Alain et Thibaut Heuzard, le père et le fils, le président et le directeur de La Flambée, incarnent une saga familiale qui traverse les décennies et reflète l’évolution du music-hall mancelle.
La Flambée naît comme une association d’éducation populaire créée par les commerçants des Sablons et mon frère Marcel, pour occuper les jeunes du quartier et participer au carnaval d’été de la ville et du comité des fêtes avec un groupe dansant.
J’ai suggéré ensuite le nom de Flambée de l’Épau à mon frère. La Flambée, pour l’image d’un bien qui vit tout le temps si on l’entretient, l’Épau pour le quartier.
On voulait être innovant. Nous avons monté un orchestre, Borsalino, avec déjà du spectacle, des danseuses. C’est aussi le moment où j’ai rencontré Martine, qui était danseuse et chanteuse au cercle culturel des Cheminots et faisait les concours des Tréteaux chantants; elle a rejoint La Flambée.
Mais l’orchestre, c’était transitoire, un moyen de faire rentrer de l’argent pour d’autres projets. C’est comme ça qu’on a acheté Le Patis en 1986, qui était un cinéma, pour en faire un cabaret dans le but de proposer d’autres formes de music-hall.
On peut évoquer, au XVIIe siècle, les premiers cafés chantants, assez sommaires, avec juste quelques planches posées sur des tonneaux. D'abord de la diversité. On est là pour le plaisir, on s'émerveille, c'est ce qui le rend si populaire. On ne vient pas y écouter un message ou un discours comme au théâtre. On rit, on s'angoisse, on pleure un peu, on est là surtout pour s'amuser, admirer une revue...
Jules Vallès disait : « Pour quelques sous, on a accès à un luxe de millionnaire ». Au Second empire, il y a 150 salles de music-hall à Paris. Les lieux d'accueil du music-hall ont toujours été très divers : des Folies Bergères à l'Olympia en passant par Le Caveau de la République ou Les Magic Mirrors. Les chanteurs comme Montand ont démarré dans le music-hall avec un jongleur ou un fantaisiste qui assurait la première partie de leur spectacle. Les chansonniers aussi font partie du music-hall. Dans toutes les villes d'Allemagne, il y a des lieux appelés Varietés qui donnent une vraie dynamique dans ce domaine.

Vendredi 24 mai, à 19 h 30 au cabaret Le Pâtis, 38, rue d'Eichthal. Conférence suivie de la présentation artistique des étudiants de l’Institut national des arts du Music-hall.
La Flambée de l’Épau naît le 2 octobre 1973, avec des amateurs de chant, danse et musique. Au Mans, les premières “revues d’actualité” remontent à la fin du XIXe siècle. En 1934, elles reviendront chaque fin d’année sous la houlette du chansonnier Jem (Julien Massot) et captiveront les Manceaux jusqu’en 1959.
En parallèle à la création de ses premiers spectacles en 1979, La Flambée rejoint l’aventure avec la chanteuse Martine Heuzard et ses corps de ballet. Au début des années 1990, elle reprend à son compte une initiative “revue et corrigée”.
Animée par la volonté de dépoussiérer le genre, la structure mancelle a bien grandi aujourd’hui pour proposer un show dans l’air du temps. Au sein de la Cité du Music-hall et des Arts populaires, créé en 2019, LF Productions (nouvelle appellation de La Flambée) trouve à ses côtés l’Institut National des arts du Music-hall et Quai de Scène pour les pratiques amateurs.
L’aventure familiale initiée par Alain Heuzard se poursuit avec son fils Thibaut à la direction. C’est reparti pour un tour ou plutôt pour un retour ! En 2024, retour dans une configuration plus traditionnelle, avec pour décor la Salle des Concerts, en cœur de ville. Un petit cocon qui plaît tant aux spectateurs… et aux artistes !
« Le rapport avec le public est un élément essentiel. On a envie d’interaction avec les gens. À la Salle des Concerts, les spectateurs sont presque sur scène », confie Martin Heuzard, comédien et co-auteur du spectacle intitulé Essentiel, avec Evelyn David.
« On commence à travailler au mois de janvier pour chercher l’idée, en gardant la recette de La Flambée. Ensuite on met un an à créer le spectacle. Le pitch du nouveau spectacle ? Une colocation et ses habitants, qui conduira les spectateurs dans différents lieux de la résidence… L’occasion de remettre sur le devant de la scène les valeurs de partage et d’entraide. L’ambiance est toujours très festive, avec des tableaux hauts en couleur, sur des arrangements musicaux signés Yoann Launay. Le plein de nouveautés. La Revue présentée au Mans est une tradition datant du début du XXe siècle. Association loi 1901, La Flambée est acteur de l’économie sociale et solidaire. Sa spécialité est le Music-hall, le croisement des arts. Les projets de La Flambée comprennent le développement d’un Music-hall innovant et l’insertion sociale et professionnelle sur des métiers du spectacle Music-hall. Aujourd’hui, tous les artistes sur scène sont des professionnels issus de l’INM. En parallèle, La Flambée réalise des spectacles très différents de la Revue annuelle au Mans et répond ainsi à des sollicitations pour tout type d’événements, adaptés aux envies et au budget du public.
10 000 places déjà vendues et une salle des concerts qui ne désemplira pas pendant trois mois. Cette année 2024 part sur les chapeaux de roues pour la vingtaine d'artistes à l'affiche de ce nouveau spectacle de la revue, baptisé Essentiel. En clair, le spectacle se déroule au sein d'un même immeuble où, selon le metteur en scène du show, Martin Heuzard, "on découvre une vie de résidence, avec des personnes qu'on aime un petit peu charrier, d'autres qu'on n'aime pas croiser ou d'autres qu'on a hâte de retrouver. C'est le principe même du music-hall : s'inspirer de la vie de tous les jours pour pouvoir développer une histoire. La revue présentée au Mans est une tradition qui remonte au début du XXème siècle. Depuis une dizaine d'années, les spectacles se font même plus contemporains.
Pour le directeur musical du spectacle, Yoann Launay, c'est une évidence : "Tous les ans, on renouvelle notre répertoire. Le music-hall s'inspire tellement des sujets importants du quotidien que, chaque année, les gens viennent prendre une "dose" de music-hall. L'ancien candidat de la saison 4 de The Voice travaille avec la revue de La Flambée depuis plus de 20 ans. Pour ces élèves, alternants pour la majorité, Essentiel représente une première solide expérience scénique. " C'est une sorte de tremplin. Yoann Launay en est persuadé, "ce format-là, c'est le vrai, c'est le bon ! Le public, lui, en redemande.
La Flambée poursuit ainsi son actualisation tout en restant fidèle à ses racines, mêlant tradition et modernité du music-hall à travers des spectacles qui mobilisent professionnels et amateurs sous l’égide d’une économie sociale et solidaire.
Note: Ce texte réunit et réorganise des passages du corpus fourni, tout en conservant fidèlement le wording des propositions concernées.