Faire germer patates douces et bouturer: méthode, étapes et conseils pratiques

Depuis de nombreuses saisons, je cultive la patate douce en faisant mes propres plants. J’en suis assez fier d’autant plus que je les ai loupés plusieurs saisons faute de bien respecter les clés de réussite pour bien faire germer et bouturer vos patates douces. Pour lancer cette opération de bouturage, il faudra partir d’une patate douce de la saison passée que vous ferez germer. Évidemment, si vous n’en avez pas cultivé, vous pourrez vous dépanner en magasin. Prenez soin dans ce cas de la prendre bio pour éviter tout traitement anti-germinatif. Concernant la variété, vous trouverez certainement ces belles patates roses qu’on voit un peu partout. C’est la « Beauregard ».

Chef-d’œuvre de départ : choisir et préparer la patate douce

On commence par choisir une patate douce à faire germer, n’importe laquelle. À noter que vous pouvez également vous dépanner en jardinerie ou même sur des sites de semenciers. Peut-être des habitants d’outre-mer vous diront qu’il est bien plus simple de partir des lianes de patates douces à l’automne. En effet, sous ces climats chauds même en hiver, on plante en terre un bout de liane qui offrira la saison suivante de nouvelles récoltes. Oui, mais en métropole, le rude hiver passe par là et les gelées qui vont avec. Les lianes n’y survivraient pas. C’est pour cela que par ici, on part d’une patate douce au tout début de saison.

Si vous respectez les bons paramètres que nous verrons, vous pouvez commencer la germination mi-février, vous pourrez ainsi bouturer vos patates douces fin-mars/début avril. Inutile de vous y prendre plus tôt. Tout cela, c’est quand même du temps, de l’attention et inutile de s’y prendre trop tôt pour ensuite devoir faire patienter vos plants des semaines en godets avant la plantation en extérieur. D’autant plus que les plants de patates douces détestent cela. Ils souhaitent le grand air au plus vite ! Alors mi-février, voire même fin-février est une belle date. On pourra ainsi démarrer la germination à cette période.

Le bouturage de notre patate douce interviendra par la suite. Prenez une patate douce, coupez-la en morceaux de bien sept à dix centimètres de longueur sur cinq d’épaisseur. Avec une grande patate douce, j’arrive à couper cinq ou six morceaux. Cela marche aussi si vous faites des morceaux plus grands, par exemple une patate douce coupée en deux. Mettez ces morceaux dans une barquette de terreau. Du terreau à semis ou un terreau plus grossier feront l’affaire. Si vous avez des problèmes de moisissures réguliers sur vos tentatives de bouturage, vous pouvez également utiliser les patates entières, sans les couper. Et surtout, surtout, veillez à une humidité constante du terreau, sans quoi, vos patates douces ne germeront jamais. Vous pouvez utiliser une mini serre comme celle-ci, afin de maintenir une bonne humidité. Veillez à la laisser un peu ouverte de temps en temps pour que l’air circule.

La patate douce adore la chaleur. Elle nous vient des tropiques et elle sait nous le montrer. Sous 20°, oubliez tout espoir de germination et de futures boutures. Sitôt les 25°, c’est une autre histoire: elle germera aussi vite que vous le serez prêt à commencer la saison au potager. En 15 jours, vous verrez la germination démarrer avec des bourgeons qui gonflent. Vous verrez ensuite apparaître des tiges qui feront vite 20, 40, 60, 80 cm de longueur voire même bien plus encore !

< tagimg >Exemple de configuration d’une mini-serre et barquette de terreau pour la germination des patates douces< /tagimg >

Comment procurer cette chaleur et cette lumière?

