Burrhus Frederic Skinner est un psychologue américain qui appartient au courant du behaviorisme. Il est à l'origine de la théorie du conditionnement opérant qui s'inspire du conditionnement classique de Ivan Pavlov à laquelle Skinner ajoute la notion de "conséquence". En effet, selon Skinner, l'animal modifie son comportement en fonction des conséquences que celui-ci engendre.
Le conditionnement est au centre des théories comportementales. Si le mot est entré dans le langage courant, on connait finalement assez mal les origines théoriques de cette notion. Voyons donc ensemble ce qu’il en est. Le conditionnement a d’abord été théorisé par Pavlov puis ses réflexions ont été approfondies et modifiées par Skinner. On décrit ainsi classiquement deux formes de conditionnement : le conditionnement classique (ou pavlovien) et le conditionnement opérant.
Le conditionnement classique
Le conditionnement classiqueLe conditionnement classique (aussi appelé conditionnement répondant) a été introduit par I.Pavlov. Il provient de l’association entre des stimuli (c’est-à-dire des phénomènes issus de l’environnement qui vont stimuler l’organisme) et les réactions automatiques de l’organisme (ce point est important). Pour Pavlov, l'ensemble des comportements complexes pouvaient être réduits à des chaînes de comportements conditionnés.
Pavlov décrit deux étapes qui rendent compte de la mise en place du conditionnement:1.Stimulus neutre et réponse neutre Dans un premier temps, nous avons la situation suivante:SN + SI -> RILe stimulus neutre (SN), qui ne déclenche aucune réponse ou une réponse neutre (RN), est associé au stimulus inconditionnel (SI) -survenu au hasard, sans apprentissage - qui déclenche une réponse inconditionnelle (RI) . Elle se manifeste de façon automatique sous forme d’émotion (par exemple, pleurer quand on nous tape sur le pied) ou de réflexe (saliver quand on voit un éclair au chocolat). Le stimulus neutre est également présent (par exemple un bruit de cloche dix secondes avant l’arrivée de l’éclair au chocolat) sans que le sujet ne fasse d’abord de lien entre le SN et le SI.. 2.Stimulus conditionnel et réponse conditionnelleAprès cette première séquence (qui nécessite parfois d’être répétée plusieurs fois), un conditionnement s’est mis en place et l’on peut établir le schéma suivant:SC -> RCLe stimulus conditionnel (SC) qui est à l’origine le stimulus neutre (SN), déclenche la même réponse que le stimulus inconditionnel (maintenant, quand j’entends un bruit de cloche, je salive car je pense à l’éclair au chocolat que j’associe, par habitude, au bruit de la cloche). On parle alors de réponse conditionnelle (RC) pour décrire cette réponse associée à un stimulus conditionnel.Le célèbre « chien de Pavlov » a été l’un des premiers participant canin aux expériences sur le stimulus conditionnel. Pavlol, scientifique du début du XXe siècle, effectuait des recherches sur la salivation des chiens. Il remarqua qu’un chien qui revenait dans le laboratoire de recherches après plusieurs fois, se mettait à saliver avant même qu’on le nourrisse. Le chien salivait à voir simplement la pièce ou le plat dans lequel on mettait la nourriture. Pavlov donna à ce phénomène le nom de réflexe conditionnel. Par la suite, Pavlov présenta de la nourriture à un autre chien. Pour reprendre les termes précédents, le SI était la nourriture qui provoquait toujours la salivation du chien (RI). Mais cette fois, le chercheur commença à faire sonner une cloche (SN) chaque fois qu’il se préparait à lui servir son repas. Après peu de temps, il réalisa que le chien salivait (RC) dès qu’il entendait la cloche (SC) et ce, même s’il ne lui apportait pas la nourriture. Plus tard, Pavlov complexifia encore son expérience et son chien finit par être vraiment trop stressé et plus très opérationnel (mais c’est une autre histoire).
Le conditionnement opérant
Le conditionnement opérantDéfinition du conditionnement opérant Quelques dizaines d’années après, le concept de conditionnement fut modifié par Skinner qui inventa la notion de conditionnement opérant par opposition au conditionnement classique de type pavlovien, que nous venons de décrire. La différence tient dans ce que le conditionnement n’est plus lié chez Skinner à des réponses réflexes de l’organisme mais à l’influence de l’environnement, qui renforce positivement ou négativement le conditionnement. Par exemple, si un rat découvre, par hasard, qu’en actionnant un levier il obtient de la nourriture, il cherchera à actionner à nouveau le levier (et finira obèse mais je sens que je m’égare). Cette nouvelle description du conditionnement, plus subtile, constitue un modèle de description des apprentissages..
Le conditionnement opérant et la boite de SkinnerLa boite de Skinner, dont une version légèrement modifiée est décrite dans la vidéo ci-dessous, permet de mettre en évidence le conditionnement opérant. Je vous incite d’ailleurs fortement à la visionner car elle permet de bien comprendre la spécificité du conditionnement opérant. L’expérimentateur va apprendre au rat différentes tâches: D’abord (1) appuyer un levier pour avoir de la nourriture. Puis (2) pousser une manette et appuyer sur un levier. Enfin (3), mettre une bille dans un cercle, pousser la manette et appuyer sur le levier...
