Fanny Ardant revient en brune sur une affiche de théâtre mais en blonde sur les planches. Dans le Paris des années 60, Coco Baisos (Fanny Ardant) se retrouve veuve et désargentée pour la cinquième fois, son mari, un riche péruvien, ayant préféré se suicider plutôt que d’affronter sa ruine subite. Ne se laissant pas abattre, Coco, femme de tête irrésistiblement gaie et fantasque, choisit de dissimuler sa double infortune pour mieux trouver un nouveau parti qui lui assure une existence confortable.
Cette comédie de boulevard, captée au théâtre de La Michodière et diffusée ce soir sur France 2, permet de découvrir Fanny Ardant dans un nouveau registre. Elle est aussi irrésistiblement drôle en croqueuse d'hommes que ses partenaires sont désopilants. Cerise sur le gâteau, des interludes entre les actes sont chantés par les acteurs. Fanny Ardant et sa voix reconnaissable entre toutes, pousse donc elle aussi la chansonnette. Fanny Ardant dans un registre où on ne l’attendait pas : le boulevard. Elle y est épatante !
Cette fois c’est Fanny Ardant qui s’y colle, avec l’incontournable de Marcel Mithois : elle est Coco Baisos, grande bourgeoise excentrique qui découvre que son mari ruiné vient de se suicider. Dans cette chasse au mari, riche comme il se doit, elle compte sur le carnet d’adresse de sa bonne copine, Maggy (Vittoria Scognamiglio haute en couleurs), en souvenir de leur jeunesse, quand elles étaient pauvres et belles.
« Soyons ruinés comme des gens qui en ont les moyens », décrète tout à trac la trépidante Coco. Dès la première scène nos appréhensions s’envolent. Ardant est désarmante de naturel et de drôlerie. Pas de ces phrasés appuyés et grandiloquents qui lui ont parfois été reprochés, jamais de caricature ou d’outrance. Face à elle les hommes fondent bien sûr. Le couple formé avec Bernard Menez est croquignolet. Inattendu sur le papier, le couple fonctionne très bien. On reprochera simplement au comédien d’être un peu dévoré tout cru par sa partenaire. Ce qui finalement est un peu conforme à l’esprit de la pièce !
- Thierry Klifa signe la mise en scène (il dirige Fanny Ardant au théâtre pour la 3e fois) et ne modernise pas vraiment cette comédie. On se croirait dans les fameux décors de Roger Harth estampillés ORTF.
- Après une rapide présentation de la pièce par Amanda Scott, la pièce Croque-Monsieur, qui s'est jouée à guichets fermés depuis le mois de septembre au Théâtre de la Michodière, est diffusée en direct sur France 2, à 20h55, samedi 12 novembre.
- La pièce fut un triomphe et jouée plus de 1700 fois ! Mention spéciale pour Pierre Rochefort (le fils de) qui campe avec brio et finesse Auguste, le valet de madame, amoureux secret de sa maîtresse.
Quant à la lumineuse et fascinante Fanny Ardant, elle joue dans un registre où on ne l’attend pas forcément, avec naturel, délectation et une élégance incroyable ce personnage comique. Jolie idée également de Thierry Klifa d’avoir demandé à Alex Beaupain de composer les chansons interprétées par les comédiens au cours de la pièce.

Croque-monsieur et croissant : histoire des incontournables - C dingue ! - C Jamy
Contexte et enjeux du spectacle
En choisissant une comédie de boulevard, Fanny Ardant s’essaie avec talent au registre comique. Coco Baisos, bourgeoise insouciante, n’avait pas prévu que son cinquième mari, un riche Péruvien, se suiciderait sans prévenir. Et encore moins qu’il le ferait pour ne pas affronter une ruine inévitable. Quel monstre d’égoïsme ! Avec ses deux grands enfants, son secrétaire et son serviteur, la voici donc à devoir trouver en urgence une solution pour garder le même train de vie : autrement dit, un nouvel époux. Celui qui répond le mieux à ses critères matériels est un financier, vieux garçon coincé et peu sexy. Qu'importe, son compte en banque bien fourni lui donne miraculeusement un irrésistible sex-appeal !
Le dispositif scénique offre un écrin bourgeois et des dialogues substantiels, portés par une distribution où les échanges entre personnages dessinent une satire légère et festive. Thierry Klifa, en signant la mise en scène, rappelle l’énergie du boulevard tout en laissant respirer les jeux d’acteurs et les numéros chantés entre les actes.
| Aspect | Description |
|---|---|
| Rôle principal | Coco Baisos, femme d’un certain âge et d’un pouvoir d’attraction incontestable |
| Complices | Maggy et Auguste, respectivement amie et valet amoureux |
| Ambiance | Boulevard Gaulois avec interludes chantés |
La diffusion télévisée offre une opportunité rare de voir une actrice au sommet de sa maîtrise embrasser un registre plus léger et plus fantaisiste, tout en révélant une complicité avec les autres comédiens qui fait tout le sel de la pièce.