Comment procurer cette chaleur pour une bonne germination ? Plusieurs solutions sont possibles. Déjà, évidemment, faire cette opération en intérieur avec la chance d’avoir une température ambiante autour des 18 à 20°. Mais cela n’est pas suffisant. Ici je rajoute un tapis chauffant que j’installe sous la barquette. Il procure un gain de chaleur de 5 ou 6° qui change tout. Et cela pour un prix modique. La consommation électrique est de l’ordre d’un euro par mois et le coût à l’achat est amorti sur des années. Mais vous pouvez vous en tirer pour moins cher encore et plus écolo. Un rebord de cheminée ou sinon un double effet de votre box internet qui souvent émet un peu de chaleur. J’ai parfois vu des barquettes de patates douces sur ces box ! Ou encore près d’un radiateur qui sert à chauffer votre intérieur. Quoi qu’il en soit, pensez aux 25°. Dernier point, la lumière, notamment dans la phase de croissance de vos plants. Procurez un maximum de lumière tout au long du processus.

Faire germer dans l’eau: mythe ou réalité?

Faire germer ses patates douces dans l’eau ? Vous entendrez sûrement qu’on peut faire germer une patate douce en l’immergeant en partie dans l’eau. Un peu comme cette technique de l’avocat qu’on retient avec des cure-dents sur un verre d’eau pour le faire germer. Et bien c’est pareil pour la patate douce. Cela marche, c’est un fait. Pensez à changer l’eau régulièrement ou à mettre un morceau de charbon pour éviter que l’eau ne croupisse.

Après la germination: le bouturage des lianes

Après la germination : place au bouturage ! Nous voilà fin-mars voire mi-avril si la température n’est pas optimale ou si vous avez commencé un peu tard. Les patates douces ont germé, et ont donné de superbes lianes que l’on va maintenant bouturer. Pour cela, on va découper ces lianes en morceaux. Mais attention, là aussi les bons gestes changent tout. Il vous faudra garder au moins deux yeux par bouture, quatre ce sera parfait. Des yeux, ce sont les embranchements entre la tige centrale et le départ d’une petite feuille. Autrement dit, gardez bien 3 ou 4 feuilles par bouture. Ce sont ces yeux qui vont raciner par la suite, comme vous pouvez le voir ci-dessous. Vous pouvez ainsi vous retrouver avec plusieurs dizaines de plants à partir d’une seule et même patate douce. ET donc vous retrouvez avec des dizaines de kilos de patates douces à partir d’une seule patate douce.

Et une fois nos boutures de patate douce réalisées ? Une fois nos boutures de patate douce réalisées, nous allons les mettre à raciner ! Soit on immerge les boutures en eau, par exemple 2 yeux dans l’eau et 2 yeux hors eau. Les 2 yeux en eau vont générer des racines et les 2 yeux hors eau seront le départ des nouvelles lianes des futurs plants. Profitez-en pour couper 3 des 4 feuilles qui consommeront de l’eau pour rien. Le plant aura bien le temps par la suite de générer un beau feuillage. Attention : lorsque vous faites les boutures, surveillez-bien le niveau de l’eau. Celui-ci va baisser rapidement les premiers jours car les boutures vont consommer de l’eau.

Schéma illustrant les deux options de bouturage: racines dans l’eau vs racines dans le terreau

Soit on les plante directement dans des godets de 8×8 ou 9×9 remplis de terreau bien humide, même très humide. Ces boutures n’auront pas encore de racine alors inutile de vous dire que le moindre dessèchement du terreau provoquera la mort. Donc humidité constante, c’est non négociable. Ici je préfère faire raciner les boutures dans un premier temps pendant une bonne dizaine de jours dans un verre d’eau. Par la suite, je plante ces boutures avec de belles racines dans des godets remplis d’un bon terreau enrichi d’un engrais organique naturel pour les premiers jours, premières semaines de croissance. Il faudra bien maintenir les températures au-dessus de 20 degrés, 25 si possible, afin que vos boutures continuent à se développer et produisent des racines.