Le béhaviorisme radical proposé par Skinner préconise d’étudier les relations observables entre stimulus et réponse sans faire intervenir d’entités mentales non mesurables. Skinner ne niait pas l’existence des pensées mais considérait qu’elles devaient être traitées comme des comportements à expliquer plutôt que comme des causes premières inobservables. Les principes skinnersiens ont été adaptés pour modifier des comportements liés à la santé, notamment l’arrêt du tabac, la gestion du poids et l’observance thérapeutique. En rééducation comportementale, des séquences de renforcement progressif aident à reconstruire des compétences perdues après un accident ou une pathologie neurologique. Une étude de cas clinique bien documentée montre qu’un programme de renforcement pour des patients diabétiques a amélioré l’adhérence au régime dans 3 groupes successifs sur une période de 12 mois.
Applications, limites et critiques
- Les critiques les plus célèbres ont été formulées par des linguistes et des psychologues cognitifs qui estiment que le béhaviorisme radical minimise le rôle des processus mentaux internes.
- D’autres critiques soulignent un risque de réductionnisme : expliquer des phénomènes complexes uniquement par le renforcement peut occulter des facteurs émotionnels, culturels et biologiques.
- Le legs de Skinner se lit aujourd’hui dans les pratiques qui combinent observation systématique et interventions mesurables, comme certains programmes d’éducation thérapeutique ou de réhabilitation.
- Cependant, l’intégration contemporaine des apports cognitifs et neurobiologiques montre la nécessité d’approches pluridisciplinaires.
Applications pratiques et synthèse
Le conditionnement opérant décrit comment les comportements sont façonnés par leurs conséquences, qu’il s’agisse de renforcements ou de punitions. Il a distingué plusieurs schémas de renforcement - continu, à intervalle fixe, à intervalle variable, à ratio fixe et à ratio variable - chacun produisant des profils de réponse différents. Le béhaviorisme radical préconise d’étudier les relations observables entre stimulus et réponse sans invoquer des entités mentales non mesurables.
Exemples contemporains
Les principes skinnersiens ont été adaptés pour modifier des comportements liés à la santé, notamment l’arrêt du tabac, la gestion du poids et l’observance thérapeutique. En rééducation comportementale, des séquences de renforcement progressif aident à reconstruire des compétences perdues après un accident ou une pathologie neurologique. Une étude de cas clinique bien documentée montre qu’un programme de renforcement pour des patients diabétiques a amélioré l’adhérence au régime dans 3 groupes successifs sur une période de 12 mois.

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Naissance de B.F. Skinner et son héritage principal: Burrhus Frederic Skinner (1904-1990) était un psychologue américain qui a développé l’analyse expérimentale du comportement. Qu’est-ce que le conditionnement opérant selon Skinner ? Le conditionnement opérant décrit comment les comportements sont façonnés par leurs conséquences : renforcements augmentent la probabilité d’une action, punitions la diminuent. Quelle est la position sur les pensées dans le béhaviorisme radical ? Le béhaviorisme radical préconise d’étudier les relations observables entre stimulus et réponse sans invoquer des entités mentales non mesurables. Les applications en santé et les limites posées par ces approches ? Les principes de Skinner servent à améliorer l’observance médicamenteuse, la rééducation et la gestion des addictions via des renforcements.
Depuis que Pavlov a décrit ce type de conditionnement, de nombreuses variantes ont été développées et une autre forme de conditionnement a été décrite. Le psychologue américain Burrhus Frederic Skinner montre qu'il existe une autre façon d'apprendre, un autre procédé pour acquérir des informations sur son environnement. Un organisme quelconque est constamment en train d'opérer sur son milieu, ce qui la plupart du temps signifie simplement qu'il est constamment en train d'aller et venir, de faire ceci ou cela, ouvrir ou fermer une porte, appuyer sur un bouton, etc. Ce faisant, il rencontre certains stimuli, que Skinner appelle des renforçateurs. Ces renforçateurs ont pour effet d'augmenter la probabilité d'apparition du comportement qui les avait suscités. Ce processus, à la suite de Skinner, est appelé « conditionnement opérant » : soit un animal dans sa cage, il fait toutes sortes de choses, occasionnellement une action particulière a une conséquence heureuse ; cette conséquence va amener l'animal à répéter ce comportement par la suite. Imaginons un pigeon. Il est enfermé dans une boîte spéciale, dite précisément boîte de Skinner (Fig. 9-5), qui possède sur un côté une pastille qui lorsqu'on presse dessus actionne un dispositif qui libère dans la cage une petite quantité de graines. Au départ, le pigeon donne des coups de bec un peu partout sur les parois de la cage. Par hasard, un coup de bec tombe pile sur la pastille, le mécanisme est alors enclenché, et la graine délivrée. Chaque fois que le pigeon tape sur la pastille, il reçoit de la nourriture. L'animal aura tendance à frapper de plus en plus fréquemment sur la pastille. Dans la terminologie de Skinner, la nourriture est le renforçateur, le coup de bec, l'opérant.
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