La Foire au Boudin est un événement important et très populaire, qui attire un public nombreux, consacré au boudin noir, spécialité locale, et plus généralement à la gastronomie. Cette foire a progressivement pris la place, à partir de 1962, de la traditionnelle foire-exposition qui existait depuis longtemps, mais rapidement confrontée à un lent déclin en raison de la concurrence des nouvelles offres commerciales. C’est donc en 1962 que l’idée a été lancée d’organiser, toujours à la Mi-Carême pour respecter une tradition séculaire, une foire au boudin.
Pourquoi le boudin ? En réalité on en produit beaucoup et partout en France. Mais il s’agissait alors d’organiser un évènement commercial autour d’un produit local, souvent dénommé sang-cuit. Les responsables de l’époque ont tout de suite veillé à établir avec les professionnels une charte permettant d’offrir aux consommateurs un produit de qualité répondant à des critères dont certains sont publics mais d’autres entretenus jalousement dans le secret. Le boudin noir de Mortagne n’a pas d’équivalent et la tradition perdure grâce aux charcutiers locaux. Mortagne-au-Perche, capitale du boudin noir, est aujourd’hui reconnue comme le lieu emblématique.
Aujourd’hui tout le monde sait que Mortagne au Perche est la capitale en France du boudin noir. Progressivement les organisateurs de la foire ont élargi son champ d’action et elle est devenue un rassemblement autour de la gastronomie et du bien manger. Artisans et producteurs locaux attirent un public nombreux. La dernière édition a réuni 25 000 personnes !
Pour donner plus de lustre encore à cet événement nous invitons chaque année une personnalité. Le boudin noir de Mortagne-au-Perche n’est pas qu’une simple charcuterie ; c’est un emblème du terroir normand, porteur d’une histoire riche et d’un savoir-faire ancestral. Malgré son nom qui peut refroidir les plus sensibles, le boudin noir de Mortagne est tout sauf lugubre. Il est chaleureux, parfumé, et presque familial. Il vous accompagne un dimanche pluvieux comme il vous fait danser les papilles lors d’un festival gourmand.
Il y a quelque chose de rassurant à savoir qu’au milieu de ce monde en perpétuel changement, un morceau de boyau farci de sang, de gras et d'oignons peut encore mobiliser des foules. Ce n’est pas seulement de la nourriture, c’est un symbole. La renommée du boudin noir de Mortagne-au-Perche ne date pas d’hier. Si la charcuterie locale était déjà appréciée au XIXe siècle, c’est en 1931, lors de l’Exposition Coloniale de Paris, que le boudin mortagnais commence à véritablement se distinguer. Cette confrérie joue un rôle essentiel dans la promotion et la préservation de cette spécialité, perpétuant les traditions et veillant à la qualité du produit.
On pourrait croire que tout a commencé avec un cochon et une bonne idée. En réalité, tout a commencé avec une culture du "ne pas gaspiller". Dans les fermes du Perche, rien ne se perdait. Le porc entier était valorisé, des pieds à la queue, en passant par le sang. Et c’est justement ce sang, noble et frais, qui donne au boudin sa profondeur unique. Au fil du temps, cette pratique paysanne s’est transformée en art. Le secret du boudin noir de Mortagne réside dans sa simplicité et la qualité de ses ingrédients. Traditionnellement, il est élaboré à partir de sang de porc frais, de gras de porc (souvent de la couenne et de la gorge), d’oignons et d’épices. La préparation est minutieuse : les oignons sont revenus, le sang est mélangé au gras haché et aux assaisonnements, puis l’ensemble est embossé dans des boyaux naturels.
Certains charcutiers, comme François Merel, privilégient une recette "la plus simple du monde", sans ajout superflu, pour laisser s’exprimer pleinement les saveurs du porc et des épices. Le processus commence toujours avec du sang de porc. Et pas n’importe lequel. Il doit être frais, récolté le matin même, et manipulé avec un soin extrême. Un sang oxydé, un peu trop chaud, et tout le boudin part en vrille. Ensuite viennent les oignons. Ils sont doucement fondus à feu doux, parfois avec un peu de beurre, parfois avec du saindoux. Leur rôle est crucial : ils apportent la douceur, contrebalancent l’intensité du sang, et donnent au boudin sa texture fondante.
Chaque année, le troisième week-end de mars, Mortagne-au-Perche devient la capitale mondiale du boudin noir. Ce n’est pas une foire comme les autres. C’est un événement. Un événement populaire, familial, presque théâtral. Dès le samedi matin, les rues de Mortagne bourdonnent. Les stands s’installent, les grills chauffent, les odeurs montent. L’ambiance est bon enfant, conviviale, presque festive. Il y a des animations, des démonstrations, des dégustations. Mais surtout, il y a le boudin. Des tonnes de boudin. Grillé, poêlé, servi sur du pain, accompagné de pommes, de compote, de purée.
