La fraise inaugure la saison des fruits rouges dès le mois de mars, bien que les variétés françaises comme la Gariguette n’arrivent qu’en mai. Il est préférable d’attendre ces dernières pour profiter pleinement de leur saveur sucrée et parfumée. La cerise suit rapidement avec les variétés hâtives dès mai et la célèbre Burlat en juin. Il faut prévoir un grand jardin car le cerisier fructifie pendant 20 à 50 ans. La framboise clôture ce trio printanier avec une culture particulièrement accessible aux débutants.
Les variétés non remontantes fructifient en juin pendant un mois, tandis que les remontantes produisent en juillet puis septembre. La groseille domine l’été avec sa récolte qui s’étale de fin juin à août selon les variétés. Cet arbuste fruitier se révèle particulièrement productif, offrant plusieurs kilos par pied. Le cassis accompagne cette période estivale avec sa fructification en juillet. Son goût acide et âcre le destine principalement à la transformation en gelée, coulis ou liqueur. Les mûres prolongent la saison de juillet à septembre, offrant une récolte généreuse. Attention toutefois car les fruits tachent facilement au sol.
L’aménagement d’une haie de fruits rouges combine utilité et esthétisme au jardin. Il est recommandé d’associer framboisiers, groseilliers et cassissiers pour échelonner les récoltes. La plantation de ces arbustes fruitiers demande peu d’espace et convient parfaitement aux petits jardins. Il faut prévoir un entretien régulier avec la taille annuelle des framboisiers et l’éclaircissement des groseilliers. La myrtille étend sa récolte de juillet à fin septembre, parfois dès juin pour les variétés hâtives. Cet arbrisseau de terre de bruyère apprécie l’ombre et produit des fruits particulièrement riches en antioxydants. Les baies de sureau noir se récoltent d’août à septembre et nécessitent une cueillette en campagne, loin des pesticides. Il est important de ne consommer que les baies du sureau noir, les autres espèces étant toxiques. Les prunelles complètent cette gamme automnale avec une récolte après les premières gelées qui adoucissent leur astringence.
La plantation des arbustes fruitiers s’effectue de préférence à l’automne ou au début du printemps. Il est conseillé de préparer le sol en apportant du compost et en vérifiant le drainage. La taille constitue un geste fondamental pour maintenir la productivité. Les framboisiers non remontants se taillent après récolte en supprimant les cannes ayant fructifié. L’entretien comprend également la fertilisation printanière avec du compost ou un engrais organique. Il est important de maintenir un paillage au pied des arbustes pour conserver l’humidité et limiter les adventices. Les fruits rouges se dégustent frais pour profiter pleinement de leurs qualités nutritionnelles. Riches en vitamine C, fibres et antioxydants, ils présentent un faible taux de sucre et restent peu caloriques. La transformation permet de prolonger le plaisir : confitures, gelées, sirops et coulis valorisent les récoltes abondantes. Il est possible de congeler la plupart des fruits rouges pour une utilisation ultérieure. La cuisine créative intègre ces fruits dans de nombreuses préparations : tartes, clafoutis, crumbles mais aussi accompagnements de plats salés.
FAQ et contexte de production
Quand planter les arbustes à fruits rouges ? La plantation s’effectue de octobre à mars, hors périodes de gel. Combien d’années produisent les framboisiers ? Les framboisiers restent productifs pendant 6 à 10 ans en moyenne. Peut-on cultiver les fruits rouges en pot ? Oui, la plupart des arbustes fruitiers s’adaptent à la culture en contenants d’au moins 40 litres. La pleine saison de la framboise s'étend de juillet à août. On trouve cependant sur les étals quelques variétés précoces dès avril, et des variétés tardives jusqu'en octobre. Son nom serait issu de la déformation de « fraise des bois ». La framboise est un fruit d'origine sauvage très répandu dans les régions montagneuses de l'Europe. En France, plus de 5 970 tonnes de framboises sont produites par an (source :Agreste). Il existe deux grands types de framboisiers : les remontants, qui offrent deux récoltes par an, et les non remontants. Parmi eux, figurent de nombreuses variétés comme la Meeker, variété la plus produite dans l'Hexagone, l'Héritage, très parfumée, ou la Ilyod George. Attention : les framboises sont des fruits fragiles. Ainsi, elles ne se conservent pas longtemps après avoir été récoltées. Mieux vaut les placer au réfrigérateur et les consommer dans les cinq jours après l'achat.
