Avant que le pois ne devienne petit, il était connu de l'homme depuis les prémices de la culture des jardins potagers.
En 1660, c'est par l'appétit insatiable du Roi Soleil que le petit légume vert gagnait les faveurs de la société française.
Depuis il est consacré par les cuisiniers et les gastronomes.
Apprécié pour sa fraîcheur et fêté dès le début de la saison, il se consomme aujourd'hui toute l'année au détriment de sa qualité.
On avait déjà parlé, dans ces colonnes, du goût acide des Français.
Mais le petit pois représente sans aucun doute, lui aussi, un goût bien de chez nous.
En 1660, le sieur Audiger rentre de Gênes dans le but d’obtenir auprès du roi Louis XIV le monopole des liqueurs fines et des limonades dont il a appris la technique en Italie.
Il arrive le 18 janvier à Versailles et emporte avec lui une caisse de petits pois en cosse posés sur un coussin d’herbes et de boutons de rose.
Le petit pois est connu en France depuis Guillaume le Conquérant au moins, la surprise ne vient donc pas du légume… mais de la date : nous sommes hors-saison.
On en fait cuisiner, c’est le début d’un succès fracassant.
« Le chapitre des petits pois dure toujours.
L’impatience d’en manger, le plaisir d’en avoir mangé et la joie d’en manger encore sont les trois points que nos princes traitent depuis quatre jours.
Il y a des dames qui, après avoir soupé avec le roi et bien soupé, trouvent des pois chez elles pour en manger avant de se coucher, au risque d’une indigestion.
Cest une mode ? Le médecin du roi, Fagon, met en garde le monarque contre ses excès de pois verts et de fraises.
L’estomac royal devient venteux et on peine à contenir l’appétit gargantuesque du Roi Soleil.
Saint-Simon nous apprend que l’architecte Jules Hardouin-Mansart abuse des petits pois et cela avant que le roi n’en porte à sa bouche.
Louis XIV est bouffi de jalousie.
Ainsi, quand Mansart meurt d’une indigestion, le roi ne le pleure pas.
Boileau dans son Repas Ridicule ne manque pas, comme à son habitude, de moquer la mode de la cour et son appétence pour les petits pois.
Il est désormais qualifié de : « Ragoût des riches friands ».
Plus tard, le gastronome Guy de la Reynière décernera le prix de Prince des entremets au petit pois.
Il précise : « Le petit pois est sans contredit le meilleur et le plus délicat des légumes qui se mangent à Paris ».
Antonin Carême, quant à lui, annonce « les petits pois doivent être mis au rang des légumes les plus précieux ».
Le Roi des Halles se démocratise, prend le surnom d’Orgueil des marchés et figure dans le Calendrier Révolutionnaire.
Un marché spécial aux petits pois s’ouvre enfin aux Halles de Paris et s’étend du 15 au 30 octobre chaque année.
Son succès est considérable.
Les petits pois se dégustent désormais en soupe et portent le nom de potage Saint-Germain.
Le caneton les accompagne toujours mais le pigeonneau le chasse progressivement du bout de l’aile.
Une association mythique vient de naître.
Désormais, de la haute bourgeoisie aux moyens ménages, le pigeon aux petits pois est dans toutes les assiettes.
Des variétés sont développées en nombre : Pois nain, pois ridé, pois à rames, pois à grains ronds, pois à parchemin, sans parchemin, à écosser, mange-tout, pois des jardins, pois potager.
Comme sur les champs de bataille, deux écoles s’affrontent : à la française ou à l’anglaise.
Outre-manche, on fait cuire les petits pois dans de l’eau bouillante salée.
En Italie, l’arrivée du petit pois sur les étals donne lieu à des commémorations.
On fête avant tout le renouveau et l’arrivée du printemps.
Mais au XIXe siècle l’invention de la pasteurisation va redistribuer les cartes.
Désormais le petit pois se trouve en boîte.
Son vert n’est plus si éclatant, sa consistance moins ferme et son goût est corrigé à grand coup de sucre et de sel.
Après la Seconde Guerre Mondiale, c’est la congélation qui va de nouveau réinventer le petit pois.
Souvenons-nous des mots de Guy de la Reynière : les petits pois sont les rois des légumes frais.
Croquants, sucrés, juteux, le petit pois dans sa primeur est irremplaçable.
