, ordonné en 1996, a servi dans dix églises de Montréal entre 1985 et 2015. Après le dépôt du rapport Capriolo et les procédures canoniques, le diocèse a poursuivi ses efforts pour renforcer les mécanismes de plainte et l’indépendance des enquêtes.

Parallèlement, l’ombudsman de l’archidiocèse a publié un rapport critiquant les retards et les obstacles dans le traitement des plaintes, louant toutefois partiellement les avancées réalisées. Capriolo a soutenu les constats de l’ombudsman, tout en appelant à une meilleure exécution des recommandations et à une transparence accrue.

Face aux critiques et aux pressions internes, Capriolo a finalement démissionné du Comité de transition en dépit de son engagement initial. Elle a expliqué sa décision par le désir de ne pas apparaître comme cautionnant des pratiques qui selon elle restent dysfonctionnelles.

Dans une interview téléphonique, Capriolo souligne l’isolement possiblement subi par l’archevêque et l’existence de résistances internes au sein de la hiérarchie, tout en restant optimiste quant à l’avenir si le peuple croyant soutient les réformes. Elle affirme être prête à continuer d’aider l’Église si nécessaire, tout en maintenant sa position critique sur le système en place.

portrait de Pepita Capriolo, juge à la retraite

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