Les charcutiers, eux, sont fiers. Ils exposent leurs produits comme des artistes montrent leurs tableaux. Et ils sont nombreux. Des artisans locaux bien sûr, mais aussi des confréries venues de Belgique, d’Allemagne, d’Italie, et même d’Irlande. Chaque pays a son boudin, sa version, son style. Testez vos connaissances sur cette spécialité normande emblématique avec notre quiz interactif. Pour savourer l’authentique boudin noir de Mortagne, la meilleure adresse reste la ville elle-même. Plusieurs charcuteries, fidèles à la tradition, proposent cette spécialité. Pendant la Foire Internationale, les "chair cuitiers" vendent des tonnes de boudin, offrant une opportunité unique de découvrir la diversité des recettes et de rencontrer les producteurs.
Si vous passez par Mortagne-au-Perche en 2026, ne faites pas l’impasse sur une visite chez un charcutier local. Ce n’est pas un achat comme un autre. C’est une rencontre. "Au Roi du Boudin", par exemple, est une institution. Ce n’est pas un nom choisi au hasard. C’est un titre. Et il le mérite. Ce qui le rend spécial, c’est qu’il n’essaie pas de plaire à tout le monde. Il assume son goût fort, son côté rustique, son lien avec la terre. Il n’est pas "tendance", il est authentique. Il n’est pas non plus réservé aux initiés. On peut très bien découvrir le boudin noir à 20 ans, à 50 ans, à 80 ans.
Le boudin noir de Mortagne peut être dégusté de différentes manières. Traditionnellement, il est poêlé et servi avec des pommes, mais il se marie aussi très bien avec des purées de pommes de terre, des châtaignes, ou même des compotes de fruits. La méthode la plus simple ? À la poêle. Un peu de matière grasse, feu moyen, quelques minutes de chaque côté. Quand la peau croustille, c’est prêt. La meilleure période est sans conteste le troisième week-end de mars, lors de la Foire Internationale du Boudin Noir. Le reste de l’année, Mortagne est une ville calme, charmante, pleine de charme. Mortagne-au-Perche et ses environs offrent diverses options d’hébergement : hôtels, gîtes, chambres d’hôtes et campings. Vous pouvez opter pour un hôtel en centre-ville, pratique pour flâner. Ou choisir un gîte à la campagne, pour le calme et la nature.
Oui, le Perche est une région riche en produits du terroir. Outre le boudin noir, vous pourrez découvrir les pommes du Perche, les produits cidricoles, ou encore d’autres charcuteries et fromages locaux. Il y a aussi la marmite dieppoise, un plat de poisson normand qui mérite le détour. Sans oublier le camembert, le calvados, la teurgoule, ou les tripes à la mode de Caen. Il y a dans cette spécialité quelque chose que l’on n’arrive pas tout à fait à nommer. Chaque fois que l’on déguste un boudin noir de Mortagne, on emporte avec soi quelque chose de différent : un charcutier que l’on n’avait pas encore rencontré, une variante qui nous surprend, une tranche découpée à la perfection par un artisan passionné.

La tradition du boudin s’inscrit aussi dans une culture du partage et du terroir. La confrérie des chevaliers du goûte-boudin, par exemple, symbolise ce lien entre artisans et passionnés, et participe à maintenir les savoir-faire. Le boudin noir de Mortagne-au-Perche n'est pas qu'une simple charcuterie; c'est un emblème du terroir normand, porteur d'une histoire riche et d'un savoir-faire ancestral. Malgré son nom qui peut refroidir les plus sensibles, le boudin noir de Mortagne est tout sauf lugubre. Il est chaleureux, parfumé, et presque familial. Il vous accompagne un dimanche pluvieux comme il vous fait danser les papilles lors d'un festival gourmand.
evenement - foire aux boudins 2018 de mortagne-au-perche
Il n’est pas nécessaire d’attendre le troisième week-end de mars pour goûter le boudin mortagnais: les charcuteries locales proposent des dégustations et des propositions variées tout au long de l’année. Le Perche est une région riche en produits du terroir, avec les pommes du Perche, les cidres, d’autres charcuteries et fromages locaux. Y figurent aussi des plats régionaux tels que la marmite dieppoise et des spécialités normandes comme le camembert et le calvados. Chaque dégustation est une découverte: une rencontre avec un artisan, une variante qui surprend, une tranche découpée à la perfection par un artisan passionné.
Dans les différents pays présents lors de la foire, chacun apporte sa version du boudin: Belgique, Allemagne, Italie, Irlande et autres, ce qui enrichit l’événement et offre une mosaïque de saveurs. Testez vos connaissances sur cette spécialité normande emblématique avec notre quiz interactif et laissez-vous guider par le goût et l’histoire de Mortagne-au-Perche, capitale française du boudin noir.
Remarque: si le voyage passe par Mortagne-au-Perche, ne manquez pas l’exploration des boutiques locales telles que celles qui proposent la spécialité et découvrent l’univers des charcutiers passionnés, comme Jérôme Lepoivre des Cochons sont dans le pré, qui élève des porcs en plein air et transforme dans son atelier artisanal.