Les macarons sont un défi de taille en pâtisserie. De vrais petits bijoux. Et il est assez difficile de réussir les macarons du premier coup. J’ai eu envie de m’y essayer dès 2005. La magie a opéré tout de suite ! Et j’ai eu tellement peur de rompre le charme que je n’ai pas arrêté d’en faire durant des mois, puis des années… Il faut reconnaître que désormais, ils m’attirent moins. J’en réalise toujours, à la demande. Mais je ne suis plus cette folle du macaron qui cherchais toujours à en créer une nouvelle recette. Il faut dire qu’avec une centaine de recettes différentes que j’ai partagées depuis 2005 sur Pure Gourmandise, j’ai l’impression d’en avoir fait le tour. Depuis mai 2005 et la naissance de Pure Gourmandise, je partage avec vous cette longue page. Voici une page d’astuces, comme une leçon détaillée pour réussir les macarons. N’hésitez pas à venir la consulter régulièrement parce que je la complète de temps en temps.
Au menu de cette leçon : 1. Les ingrédients 2. Le matériel indispensable 3. Les garnitures 4. Les tours de main 5. Le résultat attendu 6. Les ratages possibles 7. La conservation 8. Dans toutes mes recettes de macarons, il s’agit de réaliser des petits macarons parisiens traditionnels. Les macarons doubles dont les coques sont réunies par une ganache ou une gelée de fruits. Il n’est pas question de la recette qui navigue sur les blogs reprenant la recette des meringues italiennes, utilisant un sirop de sucre cuit pour lisser des blancs pas entièrement montés.
1. La base et les ingrédients indispensables
La base pour la réalisation des coques de macarons est toujours la même dans la méthode traditionnelle à la meringue française : du sucre glace, de la poudre d’amandes et des blancs d’œufs montés avec un peu de sucre en poudre. Parfois on parle de tant-pour-tant (un mélange constitué de 50% de sucre glace et 50% de poudre d’amandes). Mais en fait dans la recette il faut bien plus de sucre glace que de poudre d’amandes donc je n’utilise pas ce terme pour la recette des macarons. En tout cas, fuyez les recettes où il est question d’utiliser de la farine !
Le sucre glace. C’est l’élément indispensable dans la réalisation des macarons, financiers, amaretti, sablés et glaçages. Il contient un peu d’amidon pour sa stabilité. Celui que l’on trouve dans le commerce en contient à hauteur de 2 %, ce qui est idéal. Sa finesse permet des effets veloutés et une incorporation facile dans les préparations.
La poudre d’amandes. Qu’elle soit de telle ou telle origine n’a à mes yeux aucune importance. J’en ai testé de plusieurs pays à des prix différents et le résultat est toujours aussi réussi. Les blancs d’œufs. Inutile de vous dire de privilégier les œufs bio. Vous aurez remarqué que je précise qu’il faut des blancs d’œufs déjà préparés. Beaucoup de visiteurs me demandent ce que cela veut dire. Et bien tout simplement qu’il faut les avoir séparés de leurs jaunes depuis quelques heures. Et les garder soit au réfrigérateur couverts d’un film alimentaire soit à température ambiante (mais attention leurs jaunes ne se conservent que 24h au frais).
Les colorants alimentaires. On trouvait déjà dans toutes les épiceries les 3 tubes inséparables de chez Vahiné, aux couleurs vert, jaune et rouge. Depuis plusieurs années, le vert a été remplacé par du bleu et cela donne un plus grand choix de combinaisons possibles. Les colorants liquides servent surtout à obtenir des coloris tendres et pastels. Les colorants en pâte se mélangent mieux entre eux pour des dégradés originaux ou des teintes subtiles. Quant aux colorants en poudre, ils sont moins pratiques d’utilisation parce qu’on s’en met vite partout, ils sont en effet très volatiles !