Une progression fulgurante. La consommation des petits fruits rouges en France et en Europe est dans une dynamique remarquable depuis une dizaine d’années, dynamique qui s’est encore amplifiée depuis cinq ans. La framboise et la myrtille sont les figures de proue de cette évolution. Ainsi, le taux de croissance annuel moyen de la consommation française de framboise est de près de 10 % en volume depuis 2016. Les volumes achetés de myrtille ont même été multipliés par 6 entre la période 2015-2017 et 2021 ! Les achats se développent dans tous les types de circuits, avec un profil d’acheteurs un peu différent que pour l’ensemble des fruits, plus jeune et familial. « Les importations représentent près de 25 000 t en framboise, soit 86 % des framboises consommées. En myrtille, près de 10 000 t ont été importées en moyenne entre 2019 et 2021, soit 83 % de la consommation française », souligne Matthieu Serrurier, du CTIFL, lors de la journée nationale Fruits rouges organisée par le centre technique en septembre à Laon (Aisne). Le taux d’auto-approvisionnement est donc seulement de 14 % pour la framboise et de 17 % pour la myrtille. Ce taux a fortement diminué ces dix dernières années avec l’explosion de la consommation. « Depuis 5 à 6 ans, les producteurs ont pris conscience du développement potentiel de la myrtille en France. Des producteurs de toutes les régions sont intéressés par cette culture », assure Caroline Barbier, présidente de l’Association des producteurs de myrtille de France (APMF), lors de la journée nationale Fruits rouges. Le sous-approvisionnement du marché des fruits rouges par la production française était le sujet d’une table ronde rassemblant des acteurs de l’amont et de l’aval. « La qualité et la tenue du produit sont les critères les plus importants, confirme Laurent Doerflinger, directeur des achats fruits et légumes à Lidl. L’origine France vient ensuite. Le local passe vraiment en second plan. On aimerait pouvoir ne proposer que de l’origine France sur les mois de production française, mais ce n’est pas encore le cas. « Les petits fruits rouges ont un horizon dégagé, se réjouit Stéphane Decourcelle, de Fruits Rouges & Co. Comment s’explique la stagnation de la production française, alors que la consommation s’envole ? La production française fait notamment face à des difficultés liées à la gestion et au coût de la main-d’œuvre, qui représente 80 % du coût de production en France. D’autre part, certains pays comme l’Espagne ont fortement progressé ces dernières années, à la fois en termes de volumes et de qualité. « L’import est de plus en plus qualitatif en termes de goût et de tenue », estime ainsi Laurent Doerflinger. Les exploitations de petits fruits rouges sont caractérisées pour la majorité par des petites surfaces de production : 74 % des exploitations produisant de la framboise ont des surfaces de framboise inférieures à 2000 m². C’est le cas pour 61 % des exploitations pour la myrtille, 80 % pour le cassis et 82 % pour la groseille. À l’autre bout du spectre, à peine 2 % des exploitations produisant de la framboise en cultivent sur 2 ha et plus. Ces « gros » producteurs de framboise représentent 39 % de la production nationale. « Vu de l’extérieur, la filière semble être atomisée, analyse Xavier Martin, de la SAS Lagache, société d’expédition également grossiste de carreau sur le marché de gros de Lille. Un regroupement de l’amont serait bénéfique pour avoir des données plus fiables, et permettre une planification de ce qui va être produit. Mais ça ne peut se faire qu’avec des engagements forts de l’aval sur les volumes et peut-être sur les prix. C’est un vrai travail de filière à réaliser. » Selon Franck Figuet, producteur et président de l’Association pour la valorisation de la framboise française (AVFF), une garantie de prix permettrait de rassurer les producteurs. « Un dialogue doit être mis en place avec la grande distribution, estime également Stéphane Decourcelle de Fruits Rouges & Co. Celle-ci dispose d’assez peu de données sur la production française. » Selon Franck Figuet, un gros travail est à réaliser pour pouvoir transmettre à la grande distribution des prévisions de récolte précises. « La grande distribution manque d’informations, c’est à nous producteurs de les fournir », réagit Philippe Massardier, responsable de la Sicoly. Et de conclure : « On est capable de travailler de la qualité mais il faut assurer le revenu économique des producteurs. 