Fondé par une famille de passionnés, Le Domaine de Bellevue est né d’un rêve : allier l’amour de la vanille réunionnaise à un engagement fort pour la planète. Situés au sud de l’île de La Réunion, nous avons choisi d’utiliser des serres photovoltaïques pour maximiser notre production tout en minimisant notre impact environnemental. Les sites d’exploitation du domaine se situent dans le sud de l’île, respectivement à Bellevue et au Gol Saint-Louis. Notre boutique en vente directe se situe en centre-ville de Saint-Louis.
Une approche productive et durable
Sur Le Domaine de Bellevue, dans les hauteurs de Saint-Louis, tout est en place pour produire une énergie propre. Cette entreprise réunionnaise qui s’étend sur 22 hectares de terrain produit à la fois de la vanille et… de l’électricité !
Sous ses cinq hectares de panneaux photovoltaïques, des milliers d’orchidées sont fécondées chaque jour pour donner de la vanille, neuf mois plus tard. Et l’entreprise agricole produit au final plus d’énergie qu’elle n’en consomme ! Ce qui lui permet de renvoyer chaque mois, sur le réseau EDF, de quoi alimenter 1 800 foyers en électricité, via l’usine du Gol.
Des serres spécialement adaptées: “Nos serres sont uniquement adaptées à la production de vanille”, explique Pierre Saint-Lambert, le gérant de l’exploitation. On a designé les panneaux pour avoir le meilleur ensoleillement possible pour la vanille. Leur structure est spéciale et ils ont une hauteur et un espacement spécifique. Au total, près de 32 000 plants de vanille poussent ainsi à l’ombre de ces panneaux. L’entrepreneur parle d’un système vertueux entre production d’énergie électrique et production agricole sans perte de surface.
Conception et économie circulaire
L’utilisation du plastique est limitée par l’entreprise qui privilégie le verre et le carton. Elle produit par ailleurs du jus à partir des fruits qui n’ont pas été retenus pour l’export ou ceux récupérés chez des agriculteurs. L’usine de traitement où sont acheminées les gousses de vanille a elle aussi été pensée pour éviter une trop grande consommation d’électricité. C’est ainsi par exemple que l’eau chaude utilisée au cours du processus de transformation est pré-chauffée par un chauffe-eau solaire. Des coffres en bois de tamarins de récupération sont utilisés pour stocker les vanilles.

Production et résultats énergétiques
La production de vanille et d’électricité se conjuguent au sein du Domaine de Bellevue. L’objectif est clair: maximiser la production agricole tout en consommant peu d’énergie et, si possible, en redistribuant l’excédent sur le réseau. Cette approche permet de nourrir une dynamique locale et de soutenir l’économie régionale.
En parallèle, la cinquième et l’énergie électrique deviennent un atout majeur pour soutenir les activités agricoles et les infrastructures locales. L’initiative illustre une gestion intégrée où l’agriculture et l’énergie renouvelable se renforcent mutuellement, un exemple inspirant pour d’autres exploitations agricoles.

Histoire de la vanille: contexte mondial et lien avec La Réunion
La terre originelle de la vanille est l’Amérique centrale (et plus précisément le Mexique), dans les forêts vierges primaires du Chiapas où la pollinisation de la vanille sauvage intervient encore grâce à une sorte de colibri et à une abeille mélipone endémique. Dans la forêt de Chinantla, la vanille pousse encore à l’état sauvage. Les Aztèques appelaient la vanille « tlilxotchitl » qui signifie « gousse noire ». Elle était préparée avec soin dans le but de la marier au cacao dans différents breuvages sacrés pour communiquer avec les dieux. Les européens découvrirent la vanille en 1520 avec Cortès qui accoste le Mexique et qui, séduits par son parfum, ramènent des plants et des boutures pour les faire pousser ailleurs, dans des serres.
Les Espagnols l’adoptent rapidement et elle entre en Europe dès 1664 en France. Au milieu du XVIIIe siècle, des plants se trouvent dans les serres du roi Louis XV. En 1819, des boutures de vanille sont introduites sur l’île de La Réunion. Après de multiples tentatives sans fruit, les explorateurs abandonnèrent en pensant que les Indiens Totonaques possédaient un secret.
Aux Mexique, l’abeille mélipone assurait la pollinisation naturelle et conserva le monopole jusqu’en 1841, lorsque le secret de la fécondation fut découvert. Edmond Albius, un jeune esclave de l’île de La Réunion, comprit comment polliniser manuellement la fleur. À partir de la fin du XIXe siècle, la vanille se propage dans toutes les possessions françaises ou sous influence française. L’Amiral Hamelin l’importa à Tahiti, puis elle arriva à Madagascar en 1870 et à Mayotte et aux Comores en 1873. La Réunion participe alors à l’expansion de la culture, et Madagascar devint rapidement le premier producteur mondial à partir de 1924, avec 300 tonnes de vanille.
Entre 1980 et 2010, les dynamiques de production évoluent avec des pics et des chutes dus à des aléas climatiques et politiques. Les années 2000 voient Madagascar reprendre sa place de leader après des périodes de crise et de hausse des prix, notamment en 2005 avec environ 2613 tonnes. D’autres pays s’imposent ensuite, mais Madagascar reste un acteur clé dans l’histoire de la vanille moderne, malgré les cyclones majeurs qui frappent la région.
- Mexique: origine et découverte de la pollinisation manuelle
- Indonésie et Madagascar: expansion et leadership moderne
- La Réunion et l’archipel des Comores: transmissions et diffusion de la culture
Conclusion narrative et perspectives
Alors que la 26e conférence annuelle de l’ONU sur le climat se tient, des projets comme Le Domaine de Bellevue illustrent une voie où production agricole et énergie renouvelable se soutiennent mutuellement. Pierre Saint-Lambert espère une revalorisation de l’énergie électrique au niveau national ainsi qu’une aide au financement des structures autonomes électriques, afin de favoriser le développement durable des territoires insulaires et des agricultures sensibles à leur environnement.