Les autres matières premières. Comme pour les colorants, les pâtes spéciales (pâte de pistache, de nougat ou de praliné, sirop de glucose,…) ne se trouvent pas facilement. Il vous faudra peut-être comme moi trouver un fournisseur pour professionnels qui vend aussi aux particuliers. Vous pourrez aussi fureter sur le net, avoir l’équivalent d’une enseigne Zôdio ou Alice Délice près de chez soi.
2. Le matériel indispensable
Un four : peu importe le modèle et la marque. Une balance ménagère précise est incontournable. Un robot avec une lame pour mixer longuement et très finement le mélange de poudre d’amandes et de sucre glace. Un tamis pour affiner les poudres et enlever les gros morceaux. Du papier sulfurisé anti-adhérent. 2 ou 4 plaques à pâtisserie pour favoriser la formation de la collerette. Le fouet électrique ou un robot pâtissier pour monter les blancs et préparer la meringue. Une maryse en silicone pour le macaronnage. Une poche à douille avec douilles adaptées pour dresser les macarons. Une plaque pâtissière perforée et une plaque pâtissière pleine pour les techniques de cuisson et de choc thermique. Une feuille de cuisson standard pour pocher les macarons et les démouler ensuite.
Le matériel décrit ci-dessus est complété par des outils de précision pour la cuisson et le dressage, car les recettes de macarons ne supportent pas d’à peu près et nécessitent une rigueur sans faille.
3. Les garnitures et leur préparation
Il est conseillé de préparer les garnitures plusieurs heures avant les coques, afin qu’elles soient parvenues à un complet refroidissement quand les coques auront elles-mêmes refroidi. Les ganaches à base de chocolat: du chocolat à pâtisser, du beurre, une pointe de crème montée ou non, et de quoi parfumer en accord avec la couleur des coques prévues. Il suffit de faire fondre les ingrédients, d’incorporer les parfums et de laisser refroidir. Les gelées et autres préparations à base d’eau (gelées de fruits ou de thé, etc.) sont liées par un gélifiant ou des jaunes d’œufs et une base d’eau; elles conservent bien le goût acidulé de certains fruits, comme le lemon curd. Attention toutefois: ces garnitures gélifiées ont tendance à rendre de l’eau et à détremper les coques si stockées trop longtemps déjà garnies; elles se congèlent par contre très bien. Il faut garnir les coques au dernier moment pour ces garnitures.
Pour déposer les garnitures sur les coques, différentes techniques existent: à la petite cuillère, avec des stylos ou des seringues à pâtisserie. La garniture à base de chocolat est la plus simple et rapide à mettre en œuvre pour des macarons classiques.
4. Le macaronnage et le dressage
Utiliser des blancs d’œufs séparés des jaunes et pas froids (tiédis éventuellement au micro-ondes). Concernant le colorant, l’intégrer seulement à la fin de la montée des blancs en neige. Au moment du « macaronnage », procéder en gestes doux et larges, avec la maryse en silicone, des bords de la jatte au centre. Il ne faut pas y aller trop vigoureusement sous peine de casser les blancs d’œufs et la neige constituée. Il faut que la préparation reste mousseuse et en fasse le bruit lors du macaronnage. Cela vous assurera des blancs gonflés à souhait après cuisson.
Réussir le dressage: la technique pour obtenir les petits ronds parfaits est d’avoir la pointe de la douille légèrement au-dessus du papier sulfurisé, et pas en contact direct. Il faut dresser un petit dôme, en se tenant bien au centre du macaron et presser la poche pour obtenir un petit rond haut et dodu. Le temps de croûtage n’est pas obligatoire, mais il est utile pour former la croûte et la collerette pendant la cuisson.
Pendant la cuisson, vous devez voir la collerette naître à la base des macarons. Les macarons doivent se décoller sans difficulté: sortis du four, attendre environ 1 minute, puis décoller doucement. S’ils ne sont pas assez cuits, la pâte peut rester sur le papier; il est alors possible de poursuivre la cuisson ou d’ajouter un peu d’humidité sous le papier pour aider le décollage.
