Les ferments lactiques sont des probiotiques mais tous les probiotiques ne sont pas des ferments lactiques. Les ferments lactiques se différencient de certains autres probiotiques par leur action spécifique de production d’acide lactique suite au processus de fermentation. Les ferments lactiques se composent de nombreuses souches dont chacune possède des propriétés spécifiques et peuvent agir de manière complémentaire. C’est pourquoi plusieurs souches sont souvent associées dans des formulations probiotiques adaptées à différents besoins de santé. Les ferments lactiques sont bien plus que de simples agents de fermentation, ils suscitent un intérêt croissant dans la recherche scientifique en raison de leurs effets positifs sur l’organisme.
Historique et nature des ferments lactiques
Les ferments lactiques sont utilisés depuis des millénaires dans les aliments fermentés bien avant que la science ne s’intéresse à leurs bienfaits. Historiquement, ces micro-organismes étaient utilisés pour conserver les aliments comme le lait transformé en yaourt, les légumes en choucroute ou le lait fermenté en kéfir. C’est au début du XXème siècle que la science a commencé à explorer leur rôle au-delà de la fermentation alimentaire. Le biologiste Elie Metchnikoff popularisa l’idée que les ferments lactiques présents dans les aliments fermentés contribuaient à la longévité, à la santé intestinale et au confort digestif.
Types de ferments lactiques
Les bactéries lactiques transforment les sucres comme le lactose en acide lactique et assurent ainsi la conservation et la transformation des aliments, soutenant le microbiote intestinal et la digestion. Les levures lactiques complètent l’action des bactéries dans les fermentations complexes en apportant du goût, en améliorant la qualité nutritionnelle et en participant à la texture finale des aliments fermentés. Au sein du corps humain, les levures modulent l’équilibre du microbiote.
Propriétés bénéfiques et mécanismes d’action
Les ferments lactiques sont bien plus que de simples agents de fermentation: leurs propriétés bénéfiques s’étendent au-delà de la digestion pour toucher l’immunité, le poids et même la santé mentale grâce aux actions spécifiques de chaque souche.
- Équilibre de la flore intestinale et soutien de la digestion: ils contribuent au maintien de l’équilibre du microbiote, favorisent un transit régulier et réduisent ballonnements, flatulences, constipation ou diarrhées. Cette action aide également à contrer les perturbations causées par les antibiotiques ou une alimentation déséquilibrée.
- Renforcement du système immunitaire: un microbiote équilibré est essentiel au bon fonctionnement du système immunitaire, et les ferments lactiques y participent activement.
- Impact sur le bien-être mental: le lien entre le microbiote intestinal et le cerveau (axe intestin-cerveau) pourrait être influencé par les ferments lactiques, avec des effets potentiels sur des fonctions neurologiques.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), un probiotique est un micro-organisme vivant qui, administré en quantité adéquate, confère un bénéfice pour la santé de l’hôte. Ainsi, les ferments lactiques enrichissent les formules probiotiques en apportant une valeur ajoutée réelle.
Applications chez le lapin: alimentation et gestion
Dans l’alimentation, les ferments lactiques se retrouvent principalement dans les produits fermentés, mais la flore du lapin est particulière: la flore dominante dans le cæcum est constituée de bactéries du type « bacteroïdes ». Il est donc inutile d’administrer au lapin les ferments lactiques vendus couramment, car ils n’atteignent pas nécessairement l’intestin. Toutefois, certains nutriments comme les fructo-oligosaccharides présents dans des additifs alimentaires ou naturellement dans la chicorée et certains fruits favorisent le développement de « bacteroides ».
Les granulés et les mélanges de graines, riches en amidon, peuvent prédisposer à une mauvaise digestion et à l’obésité si consommés trop abondamment. Le foin demeure indispensable et doit constituer 75 % de la nourriture quotidienne pour soutenir le transit et l’usure dentaire naturelle du lapin. L’alimentation doit être adaptée pour éviter les déséquilibres de la flore cæcale et les problèmes digestifs, surtout chez les jeunes lapins.
Alimentation pratique et conseils
EN PRATIQUE : Le foin doit constituer 75 % de la nourriture quotidienne d’un lapin et doit sentir bon, être exempt de poussière et de moisissure. Le laitier et les légumes frais doivent être introduits progressivement; les verdure fraîche et les herbes sauvages peuvent être intégrées en quantité adaptée, avec prudence chez les jeunes lapins en période de sevrage. Les fruits doivent être donnés en petites quantités, et les friandises commerciales doivent être surveillées pour éviter l’excès de sucre. Les abreuvoirs doivent toujours être propres et l’eau renouvelée quotidiennement; privilégier l’eau peu minéralisée si nourrissant via bouteilles.
Les probiotiques et compléments à base de ferments lactiques constituent une alternative pour un apport ciblé, avec des souches sélectionnées pour répondre à des besoins spécifiques tels que digestion, immunité, stress et microbiote vaginal (bien que les usages humains et vétérinaires diffèrent selon l’espèce). Dans la cuniculture et l’élevage intensif, la saine gestion nutritionnelle et le recours réfléchi aux probiotiques cherchent à améliorer la productivité tout en assurant le bien-être et la résistance aux infections digestives.

Cas pratiques et exemples de probiotiques et compléments
La levure probiotique Actisaf® Sc 47 est citée comme exemple d’amélioration de la microflore des lapereaux et d’augmentation de l’efficacité énergétique et du gain de poids. La période de sevrage et les jours qui suivent constituent une phase critique, où le stress et les déséquilibres alimentaires peuvent affaiblir l’équilibre intestinal. Une stratégie de finition réussie combine santé, statut immunitaire et performances pour la production. Le secteur cunicole est particulièrement stimulé par le recours à des probiotiques comme alternative aux antibiotiques interdits dans de nombreux pays, afin de soutenir la croissance et la santé des lapins.
Comprendre les prébiotiques et les probiotiques
Occasions d’intégration et mise en œuvre
Pour un apport ciblé, les compléments probiotiques contiennent des souches spécifiques et permettent d’obtenir un dosage optimal et une diversité adaptée à chaque situation. Toutefois, les ferments lactiques ne doivent pas être présentés comme remède universel pour les lapins, car leur efficacité dépend de la flore et du contexte nutritionnel spécifiques à chaque animal et à son habitat.
| Élément | Impact sur lapin | Précautions |
|---|---|---|
| Foin | Transite et dentition; 75 % de l’alimentation | Qualité, poussière, moisissure |
| Verdure fraîche | Hydratation et fermentation cæcale | Introduction progressive, jeunes lapins |
| Granulés | Énergie et équilibre nutritionnel | Limiter, 2-3 % du poids, 1 h matin/1 h soir |
| Probiotiques | Amélioration immunitaire et digestion | Utiliser selon recommandations spécifiques |
La gestion nutritionnelle du lapin par les probiotiques vise à améliorer sa productivité tout en garantissant le bien-être et en restreignant la résistance aux antimicrobiens. La levure probiotique Actisaf® Sc 47 peut aider à augmenter l’efficacité énergétique et le métabolisme chez les lapins en période critique comme le sevrage.