21 800 t de framboise sont commercialisées en frais chaque année en France (moyenne 2019-2021). Sa présence en rayons est davantage marquée d’avril à août, le mois de mai étant celui où les volumes commercialisés sont les plus importants. La framboise française est commercialisée d’avril à octobre, avec un pic en juillet et août, où elle représente respectivement 41 % et 33 % des volumes commercialisés. L’Espagne (12 300 t), le Portugal (5 000 t) et le Maroc (4 200 t) sont les principales origines d’importation. La myrtille représente un volume annuel commercialisé en frais de 8 400 t. Elle est majoritairement en rayons d’avril à août, avec un pic en mai. La part de l’origine France est plus importante en juillet (53 % des volumes commercialisés) et en août (46 %). Sur l’année, la myrtille française est présente entre avril et octobre. Les imports, qui représentent 9 900 t, proviennent principalement d’Espagne (5 600 t) et du Maroc (1 900 t). Les volumes commercialisés de groseille sont plus modestes, avec 1300 t annuelles en frais. La groseille est principalement commercialisée en juillet et août (respectivement 32 % et 18 % des volumes), puis en juillet, septembre et décembre (8 à 9 % des volumes sur chacun de ces mois). L’origine France représente 50 % des volumes sur l’année. Elle est majoritaire en juillet (84 % des volumes), août (79 %), septembre (59 %) et juillet (50 %).
La production de petits fruits rouges est répartie sur tous les continents. La Russie est le premier producteur de cassis et de groseille, ainsi qu’un des premiers de framboise, mais elle réalise peu d’échanges commerciaux. La production chinoise est en plein essor mais le marché est encore très dépendant des importations. Les États-Unis sont le premier marché des petits fruits rouges. Ils sont aussi un producteur majeur de framboise et de myrtille, ainsi que le premier importateur mondial de ces deux fruits. Au Mexique comme au Pérou et au Chili, la production de fruits rouges est largement consacrée aux exports, principalement vers les États-Unis. À noter que le Mexique est le premier producteur mondial de mûre, avec des volumes supérieurs à ceux de la framboise et de la myrtille réunies. En Europe, la production de cassis est dominée par la Pologne (104 000 t), très loin devant le Royaume-Uni (14 000 t) et la France (9000 t). Les principaux pays producteurs de framboise sont la Serbie (116 000 t, surtout destinées à la surgélation), la Pologne (100 000 t) et l’Espagne. La production espagnole, en plein développement, a été multipliée par 5 en dix ans. L’Espagne est aussi le premier producteur européen de myrtille (54 000 t), suivie par la Pologne (48 000 t), le Portugal (16 000 t) et l’Allemagne (14 000 t).
Le marché européen connaît un développement spectaculaire. Les importations ont doublé une première fois entre 2012 et 2017, puis une nouvelle fois entre 2017 et 2021. Les principaux marchés sont les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Espagne et la France. Les importations européennes proviennent en premier lieu d’Espagne, des Pays-Bas (dont beaucoup de réexportations), du Maroc et du Pérou. Les importations en provenance d’Espagne ont été multipliées par 4,5 en dix ans.
Les fruits rouges se savourent lentement du bout des doigts dans notre région, et les variétés de fraises, framboises, groseilles, myrtilles et cassis affichent une cote exceptionnelle. Dans le nord, les Hauts-de-France sont la première région productrice de groseille avec 27 % des surfaces cultivées, et le duo myrtilles-cassis pèse pour plus de 50 % de la récolte régionale de fruits rouges. Les fruits rouges et les circuits courts créent une dynamique attractive: marchés, boutiques à la ferme, Amap, et une collecte locale à l’échelle régionale.
Le premier dimanche de juillet à Noyon (Oise) a lieu l’emblématique marché aux fruits rouges, où se donnent rendez-vous pas moins de 150 producteurs régionaux. On y savoure des variétés de fruits rouges variées, mais aussi leurs dérivés.