Bernard Pacaud, chef triplement étoilé de la discrète mais insubmersible maison l’Ambroisie de la Place des Vosges enseigne à ses apprentis comment peler les petits pois.
Une fois la cosse retirée, les légumes sont blanchis à l’anglaise et refroidis dans un bain de glace.
Quelques secondes suffisent.
Ensuite, l’équipe se réunit autour de la table et du bout des ongles on retire la fine pellicule de vert tendre qui enrobe chaque pois.
Le légume se sépare en deux demi pois.
Pourquoi se donner tant de mal ? Il suffit de goûter pour comprendre.
Le petit pois est dans sa perfection, plus rien ne l’entrave.
Sur les marchés, préférez les petits pois aux cosses fermes et humides, qui craquent sous les doigts.
Tiges, feuilles et fleurs sont des indicateurs de fraîcheur.
Les cosses une fois vidées peuvent être utilisées pour préparer un bouillon.
Les petits pois écossés doivent être immergés dans l’eau mais attention, ils ne doivent pas y demeurer longtemps.
La cuisson est très brève, entre 30 secondes et deux minutes en fonction du calibre et de la destination.
On peut alors, ou non, les peler (aux Hardis, on le fait sans hésiter !).
Une noix de beurre ou un doigt de lard.
Les petits pois sont mis à rissoler.
On y ajoute laitue et ciboule au goût.
Pas ou peu de poivre.
Le vin y est inutile mais une cuillère à pot de bouillon de cosses ou de volaille peut faire l’affaire.
Les petits pois sont déjà prêts.
Le ragoût peut être lié d’un beurre manié comme le suggère François Massialot, grand officier de bouche de son temps.
Autre méthode, une fois les petits pois bien apprêtés, on beurre généreusement un sautoir avec du beurre pommade.
On pose quelques fines allumettes de jambon de bœuf fumé au fond.
On ajoute les petits pois, les ciboules et les feuilles de laitue.
On termine par quelques copeaux de beurre et on ferme le sautoir.
Deux minutes sans ouvrir sur des charbons ardents tout en secouant régulièrement l’ustensile.
En Toscane, le petit pois accompagne de minuscules seiches qui peuvent être remplacées par de petits calamars ou des crevettes grises.
Il se déguste aussi à Venise en risotto et prend le nom de Risi e bisi, un plat offert tous les ans au Doge de la Sérénissime.
Vous cherchez une recette aux petits pois ? Cet article a bien été enregistré parmi vos favoris.
En mai, le village de Cérons, près de Podensac (Gironde), célèbre "la fête des petits pois" avec la confrérie des petits pois.

Mais d'où vient cette tradition locale ?
Cérons a même sa mascotte présente sur les manifestations populaires du village : Super petit pois.
14 nov. À Cérons, près de Podensac (Gironde), une tradition locale perdure depuis les années 2000…
C’est la fête des petits pois.
Elle est unique en Sud-Gironde et elle est organisée par l’espace culturel garonnais de Cérons avec la confrérie des… petits pois.
On se souvient qu’en 2017, le prince Albert de Monaco avait effectué le déplacement à Cérons à l’occasion de cet événement.
Une visite de marque qui avait permis à la commune de Cérons de s’offrir un nouveau rayonnement…
« La plus grande discrétion avait été observée au sujet du déplacement du chef d’Etat monégasque mais sa présence n’est évidemment pas passée inaperçue », écrivait-on dans Le Républicain.
Le prince Albert, en visite à la fête des petits pois, à Cérons, en 2017.
La fête des petits pois demeures un évènement festif, célébré chaque année le deuxième dimanche de mai.
Mais quelle est son origine ?
"À l'époque, nos anciens avaient des rangs de vignes derrière leurs maisons.
Quand ils labouraient leurs terrains, ils utilisaient la terre pour cultiver le petit pois.
Pendant des années, le petit pois a nourri des familles entières de Céronnais, ainsi que leurs bêtes.
Un marché à l’image du petit pois
Puis, viens l’idée aux anciens de créer un marché sur la place du village.
Les aînés ont cherché un thème.
Le petit pois, symbole et fierté du village, est apparu comme une évidence.
« Il était devenu tellement populaire sur les plateaux des moulins, entre Cérons, Podensac et l’autoroute, que c’était lui qui était devenu le symbole du marché.
Sa production était en plein essor, il y a vraiment eu un gros développement économique autour du petit pois », poursuit Jérôme.