Des boutures bien enracinées, prêtes à être plantées. Voilà, vous savez faire germer et bouturer la patate douce. Respectez les clés de réussite, température, humidité, lumière, un bon timing et une attention au quotidien pour vérifier que tout se passe bien. Vous verrez que justement tout se passera bien, parole de jardinier passionné ! Et ensuite, il ne restera plus qu’à récolter vos patates douces !

Exemple de boutures en racines et en terreau

Les méthodes complémentaires et tableau récapitulatif

Ce paragraphe rassemble trois méthodes pour faire germer les patates douces, avec leurs avantages et inconvénients, et propose une comparaison utile pour décider quelle méthode adopter selon votre situation et vos objectifs.

Troisième étape : Le repiquage des boutures des patates douces. Dans cette fiche pratique nous allons voir comment bouturer la patate douce simplement ! Nous sommes à la seconde étape de la production des plants à partir de tubercules. Précédemment nous avons mis à germer les tubercules selon une ou plusieurs des 3 méthodes possibles. Quelques jours suffisent pour que les germes pointent. Cependant nous allons attendre au minimum 1 mois (en bonnes conditions) avant de prélever les boutures. Les rameaux doivent mesurer au moins 10 centimètres. S’ils sont plus grands c’est encore mieux car vous pourrez faire plusieurs boutures par rameau. Pour un rameau fait plus de 10 cm on peut sectionner après la première feuille. Sur un rameau assez long il est possible de réaliser de nombreuses boutures. Cette méthode se fait en deux étapes contrairement à la seconde. Elle a l’avantage d’assurer une reprise quasi totale des boutures. Les tiges vont émettre des racines une dizaine de jours après le bouturage. Cette méthode est plus délicate que la précédente et demande un peu plus de matériel (mini-serre) pour être sûr que les boutures reprennent bien. Cependant, comme dit précédemment, elle permet de gagner du temps car elle évite l’étape du repiquage. Le gain de temps est aussi final, car les nouvelles racines vont explorer directement le terreau.

  1. Sectionner la bouture.
  2. Si besoin retirer les feuilles excédentaires.
  3. Planter assez profondément dans le terreau.
  4. Bien tasser le terreau autour de la bouture.
  5. Arroser de sorte qu’il reste un peu d’eau dans le fond de la mini-serre.

Troisième étape : Repiquer les boutures à racines nues dans du terreau. La période de germination débute en février-mars pour une plantation en mai dans les régions froides, ou dès mi-janvier pour une plantation en avril dans les régions chaudes. Trois conditions déterminent le succès de la germination : une humidité proche de 100%, une température idéale autour de 25°C avec un minimum de 20°C, et une bonne luminosité. Sous 20°C, la germination devient difficile voire impossible. Cette technique simple consiste à placer la patate douce dans un verre d’eau en immergeant environ un quart de sa hauteur. Il suffit de positionner la partie arrondie vers le haut pour favoriser l’apparition des bourgeons. Des cure-dents peuvent maintenir le tubercule en position, bien que ce ne soit pas indispensable.

Plus productive que la première méthode, cette technique consiste à remplir la moitié d’un pot percé avec du terreau, puis à poser la patate douce sur sa longueur avant de la recouvrir partiellement. L’arrosage s’effectue par pulvérisation pour maintenir l’humidité constante. La méthode la plus productive implique de couper la patate douce en longueur et de déposer les morceaux côté chair sur le terreau. Lorsque les tiges atteignent environ 30 cm, il convient de les couper à la base pour le bouturage. Chaque segment doit comporter au minimum deux yeux et trois à quatre feuilles. Deux options s’offrent pour le bouturage : faire raciner les boutures dans l’eau avec deux yeux immergés et deux hors de l’eau, ou les planter directement en godet avec du terreau humide. La température doit rester supérieure à 20°C, idéalement autour de 25°C. Une seule patate douce peut ainsi produire plusieurs dizaines de plants vigoureux et productifs.