5. Le résultat attendu et les indicateurs de réussite
En gros, comment réussir les macarons, à quoi doivent-ils ressembler? Les coques doivent être lisses et brillantes, avec une belle collerette à la base et une garniture gourmande. La texture doit être croustillante à l’extérieur et fondante à l’intérieur. Les petites fautes les plus fréquentes incluent des grains en surface, des fissures et des coques qui manquent de collerette, signalant des erreurs dans le mélange, l’humidité ou le contrôle thermique.
- Grains ou bosses sur la surface: poudres mal mixées ou macaronnage insuffisant.
- Fissures: excès d’humidité ou choc thermique trop fort.
- Absence de collerette: problèmes de temps de croûtage ou de cuisson inappropriée.
6. Les ratages possibles et comment les éviter
Les macarons présentent de gros grains en surface: c’est le signe que les poudres n’ont pas été suffisamment mixées ou tamisées, ou que le macaronnage n’a pas été homogène. Les grosses « verrues » proviennent d’un mélange arrêté trop tôt. Les fissures indiquent une présence d’eau ou un choc thermique. Dans tous les cas, la clé est la précision des pesées, le respect des temps de repos et des températures.
7. La maturation et la conservation
La maturation est essentielle pour obtenir le parfait équilibre goût-texture. Après cuisson, garnir et laisser reposer les macarons au réfrigérateur pendant 24 à 48 heures. L’osmose entre la coque et la garniture développe une texture plus harmonieuse. Pour les garnitures très humides comme le lemon curd, la maturation peut être plus courte (parfois 4 heures suffisent). Placez-les idéalement dans la partie basse du réfrigérateur pour un rendement optimal.
La conservation: les macarons se congèlent bien lorsqu’ils sont garnis. Pour les stocker non garnis, vous pouvez aussi les congeler à l’état cru puis les cuire directement après décongélation sans perte majeure.
8. Techniques avancées et variantes
Dans toutes mes recettes, il s’agit de réaliser des petits macarons parisiens traditionnels. Les macarons doubles réunis par ganache ou gelée restent l’option classique. Bien que la recette traditionnelle privilégie la meringue française, d’autres techniques existent (meringues suisse ou italienne). Pour les macarons, la meringue italienne est souvent recommandée pour sa stabilité: elle utilise un sirop de sucre cuit versé sur des blancs montés. Cette approche permet une coque plus ferme et une collerette plus régulière.

En pratique, voici un résumé des étapes essentielles: tamiser poudre d’amandes et sucre glace, préparer la meringue italienne, macaronner jusqu’à obtenir un ruban lisse et brillant, dresser les coques, croûter puis cuire pour obtenir la collerette, et enfin garnir et laisser maturer pour developper les saveurs.
RECETTE MACARONS FACILE RAPIDE ET INRATABLE
Les garnitures peuvent être adaptées: ganache au chocolat, gelées, ou mélanges plus audacieux comme praliné ou fruits. Chaque choix influence le temps de maturation et la conservation. L’important est l’harmonie entre coque et garniture et une cuisson maîtrisée pour éviter que les coques ne se fissurent ou ne sèchent.
Vous pouvez aussi bénéficier d’un petit tableau récapitulatif des paramètres clés pour gagner en précision:
| Élément | Astuce | Indice de réussite |
|---|---|---|
| Ingrédients secs | Tamiser après broyage fin du mélange sucre glace + poudre d’amande | Coques lisses |
| Blancs d’œufs | Œufs séparés et à température ambiante | Montée ferme |
| Macaronnage | Gestes doux, maryse silicone, pas d’excès d’air | Ruban qui retombe lentement |
| Croûtage | 30 minutes à 1 heure selon humidité | Coques sèches au toucher |
| Cuisson | Température stable, croûte formée; chocs thermiques limités | Collerette naissante |
| Conservation | Maturation en réfrigérateur 24-48h | Goût équilibré et texture fondante |
Les macarons sont un art qui mêle précision technique et sensibilité gustative. Avec ces éléments, vous pouvez atteindre le macaron parfait: coque lisse et brillante, collerette bien formée, garniture équilibrée et texture fondante.
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