A la Sainte-Catherine, les habitants avaient l’habitude d’acheter le cochon à Illats et les petits pois à Cérons.
A Cérons (Gironde), la fête des petits pois offre de jolis moments.
Règlement de comptes à coups de balais entre dames
Les gens d’ici racontent que les dames de Cérons défendaient tellement leur production de petits pois qu’elles n’ont laissé aucune chance aux dames d’Illats qui voulaient faire de même.
Ce business, beaucoup trop juteux à leurs yeux, aurait conduit ces dames à régler leurs différend… à coups de balais.
Puisqu’ici, les cultivateurs et cultivatrices de petits pois n’étaient pas du genre à perdre patience…
Car, pour ramasser un rang de petits pois, il fallait au minimum 4 heures.
Les temps ont bien changé.
Chaque année, au début du mois de juin, la ville de Clamart organise la Fête des Petits Pois, la grande fête traditionnelle de la ville, qui célèbre les cultures venues du monde entier.
Depuis plusieurs décennies, la Fête des Petits Pois réunit petits et grands Clamartois lors d'un week-end ou d'une journée festive, particulièrement familiale.
Autrefois fête médiévale puis festival des arts de rue, la Fête des Petits Pois célèbre depuis sa dernière édition, en 2023, les cultures du monde, avec, chaque année, un pays mis à l’honneur.
Alors, prenez un aller simple pour Papeete, Pirae, Pukapuka... Et découvrez cette culture si différente de notre culture occidentale au travers de spectacles, ateliers pour les enfants, animations gratuites, etc.
Comme chaque année, direction la place de la Mairie et le parc de la Maison Blanche pour découvrir le Village des Petits Pois et ses décors très immersifs où se déroulent ateliers, spectacles et animations toute la journée.
En début de soirée, place à la grande parade des Petits Pois, avec un défilé en costumes et musique traditionnels !
Enfin, la fête se termine lors de la grande soirée dansante avec DJ set, dès 22h.
Démonstrations, spectacles de musique, danse, contes musicaux...
Quand ? Où ? Le dimanche 11 mai 2025, la commune de Cérons, en Gironde, célèbrera l’un de ses rendez-vous les plus attendus : la fête des petits pois.
Face à cette situation, les habitants de Cérons ont cherché des alternatives pour exploiter leurs terres et survivre économiquement.
C’est ainsi que la culture du petit pois s’est imposée : ce légume, adapté au terroir local, a permis de valoriser rapidement les parcelles libérées par l’arrachage des vignes.
La fête débutera dès 10h et se poursuivra jusqu’à 19h.
À 15h30, la confrérie des petits pois intronisera de nouveaux membres ayant contribué à l’organisation de la fête.
Moment fort de la journée, la dégustation de petits pois crus sera proposée sur le marché.
Croquants, sucrés et gorgés de fraîcheur, ils offrent une expérience gustative originale et rappellent la simplicité des plaisirs de la terre.
Depuis plus de trente ans, la fête des petits pois rassemble chaque année plusieurs centaines de convives autour de la Halle de Cérons.
L’événement, organisé par l’association Espace culturel garonnais, est devenu un symbole de la résilience et de la convivialité du village.
Note: images et vidéos suggérées pour renforcer l’informativité.Variétés et usages
Des variétés sont développées en nombre : Pois nain, pois ridé, pois à rames, pois à grains ronds, pois à parchemin, sans parchemin, à écosser, mange-tout, pois des jardins, pois potager.
La pêche des cosses et le choix des fruits selon la fraîcheur jouent un rôle crucial dans la dégustation.
Methods de préparation et traditions culinaires
La cuisson est très brève, entre 30 secondes et deux minutes en fonction du calibre et de la destination.
On peut alors, ou non, les peler (aux Hardis, on le fait sans hésiter !).
Une noix de beurre ou un doigt de lard.
Les petits pois sont mis à rissoler.
On y ajoute laitue et ciboule au goût.
Pas ou peu de poivre.
Le vin y est inutile mais une cuillère à pot de bouillon de cosses ou de volaille peut faire l’affaire.
Le ragoût peut être lié d’un beurre manié comme le suggère François Massialot, grand officier de bouche de son temps.
- En Toscane, le petit pois accompagne de minuscules seiches qui peuvent être remplacées par de petits calamars ou des crevettes grises.
- Il se déguste aussi à Venise en risotto et prend le nom de Risi e bisi.