La plantation des plants de patate douce s’effectue après tout risque de gelée, généralement entre avril et mai selon les régions. Le sol doit être riche, humifère et bien drainé, avec une exposition ensoleillée et à l’abri du vent. Pour la plantation en pleine terre, il suffit de creuser un trou, d’enrichir avec du terreau pour potager et de placer le plant en créant une petite butte. L’espacement minimum entre les plants est de 30 cm. La culture en pot reste possible avec un contenant d’au moins 40 cm de diamètre et de profondeur. Le mélange optimal comprend un tiers de terre de jardin, un tiers de compost et un tiers de terre horticole. La patate douce du potager demande un arrosage régulier car elle est gourmande en eau, particulièrement durant la phase de croissance. Le paillage aide à retenir l’humidité du sol et limite les besoins d’arrosage. Une fertilisation régulière avec un engrais pour pommes de terre ou un engrais potager soutient la croissance. Les lianes peuvent s’étaler considérablement, atteignant jusqu’à 5 mètres de longueur. Un tuteurage limite cet étalement si l’espace du jardin est restreint. La récolte des patates douces intervient en septembre-octobre, lorsque le feuillage commence à jaunir. Il est impératif de récolter avant les premières gelées qui peuvent endommager les tubercules. Après la récolte, les tubercules doivent sécher dans une pièce chaude à 21°C avant le stockage. Une patate douce de taille moyenne peut produire plus d’une dizaine de plants, et la récolte intervient quatre à cinq mois après la plantation.

Enfin, les problématiques phytosanitaires à connaître: l’oïdium représente la principale maladie de la patate douce, se développant particulièrement en conditions chaudes et humides. Les limaces attaquent fréquemment les jeunes pousses de patate douce. Des produits combinant barrière anti-limace et fertilisant offrent une protection efficace tout en nourrissant les plants. La prévention reste la meilleure approche : un sol bien drainé, un espacement suffisant entre les plants et une bonne circulation de l’air limitent les risques de maladies.

Tableau récapitulatif des méthodes

MéthodeDescriptionAvantagesInconvénients
Méthode 1Germination simple des morceaux sur terreau; 1 mois avant bouturageRapide; peu de matérielRisque de dessèchement
Méthode 2Germination en pot ou barquette puis repiquageRapide pour racines et repriseMatériel supplémentaire (mini-serre)
Méthode 3Germination longue avec bouturage en longueur; racines directesGain de temps; nombreuses bouturesPlus délicate; nécessite serre

Récupération et entretien des plants

Les lianes peuvent s’étaler considérablement, atteignant jusqu’à 5 mètres de longueur. Un tuteurage limite cet étalement si l’espace du jardin est restreint. Le paillage et l’arrosage régulier au début assurent un bon enracinement, puis l’arrosage peut devenir plus modéré pour éviter de faire pourrir les racines. La plantation des patates douces s’effectue après tout risque de gelée, généralement entre avril et mai selon les régions. Le sol doit être riche, drainé, et bien ensoleillé. En pleine terre, creuser un trou, enrichir avec du terreau pour potager et placer le plant sur une petite butte.

La récolte intervient en septembre-octobre, et les tubercules séchent ensuite dans une pièce chaude à 21°C avant le stockage. Une patate douce de taille moyenne peut produire plus d’une dizaine de plants. Dans les pots, utilisez un contenant d’au moins 40 cm de diamètre et de profondeur. Le paillage limite l’évaporation et protège le sol. Une fertilisation régulière avec un engrais adapté au potager soutient la croissance.

Comment bouturer la patate douce ? 2/2

Pour conclure, voici les clés de réussite: température autour de 25°C (minimum 20°C), humidité proche de 100%, et lumière abondante tout au long du processus. Le respect de ces paramètres, une observation quotidienne et une gestion attentive du taux d’humidité permettent d’obtenir des boutures bien enracinées et des plants vigoureux prêts à la transplantation.

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