Sexy Sushi est le duo musical le plus barjo du moment. Dans son nouvel album, Cyril, il dézingue le présentateur du JT de 13 heures de TF1. Rebeka Warrior et Mitch Silver, les deux trublions qui forment le groupe, jouent avec les codes de la société de consommation et l’humour noir pour signer un opus électro-punk à prendre au 26e degré.
Derrière ces pseudos de guérilla se cachent deux trentenaires barjos avec un joli CV. Julia Lanoë est aussi la chanteuse de Mansfield.TYA, duo folk-rock sombre et estimé ; David Grellier, lui, a créé le collectif électronique nantais Valérie et mène le projet College. Mitch Silver et Rebeka Warrior, compositeurs et interprètes de Sexy Sushi, tels qu’ils apparaissent sur la pochette de leur nouvel album. Autour des Sexy Sushi, un buzz affole la toile bien malgré eux.
La raison ? Une chanson, son refrain « Meurs meurs Jean-Pierre Pernault » (le « l » en plus au nom du présentateur est voulue par ses auteurs) et ses couplets dont voici un extrait : « J’aimerais que tu trébuches, que ta tête s’ouvre et dégouline dans ta capuche/ Que tu fasses dans ton froc au journal télé ». Mon tout, sur fond de musique électro, est à prendre évidemment au dix-septième degré. Problème, certains sites, dont celui plus people de Jean-Marc Morandini a carrément titré « Un groupe punk souhaite la mort de Jean-Pierre Pernaut ». « Notre chanson est absurde. On est dans l’humour », explique Mitch Silver. « Sur les blogs, nos propos ont été déformés. On n’en veut pas à Pernaut. On fait de la musique, point. On est dégoûtés que tout le monde parle de ça. Pour nous Jean-Pierre Pernaut c’est comme le pape, c’est un symbole ».

Ce morceau électro punk, qui s’inscrit parfaitement dans l’univers décalé de Sexy Sushi, est tiré de « Cyril » (Label Maison) leur nouvel album, dont la sortie est calée le 26 juillet. À Nantes, ce n’est pas la première fois qu’une chanson crée la polémique. On se souvient d’un titre de Colt 44 qui parlait de « remplir Waldeck (le commissariat central) de gaz moutarde ». Cette chanson avait valu à son auteur une amende avec sursis. Le tribunal de Nantes a également accueilli le groupe Matmatah pour apologie au cannabis tandis que nos voisins rennais Billy Ze Kick ont connu quelques déboires avec « Mangez-moi, mangez-moi » à propos de champignons hallucinogènes.
Alors qu’adviendra-t-il de ce « Meurs, meurs JPP » ? D’abord, Jean-Pierre Pernaut n’a pas (encore ?) porté plainte et puis, histoire de paraphraser un autre artiste nantais, Dominique A, « il ne faut pas souhaiter la mort des gens, ça les fait vivre plus longtemps » (chanson en écoute ici). "Meurs meurs Jean-Pierre Pernault", c'est le titre d'une des chansons phares du dernier album du groupe électro-punk-cynique Sexy Sushi. Jean-Pierre Pernault avec un "L", contrairement à son homonyme du JT de TF1...
Au menu? Paroles trash, insolence affichée et déjantée. Dans la chanson, divers scénarios sont imaginés pour mettre à mort JPP : "J'aimerais que tu trébuches, que ta tête s'ouvre et dégouline dans ta capuche", "Que tu fasses dans ton froc pendant le journal télévisé" ou encore "Que tu dérapes comme un con sur une bouche d'égout, et qu'on tricote un pull avec tes tripes". Et ce couplet final : "Tu es la personne que je déteste le plus sur terre".

Derrière Sexy Sushi, Julia Lanoë et David Grellier, tous deux bien connus du milieu électro et forts de nombreuses collaborations. Pour le groupe ils ont adopté des pseudos aux consonances guerrières : Rebeka Warrior et Mitch Silver. "On n'en veut pas à Jean-Pierre Pernaut, mais à son journal et à ses sujets sur les espadrilles", assure la jeune femme dans les colonnes de l’Express paru cette semaine, avant d'ajouter : "La peur d'un procès? On s'en fout".
Tout d'abord "on ne cherche pas à choquer, nous sommes aussi cyniques que la société de consommation qui nous entoure". Par TéléObs
Le duo, qui navigue entre humour acide et critique sociale, affirme vouloir décrire une réalité déconcertante avec une énergie contagieuse. Leur univers mêle punchs électroniques, riffs acérés et textes qui jouent avec les limites, pour offrir une expérience musicale qui ne ressemble à aucune autre.
Contexte et héritage musical
Sexy Sushi s’inscrit dans une scène électro-punk qui prend ses distances avec les codes traditionnels de la chanson française. Florian, percussionniste de scène, et les autres collaborateurs, apportent une énergie brute et une esthétique kitsch assumée, pour questionner les mécanismes du spectacle et du média.
Réception et polarisation
La chanson « Meurs meurs Jean-Pierre Pernault » a créé un débat sur la frontière entre satire et attaque personnelle. Certains blogs et médias ont interprété les paroles comme une incitation à la violence, tandis que d’autres ont salué l’audace et l’irrévérence inhérentes au groupe.
Paroles et imagerie
Les textes décrivent des scénarios extrêmes avec une langue volontairement crue et outrancière, tandis que les visuels et les pochettes jouent sur des codes pop et kitsch, renforçant l’effet de provocation calculée.
| Artiste | Projet | Rôle |
|---|---|---|
| Julia Lanoë | Mansfield.TYA | Chanteuse |
| David Grellier | Valérie, College | Compositeur / Électro |
| Rebeka Warrior | Séries Sexy Sushi | Chanteuse / Parolière |
| Mitch Silver | Séries Sexy Sushi | Parolier / Docteur du son |
À Nantes, l’effervescence autour de Sexy Sushi témoigne d’un désir de repousser les limites et d’élargir les horizons de la scène indépendante, en réinventant les codes du genre et en affirmant une identité artistique forte et singulière.